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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 23:00

Ces commentaires, trouvés sur le site "Église catholique en France", permettent à toute personne de bonne volonté, chrétienne ou non, de mieux comprendre la Bible, le livre le plus diffusé au monde, en

  • décodant le langage imagé utilisé par l'auteur.

Attention le texte écrit peut différer des versions audio (Radio-Notre-Dame) et vidéo (KTO TV) qui ont été modifiées par Marie-Noëlle Thabut, parfois pour les améliorer, parfois pour s'adapter aux formats imposés par ces chaînes de radio ou de télévision. Dans cette hypothèse, nous mettons en italiques les passages supprimés pour ces médias.

Je souhaite arriver à mettre ici, chaque dimanche, les commentaires de Marie-Noëlle Thabut. Ma seule contribution consiste à surligner les passages que je trouve les plus enrichissants et à écrire en rouge ceux qui parlent d'un thème qui m'est cher : la liberté (trois autres pages de mon blog sont consacrées à ces passages des Évangiles, du reste du Nouveau Testament ou de l'Ancien Testament qui parlent de la liberté). D'après Marie-Noëlle Thabut, "... si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante, c'est que nous ne les avons pas compris."

Version audio, trouvée sur le site de Radio-Notre-Dame (disponible seulement à compter du 26 juillet 2015).

En bas de page, vous avez désormais les versions vidéo des commentaires, trouvées sur KTO TV.

PREMIÈRE LECTURE – deuxième livre des Rois 4, 42 - 44


En ces jours-là,
42 Un homme vint de Baal-Shalisha et,
prenant sur la récolte nouvelle,
il apporta à Élisée, l'homme de Dieu,
vingt pains d'orge et du grain frais dans un sac.
Élisée dit alors :
« Donne-le à tous ces gens pour qu'ils mangent. »
43 Son serviteur répondit :
« Comment donner cela à cent personnes ? »
Élisée reprit :
« Donne-le à tous ces gens pour qu'ils mangent,
car ainsi parle le SEIGNEUR :
On mangera et il en restera. »
44 Alors, il le leur donna, ils mangèrent,
et il en resta, selon la parole du SEIGNEUR.

LES NOMBREUX MIRACLES D’ÉLISÉE
Élisée a été prophète dans le Royaume du Nord, entre 850 et 800 av. J.-C. environ. Son histoire se lit comme un roman : on la trouve pour la plus grande part dans le deuxième livre des Rois ; Élisée est le successeur du grand prophète Élie, il est son fils spirituel ; et, d'ailleurs, les auteurs bibliques lui attribuent des pouvoirs semblables à ceux du grand prophète.

Voici comment, bien plus tard, vers 200 av. J.-C, le livre du Siracide résume sa vie : « Lorsqu’Élie eut été caché dans le tourbillon, Élisée fut rempli de son esprit. Ses jours durant, il ne fut ébranlé par aucun chef et personne ne put lui en imposer. Rien n’était trop difficile pour lui... Pendant sa vie il fit des prodiges, même après sa mort ses œuvres furent merveilleuses. » (Si 48, 12-14).

Élisée n’a pourtant pas laissé d’écrits mais ses miracles et ses paroles de feu ont visiblement marqué la mémoire d’Israël ; familier des rois, il ne mâchait pas ses mots : apparemment, sa liberté de parole était totale parce qu’il était reconnu comme « un homme de Dieu » (2 R 3, 12). Et, malheureusement, il trouvait bien souvent à redire car, de son vivant, l’idolâtrie n’a jamais cessé dans le Royaume du Nord. Il lui est arrivé, plus d’une fois, de se mêler de politique, d’ailleurs, quand il s’agissait de favoriser un roi disposé à respecter l’Alliance. C’est ainsi, qu’un beau jour, il a tranquillement profité du déplacement du roi (Achazias) pour en faire sacrer bien vite un autre à sa place (Jéhu) !

Mais cet « homme de Dieu » doit principalement sa célébrité à ses nombreux miracles : deux d’entre eux nous sont proposés ailleurs dans la liturgie : la naissance du fils de la Shunamite (2 R 4, 8-16) et la guérison du général syrien lépreux, Naaman (2 R 5). Mais il y en a bien d’autres ; à commencer par son premier geste, celui qui lui permit de se faire respecter comme porte-parole de Dieu : il ouvrit les eaux du Jourdain et traversa à pied sec (2 R 2, 14), comme Josué l’avait fait pour le peuple, lors de l’entrée dans la terre Promise (Jos 3), comme Élie lui-même venait de le faire devant lui (2 R 2, 8) ; je vous rappelle brièvement quelques autres des miracles d’Élisée dans l’ordre du récit du livre des Rois : quand les eaux de Jéricho devinrent mauvaises et frappèrent le peuple et les troupeaux de stérilité, c’est lui qu’on appela, et il les assainit (2 R 2, 19) ; il intervint à plusieurs reprises en faveur de la famille de Shunam qui l’avait hébergé, en particulier il ressuscita l’enfant (2 R 4 et 8). Pour finir, on ne parle pas souvent du miracle de l’huile, bien joli pourtant : une veuve pauvre, poursuivie par des créanciers, était sur le point de se faire enlever ses deux fils pour en faire des esclaves ; elle appela Élisée au secours ; celui-ci lui dit : « Que puis-je faire pour toi ? Dis-moi, que possèdes-tu chez toi ? » Elle répondit : « Je n’ai plus rien chez moi, si ce n’est un peu d’huile pour me parfumer. » C’était dire son extrême pauvreté : étant en deuil, elle ne se parfumait plus et avait rangé l’huile dans son placard, c’était la seule chose qui lui restait. Il n’en fallait pas davantage à l’homme de Dieu : il lui dit : « Va emprunter des vases chez tous tes voisins, des vases vides, le plus que tu pourras... Puis verse ton huile à parfumer dedans. » Vous devinez la suite : elle remplit autant de vases qu’elle put en trouver, l’huile coulait toujours. Elle n’avait plus qu’à vendre son huile pour payer ses dettes (2 R 4, 1-7).

CHARITÉ BIEN ORDONNÉE… NE COMMENCE PAS PAR SOI-MÊME
Venons-en à la multiplication des pains qui est notre première lecture de ce dimanche. Encore une fois, Élisée agit dans un contexte de pauvreté : grâce aux historiens, on sait que le royaume d’Israël a connu plusieurs fois la famine après une période de sécheresse. Ceci dit, la raison raisonnante n’est pas de son côté : on ne sait pas très bien quelle taille faisaient les vingt pains d’orge, mais il faut croire qu’ils étaient notoirement insuffisants, puisque, très sagement, et dans les meilleures intentions du monde, son serviteur a cherché à le dissuader : « Comment donner cela à cent personnes ? » sous-entendu « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Mais la foi, la vraie, est têtue : sans désemparer, et sans changer un seul mot, d’ailleurs, Élisée répète « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent » ; cette fois, pourtant, il s’explique : « car ainsi parle le SEIGNEUR : On mangera, et il en restera. » Le serviteur n’a plus qu’à obéir, car, visiblement, Élisée ne puise pas son audace en lui-même. Comme toujours, il y a la voix de la raison humaine... et l’autre, celle qui sait que « Le SEIGNEUR est proche de ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité », comme dit le psaume de ce dimanche (Ps 144/145).

Quelques remarques, pour terminer, sur le miracle lui-même : dans tous les récits de miracles, qu’ils soient de l’Ancien ou du Nouveau Testament, on retrouve quatre éléments, toujours les mêmes : premièrement, un vrai besoin : la maladie, le handicap, la mort, ou encore la famine (ici), ...

Deuxièmement, un geste libre : ici, quelqu’un a pris du pain sur sa récolte, en temps de famine, justement ;

troisièmement, le recours à celui qui est considéré comme l’envoyé de Dieu : ici, Élisée ; les pains lui sont offerts, parce qu’il est reconnu comme l’homme de Dieu : on nous précise que ce sont des pains de prémices, (littéralement, de la récolte nouvelle) c’est-à-dire l’offrande liturgique.

enfin, quatrièmement, la foi dans l’intervention du Seigneur : contre l’avis de son serviteur, Élisée maintient sa décision. La sollicitude de Dieu lui a donné raison !

PSAUME – 144 (145), 10-11, 15-16, 17-18

10 Que tes œuvres, SEIGNEUR, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
11 Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.

15 Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :
tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
16 tu ouvres ta main ;
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.

17 Le SEIGNEUR est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
18 Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité.

UN PSAUME « ALPHABÉTIQUE »
On ne pouvait pas trouver mieux que ce psaume 144/145 pour faire écho à la première lecture de ce dimanche ! Le prophète Élisée multipliant les pains en période de famine avait été l’instrument de la bonté de Dieu : « Les yeux sur toi, tous ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; Tu ouvres ta main ; tu rassasies avec bonté tout ce qui vit. » Ce psaume est le cri de la reconnaissance et de l’action de grâce : « Que tes œuvres, SEIGNEUR, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent ! »

Au passage, vous avez remarqué le parallélisme d’une ligne à l’autre de chaque verset : il est particulièrement accentué ; cela vaudrait la peine de le lire à deux voix ou deux chœurs alternés.

« Que tes œuvres, SEIGNEUR, te rendent grâce // et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne // ils parleront de tes exploits.
Les yeux sur toi, tous ils espèrent // tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
Tu ouvres ta main // tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.
Le SEIGNEUR est juste en toutes ses voies // fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent // de tous ceux qui l’invoquent en vérité.
Ils diront la gloire de ton règne // ils parleront de tes exploits. »

La composition de ce psaume est donc très soignée ; deuxième remarque d’ordre littéraire : si vous vous reportez à votre Bible, vous verrez qu’ il est ce qu’on appelle un psaume « alphabétique » : il comprend vingt-deux versets dont chacun commence par l’une des lettres de l’alphabet hébreu selon leur ordre alphabétique. En littérature, c’est ce qu’on appelle un acrostiche. Ici il ne s’agit pas d’une prouesse de style. Utilisé dans la Bible, ce procédé indique toujours que l’objectif principal du psaume est de rendre grâce pour l’Alliance : manière de dire « toute notre vie, de A à Z, (en hébreu de Aleph à Tav) baigne dans l’Alliance, dans la tendresse de Dieu ».

On ne s’étonne pas que ce psaume figure dans la prière juive de chaque matin : pour le Juif croyant, le matin (l’aube du jour neuf) évoque irrésistiblement l’aube du JOUR définitif, celui du monde à venir, celui de l’Alliance renouvelée... Si nous allons un peu plus loin dans la spiritualité juive, le Talmud (l’enseignement des rabbins des premiers siècles après J.-C.) affirme que celui qui récite ce psaume trois fois par jour « peut être assuré d’être un fils du monde à venir ».

Sur les vingt-deux versets que comporte donc ce psaume, nous n’en avons malheureusement entendu que six, mais toute la découverte biblique de Dieu est dite dans ces quelques lignes. Par exemple, il y a à la fois la grandeur, la gloire, la royauté de Dieu (« que tes fidèles te bénissent ! Ils diront la gloire de ton règne // ils parleront de tes exploits. ») ET sa bonté pour nous, sa proximité : « Il est proche de ceux qui l’invoquent // de tous ceux qui l’invoquent en vérité. »

DIEU, LE TOUT-AUTRE SE FAIT LE TOUT-PROCHE
C’est bien l’une des découvertes admirables du peuple d’Israël que d’avoir réussi à articuler avec autant de force ces deux données de la Révélation aussi importantes l’une que l’autre : Dieu est le Tout-Autre (c’est à lui et à lui seul que reviennent le règne, la puissance et la gloire) et en même temps il est le Tout Proche. Si proche que nos larmes coulent sur ses joues comme dit le livre de ben Sirac. Ce n’est pas un roi comme ceux qu’on connaît sur la terre. C’est un roi à la fois tout-puissant et bon : il ne veut que notre bonheur... Voilà la découverte qu’Israël a faite au long de son histoire. Quand on parle de la puissance de ce roi pas comme les autres, on sait que sa puissance n’est qu’amour ; on se souvient de ce que Dieu a dit de lui-même à Moïse : « Le SEIGNEUR est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » (Ex 34, 6). C’est peut-être le meilleur résumé qu’on puisse donner de toute la révélation biblique.

Une révélation que le peuple d’Israël qui en fut le premier bénéficiaire ne peut pas et ne veut pas garder pour lui ! Car sa mission, il le sait, est de le chanter assez fort pour que tous le sachent : la richesse de pardon, la tendresse et la pitié du Seigneur, elles sont POUR TOUS !

« La bonté du SEIGNEUR est pour tous, sa tendresse pour toutes ses œuvres » dit un autre verset.

Ici, nous avons bien entendu « Il est proche de ceux qui l’invoquent // de tous ceux qui l’invoquent en vérité. » Cette universalité du projet de Dieu est l’une des grandes découvertes de l’Ancien Testament : Dieu aime toute l’humanité et son projet d’amour, son « dessein bienveillant » concerne toute l’humanité et toute la création.

Pour terminer, si l’on se rapporte au texte complet de ce psaume, on lui découvre une parenté très grande avec le Notre Père : par exemple, le Notre Père s’adresse à Dieu à la fois comme à un Père ET comme à un roi : un père qui est le Dieu de tendresse et de pitié dont parle ce psaume... un roi dont le seul objectif est le bonheur de tous les hommes. « Notre Père... donne-nous... pardonne-nous... délivre-nous du mal... que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ... » parce qu’on sait que sa volonté est, comme dit saint Paul , « que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ». (1 Tm 2, 4).

On comprend que ce psaume 144/145 soit devenu la prière du matin du peuple qui le premier a appris à parler à Dieu comme à un père.

DEUXIÈME LECTURE – Ep 4, 1 - 6


Frères,
1 moi qui suis en prison à cause du Seigneur,
je vous exhorte à vous conduire
d’une manière digne de votre vocation :
2 ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience,
supportez-vous les uns les autres avec amour ;
3 ayez soin de garder l'unité dans l'Esprit
par le lien de la paix.
4 Comme votre vocation vous a tous appelés
à une seule espérance,
de même il y a un seul Corps et un seul Esprit.
5 Il n'y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,
6 un seul Dieu et Père de tous,
au-dessus de tous,
par tous, et en tous.

LA VOCATION DE L’UNITÉ
Paul est en prison (probablement à Rome) et il sait que tout ne va pas tout seul entre les Chrétiens de sa communauté d'Ephèse : les causes de discorde ne manquent pas, notamment, entre anciens Juifs et anciens païens ; et il y a probablement aussi des risques d’hérésie : en tout cas, on peut le supposer puisque, un peu plus bas, au verset 14, il émet le souhait que « nous ne soyons plus des enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d’idées, au gré des hommes, eux qui emploient leur astuce à nous entraîner dans l’erreur. » C’est probablement pour cela qu’il insiste tant ici à la fois sur l’unité dans le comportement et l’unité de doctrine : « une seule espérance... un seul Corps et un seul Esprit... un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême... un seul Dieu et Père de tous ».

Mais, comme toujours chez Paul, les recommandations d’ordre moral sont d’abord une leçon de dogme : l’arrière-plan de notre texte d’aujourd’hui, c’est le mystère du projet de Dieu, ce fameux dessein bienveillant, dont nous parlons souvent, et qu’il a décrit dans le premier chapitre ; voici ce passage (c’était notre lecture du quinzième dimanche) : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement, tout réunir sous un seul chef, le Christ » (traduction TOB).

Un peu plus bas, dans les versets qui suivent tout juste notre lecture de ce dimanche, il va donner une autre définition du dessein bienveillant : « Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ. »

« La plénitude de la stature du Christ », cela veut dire quand l’humanité tout entière sera réunie autour de Jésus-Christ, au point de ne faire qu’un avec lui ! Je vous rappelle la très belle image qu’en donnait le Père Teilhard de Chardin : (Avant de vous redire sa phrase, je vous invite à bien entendre la différence entre qu’il marque entre Jésus (de Nazareth) et le Christ au sens du Christ total que nous formons avec lui et qui n’a pas achevé de se former). Voici la phrase du Père Teilhard de Chardin : « Dès l’origine des Choses un Avent de recueillement et de labeur a commencé... Et depuis que Jésus est né, qu’Il a fini de grandir, qu’Il est mort, tout a continué de se mouvoir, parce que le Christ n’a pas achevé de se former. Il n’a pas ramené à Lui les derniers plis de la Robe de chair et d’amour que lui forment ses fidèles ... » (Écrits de guerre - 1916).


UN SEUL SEIGNEUR, UNE SEULE FOI, UN SEUL BAPTÊME
Je reviens à la lettre aux Éphésiens : c’est à cause de ce grand dessein de Dieu que Paul insiste tellement dans le texte d’aujourd’hui sur l’unité de foi, d’espérance, d’amour : « Votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance... il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit. Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous. » Ce projet de Dieu résonne à nos oreilles comme un appel ; Paul fait certainement exprès d’employer trois fois le même mot « appel » (traduit ici par appel, vocation, appeler) : « Je vous encourage à suivre fidèlement l’appel que vous avez reçu de Dieu... votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance ».

« Suivre fidèlement l’appel reçu de Dieu » : voilà qui dit bien que Dieu cherche des collaborateurs pour son projet ; un appel, c’est une proposition, à laquelle nous sommes libres de coopérer ou non ; par le Baptême, nous avons accepté l’invitation, nous avons accepté d’être embauchés sur le chantier de la construction du projet. Le chantier, c’est le monde entier, le maître d’œuvre, c’est l’Esprit Saint.

Au passage, il faut noter que le mot « Église » (« ecclesia » en grec), est de la même racine que le mot « appel » ; membres de l’Église, nous sommes les appelés du dessein bienveillant de Dieu. Du coup, l’insistance de Paul sur les vertus de patience, humilité, douceur s’explique : nous serons de piètres collaborateurs du dessein bienveillant de Dieu si nous ne sommes pas bienveillants nous-mêmes ! Le modèle, tout simplement, c’est Jésus lui-même, le doux et humble de cœur.

Bien sûr, toutes ces vertus nous paraissent un programme impossible ! Cela dépasse évidemment nos forces ; mais les contemporains de Paul avaient les mêmes difficultés, disons-nous bien ! D’autre part, ce beau programme, c’est lui qui peut le réaliser en nous, si nous voulons bien ; il faut seulement accepter de reconnaître que nous n’en avons pas la force tout seuls. Mais, avec son aide, nous le pouvons, ou plutôt c’est lui qui peut le réaliser en nous, si nous nous laissons transformer peu à peu par son Esprit d’amour. C’est le moment de se rappeler la phrase de Jésus : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples ! » (Jn 13, 35). Si l’on peut reconnaître l’action de Dieu en nous, ce sera justement parce qu’il nous donne de réaliser des choses humainement impossibles ! Seul l’Esprit de Dieu peut réaliser ce prodige de nous faire vivre dans l’humilité, la douceur, la patience... et il est là le témoignage ! Car, du coup, les gens seront bien obligés d’admettre que l’Esprit de Dieu existe et que c’est lui qui agit en nous !

Nous il nous est seulement demandé d’avoir cela à cœur ! C’est-à-dire de désirer de toutes nos forces la réalisation du projet de Dieu : « Ayez à cœur de garder l’unité dans l’Esprit. »

ÉVANGILE – Jn 6, 1 - 15


En ce temps-là,
1 Jésus passa de l'autre côté de la mer de Galilée,
le lac de Tibériade
2 Une grande foule le suivait,
parce qu'elle avait vu les signes qu'il accomplissait
sur les malades.
3 Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.
4 Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
5 Jésus leva les yeux et vit qu'une foule nombreuse venait à lui.
Il dit à Philippe :
« Où pourrions-nous acheter du pain pour qu'ils aient à manger ? »
6 Il disait cela pour le mettre à l'épreuve,
car il savait bien, lui, ce qu'il allait faire.
7 Philippe lui répondit :
« Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas
pour que chacun reçoive un peu de pain. »
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
9 « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d'orge
et deux poissons,
mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ! »
10 Jésus dit : « Faites asseoir les gens. »
Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit.
Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
11 Alors Jésus prit les pains,
et, après avoir rendu grâce,
il les distribua aux convives ;
il leur donna aussi du poisson, autant qu'ils en voulaient.
12 Quand ils eurent mangé à leur faim,
il dit à ses disciples :
« Rassemblez les morceaux en surplus,
pour que rien ne se perde. »
13 Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers
avec les morceaux des cinq pains d'orge,
restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.
14 À la vue du signe que Jésus avait accompli,
les gens disaient :
« C'est vraiment lui le Prophète annoncé,
celui qui vient dans le monde. »
15 Mais Jésus savait
qu'ils allaient venir l’enlever
pour faire de lui leur roi ;
alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

LA PÂQUE ÉTAIT PROCHE
La réaction de la foule après la multiplication des pains dit bien l’effervescence qui régnait en Palestine à l’époque de Jésus ; car on attendait le Messie avec impatience : alors, quand on a vu Jésus guérir les malades, on s’est mis à le suivre ; Jean raconte : « Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. »

L’effervescence était particulièrement grande, certainement, dans les jours qui précédaient la Pâque ; cette fête de la libération passée (de l’esclavage en Égypte) préfigurait aux yeux de tous la libération définitive qu’apporterait le Messie. Et si Jean prend la peine de préciser : « La Pâque, la fête des Juifs, était proche », c’est qu’il y a là un élément important de compréhension du récit de la multiplication des pains.

Dans les dimanches qui viennent, nous aurons l’occasion de mesurer à quel point le mystère pascal est sous-jacent à tout le discours de Jésus sur le pain de vie.

Pour l’instant, Jésus entraîne la foule vers la montagne : « Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. » Le mot « montagne », en Galilée, près du lac, ne peut être que symbolique (les collines culminent à quelques centaines de mètres) ; sans doute Jean veut-il nous faire entendre que l’heure du banquet messianique annoncé par le prophète Isaïe a sonné : « Le SEIGNEUR, le tout-puissant, va donner sur cette montagne un festin pour tous les peuples, un festin de viandes grasses et de vins vieux, de viandes grasses succulentes et de vins vieux décantés » (Is 25, 6). A cette foule affamée du festin de Dieu, Jésus va offrir le signe que ce jour tant attendu est vraiment là. Car c’est bien lui qui prend l’initiative.

Il commence par questionner Philippe, l’un des Douze : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Et Jean commente : « Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait bien ce qu’il allait faire. » Sans doute, ici comme ailleurs, l’évangéliste veut-il insister sur la prescience de Jésus ; mais en quoi consiste cette « mise à l’épreuve » des apôtres ? Pour un Juif comme Jean, cette expression est un rappel de l’expérience de l’Exode : car la longue pérégrination dans le Sinaï avait été comprise par la suite comme un temps de « mise à l’épreuve » ; le livre du Deutéronome explique : « Le SEIGNEUR ton Dieu t’éprouvait pour connaître ce qu’il y avait dans ton cœur » (Dt 8, 2). Philippe, lui, n’a peut-être pas compris tout de suite que Jésus en appelait à sa foi, il répond de manière toute humaine, pleine de bon sens : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain. » Et André ajoute : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »

LE BON SENS… OU LA FOI ?
À vues humaines, on ne peut pas leur donner tort ! Mais le bon sens, la raison raisonnante ne sont pas toujours bons conseillers. Ont-ils donc oublié, Philippe et André, l’histoire du prophète Élisée (première lecture de ce dimanche) ? Bien intentionné, le serviteur du prophète avait, dans un cas tout à fait semblable, tenu les mêmes propos : un tout petit peu de pain pour cent personnes, ce n’était même pas la peine d’y penser ! Mais Élisée avait passé outre... Jésus fait la même chose, il se contente de dire « Faites-les asseoir. » Pourquoi Jean précise-t-il « qu’il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. » ? Sinon pour faire entendre qu’un « bon pasteur » (encore une image messianique ; cf Jn 10) prend toujours soin d’emmener ses brebis sur un bon pâturage ? « Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. »

Les quatre évangiles notent la disproportion entre les cinq pains et les cinq mille hommes (disproportion beaucoup moins accentuée dans la multiplication des pains par Élisée) ; histoire de noter la surabondance des dons messianiques.

Arrivé là, Jean change de ton : « Alors Jésus prit les pains, et, après avoir rendu grâce, les leur distribua. » On y reconnaît sans peine les mots de la Cène ; Jean, il est vrai, ne relate nulle part l’institution de l’Eucharistie ; (il la remplace par le lavement des pieds, Jn 13) ; mais ici, visiblement, il y fait référence : les chrétiens auxquels il s’adresse comprennent aussitôt que le miracle des pains sur la petite montagne de Galilée est le signe du banquet de l’Eucharistie qu’ils célèbrent chaque dimanche depuis la Résurrection du Christ.


—————————————–
Compléments

- Après le repas miraculeusement improvisé, on sera tout prêts à croire qu’enfin on a trouvé le Messie : « Les gens disaient : C'est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde. »
- On attendait le retour d’Élie pour les temps messianiques ; le miracle des pains a-t-il suggéré à la foule un rapprochement avec Élie (et la veuve de Sarepta) ?

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et des Chattes (légendaire)
à la fin du IVe siècle
Pharamond
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Duc des Francs Saliens 

(légendaire)
ancêtre mythique des Mérovingiens
Clodion le Chevelu
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Duc des Francs saliens
428 - 448

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Duc des Francs saliens 
(incertain)
448 - 457
Childéric Ier
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Duc et Roi des Francs saliens
457 - 481
Clodomir
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Roi d'Orléans
511524
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Roi de Metz
(futur Austrasie)
511534
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Roi de Neustrie
511561
Roi des Francs
558561
Roi d'Austrasie
53454
Théodebald Ier
(Thibaut)
Roi d'Austrasie
548555
561567
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Roi de Neustrie 
Roi de Bourgogne
561592
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Roi d'Austrasie
561575
Roi d'Austrasie
Roi d'Austrasie
595 - 612
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Roi de Bourgogne
595613
Roi d'Austrasie
61261
sous la régence de Brunehilde
Roi de Bourgogne
Roi d'Austrasie
613
Roi de Neustrie
584629
Roi de Paris
595
629
Roi des Francs
613629
Roi des Francs (sans l'Aquitaine)
629639
Roi des Francs
632639
Caribert II
 Roi d'Aquitaine
629632
Roi de Neustrie, de Bourgogne
639657
Roi d'Austrasie
656657
Roi d'Austrasie
639656
Childebert III l'Adopté
Roi d'Austrasie
657662
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Roi de Neustrie, de Bourgogne
65767






Roi d'Austrasie
662675
Occupe la Neustrie
673675







Roi de Neustrie
673691
Roi des Francs 

(en fait uniquement de Neustrie)
L'Austrasie étant aux mains
de Pépin de Herstal
679
691

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Roi de Neustrie, Bourgogne et Austrasie
675 - 676
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Roi d'Austrasie
676679
Clovis IV








Roi des Francs
(en fait uniquement de Neustrie)
691695









Roi des Francs
(en fait uniquement de Neustrie)
695711
Dagobert III









Roi des Francs de 711 à 715
Chilpéric II









roi des Francs de Neustrie et des Burgondes
de 715 à 719
puis de tous les Francs de 719 à 721.
C
lotaire IV


T
hierry IV









Childéric III
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roi des Francs, de Neustrie
de Bourgogne et d'Austrasie
de 743 à 751

************

 

 


Pépin III le Bref
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Carloman Ier
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C
harles Ier
dit Charles le Grand
CHARLEMAGNE

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Louis Ier dit le Pieux
ou «le Débonnaire»
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Lothaire Ier
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Lothaire II

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C
harles II dit le Chauve
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Louis II dit le Bègue
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Louis III de France
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C
arloman II de France
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Charles III dit le Gros
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Eudes Ier de France
Robertin
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Charles III dit le Simple
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Robert le Fort
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Robert Ier de France

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Hugues le Grand
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Raoul Ier de France
aussi appelé Rodolphe

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Louis IV dit d'Outremer
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Lothaire de France
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Louis V dit le Fainéant
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Dernier roi de la lignée
des Carolingiens
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H
ugues Capet
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Robert II le Pieux
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Hugues II de France
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(1007-1025)
Roi de France associé
1017 - 1025
Henri Ier de France
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Philippe Ier de France
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Louis VI le Gros
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Louis VII Le Jeune
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Philippe II Auguste
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Louis VIII le Lion
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Louis IX (Saint Louis)
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Philippe III de France
dit le Hardi
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Philippe IV le Bel
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Louis X le Hutin
http://www.livois.com/phpgedview/media/Louis_X_le_Hutin.jpg
Jean Ier le Posthume

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Philippe V
le Long
http://www.livois.com/phpgedview/media/Philippe_V_le_Long.jpg
Charles IV le Bel
http://www.livois.com/phpgedview/media/Charles_IV_le_Bel.jpg
Valois
Philippe VI le Fortuné
http://www.france-pittoresque.com/rois-france/img/philippe-VI.gif
Jean II le Bon
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Charles V le Sage
http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0014/m502004_97de1712_p.jpg
Charles VI le Fol ou le Bien-Aimé
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Charles VII le Victorieux
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Louis XI de Valois
http://jargeau-tourisme.com/img/louis11.jpg
Charles VIII de Valois
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Louis XII d'Orléans
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François Ier d'Angoulème
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Henri II d'Angoulème
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François II d'Angoulème
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Charles IX d'Angoulème
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Henri III d'Angoulème
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