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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 23:00

LECTURE DU PREMIER LIVRE DES ROIS  19,  9a. 11-13a

 

         En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb,
         la montagne de Dieu,
9        il entra dans une caverne et y passa la nuit.
11      Le SEIGNEUR lui dit :
          « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le SEIGNEUR,
          car il va passer. »       
          À l’approche du SEIGNEUR,         
          il y eut un ouragan, si fort et si violent         
          qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers,    
          mais le SEIGNEUR n’était pas dans l’ouragan ;     
          et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre,
          mais le SEIGNEUR n’était pas dans le tremblement de terre ;
12      et après ce tremblement de terre, un feu,     
          mais le SEIGNEUR n’était pas dans ce feu,           
          et, après ce feu, le murmure d’une brise légère.
13      Aussitôt qu’il l’entendit,       
          Élie se couvrit le visage avec son manteau,  
          il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

          Ce récit est celui de la grande découverte d’Élie, le jour où il a compris qu’il s’était lourdement trompé sur Dieu. Je m’explique : Tout avait commencé par l’idolâtrie de la reine Jézabel : nous sommes à Samarie (capitale du royaume du Nord) au 9e siècle av. J.-C. Le roi Achab (qui a régné à Samarie de 875 à 853) avait épousé une princesse païenne, Jézabel, fille du roi de Sidon. Celle-ci, comme tout son peuple, pratiquait le culte des Baals : en entrant à la cour de Samarie, elle aurait dû abandonner sa religion, car le roi d’Israël se devait de proscrire de son royaume toute idolâtrie ; car l’Alliance avec le Dieu UN, était exclusive de toute autre ; c’était le sens du tout premier commandement donné par Dieu au Sinaï :  « Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. » (Ex 20, 2).

          Mais, bien au contraire, Jézabel avait introduit à la cour de Samarie de nombreux prêtres de Baal : quatre cents prêtres de ce culte idolâtre paradaient au palais et prétendaient désormais que Baal est le vrai Dieu de la fertilité, de la pluie, de la foudre et du vent. Quant au roi Achab, trop faible, il laissait faire ! C’était la honte pour le prophète et les fidèles du Seigneur.

         Alors Élie s’était dressé pour défendre l’honneur de son Dieu, face à la paganisation croissante. Dressé avec tant de vigueur que le livre de Ben Sirac a pu dire de lui : « Alors se leva le prophète Élie, brûlant comme une torche. » (Si 48, 1-11). Il s’était fait le champion de l’Alliance : d’emblée, il s’était situé comme le représentant du Dieu d’Israël combien plus puissant que Baal. Inexorablement, les relations entre le prophète et la reine étaient devenues un concours de puissance entre le Dieu d’Israël et le Baal de Jézabel : « Mon Dieu à moi est le plus fort » était leur refrain commun.

         Élie s’était placé sur le terrain même de l’idole des Cananéens : d’après lui, seul, le Dieu d’Israël pouvait annoncer la sécheresse et la famine. Qui donc a le pouvoir de donner ou de retenir la pluie ? On va voir ce qu’on va voir. On connaît la suite : une longue période de sécheresse annoncée par Élie jusqu’au jour où Dieu lui demanda de prévenir le roi qu’il allait envoyer la pluie. Or Élie fit du zèle, pourrait-on dire, ce jour-là : au lieu de se contenter de faire ce que Dieu lui avait demandé, c’est-à-dire de porter au roi la bonne nouvelle, il décida d’en profiter pour faire un grand coup d’éclat en l’honneur de son Dieu. Pour que l’on sache bien que le Dieu d’Israël seul maîtrise les éléments, il organisa une sorte de joute entre les prophètes de Baal d’un côté et lui tout seul de l’autre.

         C’est le fameux épisode du sacrifice du mont Carmel : on construisit deux autels, un pour Baal, l’autre pour le Dieu d’Israël. Sur chacun des deux autels, on prépara un taureau pour le sacrifice. Et l’on convint que le dieu qui répondrait aux prières par le feu du ciel serait bien évidemment le vrai Dieu.

         Alors les prêtres de Baal se mirent en prière les premiers. Mais ils eurent beau implorer toute une journée leur dieu d’envoyer son feu sur leur bûcher, il ne se passa rien. Élie ne leur épargna pas les moqueries et les conseils de crier plus fort, mais rien n’y fit.

         Le soir venu, Élie se mit à prier à son tour et Dieu, aussitôt, embrasa le bûcher et le sacrifice préparé par son prophète. Celui-ci avait donc gagné la première manche devant le peuple d’Israël tout entier, médusé ; et sur sa lancée, Élie avait massacré tous les prêtres de Baal ; cela, Dieu ne le lui avait pas demandé !

         La reine Jézabel n’était pas présente à l’événement, mais lorsque le roi lui raconta l’histoire, elle entra dans une grande fureur et jura de tuer Élie. Il s’enfuit donc, descendit dans le royaume du Sud, puis dans le désert du Sinaï. Dans sa fuite, il en arrivait à désirer la mort : « Je n’en peux plus ! Maintenant, SEIGNEUR, prends ma vie, car je ne vaux pas mieux que mes pères. » (1 R 19, 4).

         Cette phrase « je ne vaux pas mieux que mes pères » était le début de sa conversion : il était en train de prendre conscience qu’il s’était trompé de Dieu et qu’il n’avait pas hésité à utiliser le violence pour des motifs religieux.  que, lui aussi, comme ses pères avait exigé que Dieu opère des prodiges. Il lui restait à découvrir que la puissance de Dieu est faite de douceur, celle qui « ne crie pas, n’élève pas le ton, ne fait pas entendre dans la rue sa clameur, ne brise pas le roseau ployé, n’éteint pas la mèche qui s’étiole... » comme dit le prophète Isaïe (Is 42, 2-3). Au bout d’une marche de quarante jours et quarante nuits, au mont Horeb (autre nom du mont Sinaï), Dieu l’attendait1 : il aura fallu tout ce long chemin à Élie pour s’apercevoir qu’il n’avait pas choisi le bon terrain et que peut-être lui-même se trompait de Dieu : comme ses adversaires, il imaginait un Dieu de puissance.

         Mais Dieu ne l’a pas abandonné pour autant, au contraire, il l’a accompagné dans sa longue marche et, peu à peu l’a converti jusqu’à se révéler à lui dans la vision émouvante du mont Horeb (1 R 19, 12) ; dernière préparation à la rencontre, la question du Seigneur à Élie réfugié dans une caverne : « Pourquoi es-tu ici, Élie ? » Élie répondit : « Je suis passionné pour le SEIGNEUR, le Dieu des puissances ; les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont démoli tes autels et tué tes prophètes par l’épée ; je suis resté moi seul et l’on cherche à m’enlever la vie. »

         Puis vient cette étonnante manifestation de Dieu : il n’est ni dans l’ouragan, ni dans le feu ni dans le tremblement de terre, mais dans le murmure d’une brise légère. Et encore, notre traduction est-elle trop forte si j’ose dire. En hébreu, c’est, littéralement « le son d’un silence en poussière » : un silence, c’est l’absence de son, précisément ! Et que dire d’une poussière de silence ? C’est dire que nous sommes en présence d’un Dieu de douceur, bien loin du vacarme auquel Élie s’attendait peut-être. Mais non, Dieu n’est ni dans l’ouragan, ni dans le feu ni dans le tremblement de terre, mais dans le son du silence.

         On est bien loin de la démonstration de puissance qui avait accompagné une autre manifestation de Dieu, quelques siècles plus tôt, sur cette même montagne (Ex 19)2. Au temps de Moïse, le peuple n’était pas encore prêt à mettre sa confiance en un Dieu qui n’aurait pas déployé les forces des éléments déchaînés. À l’époque d’Élie, l’heure est venue pour une nouvelle étape de la Révélation.

         C’est l’honneur et la gloire du peuple élu d’avoir livré au monde cette révélation dont ils ont été les premiers bénéficiaires, avec Élie. C’est dire aussi à quelle douceur nous devons tendre si nous voulons être à l’image de notre Père du ciel !

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Notes

1 – D’après notre traduction liturgique « Élie entra dans une caverne et y passa la nuit ». Mais le texte hébreu précise : « Il arriva là, à la caverne et y passa la nuit ». Il s’agit d’une certaine caverne déjà connue, celle où Moïse, bien avant lui, avait eu la révélation du « SEIGNEUR, Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté. » (Ex 34, 6).

2 – « Il y eut des voix, des éclairs, une nuée pesant sur la montagne et la voix d’un cor très puissant… Le mont Sinaï n’était que fumée, parce que le SEIGNEUR y était descendu dans le feu ; sa fumée monta, comme la fumée d’une fournaise et toute la montagne trembla violemment. La voix du cor s’amplifia : Moïse parlait et Dieu lui répondait par la voix du tonnerre. » (Ex 19, 16… 19).

 

Complément

On ne peut pas ignorer qu’Élie n’est pas devenu un doux pour autant ! Il suffit de relire le premier chapitre du deuxième livre des Rois. Même un très grand prophète ne se convertit pas en un jour !

PSAUME  84 ( 85 ), 9-10, 11-12, 13-14

 

J’écoute : que dira le SEIGNEUR Dieu ?  
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
9  Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

10 Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
11 la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

12 Le SEIGNEUR donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
13 La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

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              Le psaume 84 (85) a été écrit après le retour d’Exil du peuple d’Israël : ce retour tant attendu, tant espéré. Ce devait être un merveilleux recommencement : c’était le retour au pays, d’abord, mais aussi le début d’une nouvelle vie... Dieu effaçait le passé, on repartait à neuf... La réalité est moins rose. D’abord, on a beau prendre de « bonnes résolutions », rêver de repartir à zéro (nous en savons tous quelque chose !), on se retrouve toujours à peu près pareils... et c’est très décevant. Les manquements à la Loi, les infidélités à l’Alliance ont recommencé, inévitablement.

              Ensuite, il faut dire que l’Exil à Babylone a duré, à peu de chose près, cinquante ans (de 587 à 538 av. J.-C.) ; ce sont des hommes et des femmes valides, d’âge mûr pour la plupart, qui ont été déportés et qui ont survécu à la marche forcée à travers le désert qui sépare Israël de Babylone... Cela veut dire que cinquante ans après, au moment du retour, beaucoup d’entre eux sont morts ; ceux qui rentrent au pays sont, soit des jeunes partis en 587, mais dont la mémoire du pays est lointaine, évidemment, ou bien des jeunes nés pendant l’Exil. C’est donc une nouvelle génération, pour une bonne part, qui prend le chemin du retour. Cela ne veut pas dire qu’ils ne seraient ni très fervents, ni très croyants, ni très catéchisés... Leurs parents ont eu à cœur de leur transmettre la foi des ancêtres ; ils sont impatients de rentrer au pays tant aimé de leurs parents, ils sont impatients de reconstruire le Temple et de recommencer une nouvelle vie. Mais au pays, justement, ils sont, pour la plupart des inconnus, et, évidemment, ils ne reçoivent pas l’accueil dont ils avaient rêvé ; par exemple, on sait que la reconstruction du Temple s’est heurtée sur place à de farouches oppositions.

              Dans le début de notre psaume d’aujourd’hui, on ressent bien ce mélange de sentiments ; voici des versets qui ne font pas partie de la liturgie de ce dimanche, mais qui expliquent bien le contexte : le retour d’Exil est une chose acquise : « Tu as aimé, Seigneur, cette terre, tu as fait revenir les déportés de Jacob ; tu as ôté le péché de ton peuple, tu as couvert toute sa faute ; tu as mis fin à toutes tes colères, tu es revenu de ta grande fureur. » (v. 2-4). Mais, pour autant, puisque les choses vont mal encore, on se demande si Dieu ne serait pas encore en colère : « Seras-tu toujours irrité contre nous, maintiendras-tu ta colère d’âge en âge ? » (v. 6). Alors on supplie : « Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, que nous soit donné ton salut. » (v.8).

              Et on demande la grâce de la conversion définitive : « Fais-nous revenir, Dieu notre salut » (v.5) ; toute la première partie du psaume joue sur le verbe « revenir » : « revenir » au sens de rentrer au pays après l’exil, c’est chose faite ; « revenir » au sens de « revenir à Dieu », « se convertir »; c’est plus difficile encore ! Et on sait bien que la force, l’élan de la conversion est une grâce, un don de Dieu. Une conversion qui exige un engagement du croyant : « J’écoute... que dira le Seigneur Dieu ? » « Écouter », en langage biblique, c’est précisément l’attitude résolue du croyant, tourné vers son Dieu, prêt à obéir aux commandements, parce qu’il y reconnaît le seul chemin de bonheur tracé pour lui par son Dieu. « Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles »  ; mais le compositeur de ce psaume est réaliste ! Il ajoute « Qu’ils (les fidèles) ne reviennent jamais à leur folie ! » (9c).

         La fin de ce psaume est un chant de confiance superbe, en quelque sorte « le chant de la confiance revenue », la certitude que le projet de Dieu, le projet de paix pour tous les peuples avance irrésistiblement vers son accomplissement. « La gloire (c’est-à-dire le rayonnement de la Présence de Dieu) habitera notre terre (10)... La justice marchera devant lui et ses pas traceront le chemin. (14)... Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent (11). Le psalmiste, ici, est-il bien réaliste ? Il parle comme si l’harmonie régnait déjà sur la terre ; pourtant, il n’est pas dupe, il n’est pas dans le rêve ! Il anticipe seulement ! Il entrevoit le Jour qui vient, celui où, après tant de combats et de douleurs inutiles, et de haines imbéciles, enfin, les hommes seront frères !

         Pour les Chrétiens, ce Jour est là, il s’est levé lorsque Jésus-Christ s’est relevé d’entre les morts, et, à leur tour, les Chrétiens ont chanté ce psaume, et pour eux, désormais, à la lumière du Christ, il a trouvé tout son  sens. Le psaume disait : « Son salut est proche de ceux qui l’aiment » (10) et justement le nom de Jésus veut dire « Dieu-salut » ou « Dieu sauve » ; le psaume disait : « La vérité germera de la terre » ; Jésus lui-même a dit « Je suis la Vérité » et le mot « germe », ne l’oublions pas, était l’un des noms du Messie dans l’Ancien Testament ; le psaume disait « La gloire habitera notre terre », et saint Jean, dans son Évangile dit « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire qu’il tient du Père » (Jn 1, 14) ; le psaume disait : « J’écoute, que dira le Seigneur Dieu ? » ; Jean appelle Jésus la Parole, le Verbe de Dieu ; le psaume disait : « Ce que Dieu dit, c’est la paix pour son peuple » ; lors de ses rencontres avec ses disciples, après sa Résurrection, la première phrase de Jésus pour eux sera « La paix soit avec vous » ; décidément, toute la Bible nous le dit, la paix, cette conquête apparemment impossible pour l’humanité, est pourtant notre avenir, à condition de ne pas oublier qu’elle est don de Dieu.

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Complément

Lorsque nous accomplissons à la Messe le geste de paix, nous proclamons qu’elle est l’œuvre de Jésus-Christ et nous nous engageons à y collaborer.

LECTURE  DE LA LETTRE DE SAINT PAUL, APÔTRE AUX ROMAINS  9, 1-5

 

              Frères,
1            dans le Christ,
              c’est la vérité, je ne mens pas,     
              et ma conscience m’en rend témoignage dans l’Esprit Saint :
2            J’ai dans le cœur une grande tristesse,    
              une douleur incessante.
3            Pour les Juifs, mes frères de race,
              je souhaiterais même être maudit, séparé du Christ :
4            ils sont en effet les fils d’Israël,   
              ayant pour eux l’adoption, la gloire, les alliances,           
              la Loi, le culte, les promesses de Dieu ;
5            ils ont les patriarches,       
              et c’est de leur race que le Christ est né,  
              lui qui est au-dessus de tout,        
              Dieu béni éternellement. Amen.

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         Les huit premiers chapitres de la lettre aux Romains ont décrit, pas à pas, la démarche de la grâce, le déroulement du dessein d’amour de Dieu, depuis Adam et Abraham, jusqu’au Christ ressuscité des morts qui donne l’Esprit. Devant tout cela, Paul a dit son émerveillement, mais une grave question le préoccupe douloureusement : qu’en est-il désormais de la destinée du peuple Juif ?

         Nous savons ce qui est lui arrivé à lui, Saül, ce juif fidèle à l’extrême, lorsque, sur la route de Damas, il a vu s’écrouler toutes ses certitudes... Il a compris, ce jour-là, que croire au Christ n’est pas un reniement de sa foi juive, bien au contraire, puisque Jésus accomplit en sa personne, par sa vie, sa mort et sa résurrection, le projet de Dieu annoncé dans les Écritures. Désormais ce sera l’essentiel de sa prédication : « Je vous rappelle, écrit-il aux Chrétiens de Corinthe, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, auquel vous restez attachés et par lequel vous serez sauvés... Je vous ai transmis en premier lieu ce que j’ai reçu moi-même : Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures (selon les promesses de Dieu contenues dans les Écritures). Il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures. Il est apparu à Céphas et aux douze... En tout  dernier lieu il m’est aussi apparu, à moi, l’avorton. Ce que je suis, je le dois à la grâce de Dieu » (1 Co, 15, 1... 9).

         Et lorsqu’il aura à répondre au tribunal de son activité d’apôtre, après son arrestation par les autorités juives à Jérusalem, Paul déclarera : « Fort de la protection de Dieu, je continue à rendre témoignage devant petits et grands les prophètes et Moïse ont prédit ce qui devait arriver, et je ne dis rien de plus . » (Ac 26, 22).

         Mais ses frères juifs, dans leur grande majorité, non seulement ne l’ont pas suivi, mais, pour beaucoup d’entre eux sont devenus ses pires persécuteurs. À la date à laquelle Paul rédige sa lettre aux Romains, on n’en est pas encore à la séparation officielle entre juifs et chrétiens, quand ceux-ci seront chassés des synagogues et qualifiés d’apostats dans la prière juive ; mais Paul souffre profondément de l’hostilité qu’il rencontre dans toutes les communautés juives où il tente d’annoncer la Bonne Nouvelle. Alors, il se pose la question : que devient la partie du peuple élu qui ne reconnaît pas Jésus comme le Messie ? Est-elle exclue de l’Alliance ? Si c’était le cas, cela voudrait dire que l’Alliance pouvait être rompue… Dieu aurait-il repris sa liberté ? Dieu n’était donc pas tenu par ses promesses ?

         Mais si Dieu n’est pas tenu par ses promesses, les Chrétiens non plus ne peuvent pas compter sur la fidélité de Dieu ?           

          La réponse à cette question, Paul va la chercher logiquement dans l’Écriture et dans l’histoire d’Israël ; il énumère tous les privilèges du peuple choisi par Dieu, et qui sont les piliers de la foi d’Israël : « Ils ont pour eux l’adoption, la gloire, les alliances, la Loi, le culte, les promesses de Dieu ; ils ont les patriarches, et c’est de leur race que le Christ est né. »

         Pour Paul, juif imprégné des Écritures, cette liste à elle seule évoque toute l’histoire du peuple choisi : on peut essayer d’imaginer à quels passages de l’Écriture Paul faisait référence.

         Je reprends un à un chacun de ces éléments. En ce qui concerne l’adoption, Dieu lui-même avait recommandé à Moïse : « Tu diras au Pharaon : ainsi parle le SEIGNEUR : Mon fils premier-né, c’est Israël. » (Ex 4, 22). Et Osée, méditant la longue aventure de l’Exode, disait en écho : « Quand Israël était jeune, je l’ai aimé et d’Égypte, j’ai appelé mon fils. » (Os 11, 1). Paul pensait peut-être également au Deutéronome : « Vous êtes des fils pour le SEIGNEUR votre Dieu » (Dt 14, 1).

         La gloire de Dieu, c’est le rayonnement de sa Présence : or Israël a bénéficié de plusieurs manifestations de Dieu. Ce fut le cas dans la grande manifestation (dans l’orage et le feu ; Ex 19) au mont Sinaï que j’ai rappelée à propos de la première lecture. Ce fut le cas également lorsque la Présence de Dieu se manifesta au-dessus de la Tente de la Rencontre qui venait d’être dressée pour abriter l’Arche d’Alliance : « La nuée couvrit la tente de la rencontre et la gloire du SEIGNEUR remplit la demeure. » (Ex 40, 34). Dieu gratifia encore Salomon d’une manifestation semblable au moment de la dédicace du temple qui venait d’être construit (1 R 8, 10-11). Et, dans le psaume de ce dimanche, nous avons chanté : « Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. » (Ps 85/84, 10).

         Autre privilège dont Israël pouvait être fier, cette Alliance reconduite d’âge en âge : tout avait commencé avec Abraham, puis Isaac, puis Jacob. Et au Sinaï, Dieu avait promis à son peuple : « Vous serez ma part personnelle parmi tous les peuples. » (Ex 19, 5). Et c’est bien envers le peuple et non pas seulement envers Moïse qu’il s’était engagé.

         La loi donnée à ce moment-là par Dieu était comprise comme une preuve de sa sollicitude pour son peuple, de sa volonté de le faire grandir dans la paix et la liberté. Au pied du Sinaï, le peuple avait promis « Tout ce que le SEIGNEUR a dit, nous le mettrons en pratique. » (Ex 19, 8). Et si l’on pratiquait si volontiers le culte, c’est parce que toute célébration était vécue comme une rencontre entre Dieu et son peuple pour le renouvellement de cette Alliance. En attendant le jour béni où toutes les promesses de bonheur faites par Dieu seraient enfin accomplies avec la venue du Messie.

         Et voilà que le Messie était venu… et que son peuple, dans sa grande majorité, l’avait méconnu, pire, éliminé. On comprend à quel point la question pouvait être douloureuse pour Paul, lui qui avait eu aussi sa période de refus. Mais c’est dans sa foi, et dans l’Écriture qu’il a trouvé la réponse. La longue énumération que nous venons de faire avec lui dicte la solution.

         Non, il est impossible que Dieu oublie son peuple, lui-même l’a promis : « La femme oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si celles-là oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas. » (Is 49, 15) ; « Quand les montagnes feraient un écart et que les collines seraient branlantes, mon amitié loin de toi jamais ne s’écartera et mon alliance de paix jamais ne sera branlante, dit celui qui te manifeste sa tendresse, le Seigneur. » (Is 54, 10).

         Oui, c’est sûr, d’une manière mystérieuse pour nous, mais de manière certaine, Israël reste aujourd’hui encore, le peuple élu : l’argument décisif, Paul l’a écrit à Timothée, « Dieu reste fidèle car il ne peut se rejeter lui-même. » (2 Tm 2, 13).

ÉVANGILE  DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU 14, 22-33

 

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert,
22        Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque 
et à le précéder sur l’autre rive,        
pendant qu’il renverrait les foules.
23        Quand il les eut renvoyées,
il se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier.  
Le soir venu, il était là, seul.
24        La barque était déjà à une bonne distance de la terre,         
elle était battue par les vagues,         
car le vent était contraire.
25        Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux     
en marchant sur la mer.
26        En le voyant marcher sur la mer,      
les disciples furent bouleversés.       
Ils disaient : « C’est un fantôme »,  
et la peur leur fit pousser des cris.
27        Mais aussitôt Jésus leur parla :          
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! »
28        Pierre prit alors la parole :     
« Seigneur, si c’est bien toi,  
ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. »
29        Jésus lui dit : « Viens ! »       
Pierre descendit de la barque,          
et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
30        Mais, voyant qu’il y avait du vent, il eut peur ;       
et, comme il commençait à enfoncer, il cria :           
« Seigneur, sauve-moi! »
31        Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit,       
et lui dit :       
« Homme de peu de foi,       
pourquoi as-tu douté ? »
32        Et quand ils furent montés dans la barque,  
le vent tomba.
33        Alors ceux qui étaient dans la barque           
se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

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Ceci se passe tout de suite après la multiplication des pains. Les disciples ont eu tout juste le temps de ramasser les douze corbeilles de ce qui restait, après que toute la foule ait été rassasiée. Et Jésus, nous dit Matthieu, les oblige aussitôt à quitter les lieux. On peut se demander pourquoi ; il y a peut-être deux raisons à cela : première raison, l’urgence de la mission. On se souvient d’une phrase rapportée par Marc : c’était après une longue journée à Capharnaüm et de nombreuses guérisons. Pierre et ses compagnons auraient bien retenu Jésus, mais il leur avait répondu : « Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, pour que j’y proclame aussi l’Évangile : car c’est pour cela que je suis sorti. » (Mc 1, 39). En d’autres termes, il n’y a pas de temps à perdre.

Il y a plus grave, peut-être. Matthieu, dans l’épisode des tentations (Mt 4, 1-11), nous dit bien que Jésus a dû résister à la tentation du succès. Quand le Tentateur lui avait suggéré de changer des pierres en pain pour assouvir sa propre faim, Jésus avait refusé. Ici, il venait de multiplier les pains, pour servir son peuple. Mais la deuxième tentation se profilait peut-être à l’horizon : « Jette-toi du haut du Temple » pour faire un grand coup d’éclat, avait suggéré le Tentateur (Mt 4). Et, là encore, Jésus avait su résister. Mais ici, au bord du lac, après l’impressionnant miracle des pains pour une foule nombreuse, peut-être Jésus a-t-il craint pour lui-même ou pour ses disciples le risque de céder au spectaculaire

Si c’est le cas, on comprend d’autant mieux le désir de Jésus de se ressourcer dans la prière. « Quand il eut renvoyé les foules, nous dit Matthieu, il se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. » Je crois que Jésus était en dialogue permanent avec son Père, mais, peut-être parfois ressentait-il le besoin de silence pour être plus disponible à l’Esprit qui lui soufflait la direction à prendre

Regardons ce qui se passe dans la barque, maintenant : « Elle était battue par les vagues,            paraît-il, car le vent était contraire ». Pierre et ses compagnons étaient des habitués du lac de Tibériade, il ne semble pas qu’ils aient été pris de panique devant le gros temps. Les choses ont changé quand ils ont vu quelqu’un s’approcher de la barque en marchant sur les vagues. Cette fois, ils ont eu peur, le prenant pour un fantôme, et ils se sont mis à crier. Alors a retenti cette voix bien connue, inimitable, comme toute voix amie, et elle disait « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! » Des mots déjà entendus, des mots d’apaisement. Toute peur cessante, Pierre s’est lancé : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. » Le même, qui avait peur, l’instant d’avant, est prêt à tout, parce qu’il a entendu la voix.

On connaît la suite : Jésus, répondant à l’élan de son disciple, a simplement dit « Viens » ; et Pierre, aussi incroyable que cela puisse paraître, Pierre a su marcher sur l’eau ! Pourquoi a-t-il regardé ailleurs ? Il a vu le vent et a pris peur. Alors, il a commencé à couler. Matthieu ne peut pas mieux décrire la condition de tout disciple : faite d’élans sincères et de fragilités. « L’esprit est ardent mais la chair est faible » disait Jésus (Mt 26, 41). Pourtant, si Jésus a dit « Viens ! », c’est parce que cela était possible, avec son aide, bien sûr. Mais il ne fallait pas regarder ailleurs et s’inquiéter de la puissance du vent. Les disciples avaient déjà vécu l’épisode de la tempête apaisée, pourtant (Mt 8, 23-27). Belle leçon, là encore : nous ne sommes jamais à l’abri d’une nouvelle reculade. Celui qui se croit le mieux assuré peut encore perdre pied, comme Pierre, ici.

Comme Pierre encore, quelques années plus tard, lors de la Passion : c’est lui qui aura le plus bel élan : « Même s’il faut que je meure avec toi, non, je ne te renierai pas. » (Mt 26, 35). Et c’est le même, qui, cette nuit-là, précisément, reniera son Maître, par trois fois.

Revenons sur le lac : Pierre, donc, prend peur et s’enfonce. Son seul tort est d’avoir regardé ailleurs, le vent trop fort. S’il n’avait pas détaché les yeux de Jésus, il aurait pu se maintenir. Retenons la leçon, ne regardons pas ailleurs. Mais il a eu alors le seul bon réflexe, dans ces cas-là, il a appelé Jésus au secours : « Seigneur, sauve-moi ! » Nos fragilités ont ceci de bon qu’elles nous inspirent la prière à laquelle le Seigneur ne résiste jamais, l’appel au secours.

« Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit » : voilà Pierre en sûreté. Mais Jésus continue : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Pourquoi attendre de sentir la main de Jésus sur lui pour faire confiance ? Jésus n’était-il pas déjà avec eux ? N’avait-il pas dit lui-même « Viens » ? Pourquoi douter qu’il nous donnera les moyens d’y arriver ?

Alors Jésus et Pierre sont montés à bord et le vent est tombé. La paix revenue, tous se prosternent : dans la voix de Jésus, dans ses gestes, ils viennent de reconnaître celui qui apporte la paix au monde. « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

Il y aura encore dans la vie des disciples, dans la nôtre, d’autres élans, d’autres reniements, mais il suffira alors de dire humblement « Seigneur, sauve-moi ! » pour que nous rencontrions sa main tendue.

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 23:00

10-17 août

César envisage de se retirer en Narbonnaise par la Séquanie. Il marche de Langres (ou Sens) avec ses douze légions vers Alésia, la citadelle des Mandubiens, oppidum situé selon les hypothèses à Alise-Sainte-Reine, à Chaux-des-Crotenay sur le territoire des Séquanes (selon Dion Cassius) où encore Salins-les-Bains

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 23:00

 

Louis II de Bourbon

 

Louis II de Bourbon

 

né le 4 février 1337

 

mort au château de Montluçon le 10 août 1410 à l'âge de 73 ans


Inhumé en août 1410 dans la chapelle vieille de l'église à Souvigny, Allier

 

Détail du gisant de Louis II de Bourbon, dans l’église prieurale de Souvigny en Bourbonnais.

 

Parents

Mariage et descendance

Il épousa le 19 août 1371 à Vodable, Puy-de-Dôme Anne d'Auvergne (1358 † 1417), comtesse de Forez, fille de Béraud II dauphin d'Auvergne et de Jeanne de Forez

 

et eut:

  • Catherine († jeune)
  • Jean Ier (mars 1382 † Londres 5 janvier 1434), duc de Bourbon
  • Isabelle (vers 1390 † Poissy décembre 1452/mars 1454) sans alliance, retirée à Poissy à la fin de sa vie
  • Louis, seigneur de Beaujeu (1388 † Paris 12 septembre 1404, âgé de 16 ans et demi)

Il eut également plusieurs enfants illégitimes:

D'autres liaisons, Louis de Bourbon eut d'autres enfants naturels:

  • Philippe, tué en 1396 à Nicopolis
  • Jacques Bertrand, bailli
  • Pierrot, écuyer de Jean I de Bourbon
  • Oger, vivant en 1415.

 

 

 comte de Clermont (Clermont-en-Beauvaisis) (1371), et non de Clermont-Ferrand, ville épiscopale, dépendante du duché d'Auvergne, apanage de son cousin le duc de Berri. Guillaume de Paysac


    seigneur de Thiers

 

seigneur de Château-Chinon (Nièvre)

 

duc de Bourbon de 1356 à 1410

 

baron de Beaujeu

 

baron de Semur-en-Brionnais (Saône-et-Loire)

 

baron de Combrailles en 1400

 

comte de Forez par mariage

 

Grand capitaine de son temps

 


Il succéda à son père, tué à la bataille de Poitiers, en 1356

il avait dix-neuf ans.

 

Il fut retenu en otage par les Anglais comme garant du traité de Brétigny, il participa aux principales campagnes de Du Guesclin.

 

Pendant la minorité de Charles VI, il partagea le pouvoir avec les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourgogne, en qualité d'oncle maternel du roi.

 

 

 

Il se distingua à la bataille de Roosebeke en 1382 puis participa à une croisade contre Tunis pour le compte des Génois.

 

Il se retira à Moulins.

 

En 1366, il fonda à Moulins l'ordre de l'Espérance ou de l'Écu d'Or.

 

ce prince sage servit avec fidélité la monarchie française pendant plus d'un demi-siècle.

 

La longueur de son règne – plus de cinquante ans –, les qualités d'honneur et de courage de ce duc au grand cœur et à l'esprit chevaleresque, son œuvre de restauration et de modernisation du duché dans des temps difficiles ont marqué le Bourbonnais.

 

En 2010, de grandes célébrations sont organisées en Bourbonnais pour commémorer le sixième centenaire de la mort du bon duc Louis.

 

Biographie

Premières armes

Il était fils de Pierre Ier (1311-1356), duc de Bourbon, et d'Isabelle de Valois, fille de Charles de Valois.

 

Sa sœur, Jeanne de Bourbon, épousa le futur roi Charles V dont il devint le beau-frère.

 

En 1356, le roi Jean II le Bon l'envoie seconder son fils Jean nommé lieutenant du roi en Languedoc, Auvergne, Périgord et Poitou.

 

À la mort de son père à la bataille de Poitiers, il reçoit la charge de Grand chambrier de France.

 

Louis commence ses faits d'armes en secourant Reims assiégé par Édouard III d'Angleterre en 1359.

 

Peu après, il est négociateur du traité de Brétigny puis devient l'un des otages livrés à la Cour d'Angleterre en échange de la libération de Jean II le Bon, qui a été fait prisonnier à Poitiers.

 

Pendant sa captivité, le duché de Bourbon est dirigé par sa mère Isabelle de Valois.

La captivité et l'anarchie en Bourbonnais

Pendant l'absence du duc, le duché de Bourbon sombre dans la chaos.

 

Les compagnies s'y installent et répandent la terreur, tandis que les seigneurs, loin de les combattre, les laissent faire ou même participent à leurs brigandages.

 

La justice est impuissante face à ces bandes, et le "grand procureur de Bourbon", un dénommé Huguenin Chauveau, ne peut que consigner les méfaits opérés par les vassaux du duc dans un ouvrage qu'il appelle le Livre Peloux.

Création de l'Ordre de l'Écu d'or (1366)

Louis II n'est libéré qu'en 1366.

 

Lorsqu'il retrouve son duché, son autorité est, on l'a vu, gravement mise à mal par les compagnies et les barons. Plutôt que de combattre ces derniers, il choisit de se les rallier en fondant un ordre de chevalerie, l'Ordre de l'Écu d'or, pour récompenser les principaux gentilshommes de ses domaines.

 

La devise de l'ordre est "Espérance"

 

Le jour de l'an 1367 a lieu une fête célébrant la création de l'ordre. Selon le chroniqueur Cabaret d'Orville, apparaît ce jour-là à la cour ducale Huguenin Chauveau qui, espérant faire justice, présente au prince son Livre Peloux.

 

Il ajoute qu'avec les amendes et autres confiscations prononcées comme châtiments, le duc pourrait renflouer ses caisses.

 

Mais Louis préfère jeter l'ouvrage au feu et accuse à juste titre le "procureur" de vouloir compromettre la noblesse de ses états1

 

Il prononce donc de fait l'amnistie pour tous les crimes commis par ses vassaux durant son absence.

 

La concorde rétablie entre les seigneurs du duché, l'armée ducale peut écraser les compagnies lors de deux campagnes en 1367 et 1368.

 

L'un des barons turbulents qu'il ramène alors en son giron est son ami le puissant seigneur Goussaut de Thoury, qu'il fait Maître d'Hôtel et qu'il sort d'affaires judiciaires plusieurs fois.

Campagnes de Charles V

Il seconde Charles V lors de la reconquête des territoires conquis par les Anglais.

 

Suivant les consignes du roi et de Bertrand Du Guesclin, de ne pas engager de bataille, mais de mener une guerre d'escarmouche, il réussit à prendre une trentaine de places fortes entre 1369 et 1374, dans le Limousin, en Bretagne et en Guyenne.

 

Une trêve signée en 1374 entre la France et l'Angleterre lui permet de vaincre des bandes de mercenaires dans son comté, puis il part en Castille combattre les Maures, mais le roi Henri II de Trastamare voulant profiter de la présence des Croisés pour attaquer le Portugal, il refuse de continuer dans l'entreprise et revient en France.

 

En 1378, Charles V l'envoie combattre Charles II le Mauvais en Normandie, où il prend la plupart de ses places fortes.

Sous Charles VI

L'oncle préféré du roi


150px-Charles6lefou.jpg

Charles VI

 

 

Après la mort de Charles V, Bourbon fait partie du conseil de régence de Charles VI

 

 Son prestige militaire et les liens étroits qui unissent les Bourbons aux Valois contribuent à faire de ce fidèle serviteur de la monarchie un personnage central sur la scène politique.

 

Son influence sur son neveu est très grande.

 

Il le seconde brillamment pendant trente ans, que ce soit à la têtes des armées royales ou sur le terrain diplomatique.

 

Le duc de Bourbon est l'oncle pour lequel Charles VI a le plus d'affection.

 

Le roi voit très régulièrement le "bon duc" qui l'accompagne dans beaucoup de ses déplacements.

 

Bourbon est écouté et respecté au Conseil du roi, bien qu'il ne prenne que rarement parti pour un clan ou un autre.

 

En cela, il suit la ligne de conduite historique de la Maison de Bourbon, celle de fidèle soutien de la monarchie.

 

En effet, sans l'appui et les largesses royaux, les maigres revenus de leur province n'auraient pas permis aux ducs de Bourbon d'occuper une place si importante dans les hautes sphères de la royauté.

 

L'influence du duc se ressent dans de nombreuses décisions symboliques royales.

 

Ainsi pour le premier anniversaire de son avènement le jeune souverain choisit pour emblème le cerf volant (ou cerf ailé), devise des Bourbons.

 

Il distribue aussi aux gens de sa cour des livrées à ses couleurs et à sa devise, tradition anglaise introduite par Louis de Bourbon.

 

Surtout, lorsqu'en 1388 Charles VI décide de gouverner par lui-même, il est le seul de ses oncles à ne pas tomber en disgrâce.

 

Il apparaît même aux yeux des "Marmousets" qui entourent et conseillent le roi comme le "prince idéal" (ou "modèle des princes"), serviteur de l'État, en opposition aux seigneurs ambitieux et tapageurs que sont les ducs de Bourgogne et de Berry.

 

Campagnes militaires

louisIIdebourbon.jpg

Louis II de Bourbon et son écuyer

 

 

 

Il combat encore les Anglais en Guyenne en 1385.

 

En 1390, il dirige, à la demande de la république de Gênes une expédition contre le royaume de Tunisie qui met le siège devant Mahdia.

 

La campagne se termine par un demi-échec, et le duc, par son attitude hautaine auprès des chevaliers, perd de sa popularité.

Expansion du duché de Bourbon

Le petit duché de Bourbon ne permet pas à l'oncle maternel du roi de rivaliser avec les grands apanages de ses rivaux Berry et Bourgogne.

 

Afin d'augmenter ses revenus, il espère annexer le duché d'Auvergne, ce qui le met en concurrence avec le duc de Berry2

 

En 1400, son neveu Édouard II de Beaujeu lui lègue le Beaujolais que convoite aussi Philippe de Bourgogne.

Un arbitre du duel entre Orléans et Bourgogne

En 1392, Louis de Bourbon a la garde son neveu lorsque celui-ci connaît sa première crise de folie.

 

Il revint en France peu après, mais, malgré sa position au conseil de régence, ne put empêcher l'anarchie qui s'installe à cause de la folie de Charles VI et des luttes entre Philippe le Hardi puis Jean sans Peur et Louis d'Orléans.

 

En 1401, lors du premier accrochage entre Philippe et Louis, il obtient avec le duc de Berry leur réconciliation.

 

À partir de 1405, il prend parti pour son neveu Orléans car il désapprouve la volonté du duc de Bourgogne de partager le pouvoir avec les États provinciaux.

 

Lorsqu'en 1407 le duc d'Orléans est assassiné, le vieux prince décide de se retirer dans ses terres et envisage de s'établir dans un couvent de Célestins.

 

En effet, l'arrivée au pouvoir de Jean sans Peur en 1409 met un terme à son influence sur le gouvernement royal.

 

Son duché est de plus pris en tenaille d'un côté par les possessions du duc de Bourgogne (qui menace le Beaujolais), de l'autre par celles du duc de Berry.

 

De retour à la Cour en novembre 1408, alors que l'on craint que Jean sans Peur marche sur Paris pour s'emparer du pouvoir, Louis de Bourbon organise l'"enlèvement" du roi, le conduit hors de la capitale et le met en sécurité à Tours.

Ralliement aux Armagnacs et fin de vie

La guerre civile lui faisant horreur, le vieux duc de Bourbon refuse dans un premier temps d'adhérer à la Ligue de Gien conclue en avril 1410 et créant le parti des Armagnacs.

 

Son fils le comte de Clermont ayant rejoint ces derniers, il le tance très sévèrement.

 

Au début de l'été, il se décide finalement à rejoindre les princes d'Orléans dans leur lutte contre Jean sans Peur, mais il meurt en chemin le 19 août 1410, à soixante-treize ans.

 

Il fut considéré comme le premier fondateur de l'État Bourbonnais, celui qui a assuré sa puissance future.

 

église prieurale de Souvigny

 

chapellevieillesouvigny.jpg
Enumération des tombeaux dans la chapelle vieille de Souvigny (Allier)

 

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Mausolée de Louis II duc de Bourbon et de son épouse Anne Dauphine (église de Souvigny -Allier)

 

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Mausolée de Louis II duc de Bourbon et de son épouse Anne Dauphine (église de Souvigny -Allier)

 

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Mausolée de Louis II duc de Bourbon et de son épouse Anne Dauphine (église de Souvigny -Allier)
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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 23:00

 

Achille Mir

une figure majeure du "Félibrige" repose à Carcassonne...

Achille Mir 2 003.jpg
Achille Mir
(1822-1901)
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Achilles Mir fut d'abord instituteur à Aigues-Vives, puis directeur
de l'école annexe à l'école normale de Carcassonne.
       
Ecrivain, il compose des fables et moralités et présente en 1862
son poème "La Bigno" (la Vigne) au concours de la
Société Archéologique de Béziers.
Achille Mir 11.jpg
-------
Il décide de quitter l'enseignement en 1869 et devient
directeur de la Manufacture de la Trivalle.
Achille Mir 10.jpg
Ami de Frédéric Mistral, futur Prix Nobel de littérature en
1904, il sera par la suite un personnage important du
"Félibrige" (école littéraire, fondée en 1854 pour restituer
au provençal son rang de langue littéraire) et de la vie
culturelle locale avant d'étre publiquement reconnu pour
son talent par Mounet-Sully et Frédéric Mistral.
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Achille Mir 013.jpg
Il décède à Carcassonne le 10 août 1901 au 63
 Boulevard Barbès et repose désormais au cimetère
Saint-Michel...
Achille Mir 001.jpg
Achille Mir 008.jpg
Une rue de Carcassonne
porte son nom depuis novembre 1922...
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A lire:
L'article rédigé par Dominique Blanc, p.238/240
dans le dictionnaire "Les Audois"
Editions de la FAOL 1990

 

 

Achille Mir

Achille Mir (1822-1901) est le nom qu'il fallait donner à la photographie de l'énigme d'hier. C'est un des rares clichés de ce Félibre, né à Escales et décédé à Carcassonne. D'abord Instituteur à Aigues-vives, puis directeur de l'école normale, il prend la tête en 1869 de la Manufacture de la Trivalle. C'est sous ses ordres qu'est construit le barrage du Païchérou, où si l'on croit l'étude de Claude Marquié, il n'est pas très tendre avec les ouvriers.

Mir.jpg

Achille Mir est également écrivain et poète. Adoubé par Frédéric Mistral, il devient un grand acteur du Félibrige à travers ses contes et ses écrits comme le "Semoun del curat de Cucugna" ou "Lo lutrin de Ladern".

mir_cure-de-cucugnan.jpg

Lou sermou del curat de Cucugna

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La maison sur le Bd Barbès, dans laquelle est décédé Achille Mir en 1901.

326.JPG

Pour le centenaire de sa mort, une plaque a été apposée sur cette maison.

img140.jpg

 Le 4 octobre 1907, la ville de Carcassonne concède un emplacement sur le square Gambetta en vue de l'édification d'un monument à Achille Mir. Il sera placé sur une pelouse, près du petit lac entre la cascade et le pont rustique sur le square Gambetta. La subvention municipale est de 800 francs. L'oeuvre du sculpteur Paul Ducuing est conçue selon un dessin de Narcisse Salières représentant les personnages du "Lutrin de Ladern". Elle est inaugurée par Achille Rouquet et Prosper Estieu, le 26 juillet 1908 lors des grandes fêtes populaires de Carcassonne. Hélas, il n'en reste rien car le square a été détruit en 1944 par les allemands et les bronzes ont tous été fondus.

107 bis.jpg

Sur cette carte, j'ai placé une flèche rouge juste au dessus du monument.

431.JPG

La tombe d'Achille Mir au cimétière St-Michel

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Pour en savoir davantage:

http://www.dominiqueblanc.com/index.php?id=31

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 23:00
Illustration de Albert Robida - Lettres patentes d’août 1532 Archives Nationales AE-II-587
Illustration de Albert Robida - Lettres patentes d’août 1532 Archives Nationales AE-II-587
Illustration de Albert Robida - Lettres patentes d’août 1532 Archives Nationales AE-II-587

Illustration de Albert Robida - Lettres patentes d’août 1532 Archives Nationales AE-II-587

François 1er (1494-1547) lors de sa visite le 8 août 1532 résida à la Cité dans la maison épiscopale.

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 23:00

LECTURE DU LIVRE DE DANIEL  7,  9-10. 13-14 

J’ai substantiellement modifié mon commentaire pour la version orale plus courte

 


     La nuit, au cours d'une vision,
9   moi, Daniel, je regardais :     
des trônes furent disposés,    
et un Vieillard prit place ;     
son habit était blanc comme la neige,           
et les cheveux de sa tête comme de la laine immaculée ;     
son trône était fait de flammes de feu,         
avec des roues de feu ardent.

10  Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant lui.   
Des milliers de milliers le servaient,  
des myriades de myriades se tenaient devant lui.    

Le tribunal prit place et l'on ouvrit des livres.
13  Je regardais, au cours des visions de la nuit,            
et je voyais venir, avec les nuées du ciel,     
comme un Fils d'homme ;     
il parvint jusqu'au Vieillard,  
et on le fit avancer devant lui.

14  Et il lui fut donné      
domination, gloire et royauté ;          
tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues    
le servirent.

      Sa domination est une domination éternelle,           
qui ne passera pas,     
et sa royauté,  
une royauté qui ne sera pas détruite.

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            Avant de parler des visions de Daniel, il faut se souvenir qu’elles sont écrites à un moment de l’histoire d’Israël particulièrement douloureux : pendant la persécution du roi grec Antiochus Épiphane, au deuxième siècle av. J.-C. Ces visions sont donc à recevoir comme un message de réconfort.

            Daniel nous raconte deux visions ici : la première est celle du Vieillard sur son trône : il est clair que ce Vieillard est Dieu lui-même ; le décor est grandiose : « Son trône était fait de flammes de feu, avec des roues de feu ardent. Un fleuve de feu coulait... » Il y a déjà là un message de victoire du prophète à l’adresse de ses contemporains persécutés : car ils sont des millions admis à servir le Vieillard, des centaines de millions qui « se tiennent devant » lui : traduisez, après l’horreur présente, vous avez déjà votre place au ciel ; le tribunal qui se met en place vous rendra justice : « Le tribunal prit place et l’on ouvrit des livres. »

            La deuxième vision rapportée ici est celle du « fils d’homme » ; arrêtons-nous sur cette expression : elle nous est familière parce que Jésus l’a beaucoup employée ; mais nous ne savons pas toujours qu’il l’empruntait au livre de Daniel ; et il est intéressant de voir comment Jésus l’a modifiée et complétée. Commençons par la vision de Daniel : un « fils d’homme » est conduit jusqu’au Vieillard, sur les nuées du ciel. Il s’agit bien d’un homme : l’expression « fils de » est typique de l’hébreu, c’est une manière un peu emphatique de parler ; fils d’homme veut dire homme, tout simplement.

            Cet homme, donc, vient sur les nuées du ciel (les nuées sont une image classique des apparitions de Dieu) et il accède jusqu’au trône de Dieu... Il faut en déduire que ce « Fils d’homme » qui fait bien partie du monde de l’homme est introduit dans le monde de Dieu. Et il reçoit domination, gloire et royauté sur tous peuples, nations et langues. Et cela pour toujours : « Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. » Ce sont les exactement les termes que l’on employait à propos du Messie.

C’est donc une véritable scène de couronnement que Daniel nous décrit là.

Notre lecture de ce dimanche s’arrête ici ; mais pour bien la comprendre, il faut lire la suite. Car Daniel poursuit le récit de sa vision : « Mon esprit à moi, Daniel, fut angoissé... les visions de mon esprit me tourmentaient. Je m’approchai d’un de ceux qui se tenaient là, et je demandai ce qu’il y avait de certain au sujet de tout cela. Il me le dit et me fit connaître l’interprétation des choses : les saints du Très-Haut recevront la royauté et ils posséderont la royauté pour toujours et à tout jamais. » Et le même interprète céleste redit quelques versets plus loin : « La royauté, la souveraineté et la grandeur de tous les royaumes qu’il y a sous tous les cieux ont été données au peuple des saints du Très-Haut : sa royauté est une royauté éternelle ; toutes les souverainetés le serviront et lui obéiront. » Cela veut dire que le fils d’homme est en réalité le peuple des Saints du Très-Haut. « Peuple des saints du Très-Haut », en langage biblique, cela veut dire Israël ou au moins, en temps de persécution, le petit noyau, le Reste fidèle.

N’oublions pas que Daniel a eu cette vision à un moment de l’histoire d’Israël particulièrement douloureux : pendant l’occupation grecque, sous le règne d’Antiochus Épiphane vers 165 av. J.-C. Et il s’adresse à ceux qui restent fidèles à la foi juive au cœur même de la persécution. Il leur dit « Vous êtes ce peuple des saints du Très-Haut qui va recevoir bientôt la royauté ». Cette vision résonne donc comme un message de réconfort : en clair, mes frères, pour l’instant, vous êtes écrasés, mais votre libération approche et elle sera définitive..

            Ce « fils d’homme » n’est donc pas un individu isolé, c’est « le peuple des saints du Très-Haut » : ce sont ceux qui auront su résister à la persécution et affirmer leur foi, au risque du martyre pour certains ; en clair, mes frères, pour l’instant, vous êtes écrasés, mais votre libération approche et elle sera définitive. Et Daniel insiste : ce peuple des saints du Très-Haut recevra « une royauté éternelle ; toutes les souverainetés le serviront et lui obéiront. »

            Cette prédication du prophète Daniel a incontestablement encouragé ses frères à tenir bon, à garder l’espérance. Et l’on sait que, peu de temps après, les Juifs se sont révoltés contre Antiochus Épiphane et ils ont réussi à lui faire plier bagages. Et la paix est revenue. Mais on a continué à lire Daniel et à le lire, cette fois, comme une prophétie pour l’avenir. Et certains, parmi les Juifs, ont commencé à penser que le Messie, le roi idéal attendu pour la fin des temps ne serait pas un individu particulier, mais un peuple. À tel point que, à l’époque de la naissance de Jésus, si tout le monde en Israël attendait impatiemment le Messie, tout le monde ne l’imaginait pas de la même manière : certains attendaient un homme, d’autres attendaient un Messie collectif, qu’ils appelaient le petit Reste d’Israël (une expression qui remonte au prophète Amos), ou le fils d’homme, précisément, en référence à cette parole du prophète Daniel.

            Dans le cadre des Évangiles, maintenant, on peut remarquer trois choses : premièrement, Jésus dit : « Fils de l’homme » au lieu de « Fils d’homme » ; deuxièmement, Jésus est bien le seul à employer cette expression « Fils de l’homme » ; troisièmement, Jésus modifie aussi en profondeur la représentation du Fils d’homme : chez Daniel, c’était une image de victoire, de royauté ; Jésus, lui, dit que le Fils de l’homme doit souffrir.

Premièrement, Jésus dit : « Fils de l’homme » au lieu de Fils d’homme ; fils d’homme voulait dire « un homme », mais « Fils de l’Homme » veut dire l’Humanité ; en s’appliquant ce titre à lui-même, Jésus se révèle donc comme le porteur du destin de l’humanité tout entière ; ce qui est une grande audace, certainement, aux yeux de ses contemporains ! Saint Paul veut dire la même chose quand il l’appelle le nouvel Adam.

            Deuxièmement, on trouve l’expression « Fils de l’homme » plus de quatre-vingts fois dans les évangiles, mais curieusement, toujours dans la bouche de Jésus : il est le seul à l’employer, personne d’autre ne lui attribue ce titre, on peut se demander pourquoi ; car le livre de Daniel était bien connu. Mais justement, s’il était bien connu, on ne pouvait certainement pas reconnaître ce titre à Jésus : d’abord, parce que le Fils de l’homme vient sur les nuées du ciel ; or Jésus ne venait pas du ciel... il venait comme tout le monde d’une famille bien humaine, d’un petit village de rien du tout, Nazareth... D’autre part, on savait que le Fils de l’homme n’était pas un individu isolé, mais un peuple, ce que Daniel appelait « le peuple des Saints du Très-Haut ». Les contemporains de Jésus n’étaient certainement pas tentés d’identifier Jésus de Nazareth, le charpentier, avec « le peuple des saints du Très-Haut » !... et encore moins avec l’humanité tout entière.

            Troisièmement, enfin, Jésus a apporté une modification de fond à la représentation classique du Fils de l’homme. Il reprend bien les termes du livre de Daniel (c’est-à-dire une image de victoire) « On verra le Fils de l’homme venir, entouré de nuées, dans la plénitude de la puissance et de la gloire. » (Mc 13, 26), mais il y ajoute tout un aspect de souffrance : (toujours chez Marc) « Il enseignait ses disciples et leur disait : Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront ... «  (Mc 9, 31).

            Après sa Résurrection, tout est devenu lumineux pour ses disciples : d’une part, il mérite bien ce titre de Fils de l’homme sur les nuées du ciel, lui qui est à la fois homme et Dieu ; d’autre part, Jésus est le premier-né de l’humanité nouvelle, la Tête, et il fait de nous un seul Corps : à la fin de l’histoire, nous serons tellement unis que nous serons avec lui comme « un seul homme » !... Avec lui, greffés sur lui, nous serons « le peuple des Saints du Très-Haut ».

            Alors nous découvrons la merveille à laquelle nous osons à peine croire : le « dessein bienveillant » de Dieu est de faire de nous un peuple de rois ...! C’était cela son projet, dès le début, lorsqu’il créait l’humanité. Le livre de la Genèse le disait déjà : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu Il le créa ; mâle et femelle Il les créa. Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la » (Gn 1, 27-28)

PSAUME  96 (97), 1-2, 4-5, 6.9

 

1          Le SEIGNEUR est roi ! Exulte la terre !     
Joie pour les îles sans nombre !

2          Ténèbre et nuée l'entourent,  
Justice et droit sont l'appui de son trône.           

4          Quand ses éclairs illuminèrent le monde,
            la terre le vit et s'affola ;
5          les montagnes fondaient comme cire,          
devant le maître de toute la terre.

6          Les cieux ont proclamé sa justice,    
et tous les peuples ont vu sa gloire.

9          Tu es, SEIGNEUR, le Très-Haut sur toute la terre : 
tu domines de haut tous les dieux.

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            Bien sûr, aujourd’hui, à la lumière de la Résurrection du Christ, quand nous disons « le Seigneur est roi », nous le pensons de Jésus-Christ. Mais ce psaume a d’abord été composé pour célébrer le Dieu d’Israël ; pour le moment, commençons donc par le méditer tel qu’il a été composé. « Le SEIGNEUR est roi ! » Dès les premiers mots de ce psaume, nous savons qu’il a été écrit pour honorer Dieu comme le seul roi, le roi devant lequel tous les roitelets de la terre doivent courber la tête! Dieu est le seul Dieu, le seul Seigneur, le seul roi... si les psaumes et toute la Bible y insistent tant, c’est que cela n’allait pas de soi ! La lutte contre l’idolâtrie a été le grand combat de la foi d’Israël. Nous lisons ici : « Tu domines de haut tous les dieux » et un autre verset dit : « À genoux devant lui, tous les dieux ! »

            Entendons-nous bien : ces phrases ne sont pas une reconnaissance qu’il y aurait d’autres dieux mais inférieurs !...  « Écoute, Israël, le SEIGNEUR notre Dieu est le Seigneur UN », c’est le premier article du credo juif. Des phrases comme « à genoux devant lui, tous les dieux » ou « tu domines de haut tous les dieux » sont parfaitement claires dans la mentalité biblique : un seul être au monde mérite qu’on se mette à genoux devant lui, c’est Dieu, le Dieu d’Israël, le seul Dieu. Toutes les génuflexions qu’on peut faire devant d’autres que Dieu ne sont que de l’idolâtrie. C’est bien d’ailleurs pour cela que Jésus a été condamné et exécuté : il a osé se prétendre Dieu lui-même ; c’est donc un blasphémateur et tout blasphémateur doit être retranché du peuple élu ; élu précisément pour annoncer au monde le Dieu unique.

            Il faut dire que tous les peuples alentour sont polythéistes. Même le Pharaon Akhénaton, vers 1350 av. J.-C, n’était pas réellement monothéiste. Et tout au long de l’histoire biblique, le peuple élu a  été en permanence au contact de peuples polythéistes, idolâtres. Et sa foi a chancelé plus d’une fois... À ce moment-là les prophètes comparaient Israël à une épouse infidèle ; ils la traitaient d’adultère, de prostituée... Mais aussi et en même temps, chaque fois, ils assuraient le peuple élu du pardon de Dieu.

            Une autre trace dans la Bible de cette lutte contre l’idolâtrie, ce sont toutes les ressources dont les écrivains disposent pour affirmer que Dieu est Unique. L’exemple le plus frappant en est peut-être le premier chapitre de toute la Bible, le premier récit de la Création dans le premier chapitre de la Genèse. Ce texte a été écrit par les prêtres pendant l’Exil à Babylone, donc au sixième siècle av. J.-C. À cette époque-là, à Babylone, on croit que le ciel est peuplé de dieux, rivaux entre eux, d’ailleurs, et ceux qui ont décidé de fabriquer l’homme ont bien l’intention d’en faire leur esclave : le bonheur de l’homme est le dernier de leurs soucis. La Création a été faite à partir des restes du cadavre d’une déesse monstrueuse et l’homme lui-même est un mélange : il est mortel, mais il renferme une parcelle divine qui provient du cadavre d’un dieu mauvais.

            Les prêtres d’Israël vont donc se démarquer très fort de ces représentations qui sont aux antipodes du projet de Dieu. Pour commencer, on va répéter que la Création n’est que bonne : pas de mélange monstrueux à partir du cadavre d’un dieu mauvais vaincu ; c’est pourquoi, génialement, on a inséré ce refrain « et Dieu vit que cela était bon ». Ensuite, pour bien affirmer qu’il n’y a qu’un dieu, sans équivoque possible, pour qu’on ne soit pas tenté d’honorer le soleil comme un dieu, ou la lune comme une déesse, on ne va même pas les nommer ; le texte dit : « Et Dieu fit les deux grands luminaires, le grand luminaire pour présider au jour et le petit luminaire pour présider à la nuit ». Ils sont réduits à leur fonction utilitaire : deux ampoules en somme. Les voilà remis à leur place, si l’on peut dire ! Et enfin et surtout,  Dieu crée l’homme à son image et à sa ressemblance et il en fait le roi de la Création : l’homme à l’image de Dieu, il fallait bien une Révélation pour qu’on puisse oser y croire !

Ici, dans ce psaume, une autre façon de marquer la grandeur unique de Dieu consiste à décrire de grands bouleversements cosmiques lorsqu’il apparaît : feu, éclairs, nuage, ténèbre, tremblements de terre : « Quand ses éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s’affola ; les montagnes fondaient comme cire devant le Maître de toute la terre... » ; chaque fois qu’on rencontre une description de ce genre, c’est un rappel de la grande rencontre de Moïse avec Dieu sur le mont Sinaï.

            Enfin, encore une chose très intéressante dans ce psaume, la juxtaposition des deux parties de la première ligne : « Le SEIGNEUR est roi ! Exulte la terre ! »... Cela veut dire que la royauté de Dieu s’étend à toute la terre et cela pour le bonheur et l’exultation de toute la terre ! Une fois de plus, nous rencontrons cette note d’universalisme si importante dans la découverte biblique : « Les cieux ont proclamé sa justice, et tous les peuples ont vu sa gloire. » Pourquoi est-ce dit au passé ? Parce que, déjà, les peuples ont pu voir les merveilles que Dieu a accomplies pour son peuple. Mais on attend le Jour où la terre tout entière reconnaîtra enfin vraiment la justice de Dieu. Alors on pourra vraiment chanter : « Joie pour les îles sans nombre !... Tous les peuples ont vu sa gloire. » Dans d’autres versets qui, malheureusement, n’ont pas été retenus pour cette fête, c’est la notion de l’élection d’Israël qui est une fois de plus elle aussi réaffirmée : « Pour Sion qui entend, grande joie ! Les villes de Juda exultent devant tes jugements, SEIGNEUR ! » (verset 8). Ces deux aspects : élection d’Israël, et salut de l’humanité tout entière sont toujours liés dans les textes bibliques ; autre dimension très présente, elle aussi, la joie : parce que le projet de Dieu sur l’humanité est un projet de joie. Rappelez-vous, quand il eut achevé la Création, « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : voilà c’était très bon ! » (Gn 1, 31).

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Complément 

- Tout ceci ne paraît-il pas utopique lorsque l’actualité politique semble dénier tout espoir de paix et de joie ? C’est le moment ou jamais pour les croyants d’affirmer la volonté de Dieu de voir s’instaurer la paix et de croire contre toutes les apparences contraires que nous en avons les moyens...

Encore faudrait-il la désirer vraiment.

LECTURE DE LA DEUXIÈME LETTRE DE PIERRE  1, 16 - 19

 

            Frères,
16        Ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués
            que nous vous avons fait connaître la puissance
            et la venue de notre Seigneur Jésus Christ,
            mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur.
17        Car il a reçu de Dieu le Père l’honneur et la gloire quand,
            depuis la Gloire magnifique, lui parvint une voix qui disait :
            Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé ; en lui j’ai toute ma joie.
18        Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue
            quand nous étions avec lui sur la montagne sainte.
19        Et ainsi se confirme pour nous la parole prophétique ;
            vous faites bien de fixer votre attention sur elle,
            comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur
            jusqu’à ce que paraisse le jour
            et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs.
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            La deuxième lettre de Pierre ressemble à un discours d'adieu : au moment de partir, celui qui s'en va rappelle les vérités fondamentales qui l'ont animé et donne des orientations pour l'avenir à ceux qui se sont rassemblés autour de son témoignage. Les versets qui nous sont proposés ici sont une introduction à l'ensemble de la lettre et en résument brièvement les principaux thèmes : premièrement, restez fermes dans la foi à Jésus-Christ, fils de Dieu ; deuxièmement, gardez-vous des faux prophètes. Tout ceci sans perdre de vue ce qui constitue l’horizon de la foi, à savoir l’espérance du retour du Christ.

            Premièrement, restez fermes dans la foi à Jésus-Christ, fils de Dieu : au moment de la naissance de Jésus, il ne serait venu à l’idée de personne que Dieu pût avoir un Fils ; le Dieu unique était solitaire. Quand Jean-Baptiste entend la voix du ciel qui désigne Jésus comme Fils, il traduit certainement Messie ; car, traditionnellement, le roi d’Israël recevait le titre de Fils de Dieu le jour de son sacre, avec la formule « Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » (Ps 2, 7). Pour les Juifs croyants, se dire Fils de Dieu relevait soit du mensonge, soit de la prétention, voire du blasphème. C’est d’ailleurs l’un des motifs de la condamnation de Jésus (cf Mc 14, 64). Peu à peu, beaucoup plus tard, en méditant le mystère du Christ à la lumière de la Résurrection, les apôtres ont découvert cette vérité inattendue : Jésus est vraiment le Fils de Dieu, il est Dieu. L’événement de la Transfiguration leur apparaît désormais en pleine lumière : le Christ a « reçu du Père l’honneur et la gloire quand, depuis la Gloire magnifique, lui parvint une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour. » Or la gloire, dans tout l’Ancien Testament, est une prérogative de Dieu : par exemple dans les psaumes « Donnez (au sens de reconnaissez) au SEIGNEUR la gloire de son nom. » (Ps 28/29, 2). Pourtant, d’après Matthieu et Marc, la voix venue du ciel n’a pas dit autre chose à la Transfiguration qu’au Baptême ; ce qui diffère, c’est la gloire, justement, dont est nimbé Jésus à la Transfiguration : il est seul, sur la montagne, entouré seulement des deux plus hautes figures de l’Ancien Testament ; au Baptême, il était noyé dans la foule, mêlé au peuple des pécheurs. C’est le même Jésus que les disciples ont peu à peu appris à connaître, fils d’homme, assurément, mais aussi Fils de Dieu.

            Cette foi renouvelée n’est pourtant pas pour les disciples de Jésus une trahison de leur foi passée : aucun d’entre eux ne pense avoir changé de religion en reconnaissant en Jésus le Messie de Dieu tant attendu par leur peuple. Au contraire, en relisant les Écritures, ils découvrent que Jésus est bien celui qu’elles annonçaient. D’où la phrase de Pierre : « Ainsi se confirme pour nous la parole prophétique » et le conseil qu’il donne à ses lecteurs : « Vous faites bien de fixer votre attention sur elle, comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur » ; belle image : dans les ténèbres de l’humanité qui attend son sauveur, brille déjà la lumière des prophètes. Désormais les Chrétiens devront se remémorer sans cesse cette Parole qui annonçait Jésus.

Deuxièmement, dit Pierre, gardez-vous des faux prophètes. Visiblement, cette crainte n’était pas sans objet, car de nombreux passages du Nouveau Testament manifestent le même souci ; par exemple l’évangile de Matthieu : « Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous vêtus en brebis, mais qui au-dedans sont des loups rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » (Mt 7, 15-16). Même chose apparemment dans l’entourage de Jean : « N’ajoutez pas foi à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu ; car beaucoup de prophètes de mensonge se sont répandus dans le monde. » (1 Jn 4, 1) et de Paul : « L’Esprit le dit expressément : Dans les derniers temps, certains renieront la foi, s’attacheront à des esprits séducteurs et à des doctrines inspirées par les démons. » (1 Tm 4, 1)... « Viendra un temps, en effet, où certains ne supporteront plus la saine doctrine, mais, au gré de leurs propres désirs et l’oreille leur démangeant, s’entoureront de quantités de maîtres. Ils détourneront leurs oreilles de la vérité, vers les fables ils se retourneront. » (2 Tm 4, 3). Face à ces faux prophètes se dressent les témoins authentiques, ceux qui ont connu Jésus de Nazareth et ont, seuls, droit à la parole. Cette préoccupation de l’authenticité du témoignage est constante chez les premiers apôtres en général et chez Pierre en particulier. D’où les conditions avancées pour le choix du remplaçant de Judas : « Il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a marché à notre tête, à commencer par le Baptême de Jean jusqu’au jour où il nous a été enlevé : il faut donc que l’un d’entre eux devienne avec nous témoin de sa Résurrection. » (Ac 1, 21). D’où également ici l’insistance de Pierre sur sa propre présence au moment de la Transfiguration : « Nous l’avons contemplé lui-même dans sa grandeur... Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. » C’est parce qu’ils ont été témoins de la venue du Fils de Dieu parmi les hommes que ses apôtres peuvent désormais en toute assurance attendre sa venue à la fin des temps « jusqu’à ce que paraisse le Jour et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs ».

ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU   17, 1-9

 

              En ce temps-là,
1            Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
              et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
2            Il fut transfiguré devant eux ;
              son visage devint brillant comme le soleil,
              et ses vêtements, blancs comme la lumière.
3            Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
              qui s’entretenaient avec lui.
4            Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
              « Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
              Si tu le veux,
              je vais dresser ici trois tentes,
              une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
5            Il parlait encore,
              lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
              et voici que, de la nuée, une voix disait :
              « Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
              en qui je trouve ma joie :
              écoutez-le ! »
6            Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
              et furent saisis d’une grande crainte.
7            Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :
              « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
8            Levant les yeux,
              ils ne virent plus personne,
              sinon lui, Jésus, seul.
9            En descendant de la montagne,
              Jésus leur donna cet ordre :
              « Ne parlez de cette vision à personne,
              avant que le Fils de l’homme
              soit ressuscité d’entre les morts. »
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              « Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère » : nous sommes là une fois de plus devant le mystère des choix de Dieu : c’est à Pierre que Jésus a dit tout récemment, à Césarée : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la Puissance de la mort n’aura pas de force contre elle » (Mt 16, 18). Mais Pierre, investi de cette mission capitale, au vrai sens du terme, n’est pas seul pour autant avec Jésus, il est accompagné des deux frères, Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée. 

              « Et Jésus les emmène à l’écart sur une haute montagne » : sur une haute montagne, Moïse avait eu la Révélation du Dieu de l’Alliance et avait reçu les tables de la Loi ; cette loi qui devait éduquer progressivement le peuple de l’Alliance à vivre dans l’amour de Dieu et des frères. Sur la même montagne, Élie avait eu la Révélation du Dieu de tendresse dans la brise légère... Moïse et Élie, les deux colonnes de l’Ancien Testament ...

              Sur la haute montagne de la Transfiguration, Pierre, Jacques et Jean, les colonnes de l’Église, ont la Révélation du Dieu de tendresse incarné en Jésus : « Celui-ci  est  mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir ». Et cette révélation leur est accordée pour affermir leur foi avant la tourmente de la Passion.

               Pierre écrira plus tard : « Ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur. Car il a reçu de Dieu le Père l’honneur et la gloire quand, depuis la Gloire magnifique, lui parvint une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé ; en lui j’ai toute ma joie. Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. (2 P 1, 16-18).

                    Cette expression « mon Fils bien-aimé, en qui je touve ma joie. Écoutez-le » désigne Jésus comme le Messie : pour des oreilles juives, cette simple phrase est une triple allusion à l’Ancien Testament ; car elle évoque trois textes très différents, mais qui étaient dans toutes les mémoires ; d’autant plus que l’attente était vive au moment de la venue de Jésus et que les hypothèses allaient bon train : on en a la preuve dans les nombreuses questions qui sont posées à Jésus dans les évangiles.

               « Fils », c’était le titre qui était donné habituellement au roi et l’on attendait le Messie sous les traits d’un roi descendant de David, et qui régnerait enfin sur le trône de Jérusalem, qui n’avait plus de roi depuis bien longtemps. « Mon bien-aimé, en qui je touve ma joie », évoquait un tout autre contexte : il s’agit des « Chants du Serviteur » du livre d’Isaïe ; c’était dire que Jésus est le Messie, non plus à la manière d’un roi, mais d’un Serviteur, au sens d’Isaïe (Is 42,1). « Écoutez-le », c’était encore autre chose, c’était dire que Jésus est le Messie-Prophète au sens où Moïse, dans le livre du Deutéronome, avait annoncé au peuple « C’est un prophète comme moi que le Seigneur ton Dieu te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères ; c’est lui que vous écouterez » (Dt 18, 15).

               « Dressons trois tentes » : cette phrase de Pierre suggère que l’épisode de la Transfiguration a peut-être eu lieu lors de la Fête des Tentes ou au moins dans l’ambiance de la fête des Tentes... cette fête était célébrée en mémoire de la traversée du désert pendant l’Exode, et de l’Alliance conclue avec Dieu dans la ferveur de ce que les prophètes appelleront plus tard les fiançailles du peuple avec le Dieu de tendresse et de fidélité ; pendant cette fête, on vivait sous des tentes pendant huit jours... Et on attendait, on implorait une nouvelle manifestation de Dieu qui se réaliserait par l’arrivée du Messie ; et pendant la durée de la fête, de nombreuses célébrations, de nombreux psaumes célébraient les promesses messianiques et imploraient Dieu de hâter sa venue.

               Sur la montagne de la Transfiguration, les trois apôtres se trouvent tout d’un coup devant cette révélation : rien d’étonnant qu’ils soient saisis de la crainte qui prend tout homme devant la manifestation du Dieu Saint ; on n’est pas surpris non plus que Jésus les relève et les rassure : déjà l’Ancien Testament a révélé au peuple de l’Alliance que le Dieu très saint est le Dieu tout proche de l’homme et que la peur n’est pas de mise.

               Mais cette révélation du mystère du Messie, sous tous ses aspects, n’est pas encore à la portée de tous ; Jésus leur donne l’ordre de ne rien raconter pour l’instant, « avant que le Fils de l’Homme soit ressuscité d’entre les morts ». En disant cette dernière phrase, Jésus confirme cette révélation que les trois disciples viennent d’avoir ; il est vraiment le Messie que le prophète Daniel voyait sous les traits d’un homme, venant sur les nuées du ciel : « Je regardais dans les visions de la nuit, et voici qu’avec les nuées du ciel venait comme un fils d’homme... Et il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté ... Et sa royauté ne sera jamais détruite » (Dn 7, 13-14). 

               Au passage, n’oublions pas que le même Daniel présente le fils de l’homme non pas comme un individu solitaire, mais comme un peuple, qu’il appelle « le peuple des saints du Très-Haut »                   

               La réalisation est encore plus belle que la prophétie : en Jésus, l’Homme-Dieu, c’est l’humanité tout entière qui recevra cette royauté éternelle et sera éternellement transfigurée. Mais Jésus a bien dit «  Ne dites rien à personne avant la Résurrection... » C’est seulement après la Résurrection de Jésus que les apôtres seront capables d’en être les témoins.

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Compléments

- Verset 1 : Le texte grec commence par l’expression « Six jours après » qui confirme le lien supposé avec la fête des Tentes. Cela voudrait dire : « Six jours après le Yom Kippour », le jour du Grand Pardon.

- Verset 3 : Pourquoi Moïse et Élie ? Les deux mêmes qui ont eu la révélation du Père sur le Sinaï ont ici la révélation du Fils. La mosaïque de la basilique de la Transfiguration au Monastère Sainte-Catherine dans le Sinaï confirme cette interprétation : dans cette mosaïque, Moïse est représenté déchaussé, ses sandales délacées à côté de lui : il s’est déchaussé comme devant le buisson ardent (Ex 3).

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 23:00

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Mort de Raymond VI

 

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 23:00

Louis VI

dit « le Gros » ou « le Batailleur »1

 

né le 1er décembre 1081 à Paris

 

mort le 1er août 1137 au château royal de Béthisy-Saint-Pierre2

 

Roi des Francs de juillet 1108 à 1137

 

il est le cinquième roi de la dynastie dite des Capétiens directs.

Biographie

Enfance

Il est le fils de Philippe Ier (1052-1108), roi des Francs et de sa première épouse Berthe de Hollande3.

Après avoir répudié Berthe en 10924 et malgré les protestations du clergé, son père se remarie la même année5 avec Bertrade de Montfort, comtesse d'Anjou. De cette deuxième union naissent quatre enfants, dont deux fils. Louis, jeune prince issu du premier mariage de son père, est élevé avec Suger, futur abbé de Saint-Denis, qui devient son ami proche, puis son conseiller.

Au service de son père

En 1092, son père l'investit du comté de Vexin et des villes de Mantes et de Pontoise. Il vit éloigné de la cour, sa mère ayant été répudiée et son père remarié à Bertrade de Montfort.

En 1097, à la tête de l'armée royale, il prend part à la guerre, défendant le Vexin contre Guillaume le Roux roi d'Angleterre.

Après avoir été adoubé chevalier le 24 mai 1098 à Abbeville, par Gui Ier comte de Ponthieu, Louis est associé au trône puis combat le duc de Normandie et les sires châtelains du domaine royal qui se montrent souvent rebelles à l'autorité royale.

Enfin son père, devenu impotent, incapable de gouverner et de combattre, se réconcilie avec lui. C'est dans le courant de l'année 11016 ou 11037, qu'il lui confie le gouvernement effectif du royaume en qualité de « rex designatus » (roi désigné) ; cette même année, il l'investit aussi du comté de Vermandois.

Roi des Francs

Accession au trône

Le couronnement de Louis VI à Orléans.

Le 29 juillet 1108, son père meurt à Melun, et suivant sa dernière volonté, est inhumé en l'église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire. L'enterrement terminé, Louis, se doutant que son demi-frère, Philippe de Montlhéry, souhaite l'empêcher d'accéder à Reims, se hâte de rejoindre Orléans située à quelques kilomètres de Saint-Benoît, afin de se faire sacrer au plus vite. Une raison supplémentaire de ne pas se rendre à Reims était que l'archevêque de Reims d'alors, Raoul le Vert avait été soutenu par le pape Pascal II mais n'avait pas été reconnu par feu Philippe Ier qui lui préférait Gervais de Rethel8.

Le sacre a lieu le 3 août 1108 dans la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans, il reçoit « l’onction très sainte » de la main de Daimbert, l’archevêque de Sens. L'archevêque de Reims, Raoul le Vert envoya des messagers pour contester la validité du sacre, mais il était trop tard.

Règne

Diplôme en latin de 1111 par lequel le roi Louis VI, après avoir fait prisonnier le seigneur du Puiset, fait raser son château et abolit les coutumes établies par ce seigneur sur les terres de l’abbaye de Saint-Denis. Archives Nationales.

Louis VI encourage les mouvements communaux, associations professionnelles sociales ou religieuses. Dès 1110, il octroie aux habitants des villes divers avantages fiscaux et le droit de s'administrer sous la direction d'un maire. En 1111, il lutte contre le brigandage perpétré par certains seigneurs, tels que Hugues du Puiset, à l'intérieur du domaine royal.

Dès 1108, il se rendait tous les ans à Saint-Julien-du-Sault et au couvent des Écharlis près de Villefranche afin d'y prendre les eaux minérales de la source et fit de nombreuses donations à l'abbaye9.

Selon Orderic Vital, en mars 1113 lors de l'entrevue de l'Ormeteau-Ferré entre Louis VI le Gros et Henri Ier Beauclerc, le roi de France concède à son homologue « toute la Bretagne » c'est-à-dire la vassalité directe de la Bretagne. Alain Fergent princeps des Bretons devient « l'homme lige du roi des Anglais ». Conan le fils d'Alain Fergent est alors fiancé avec Mathilde une des filles illégitimes d'Henri Ier10

Le dimanche des Rameaux 1115, il est présent à Amiens, pour soutenir l'évêque et les habitants de cette ville dans leur conflit avec le célèbre Thomas de Marle, lequel est intervenu militairement à la demande de son père Enguerrand de Boves, comte d'Amiens et seigneur de Coucy. Ce dernier refuse de reconnaître l'octroi d'une charte accordant des privilèges aux habitants de la commune11. Arrivé avec une armée pour aider les bourgeois à faire le siège du Castillon (forteresse dominant la ville d'Amiens, à partir de laquelle le père et le fils partaient en « expéditions punitives »), Louis VI reçoit une flèche dans son haubert, puis part sans vaincre les assiégés réfugiés dans la tour réputée imprenable qui ne tombe que deux années plus tard.

Le 20 août 1119, se déroule la bataille de Brémule entre les rois d'Angleterre, Henri Ier Beauclerc, et de France, Louis VI. Résultat d'une rencontre fortuite, la bataille se termine par une défaite sévère pour Louis VI, qui est contraint à fuir et à se réfugier aux Andelys.

En août 1124, l’empereur germanique Henri V voulant aider son beau-père Henri Ier d'Angleterre dans le conflit qui l'oppose à Louis VI pour la succession dans le duché de Normandie, envahit la France et avance avec une puissante armée jusqu'à Reims. Face à la menace germanique et pour la première fois en France, Louis VI fait appel à l’ost. Dans un même élan, ses vassaux répondent présent : son cousin, le comte de Vermandois Raoul « le Borgne », le duc Hugues II de Bourgogne, le duc Guillaume IX d’Aquitaine, le comte Charles Ier de Flandre, le duc Conan III de Bretagne, le comte Foulque V d'Anjou, le comte de Champagne Hugues de Troyes, le comte Guillaume II de Nevers et le comte de Blois, Thibaud IV. Après avoir été chercher l'oriflamme à Saint-Denis, Louis VI se retrouve à la tête d’une immense armée mais l’affrontement, que tout le monde pensait pourtant inévitable, ne se fait pas. Henri V, certainement impressionné par une telle mobilisation et prétextant des troubles dans sa capitale de Worms, se retire sur Metz le 14 août sans combattre12

Succession

La succession était destinée à son fils Philippe, couronné roi associé le 14 avril 1129, mais sa mort accidentelle en 1131 amène le cadet, Louis le Jeune, destiné à une carrière ecclésiastique et non éduqué à la fonction royale, à devenir l'héritier.

 

Il est donc couronné roi associé à son tour le 25 octobre 1131.

 

En mai 1137, il conclut la paix avec Étienne de Blois, roi d'Angleterre, et reçut l'hommage d'Eustache fils de ce dernier, pour la Normandie.

 

Ayant noué des rapports amicaux avec Guillaume X, duc d'Aquitaine, celui-ci avant de mourir, donna sa fille et héritière au fils aîné du roi et lui confia sa terre, recevant ses envoyés début juin 1137, « permettant » par là à la dynastie capétienne de reprendre de l'influence dans la France méridionale, par la possession de cet immense fief.

Décès

Gisant de Louis VI.
 

Alors qu'il rentre d'une expédition punitive contre le seigneur pillard de Saint-Brisson-sur-Loire, près de Gien, Louis le Gros tombe soudainement malade au château de Béthisy-Saint-Pierre situé dans la vallée de l'Automne, en forêt de Compiègne, entre Senlis et Compiègne. Il y trépasse le 1er août 1137 d'une dysenterie causée par l'excès de bonne chère, qui l'avait rendu obèse et fut inhumé en l'église de l'abbaye royale de Saint-Denis. Son fils Louis, âgé de 17 ans et couronné depuis six ans, lui succède sans contestation.

Un moyen-relief en pierre calcaire représentant un roi en pied, en position repliée, portant la maquette d'une église qu'il offre à saint Vincent se trouve sur un autel liturgique roman, dans la petite église d'Avenas, commune du Haut-Beaujolais située dans le département du Rhône. Exécuté entre 1118 et 1124 par le « Maître d'Avenas », dont le nom est resté inconnu à ce jour, ce magnifique bas-relief montre un roi, couronné, déjà bedonnant. Une inscription latine, sur la même pierre, le qualifie de « REX LVDOVICVS PIVS » (Roi, Louis le Pieux). Certains disent que ce roi serait Louis VI, d'autres disent qu'il correspond plutôt à Louis Le Pieux ou encore à Louis VII13,14,15.

Généalogie

Ascendance

Unions et descendance

En 1104, Louis VI est fiancé à Lucienne de Rochefort16, fille de Gui Ier (mort en 1108), comte de Rochefort. Henri d'Arbois de Jubainville, célèbre archiviste paléographe, dit dans son livre17 que le mariage n'était pas encore consommé qu'il fut cassé par le pape lors du concile de Troyes le 23 mai 110718. La femme « délaissée » se remaria d'ailleurs aussitôt avec Guichard III de Beaujeu.

Le 3 août 1115, selon le médiéviste, Andrew W. Lewis19, Louis VI épouse à Paris, Adèlaïde de Savoie (v. 1100-1154), fille d'Humbert II de Savoie (mort en 1103), comte de Maurienne, et de Gisèle de Bourgogne (v. 1070-apr. 1133), fille de Guillaume Ier de Bourgogne, surnommé « le Grand » ou « Tête Hardie ». De cette seconde union sont issus sept fils et deux filles :

  1. Philippe (1116 - † 1131) (à ne pas confondre avec son frère cadet du même nom), mort des suites d'une chute de cheval.
  2. Louis VII « le Jeune » (1120 - † 1180), roi de France ;
  3. Henri (vers 1122 - † 1175), évêque de Beauvais (vers 1149-1161) puis archevêque-duc de Reims (1162-1175) ;
  4. Hugues (vers 1122, mort jeune) ;
  5. Robert Ier de Dreux (vers 1125 - † 1188), dit « Robert le Grand », comte de Dreux (1152-1184), comte du Perche ;
  6. Pierre Ier de Courtenay (vers 1126 - † entre 1180 et 1183), marié vers 1152 avec Élisabeth de Courtenay (vers 1135 - † après 1205), dame de Courtenay ;
  7. Constance de France (vers 1128 - † 1180), épouse (1) en 1140 Eustache IV dit « Eustache de Blois », comte de Boulogne - sans postérité connue ; épouse (2) en 1154 Raymond V (1134 - † 1194), comte de Toulouse ;
  8. Philippe (vers 1132/1133 - † 1161)20, à ne pas confondre avec son frère aîné du même nom. Sans alliance ni postérité. Nommé évêque de Paris, il refusa le poste et resta archidiacre.
  9. une fille morte jeune, inhumée à Saint-Victor de Paris.

Avec une certaine maîtresse prénommée Marie, fille de Renaud de Breuillet de Dourdan, Louis VI est le père d'une fille :

  • Isabelle (vers 1101/1104 - † après 1175), dame de Liancourt-Saint-Pierre, épouse Guillaume Ier de Chaumont (en Vexin)21,fils de Osmond Ier de Chaumont, seigneur de Chaumont-Quitry22.

Bilan du règne

Série métallique des rois de France, vue d'artiste de Louis VI le Gros

Exerçant un pouvoir sans partage, entouré de conseillers comme Yves de Chartres, Étienne de Garlande et surtout Suger, il défendit la paix et le bon droit, protégea les faibles et l'Église, compléta l'œuvre paternelle d'accroissement du domaine royal en intégrant les terres des familles de Rochefort, de la Ferté-Alais, de Montlhéry et du comté de Corbeil, et légua à son fils Louis VII un domaine à peu près pacifié. Comme roi et individu, il se conduisit en chrétien qualifié parfois de rex catholicus et christianissimus, se disant lui-même « propre fils de l'Église romaine23 ». Il fut le premier souverain à toucher les écrouelles de façon habituelle. Il résida à Paris beaucoup plus qu'aucun de ses prédécesseurs.

C’est à partir des règnes de Louis VI et de Louis VII, conseillés par l'abbé Suger, que la royauté commence à exercer un rôle national, en répondant à l'appel de ses sujets. La justice du roi va se mettre à régler les conflits entre différents vassaux, confirmer des chartes communales aux bourgeois des villes et garantir des propriétés d’abbaye.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 23:00

1er au 15 Août 1209

    Siège et prise de Carcassonne

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 23:00

  Août-22 Novembre 1210


        Siège et prise de Termes


http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Termes

        La prise de Béziers avait demandé un jour, celle de Carcassonne, quinze et le siège de Minerve avait duré six semaines.

        Termes n'allait capituler qu'au bout de quatre mois d'un siège traversé d'alternatives et de péripéties dramatiques.

        Les difficultés des Croisés augmentent; malheureusement, le manque de coordination entre les seigneurs méridionaux leur facilite singulièrement la tâche

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(en fait uniquement de Neustrie)
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de 715 à 719
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C
lotaire IV


T
hierry IV









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