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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 00:00
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, année liturgique C, 3e dimanche de l'Avent (13 décembre 2015)
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, année liturgique C, 3e dimanche de l'Avent (13 décembre 2015)
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Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, année liturgique C, 3e dimanche de l'Avent (13 décembre 2015)
Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, année liturgique C, 3e dimanche de l'Avent (13 décembre 2015)

Ces commentaires, trouvés sur le site "Église catholique en France", permettent à toute personne de bonne volonté, chrétienne ou non, de mieux comprendre la Bible, le livre le plus diffusé au monde, en

  • décodant le langage imagé utilisé par l'auteur.

Attention le texte écrit peut différer des versions audio (Radio-Notre-Dame) et vidéo (KTO TV) qui ont été modifiées par Marie-Noëlle Thabut, parfois pour les améliorer, parfois pour s'adapter aux formats imposés par ces chaînes de radio ou de télévision. Dans cette hypothèse, nous mettons en italiques les passages supprimés pour ces médias.

Je souhaite arriver à mettre ici, chaque dimanche, les commentaires de Marie-Noëlle Thabut. Ma seule contribution consiste à surligner les passages que je trouve les plus enrichissants et à écrire en rouge ceux qui parlent d'un thème qui m'est cher : la liberté (trois autres pages de mon blog sont consacrées à ces passages des Évangiles, du reste du Nouveau Testament ou de l'Ancien Testament qui parlent de la liberté). D'après Marie-Noëlle Thabut, "... si nous ne trouvons pas dans les textes une parole libérante,c'est que nous ne les avons pas compris."

Version audio, trouvée sur le site de Radio-Notre-Dame (disponible seulement à compter du 12 décembre 2015).

En bas de page, vous avez désormais les versions vidéo des commentaires, trouvées sur KTO TV.

PREMIÈRE LECTURE – Livre du prophète Sophonie, 3, 14 – 18


14 Pousse des cris de joie, fille de Sion !
Éclate en ovations, Israël !
Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie,
fille de Jérusalem !
15 Le SEIGNEUR a levé les sentences qui pesaient sur toi,
il a écarté tes ennemis.
Le roi d’Israël, le SEIGNEUR, est en toi.
Tu n’as plus à craindre le malheur.
16 Ce jour-là, on dira à Jérusalem :
« Ne crains pas, Sion !
Ne laisse pas tes mains défaillir !
17 Le SEIGNEUR ton Dieu est en toi,
c’est lui, le héros qui apporte le salut.
Il aura en toi sa joie et son allégresse,
il te renouvellera par son amour ;
il exultera pour toi et se réjouira,
18 comme aux jours de fête. »

DIEU EST AMOUR : SOPHONIE L’AVAIT COMPRIS
« Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête » (v. 17-18). Cette phrase-là, à elle toute seule, nous prouve que, dès l’Ancien Testament, les prophètes ont bien annoncé que Dieu est amour. Ce qui veut dire, au passage, que nous commettons un contresens quand nous disons que seul le Nouveau Testament parle d’un Dieu d’amour !
Ces propos de Sophonie nous paraissent bien audacieux, mais, à vrai dire, ils ne sont pas nouveaux. et il a fallu des siècles de Révélation biblique (c’est-à-dire de pédagogie de Dieu) pour en arriver là. La Révélation de Dieu comme Époux n’a pu se faire qu’après des siècles d’histoire biblique ; au début de l’Alliance entre Dieu et son peuple, cette notion aurait été trop ambiguë. Les autres peuples ne concevaient que trop facilement leurs dieux à l’image des hommes et de leurs histoires de famille ; dans une première étape de la Révélation, il fallait donc déjà découvrir le Dieu tout-Autre que l’homme et entrer dans son Alliance.
C’est le prophète Osée (au huitième siècle) qui, le premier, a parlé de l’Alliance entre Dieu et son peuple, non plus seulement comme d’un contrat, fait d’engagement et de fidélité mutuelle, comme tout contrat, mais comme d’un véritable lien d’amour, celui des fiançailles. Tous les prophètes ultérieurs, le premier Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, le deuxième et le troisième Isaïe ont développé ce thème des noces entre Dieu et son peuple ; et on retrouve chez eux tout le vocabulaire des fiançailles et des noces : les noms tendres, la robe nuptiale, la couronne de mariée, la fidélité… Le troisième Isaïe (au sixième siècle) poussera l’audace jusqu’à employer le mot « désir » (au sens de désir amoureux) pour traduire les sentiments de Dieu à l’égard de son peuple.
Quant au Cantique des Cantiques, long dialogue amoureux, composé de sept poèmes, nulle part il n’identifie les deux amoureux qui s’y expriment ; mais les Juifs le considèrent comme le dialogue entre Dieu et son peuple ; la preuve, c’est qu’ils le lisent tout spécialement au cours de la semaine de la célébration de la Pâque, la grande fête de l’Alliance de Dieu avec son peuple.
Mais, si elles nous remplissent d’émerveillement, ces audaces des prophètes sont empreintes également de gravité et d’exigence. Car, si le peuple d’Israël peut être comparé à une épouse, toute infidélité à l’Alliance n’est plus seulement un manquement à un contrat, cela devient un véritable adultère ! On lit donc chez eux également tout le vocabulaire de la jalousie, l’ingratitude, la tromperie, les retrouvailles. Ce qu’ils appellent les infidélités du peuple, ce sont ses retombées dans l’idolâtrie.
Revenons à Sophonie : c’est un prophète du septième siècle av. J.-C., à Jérusalem, sous le règne du roi Josias (monté sur le trône en 640). Son livre est très court, il ne couvre que cinq pages dans la Bible, notes comprises…! Mais il est très dense et certaines de ses pages sont devenues célèbres ; Sophonie appelle le roi et le peuple à la conversion : « Recherchez le SEIGNEUR, vous tous, les humbles de la terre, qui mettez en pratique le droit qu’il a établi ; recherchez la justice, recherchez l’humilité, peut-être serez-vous à l’abri au jour de la colère du SEIGNEUR. » (So 2, 3). De conversion, il y en a grand besoin : sous les règnes précédents (des deux rois Manassé, 687-642, et Amon, 642-640), tous les commandements de Dieu ont été bafoués comme à plaisir (idolâtries, violences, fraudes, mensonges, injustices sociales, orgueil des puissants, écrasement des pauvres)… ! On pourrait résumer en disant : « tout ce qui déplaît à Dieu, on le fait ».
Et Sophonie ne se prive pas de dénoncer : par exemple : « ceux qui se prosternent devant le SEIGNEUR tout en jurant par leur dieu Mélek » (1, 5) ; (ce qui revient à les accuser d’idolâtrie doublée d’hypocrisie!). Ou encore « ceux qui remplissent la maison de leur Seigneur du produit de la violence et de la fourberie. » (1, 9). Et au début du chapitre 3 : « Au milieu de Jérusalem, ses ministres sont des lions rugissants ; ses juges, des loups au crépuscule, qui n’ont plus rien à ronger au matin (parce que leur voracité est telle qu’ils engloutissent rapidement leurs proies !) Ses prophètes sont des vantards, des tricheurs ; ses prêtres ont profané ce qui est sacré, ils ont violé la loi. » (3, 3 – 4).
Sophonie va donc user des deux langages habituels des prophètes : la menace contre ceux qui font du mal ; les encouragements pour ceux qui essaient de rester fidèles. Et autant il sera violent dans ses menaces, autant il sera encourageant et optimiste pour les fidèles, ceux qu’il appelle les humbles.
Premier langage : la violence dans les menaces, vous la connaissez, et malheureusement, on n’a souvent retenu que cela : c’est d’un texte de Sophonie qu’est tiré le fameux chant « Dies Irae, dies Illa… » (Jour de colère que celui-là), un chant que tous les auteurs de Requiem ont mis en musique ! Jour de colère… le risque, en chantant ce texte, c’est de croire qu’il faut avoir peur de la fin du monde …! Ce qui serait encore un contresens : car la colère de Dieu est toujours seulement contre le mal, contre ce qui fait le malheur de l’homme… puisque le seul but de Dieu, c’est le bonheur de l’humanité.

POUSSE DES CRIS DE JOIE, PEUPLE CHOISI
Deuxième langage, les encouragements : le texte d’aujourd’hui est de ceux-là. Et à qui s’adresse-t-il ? Au peuple d’Israël, et particulièrement à Jérusalem (Sion est le nom de la colline de Jérusalem sur laquelle Salomon a bâti le Temple qui devait être le symbole de la Présence de Dieu) : « Pousse des cris de joie, fille de Sion » : « Fille de Sion » veut dire Sion tout simplement c’est-à-dire Jérusalem et à travers elle le peuple élu. (C’est l’une des particularités de l’hébreu : nous avons rencontré récemment ce genre d’expression en hébreu avec le texte de Daniel qui parlait d’un fils d’homme, ce qui voulait dire « homme »).
« Fille de Sion, réjouis-toi, car le Seigneur est en toi, en vaillant Sauveur » ; ce chant habite nombre de nos fêtes, mais savons-nous qu’il est inspiré du prophète Sophonie ? Plus étonnant, cette annonce apparemment triomphante est prononcée à une époque où ni la ville sainte, ni le peuple ne se montrent dignes de telles déclarations. Mais notre indignité ne saurait éteindre l’amour de Dieu !
Le discours de Sophonie à l’adresse de Jérusalem est donc un encouragement à la conversion. Il faut se remettre en mémoire les versets qui précèdent juste la lecture d’aujourd’hui : « En ce jour-là, tu n’auras plus à rougir de toutes tes mauvaises actions, de ta révolte contre moi ; car à ce moment, j’aurai enlevé du milieu de toi tes vantards orgueilleux, et tu cesseras de faire l’arrogante sur ma montagne sainte. Je maintiendrai au milieu de toi un reste de gens humbles et pauvres ; ils chercheront refuge dans le Nom du SEIGNEUR. Le reste d’Israël ne commettra plus d’iniquité ; ils ne diront plus de mensonges, on ne surprendra plus dans leur bouche de langage trompeur : mais ils paîtront et se reposeront sans personne pour les faire trembler. » (So 3, 11-13). Alors de ce reste d’Israël converti naîtra la nouvelle Jérusalem : elle accomplira enfin sa vocation d’être la ville de la Présence de Dieu, et n’aura plus rien à craindre de personne. Ce que Sophonie traduit par l’expression : « Le SEIGNEUR ton Dieu est en toi ! » Ce qui, si l’on y réfléchit bien, est une reprise pure et simple des promesses de Dieu au Sinaï. C’est le sens même du Nom de Dieu (YHVH que nous traduisons par SEIGNEUR) révélé à Moïse.
On retrouve là une grande parenté avec d’autres prophètes de la même époque ; Joël par exemple : « Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais. Vous saurez que je suis au milieu d’Israël, moi, et que je suis le SEIGNEUR, votre Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre. » (Jl 2, 26 – 27). Des siècles plus tard, dans une autre période de morosité, le livre de Zacharie reprendra textuellement la phrase de Sophonie : « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !… » (Za 9, 9). Parce que Dieu n’a éternellement qu’une seule chose à dire à son peuple : « Ne crains pas, le Seigneur ton Dieu est en toi. »
Encore quelques siècles, et le messager de Dieu viendra dire à une fille d’Israël : « Réjouis-toi, Marie… Le Seigneur est avec toi ». Et grâce à elle nous verrons Dieu parmi les hommes. Saint Jean pourra dire : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. » (Jn 1, 14).

CANTIQUE – Isaïe 12, 2-3. 4bcde. 5-6


2 Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR
Il est pour moi le salut.
3 Exultant de joie, vous puiserez les eaux
aux sources du salut

4 Rendez grâce au SEIGNEUR,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le « Sublime est son nom ! »

5 Jouez pour le SEIGNEUR, il montre sa magnificence
et toute la terre le sait.
6 Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le saint d’Israël !

MON UNIQUE FORCE, C’EST LE SEIGNEUR
Psaume de confiance, psaume d’action de grâce parce que Dieu nous sauve, on pourrait croire que tout était rose …! Mais si vous avez la curiosité de vous reporter au texte dans la Bible, au verset précédent, vous lirez : « Tu diras ce jour-là » ; cela prouve que l’action de grâce n’est pas encore pour aujourd’hui : pour l’instant, on est dans la crainte.
Effectivement, le contexte politique est tout à fait sombre : nous sommes au huitième siècle av. J.-C. , vers 740-730 : l’empire assyrien (capitale : Ninive) est la puissance montante, son expansion semble irrépressible. Beaucoup de textes de cette époque reflètent la crainte qui pèse sur toute la région… Il est l’Ennemi, le Danger public !… Rappelez-vous le livre de Jonas qui présente Ninive comme la ville impie où se commet tout ce qu’il y a de mal sur la terre.
À cette époque-là, le peuple de Dieu est divisé en deux royaumes (depuis la mort de Salomon vers 930) : deux royaumes minuscules, tout proches l’un de l’autre ; donc ce qui menace l’un menace inévitablement l’autre. Ces deux royaumes qui devraient au moins être frères, à défaut d’être unifiés, mènent des politiques différentes, et parfois même opposées : c’est le cas ici. Le royaume du Nord (capitale : Samarie) tente de résister à la pression assyrienne. Et pour résister, il fait alliance avec le roi de Damas et entreprend le siège de Jérusalem pour contraindre son roi, Achaz, à entrer dans leur coalition. Achaz est donc dans une véritable tenaille : d’un côté, les deux roitelets voisins, moins puissants, mais très proches, déjà aux portes de Jérusalem, de l’autre, Ninive qui finira peut-être bien par écraser tout le monde.
Achaz, finalement, préfère capituler avant de combattre pour une cause qui lui semble perdue d’avance : il demande de lui-même à être reconnu comme vassal de l’Assyrie. Il achète sa sécurité, mais il y perd sa liberté, évidemment. À vues humaines, son calcul est sage, il a raison !… Oui, mais… le peuple élu de Dieu a-t-il le droit de raisonner « à vues humaines » ? Ses calculs sont guidés par ses craintes, mais un croyant a-t-il le droit de craindre ? Où donc est passée sa foi ? Vous connaissez la phrase superbe au chapitre 7 d’Isaïe : « Le cœur d’Achaz et le cœur de son peuple furent agités comme les arbres de la forêt sont agités par le vent »… (Is 7, 2). Et c’est là que, mal inspiré par ses doutes et ses craintes, Achaz a commis le geste horrible : il a sacrifié son fils à une divinité parce que, pour ne pas perdre la guerre, il était prêt à tout.

HOMME DE PEU DE FOI
L’attitude d’Isaïe est très ferme « reste calme, ne crains pas » (7,4)… « si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas » (7,9). On croit l’entendre dire « homme de peu de foi »… Et là commence tout un passage de paroles d’espérance, qui occupe les chapitres 7 à 11, c’est-à-dire ce qui précède juste notre chant d’aujourd’hui. Le prophète annonce que les triomphes de l’Assyrie n’auront qu’un temps, et que bientôt on chantera le chant de la liberté. Et donc le cantique qu’il compose pour célébrer à l’avance la libération promise par le SEIGNEUR est vraiment le chant du soulagement ! « Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. »
On est frappé par les similitudes entre ce cantique d’Isaïe 12 et le chapitre 15 de l’Exode, c’est-à-dire le chant que Moïse et les fils d’Israël ont entonné sur le bord de la mer des Joncs, après leur passage miraculeux et leur délivrance de l’Égypte : « Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR. Il a été pour moi le salut. C’est lui, mon Dieu, je le louerai, le Dieu de mon père, je l’exalterai. » (Ex 15, 2).
Il y a là plus que la joie de la libération, il y a une véritable profession de foi. Le livre de l’Exode dit dans les versets précédents : « Le peuple mit sa foi dans le SEIGNEUR et en Moïse son serviteur. Alors, avec les fils d’Israël, Moïse chanta ce cantique au SEIGNEUR… »
Isaïe, cinq cents ans plus tard, reprend la même profession de foi pour soutenir ses contemporains ; et eux, qui savent lire entre les lignes, comprennent le message du prophète : comme Dieu a su vous libérer du Pharaon, et pourtant, à vues humaines, c’était impensable, de la même manière, bientôt, Dieu vous libèrera de l’empire assyrien ; car celui-ci, même s’il vous fait très peur, ne pèse pas plus lourd que l’Égypte en face de Dieu !
Moïse avait déjà expérimenté l’extraordinaire présence et proximité du Dieu tout-puissant du Sinaï ; Isaïe revit cette même expérience, mais il la traduit avec ses mots à lui : depuis sa vocation (chap. 6), il est très marqué par la Grandeur de Dieu, sa Sainteté. Rappelez-vous le récit de sa vocation : ébloui autant qu’effrayé par la vision grandiose, il a retenu le chant des séraphins : « Saint, Saint, Saint, le SEIGNEUR, le tout-puissant » : ici, il redit cet éblouissement devant la grandeur de Dieu, mais il emploie une expression qui devrait à première vue nous sembler paradoxale : « Il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël » : car Dieu est le Saint, ce qui veut dire le Tout-Autre, l’inaccessible. Eh bien, nous dit Isaïe, en même temps, il se fait tellement proche que son peuple peut oser prétendre à une relation de proximité avec lui : Il est le Saint « d’Israël ». Ce qui veut dire que le peuple qu’il s’est choisi peut se prévaloir d’une véritable appartenance ; et son Dieu est au milieu de lui. On entend ici l’écho de l’annonce de Sophonie : « Pousse des cris de joie, fille de Sion !… Le SEIGNEUR ton Dieu est en toi. » (So 3, 14… 18 qui est notre première lecture de ce dimanche).
N’en déduisons pas qu’Israël veuille se réserver l’exclusivité de la relation d’Alliance avec Dieu : chaque fois qu’un psaume s’émerveille sur l’élection d’Israël, il y a également une note d’universalisme ; parce que, au long des siècles, on a compris l’élection d’Israël non comme une exclusive, mais comme une vocation ; au temps d’Isaïe, c’était déjà le cas. Ici la note d’universalisme est dans la formule : « Annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! » Pour répondre à sa vocation, et nous pouvons reprendre ceci à notre compte désormais, le peuple sauvé n’a qu’une chose à faire : se contenter de témoigner au milieu des hommes (par ses chants et par sa vie) que Dieu réellement est son libérateur : « Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR ; Il est pour moi le salut. »
——————————
Compléments
– « Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR ; Il est pour moi le salut. » C’est le chant qu’Isaïe prévoit pour le jour où le peuple sera sauvé : « Tu diras ce jour-là », annonce-t-il ; mais dès à présent, au cœur de l’épreuve, on peut le dire ; car c’est bien au creux de la faiblesse que l’on peut expérimenter la vraie source de notre force ; comme Paul le dit dans la deuxième lettre aux Corinthiens : « La puissance du Seigneur donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9).
– Ce cantique d’Isaïe ne fait pas partie du psautier mais il pourrait : il est clair qu’il s’agit d’un chant liturgique ; cela prouve seulement que tous les chants liturgiques n’ont pas été inclus dans le psautier.

DEUXIÈME LECTURE – Première lettre de saint Paul aux Philippiens 4, 4 – 7


Frères,
4 soyez toujours dans la joie du Seigneur ;
je le redis : soyez dans la joie.
5 Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes.
Le Seigneur est proche.
6 Ne soyez inquiets de rien,
mais, en toute circonstance,
priez et suppliez, tout en rendant grâce
pour faire connaître à Dieu vos demandes.
7 Et la paix de Dieu,
qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir,
gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.

LE SEIGNEUR EST PROCHE… NE SOYEZ INQUIETS DE RIEN
« Le Seigneur est proche… Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes ». Dans ces quelques mots, tout est dit sur la prière : premièrement dans la prière, supplication et action de grâce sont toujours liées ; deuxièmement, le Seigneur est proche de nous ; troisièmement, parce que le Seigneur est proche, nous ne sommes inquiétés par rien.
Premièrement dans la prière, supplication et action de grâce sont toujours liées ; c’est une caractéristique de la prière juive qui dit toujours en même temps « Tu es béni, Seigneur, toi qui nous donnes… et s’il te plaît, donne-nous ». C’est logique d’ailleurs : si l’on prie Dieu c’est parce qu’on sait qu’il peut et qu’il veut notre bonheur… et qu’il y travaille sans cesse. Lui demander quelque chose, c’est, implicitement au moins, déjà lui rendre grâce. Nous savons bien d’ailleurs que quand nous adressons à Dieu une prière de demande, nous ne lui apprenons rien, nous nous préparons à accueillir le don qu’il nous fait. Et vous connaissez le psaume 66 : « Dieu, notre Dieu nous bénit, que notre Dieu nous bénisse. » Dieu ne cesse pas de nous bénir, de nous pardonner, de nous combler… alors nous lui disons : « ce que tu veux faire, fais-le, notre cœur est ouvert. » Par la prière, nous lui ouvrons la porte en quelque sorte. Prier, au fond, c’est se plonger dans le don de Dieu.
Deuxièmement, le Seigneur est proche de nous ; cela aussi est l’une des grandes insistances de Paul ; cela veut dire au moins deux choses : Dieu est proche de nous parce qu’il nous aime ; les hommes de l’Ancien Testament l’avaient peu à peu compris ; et aussi Dieu est proche parce que les temps sont accomplis, parce que le Royaume de Dieu est déjà inauguré et que nous sommes dans les derniers temps ; vous connaissez cette autre phrase de Paul, empruntée au vocabulaire nautique « le temps a cargué ses voiles » : comme un bateau près d’entrer au port replie ses voiles (c’est le sens du mot « carguer »), de la même façon, l’histoire humaine est tout près du port. Et quand le bateau approche de la fin de la course, on voit bien les voyageurs agglutinés au bastingage parce que la terre enfin à portée de vue les attire comme un aimant.
Troisièmement, parce que le Seigneur est proche, nous ne sommes inquiétés par rien : « Notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus-Christ » (Phi 3, 20). On croit entendre ici l’écho de cette parole si fréquente de Jésus « Pourquoi craignez-vous, hommes de peu de foi ? » Ou encore cette superbe leçon sur la prière chez saint Matthieu : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?… Ne vous inquiétez pas en disant : Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? De quoi allons-nous nous vêtir ? – tout cela les païens le recherchent sans répit -, il sait bien, votre Père céleste, que vous avez besoin de toutes ces choses. Cherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas pour le lendemain : le lendemain s’inquiètera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 25-34). « Chercher le royaume et la justice de Dieu », c’est dire « que ton règne vienne », ou c’est, comme Paul, être tendu vers ce but-là avant tout autre : « Là où est notre trésor, là est notre cœur. » Rappelez-vous cette autre phrase de Paul : « Mon seul souci : oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m’élance vers le but, en vue du prix attaché à l’appel d’en haut que Dieu nous adresse en Jésus-Christ » (Phi 3, 13-14).

CONTRÔLE TECHNIQUE : QUELLES SONT NOS VALEURS ?
Ici, Paul nous demande peut-être de remettre en place nos valeurs et de vérifier où sont nos priorités. Si, réellement, le royaume de Dieu est notre premier souci, nous porterons au monde le seul témoignage dont il ait besoin, celui de la sérénité. « Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. » Nous avons lu dans l’évangile de Luc, pour le premier dimanche de l’Avent : « Sur terre, les nations seront affolées… les hommes mourront de peur… mais Vous, redressez-vous et relevez la tête » sous-entendu car vous, vous êtes prévenus et vous savez le sens dernier de l’histoire humaine : l’heure de votre libération a sonné, le mal va être définitivement vaincu. Ce n’est pas de l’insouciance, c’est de la confiance, de la sérénité. « Ne soyez inquiets de rien »… Manière de dire « Nous sommes dans la main de Dieu. »
Cette sérénité doit même aller jusqu’à la joie. « Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur » : tous les textes de ce dimanche nous parlent de joie ; avant le Concile Vatican II, les ornements de ce troisième dimanche de l’Avent étaient roses, en signe de joie ; et l’introït (chant d’entrée) commençait par le mot de Paul « gaudete-réjouissez-vous ». Ce qui ne veut pas dire que tout était rose pour les Philippiens : un peu plus haut dans cette lettre, Paul rappelle qu’ils ont eu à « souffrir pour le Christ » (c’est-à-dire qu’ils ont été persécutés à cause de leur foi). D’ailleurs, si la joie allait de soi, Paul n’aurait pas à la leur recommander ! Paul emploie pourtant l’impératif : ce n’est pas un conseil, c’est un ordre pour les Chrétiens.
Être « Chrétien », c’est être « Du Christ », c’est appartenir au Christ, et donc être rempli de la joie même du Christ. L’une des rares prières formulées par Jésus que l’évangile nous ait transmise est ce magnifique hymne de jubilation chez Saint Matthieu : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre » (Mt 11, 25) et cet autre « Père, je te rends grâce de ce que tu m’as exaucé. Je savais bien que tu m’exauces toujours » (Jn 11, 41). La joie du Christ a très certainement impressionné les apôtres ; Jean a retenu cette phrase : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11). Or cette parole, Jésus la prononce le dernier soir, donc en parfaite connaissance des heures douloureuses qui viennent.
Pour des Chrétiens, si je comprends bien, la joie devrait aller de soi ; Paul ne devrait pas avoir besoin de nous le rappeler ! Pour autant, cette joie profonde, cette sérénité ne signifient pas absence magique de difficultés (nous ne le savons que trop), dans l’annonce évangélique comme dans l’ensemble de notre existence : pour beaucoup, le présent est morose, voire même cruel. Raison de plus pour ne pas quitter la main de Dieu. Paul nous dit : ne quittez pas ce courant de grâce et d’amour dans lequel vous êtes plongés ; mais n’hésitez pas à dire à Dieu vos difficultés.

ÉVANGILE – selon saint Luc 3, 10-18


En ce temps-là,
10 Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean
lui demandaient :
« Que devons-nous faire ? »
11 Jean leur répondait :
« Celui qui a deux vêtements,
qu’il partage avec celui qui n’en a pas ;
et celui qui a de quoi manger,
qu’il fasse de même ! »
12 Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)
vinrent aussi pour être baptisés ;
ils lui dirent :
« Maître, que devons-nous faire ? »
13 Il leur répondit :
« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
14 Des soldats lui demandèrent à leur tour :
« Et nous, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« Ne faites violence à personne,
n’accusez personne à tort ;
et contentez-vous de votre solde. »
15 Or le peuple était en attente,
et tous se demandaient en eux-mêmes
si Jean n’était pas le Christ.
16 Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
17 Il tient à la main la pelle à vanner
pour nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera le grain dans son grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
18 Par beaucoup d’autres exhortations encore,
il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

QUE DEVONS-NOUS FAIRE ?
Ceux qui viennent vers Jean-Baptiste, ce sont les petits, la foule, le peuple, les mal-vus, (les publicains et les soldats qui les accompagnaient probablement.) : pour eux, le parler rude du prophète est Bonne Nouvelle. Humblement, ils demandent : qu’est-ce que se convertir ? Jean-Baptiste a une réponse simple : notre conversion se mesure à notre attitude envers notre prochain. Plus tard, dans la même ligne, Jésus dira : « Ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur, Seigneur… »
Mais, tout compte fait, les foules qui s’approchaient du baptême de Jean et qui lui demandaient « Que devons-nous faire ? » auraient fort bien pu répondre à sa place ! Car sa prédication était dans la droite ligne des prophètes : pratiquer la justice, le partage, la non-violence, c’était leur thème favori. Et parce que Jean se conduisait vraiment comme un prophète, on se prenait à rêver : serait-ce lui le Messie ? Enfin… depuis le temps qu’on l’attendait. « Le peuple était en attente », précise Luc.

LE PEUPLE ÉTAIT EN ATTENTE… DU MESSIE… NE L’EST-IL PAS ENCORE ???
La réponse de Jean sur ce point est très ferme : non, je ne suis pas le Messie, mais je vous l’annonce, il vient, sa venue est imminente. « Il vient, celui qui est plus puissant que moi. »… « Par ces exhortations et bien d’autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. » Quand Luc parle d’une Bonne Nouvelle, il s’agit de celle-là : il faut entendre « il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle (sous-entendu) de la venue du Messie ». Et Jean définit le Messie de deux manières : premièrement, il est celui qui baptise dans l’Esprit Saint ; deuxièmement, il vient exercer le Jugement de Dieu.
Premièrement, le Messie est celui qui baptise dans l’Esprit Saint ; car on savait, depuis le prophète Joël, qu’au temps du Messie, Dieu répandrait son Esprit sur toute chair. Mais d’abord, quelques mots sur le baptême : première constatation, ce n’est pas Jésus qui a inventé le geste de baptiser, c’est-à-dire de plonger les fidèles dans l’eau ! Puisque Jean baptise avant que Jésus ait commencé sa vie publique. On sait qu’il y avait également des cérémonies de baptême à Qumran. Mais il est vrai qu’au temps de Jésus, la pratique du Baptême était récente et très peu répandue ; et d’ailleurs, vous aurez beau chercher les mots « baptême » et « baptiser » dans l’Ancien Testament, vous ne les trouverez presque jamais, ni en hébreu ni en grec. Il n’était dit nulle part dans la loi juive qu’on devait se faire baptiser : le rite d’entrée dans la communauté, c’était la circoncision. Et si, à l’époque du Christ, on pouvait désigner un certain Jean en l’appelant « le Baptiste », c’est bien qu’il y avait là réellement un signe distinctif.
Il est difficile de dire quel sens on attribuait au Baptême dans le Judaïsme du temps de Jésus : les mouvements de renouveau religieux se multipliaient et celui de Jean-Baptiste est l’un d’entre eux, mais pas le seul. Ce qu’on sait, c’est que, de tout temps, la religion juive prévoyait des rites d’eau, des ablutions (il ne s’agissait jamais de se plonger entièrement, alors que, comme son nom l’indique, le Baptême est une plongée complète dans l’eau) : elles avaient toutes un but de purification au sens biblique du terme ; il ne s’agit pas de laver du péché, mais de permettre à l’homme de se séparer de tout ce qui le rattache au monde profane pour lui permettre d’entrer en contact avec le domaine sacré, celui de Dieu.
Avec Jean-Baptiste, un pas nouveau est franchi : il donne au Baptême un nouveau sens, celui de conversion et de rémission des péchés. Mais il annonce lui-même qu’avec Jésus, ce sera encore tout différent : « Moi, je vous baptise avec de l’eau… Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » Nos oreilles du vingt-et-unième siècle n’entendent plus l’énormité de cette phrase. Ce n’est pas le mot « baptiser » qui est énorme, puisque justement Jean-Baptiste est en train de baptiser des Juifs dans l’eau du Jourdain. Mais c’est la suite de la phrase « dans l’Esprit Saint et dans le feu » qui vous aurait fait l’effet d’une bombe si vous aviez entendu Jean-Baptiste. L’expression « Esprit Saint » n’existait pratiquement pas dans l’Ancien Testament et les rares fois où elle était employée, l’adjectif « saint » voulait dire qu’il s’agissait de l’esprit du Dieu saint, mais on ne pensait pas à l’Esprit comme une personne distincte.
Pourquoi ? Parce qu’au début de l’Alliance entre le Dieu du Sinaï et le peuple de Moïse, la première urgence était de délivrer ce peuple du polythéisme et de lui révéler le Dieu unique : il était trop tôt pour dévoiler le mystère de ce Dieu unique en trois personnes. On parlait volontiers du Souffle de Dieu, qui donnait à l’homme sa force vitale, ou même qui poussait l’homme à agir selon la volonté de Dieu, mais il n’était pas encore révélé comme une Personne distincte. Les paroles de Jean-Baptiste ouvrent la porte à cette révélation : il annonce un baptême « dans l’Esprit Saint » et non plus un baptême « avec de l’eau ».
Deuxièmement, le Messie vient exercer le Jugement de Dieu. Cet aspect-là aussi de la vocation du Messie était très présent dans l’Ancien Testament. D’abord toute la méditation sur le roi idéal qu’on attendait pour les temps messianiques le présentait comme celui qui ferait disparaître tout mal et ferait régner la justice ; d’autre part, les chants du Serviteur, dans le deuxième livre d’Isaïe, insistaient fortement sur ce point : le Serviteur de Dieu, le Messie déploierait le jugement de Dieu. Très habituellement, ce jugement de Dieu était évoqué comme une purification par le feu (nous retrouvons le mot « feu » ici) et par une opération de tri : « Il tient en main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. » Les auditeurs de Jean-Baptiste connaissaient cette image, ils savaient que c’est effectivement une Bonne Nouvelle car ce tri ne supprimera personne : ce feu n’est pas un feu de destruction mais de purification ; comme la pépite d’or est purifiée de ses scories pour être plus belle encore, ce feu nous débarrassera tous de ce qui, en chacun de nous, n’est pas conforme au royaume de justice et de paix instauré par le Messie.
—————————–
Compléments
– Jean-Baptiste invite au partage ; ce n’est pas pour nous étonner ; mais il semble bien qu’il nous invite à partager sans enquête préalable : ce serait peut-être cela la conversion ? Bien souvent, avant de venir en aide aux autres, nous nous demandons s’ils méritent bien qu’on s’occupe d’eux ; sans nous apercevoir que, de cette manière, nous sommes encore dans la problématique du mérite, et non dans la gratuité de l’amour.
– « La courroie de ses sandales » : les rabbins recommandaient de ne pas imposer à un esclave d’origine israélite une tâche pénible ou humiliante, telle que déchausser son maître ou lui laver les pieds . » (cf R de Vaux « Institutions de l’Ancien Testament », tome I p. 134).
– Les publicains : on dirait aujourd’hui les percepteurs ; ils étaient chargés de ramasser les impôts pour le compte de l’occupant romain ; mais la similitude s’arrête là. Nos percepteurs n’ont aucun droit de regard sur le montant de l’impôt ; les publicains, au contraire, étaient taxés d’une certaine somme par le pouvoir romain et ensuite récupéraient sur la population : ils pouvaient être tentés de récupérer plus qu’ils n’avaient versé ! Par extension, tout fonctionnaire était considéré comme un publicain.
– Les soldats : il s’agit probablement d’une sorte de police composée de mercenaires qui accompagnait les publicains. (Les Juifs n’avaient pas le droit de recruter une armée, ce ne sont donc pas des soldats juifs ; quant aux soldats romains – armée d’occupation – ils ne se mêlaient généralement pas à la population).
– Luc, prend bien soin, comme toujours, de souligner la différence radicale entre le ministère de Jean-Baptiste et celui de Jésus : le baptême du Précurseur est une plongée dans l’eau, comme symbole d’une volonté de purification. Le Baptême chrétien sera la plongée dans le feu de l’Esprit même de Dieu. Et Jésus franchit le pas décisif puisqu’il rattache le Baptême chrétien à son propre itinéraire pascal : désormais, à ceux qui croient en son nom, il est donné d’être plongés dans le feu de l’amour trinitaire. Les baptisés sont greffés sur lui et participent à sa victoire sur le mal et sur la mort.
– « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » : la préposition grecque « kai » dit, non une addition mais une équivalence ; il faut comprendre « dans l’Esprit Saint qui est feu », c’est-à-dire « dans le feu de l’Esprit Saint ».

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