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Gazettes & Sites Royaux

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 Ils sont tous là !
Ils nous regardent et nous racontent 14 siècles d'Histoire de France

 

9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 23:00

Le médecin et la mort du roi.

Un témoignage d’André Vésale sur la mort d’Henri II Pauline de Saint-Martin, Stéphane Velut, Jacqueline Vons

http://cour-de-france.fr/article3757.html?lang=fr

 

  Lors d'un tournoi, le roi de France reçoit un éclat de lance dans l'oeil

Son agonie dure dix jours.

10 juillet 1559. Pour tenter de sauver Henri II, ses chirurgiens décapitent quatre détenus. Peine perdue.

 

On a tout essayé pour sauver Henri II du trépas.

 

Jusqu'à décapiter quatre prisonniers du Châtelet pour reproduire sa blessure à la tête et l'étudier.

 

En vain.

 

Le 10 juillet 1559, après dix jours d'atroces souffrances, le fils de François Ier, époux de Catherine de Médicis, abandonne le royaume des vivants pour celui des morts parce qu'il s'est pris pour un jeune homme de 20 ans.

 

Mais pourquoi diable a-t-il voulu, à 40 ans, affronter en tournoi la fine fleur de son royaume ?

 

Un jour, il faut savoir raccrocher.

 

N'est pas Jeannie Longo qui veut.

Cette mort absurde plonge le royaume dans la panade.

 

Les Guise et autres Bourbons profitent de la vacance du pouvoir pour entraîner le pays dans les effroyables guerres de religion.

 

Si Henri II avait encore vécu vingt ans, la Saint-Barthélémy aurait-elle eu lieu ?

 

Henri de Navarre serait-il devenu roi de France, et, après lui, tous ses descendants ?

 

Et sans Henri IV, pas de Roi-Soleil !

 

Pas de Louis XVI !

 

Pas de Révolution, peut-être !

 

Bref, le destin de la France en eût été changé.

 

C'est même à se demander si Hollande serait devenu président...

Match nul

Revenons sur les faits. Le 28 juin 1559, Henri II organise un double mariage : celui de sa fille avec Philippe II, roi d'Espagne (par procuration), et celui de sa soeur avec le duc de Savoie.

 

Pour fêter l'événement fastueusement, il organise un tournoi devant son palais des Tournelles, rue Saint-Antoine.

 

Les réjouissances sont énormes.

 

La foule est en liesse.

 

C'est Albert épousant Charlene.

Le 30 juin, le souverain, qui est un colosse de 1,84 mètre, en a juste marre de rester le cul assis sur son trône et d'assister aux exploits de ses jeunes seigneurs.

 

Il exige de participer au tournoi.

 

Il veut faire le beau devant sa belle maîtresse, Diane de Poitiers, de vingt ans son aînée !

 

Pour une fois qu'un roi de France se choisit une couguar...

 

Henri se prépare donc à affronter trois adversaires comme il est de mise.

 

Il enfile une lourde armure, enfourche son fier destrier, empoigne sa lance, salue la foule, sa dame.

 

Comme d'habitude, il néglige la reine, Catherine de Médicis.

 

Puis il se dirige vers l'extrémité de la lice.

 

Les trompettes sonnent la charge.

Henri II pique des deux, lève sa lance et désarçonne son premier adversaire. Victoire !

 

Un hurlement de joie s'élève de la foule !

 

Le voilà encouragé. Henri gagne son deuxième combat.

 

Il est aux anges.

 

Le troisième l'oppose au jeune capitaine de sa garde écossaise, le seigneur de Lorges, Gabriel de Montgomery.

 

Les deux cavaliers s'élancent de part et d'autre de la barrière, leurs lances se brisent.

 

Match nul.

 

Normalement, le tournoi est fini pour le roi.

 

Le maréchal de Vieilleville, son écuyer, s'apprête à prendre sa place.

 

Mais cet orgueilleux d'Henri ne se satisfait pas d'un match nul.

 

Il exige d'affronter une nouvelle fois Montgomery.

 

Il veut sa revanche, disant qu'il "l'avait fait branler et quasi quitter les étriers"

 

Cri de désespoir

Catherine de Médicis, Diane de Poitiers, ses écuyers, les grands seigneurs, tous tentent de le dissuader. Rien n'y fait, il veut sa revanche. Il saute sur son destrier, nommé Malheureux, pour rejoindre l'extrémité de la lice, invitant Montgomery à en faire autant. Comment ne pas obéir à un ordre royal ? Les deux cavaliers s'élancent. Le choc est terrible. La lance de Montgomery se brise sur la cuirasse du roi. Un éclat s'introduit sous la visière de son casque et se plante au-dessus de l'oeil droit. Sous la violence du coup, le corps du roi vacille. La foule pousse un cri de désespoir.

On se précipite vers le blessé qui glisse à terre. On lui enlève son casque avec moult précautions, un flot de sang s'écoule sur le sol. Par miracle, Henri II n'est pas mort, il a simplement perdu connaissance. On l'asperge d'eau et de vinaigre. Selon certains témoins, il reprend connaissance quelques minutes pour pardonner à son adversaire et demander ses médecins et chirurgiens. Comme personne ne pense à appeler le Samu, le duc de Guise, le connétable de Montmorency, M. de Sancerre, le cardinal de Lorraine, Condé et Martigues empoignent chacun un membre du blessé pour le transporter dans sa chambre du palais des Tournelles.

Une fois qu'il est allongé, ses médecins et chirurgiens l'entourent, manifestant leur parfaite incompétence. Ils commencent par laisser les barbiers retirer les principales échardes fichées dans la partie gauche de son visage. Comme le souverain a le mauvais goût de se tordre de douleur, ils s'interrompent avant d'en avoir terminé. Jean Chapelain, le premier médecin du roi, ordonne alors la panacée de cette époque : la saignée. Peu importe que le blessé ait déjà perdu beaucoup de sang. Et comme il n'est pas suffisamment faible, pour combattre sa fièvre, les apothicaires lui font absorber un puissant émétique composé de rhubarbe et de momie (mélange de bitume et de poix). Le malheureux réagit en se vidant par les deux extrémités. De merde et de sang.

"Esbranlement du cerveau"

On a dit qu'Ambroise Paré, chirurgien ordinaire du roi, est appelé au chevet du blessé. C'est logique, néanmoins la description de la blessure du roi qu'il laisse dans son journal ne permet pas de juger s'il est réellement présent. Il écrit : "... un esclat du contrecoup luy donna au-dessus du sourcil dextre et lui dilacéra le cuir musculeux du front près l'os, transversalement jusques au petit coin de l'oeil senestre, et avec ce plusieurs petits fragmens ou esquilles de l'esclat demeurèrent en la substance dudit oeil sans faire aucune fracture aux os. Donc, à cause de telle commotion ou esbranlement du cerveau, il décéda l'onzième jour qu'il fut frappé."

Avant de sonder la plaie avec leurs instruments, les chirurgiens ont besoin de connaître sa forme et sa direction. Leur appareil d'IRM étant tombé en panne, ils décident d'organiser une reconstitution avec de vraies têtes fraîchement coupées. Rien de plus facile à cette époque, il suffit de demander. Aussitôt, quatre détenus de la prison du Châtelet sont décapités, sans que maître Vergès, appelé en urgence, puisse rien faire pour eux. Des éclats de bois sont fichés de force dans les quatre têtes qui sont, ensuite, sciées en deux. Mais la méthode est trop rustique pour apprendre quoi que ce soit aux chirurgiens.

Reliques

Le quatrième jour après la blessure, la température du blessé connaît un répit. Henri II reprend connaissance. Juste le temps de demander à Catherinette de Médicis de hâter la signature du mariage de sa soeur et de signer un brevet de maréchal de France pour Vieilleville. Trouve-t-il le temps de dire adieu à sa maîtresse, Diane ? On ne le sait pas. En tout cas, le roi retombe vite dans le coma. Reçoit-il la visite du grand anatomiste Vésale, médecin de Philippe II ? On le prétend, mais lui ne l'écrit nulle part dans ses Mémoires. À partir du 5 juillet, le roi se met à délirer. Son état ne fait qu'empirer. Le 9, en désespoir de cause, il ne reste qu'à faire appel à la clémence de Dieu. Des processions sont organisées dans Paris. Toutes les saintes reliques rassemblées depuis Saint Louis sont exposées au peuple. Sans effet. Les corps de saint Marcel et de sainte Geneviève sont promenés dans les rues de la capitale. Dieu y reste sourd. Bref, le 10 juillet, vers 15 heures, Henri II meurt après un dernier spasme horrible. Cela lui apprendra à ne pas prendre au sérieux ce quatrain de Nostradamus :

"Le lion jeune le vieux surmontera


En champ bellique par singulier duelle,


Dans cage d'or les yeux lui crèvera,


Deux classes une puis mourir mort cruelle."

 

Pour une fois nous donnons nos sources. Pour cette histoire, nous avons pioché dans la merveilleuse réédition des Morts mystérieuses de l'histoire, du docteur Cabanès, par les éditions de l'Opportun.

 

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 23:00

LECTURE DU LIVRE DU PROPHÈTE ZACHARIE   9, 9 - 10

 

          Ainsi parle le SEIGNEUR :
9        « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion !
          Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !
          Voici ton roi qui vient à toi :
          il est juste et victorieux,
          pauvre et monté sur un âne,
          un ânon, le petit d’une ânesse.
10      Ce roi fera disparaître d’Éphraïm les chars de guerre,
          et de Jérusalem les chevaux de combat ;
          il brisera l’arc de guerre,
          et il proclamera la paix aux nations.
          Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre,
          et de l’Euphrate à l’autre bout du pays. »

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Première remarque : l’expression « fille de Sion » ou « fille de Jérusalem » ne désigne pas une personne précise, une certaine jeune fille ou jeune femme qui serait originaire de Jérusalem (Sion ou Jérusalem, c’est la même chose). Cette expression désigne la ville elle-même ; c’est exactement comme si le prophète disait : « Jérusalem, réjouis-toi ». Et pourquoi Jérusalem doit-elle se réjouir ? Cela m’amène à ma deuxième remarque : car, justement, l’heure n’est pas à la joie !

     Deuxième remarque : le ton général de ces versets est triomphant ; mais nous savons bien que c’est toujours signe de période difficile : cette prédication de Zacharie a certainement été prononcée en temps de guerre : c’est ce qu’on appelle un oracle de consolation. Cela explique des phrases telles que « Ce roi fera disparaître d’Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l’arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations. » On situe généralement ce texte au début de la domination grecque (donc vers 330) après les conquêtes éclair d’Alexandre ; c’est un moment où, plus que jamais, il faut se raccrocher à l’espérance d’une intervention de Dieu.

     Je reprends cette annonce de Zacharie : les termes qu’il emploie sont ceux qui désignaient habituellement le Messie. On attendait un roi qui apporterait la justice et la paix pour tous. C’est exactement ce que promet Zacharie : « Voici ton roi qui vient vers toi ; il est juste et victorieux... Ce roi fera disparaître d'Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l'arc de guerre... Sa domination s'étendra d'une mer à l'autre, et de l'Euphrate à l'autre bout du pays. » Jusqu’ici, il n’y a rien de particulièrement neuf dans les paroles de Zacharie ; d’autres paroles prophétiques ou des psaumes disaient déjà à peu près la même chose ; par exemple je vous rappelle quelques versets du psaume 71/72 : « Dieu confie au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice. Qu’il gouverne ton peuple avec justice... Qu’il domine d’une mer à l’autre, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre. » Ce qui est audacieux dans les paroles de Zacharie, c’est de proclamer ce message d’espérance à un moment précisément où on aurait de bonnes raisons de penser que tout espoir est perdu.

     Mais j’ai laissé de côté jusqu’ici trois affirmations de Zacharie ; la première n’est pas exactement une nouveauté mais elle mérite d’être notée : « Il proclamera la paix aux nations ». C’est seulement depuis l’Exil à Babylone que le peuple juif a pris conscience que le projet de Dieu englobait l’humanité tout entière. Voici la deuxième : « Ce roi fera disparaître d’Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat... ». Citer ensemble Éphraïm et Jérusalem, c’est une manière discrète d’annoncer

 Discrètement, au passage, le texte annonce la restauration et la réunification de l’antique royaume de David ; pour l’instant, quand ce texte est écrit, il n’en reste plus grand chose : le Nord (Éphraïm) comme le Sud (Jérusalem) qui avaient perdu depuis bien longtemps leur unité, ont perdu également toute souveraineté.

 

     Enfin, la troisième affirmation de Zacharie est véritablement une nouveauté : « (Voici ton roi qui vient vers toi) humble et monté sur un âne, un âne tout jeune. » Or l’âne était considéré comme une monture modeste : les conquérants d’Alexandre étaient autrement mieux montés. Et à Jérusalem même, le roi Salomon avait introduit le cheval comme monture de guerre et aussi de parade ; on lui a assez reproché ses goûts de grandeur. On n’avait pas l’habitude de voir un roi sur un âne 1.

     Isaïe, il est vrai, avait déjà entrevu un Messie humble : il annonçait un Serviteur de Dieu, humble et fidèle, qui accomplira l’œuvre de Dieu et n’hésitera pas à affronter la persécution ; il la subira, mais c’est dans sa souffrance même que son peuple trouvera le chemin de la paix et de la réconciliation avec Dieu. (C’était dans les chants du Serviteur : Is 50, 6 ; 53,7) ;

     Il faut noter que le Serviteur d’Isaïe ne porte absolument pas le titre de roi, mais il est néanmoins présenté comme un Messie, en ce sens, d’une part, qu’il accomplit bien l’œuvre du Messie attendu et, d’autre part, qu’il est rempli de l’Esprit de Dieu comme doit l’être le Messie. Au contraire, le Messie de Zacharie est d’emblée présenté comme un Roi : il représente donc l’attente traditionnelle du Messie-Roi ; mais la nouveauté du texte de Zacharie, c’est qu’il combine cette attente traditionnelle du Messie-Roi avec celle de l’humilité du Serviteur décrit par Isaïe : puisque son roi est humble : finis les rêves de grandeur, de guerre, de puissance ; une seule chose compte à ses yeux : instaurer la paix pour son peuple.

     Les quatre récits de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem ressemblent très fort à la venue de ce roi monté sur un âne. Matthieu (Mt 21, 5) et Jean (Jn 12, 15) citent même expressément ce passage. Peut-être Jésus lui-même a-t-il cité ce texte aux disciples d’Emmaüs ? Puisque Luc nous dit qu’il a relu avec eux dans les Écritures tout ce qui le concernait (Lc 24, 27). Or, de toute évidence, ce texte concerne bien le Messie, mais d’une manière nouvelle pour son époque.

     Pourquoi les évangiles s’intéressent-ils tant à ce texte de Zacharie ? Parce que, dans un premier temps après la mort et la Résurrection de Jésus, les apôtres ont été confrontés à un mystère inexplicable : pour eux, qui étaient témoins de la Résurrection de Jésus, il ne faisait pas de doute que celui-ci était le Messie ; mais il était doux, humble et pacifique, c’est-à-dire bien différent du roi triomphant qu’ils imaginaient spontanément. C’est alors que ce texte de Zacharie (tout comme les chants du Serviteur d’Isaïe) leur est apparu comme un chemin pour entrer dans « l’intelligence des Écritures ».

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Note

1 – Lors de son sacre, Salomon était monté sur la mule de son père, David (1 R 1, 32), mais, plus tard, il ne s’en contentait plus.

PSAUME  144 (145)

 

1            Je t'exalterai, mon Dieu, mon roi,
              je bénirai ton nom toujours et à jamais !
2            Chaque jour je te bénirai,
              je louerai ton nom toujours et à jamais.

8            Le SEIGNEUR est tendresse et pitié,
              lent à la colère et plein d'amour :
9            la bonté du SEIGNEUR est pour tous,
              sa tendresse pour toutes ses œuvres.

10          Que tes œuvres, SEIGNEUR, te rendent grâce
              et que tes fidèles te bénissent !
11          Ils diront la gloire de ton règne,
              ils parleront de tes exploits.

13          Le SEIGNEUR est vrai en tout ce qu'il dit,
              fidèle en tout ce qu'il fait.
14          Le SEIGNEUR soutient ceux qui tombent,
              il redresse tous les accablés.
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     On sait bien que le psautier tout entier en hébreu s’appelle « louanges » ; mais ce psaume précis est l’unique du psautier à être intitulé « louange » : ce qui explique le vocabulaire et le ton émerveillé des versets que nous venons d’entendre ; et le motif particulier de la louange, c’est la royauté du Dieu de l’Alliance ; à l’occasion d’une célébration de renouvellement de l’Alliance, Israël contemple le roi qui lui a accordé sa protection, gratuitement, sans mérite de sa part. On ne s’étonne donc pas de l’importance du vocabulaire royal : « Je t’exalterai, mon Dieu, mon Roi »... et encore « tes fidèles diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits ».

     Puisqu’il s’agit d’un psaume d’action de grâce pour l’Alliance, il est ce qu’on appelle un psaume « alphabétique » : manière de dire « toute notre vie, de A à Z, (en hébreu de Aleph à Tav) baigne dans l’Alliance, dans la tendresse de Dieu. Deuxième remarque quant à la forme : le parallélisme d’une ligne à l’autre de chaque verset est particulièrement accentué : cela vaudrait la peine de le lire à deux voix ou deux chœurs alternés.

     Comme toujours, ce parallélisme est instructif : par exemple, la juxtaposition des deux derniers versets que nous propose la liturgie de ce dimanche est surprenante à première vue : « Le SEIGNEUR est vrai en tout ce qu’il dit, fidèle en tout ce qu’il fait / Le SEIGNEUR soutient ceux qui tombent, il redresse tous les accablés. » Un peu plus loin, deux autres versets offrent exactement ce même parallélisme : « Le SEIGNEUR est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu’il fait / Il est proche de ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité. » Cela veut dire que la justice de Dieu, la vérité, la fidélité de Dieu ne sont rien d’autre que sa miséricorde ; cela veut dire encore que la plus grande justice au monde n’est pas celle de la balance, elle est celle de l’amour ! Cela veut dire enfin que si nous vivons « selon l’Esprit de Dieu » comme nous le recommande saint Paul, dans la lettre aux Romains (cf la deuxième lecture de ce dimanche), nous allons nous engager sur la voie de cette étrange justice qui est synonyme de miséricorde.

     Car le Roi dont il est question ici n’est pas un roi comme ceux qu’on connaît sur la terre. C’est  un roi à la fois tout-puissant et bon : il ne veut que notre bonheur... Voilà la découverte qu’Israël a faite au long de son histoire. Quand on parle de la puissance de ce roi pas comme les autres, on sait que sa puissance n’est qu’amour : « Le SEIGNEUR est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour 1». C’est le meilleur résumé qu’on puisse donner de toute la révélation biblique : Et là Israël parle d’expérience : combien de fois, en particulier pendant l’Exil à Babylone, n’a-t-il pas invoqué son Dieu et supplié pour obtenir son pardon et son retour ?... Désormais, le peuple rassemblé dans le Temple reconstruit, chante de tout son cœur : « Que tes œuvres, SEIGNEUR, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent !... Je t’exalterai, mon Dieu, mon roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais. »

     Et sa mission, il le sait, est de le chanter assez fort pour que tous le sachent : la richesse de pardon, la tendresse et la pitié du Seigneur, elles sont POUR TOUS ! « La bonté du SEIGNEUR est pour tous, sa tendresse pour toutes ses œuvres ». Cette universalité du projet de Dieu, les hommes de l’Ancien Testament l’avaient peu à peu comprise : Dieu aime toute l’humanité et son projet d’amour, son « dessein bienveillant » concerne toute l’humanité et toute la création.

     Pour nous Chrétiens, qui avons relu la prophétie de Zacharie (dans la première lecture de ce dimanche), le chant de ce psaume est saisissant : Zacharie dessine le portrait du Messie à venir ; comme la majorité des Juifs, il le voit comme un roi, descendant de David ; mais ce roi, au lieu de chercher son propre intérêt et de satisfaire ses rêves de grandeur et de conquêtes, se consacrera exclusivement au service de son peuple : il fera taire définitivement les armes ; en cela, il sera vraiment le fidèle exécutant des projets de Dieu. Évidemment, Jésus de Nazareth, le doux et humble de cœur, répond bien au portrait de Zacharie. Plus saisissant encore, est le premier verset qui prend un relief nouveau, si l’on pense à Jésus : « Je t’exalterai, mon Dieu, mon roi... » Car il est bien Dieu et roi, notre Messie.

     Pour terminer, si l’on se rapporte au texte complet de ce psaume, on lui découvre une parenté très grande avec le Notre Père : par exemple, le Notre Père s’adresse à Dieu à la fois comme à un Père ET comme à un roi: un père qui est le Dieu de tendresse et de pitié dont parle ce psaume... un roi dont le seul objectif est le bonheur de tous les hommes. « Notre Père... donne-nous... pardonne-nous... délivre-nous du mal... »... que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ... » parce qu’ on sait que sa volonté est, comme dit saint Paul, « que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ».  (1 Tm 2,4).

     On comprend que ce psaume 144/145 soit devenu la prière du matin du peuple qui le premier a appris à parler à Dieu comme à un père. On ne s’étonne pas non plus que ce psaume figure dans la prière juive de chaque matin : pour le juif croyant, le matin (l’aube du jour neuf) évoque irrésistiblement l’aube du JOUR définitif, celui du monde à venir, celui de la création renouvelée... Si nous allons un peu plus loin dans la spiritualité juive, le Talmud (l’enseignement des rabbins des premiers siècles après J.-C.), affirme que celui qui récite ce psaume trois fois par jour, « peut être assuré d’être un fils du monde à venir ». 

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Note

1 - Nous retrouverons ce psaume dans la liturgie du dix-huitième dimanche ; nous nous attarderons alors sur le verset 8 : « Le SEIGNEUR est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » qui est l’écho de la révélation de Dieu à Moïse au Sinaï (Ex 34, 6). Le texte lui-même de l’Exode est lu pour la Fête de la sainte Trinité de l’année A.

LECTURE DE LA LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX ROMAINS     8, 9. 11-13

 

            Frères,
9          vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair,
            mais sous celle de l’Esprit,
            puisque l’Esprit de Dieu habite en vous.
            Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ
            ne lui appartient pas.
11        Mais si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts
            habite en vous,
            celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts
            donnera aussi la vie à vos corps mortels
            par son Esprit qui habite en vous.
12        Ainsi donc, frères, nous avons une dette,
            mais elle n’est pas envers la chair
            pour devoir vivre selon la chair.
13        Car si vous vivez selon la chair,
            vous allez mourir ;
            mais si, par l’Esprit,
            vous tuez les agissements de l’homme pécheur,
            vous vivrez.

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     La grosse difficulté de ce texte est dans le mot « chair » : chez saint Paul, il n’a pas le même sens que dans notre français courant du vingt-et-unième siècle. Nous, nous sommes tentés d’opposer deux composantes de l’être humain que nous appelons le corps et l’âme et nous risquons donc de faire un épouvantable contresens : quand Paul parle de chair et d’esprit, ce n’est pas du tout cela qu’il a en vue. Ce que Saint Paul appelle « chair », ce n’est pas ce que nous appelons le corps ; ce que Paul appelle l’Esprit, ce n’est pas ce que nous appelons l’âme. D’ailleurs Paul précise plusieurs fois qu’il s’agit de l’Esprit de Dieu, ou encore il dit « l’Esprit du Christ ». Et encore, si on y regarde de plus près, il n’oppose pas deux mots « chair » et « Esprit », mais deux expressions « vivre selon la chair » et « vivre selon l’Esprit ». Pour lui, il faut choisir entre deux modes de vie ; ou pour le dire autrement, il faut choisir nos maîtres, ou notre ligne de conduite, si vous préférez.

     Vivre « selon la chair », pour saint Paul, c’est vivre sans Dieu, vivre de nos seules forces, enfermé dans les limites de l’intelligence et des forces humaines ; évidemment, cela ne va pas loin ! Ou plutôt si, cela peut aller très loin, mais dans le mauvais sens. (Nous retrouvons, comme toujours chez Paul, le thème des deux voies). Car vivre sans Dieu finit toujours par vouloir dire vivre loin de Dieu, et d’un éloignement qui ne peut que s’aggraver. C’est ce que Paul a décrit dans les premiers chapitres de cette lettre aux Romains. Pour reprendre les images de la Genèse, vivre selon la chair, c’est vivre comme Adam : il veut devenir comme Dieu, mais sans l’aide de Dieu : il se trompe. Nous aussi, à nos heures, qui cherchons notre bonheur tout seuls, sans lui, ou même contre lui, sans nous apercevoir que c’est le meilleur moyen de faire notre malheur.

     Au contraire, vivre « selon l’Esprit », c’est nous laisser guider par lui, et donc vivre de la force de Dieu : cela change tout ! Or la grande nouvelle de ce texte, c’est « L’Esprit de Dieu habite en vous » donc « vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous l’emprise de l’Esprit ». Le mot « habiter » revient trois fois dans le texte d’aujourd’hui, c’est dire l’importance que Paul y attache : or, celui qui habite la maison, c’est le maître, c’est lui qui dirige. Nous sommes donc devenus littéralement des maisons de l’Esprit : c’est lui qui commande désormais.

     Encore faut-il savoir quelle place nous lui laissons dans notre maison ; car nous sommes libres d’ouvrir plus ou moins la porte. Dans de nombreux textes, Paul insiste sur notre liberté : « vous n’êtes plus sous l’emprise de la chair » signifie que nous ne sommes plus esclaves des forces du mal, que nous avons désormais la force de faire triompher les vraies valeurs : l’amour, la paix, la vérité, la justice. Nous en avons la force, mais nous n’y sommes pas obligés non plus : à chaque instant, le choix est à refaire. Plus nous laisserons de place à l’Esprit Saint dans notre maison (c’est-à-dire plus nous ferons ce qu’il nous souffle de faire dans la voie de l’amour, de la bienveillance, du pardon), plus nous serons des vivants.

     Avant sa conversion, Paul appliquait des quantités de règles morales et religieuses avec beaucoup de fidélité mais l’Esprit du Christ n’habitait pas en lui ; il vivait encore « sous l’emprise de la chair ». Et cela pouvait l’amener à la violence et au meurtre, avec la meilleure foi du monde. Désormais, sa vie tout entière est inspirée par l’Esprit du Christ, jusqu’à pouvoir dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

     Nous aussi, depuis notre baptême, nous pouvons laisser l’Esprit prendre possession de notre maison. Paul en déduit deux conséquences : premièrement, nous ressusciterons avec le Christ ; c’est une promesse pour le futur : l’Esprit exercera en nous sa puissance et réalisera en nous ce qu’il a réalisé en Jésus-Christ : « Si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » Deuxièmement, dès maintenant, notre vie est transformée, comme l’a été celle de Paul, car, désormais, nous sommes « sous l’emprise de l’Esprit ». « Je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez » annonçait le prophète Ézéchiel ; Paul parle souvent de cette nouvelle vie spirituelle qui est la nôtre depuis notre baptême : tout en demeurant encore dans notre corps mortel, nous pouvons déjà vivre de l’Esprit du Christ. C’est ce que saint Jean appelle la « vie éternelle ».

     Concrètement, on voit bien ce que cela veut dire, il suffit de remplacer le mot « Esprit » par le mot « amour » : « vivre selon l’Esprit » c’est se laisser souffler par lui des paroles et des gestes d’amour. Quelques chapitres plus haut, Paul écrivait aux Romains : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5). Et dans la lettre aux Galates, il explique ce que sont les fruits de l’Esprit : « joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi », (Ga 5, 22) en un mot l’amour décliné selon toutes les circonstances concrètes de nos vies. Paul, en cela, est bien l’héritier de toute la tradition des prophètes : tous affirment que notre relation à Dieu se vérifie dans la qualité de notre relation aux autres ; et dans les chants du Serviteur, en particulier, Isaïe affirme que vivre selon l’Esprit de Dieu, c’est aimer et servir nos frères. Comme dit saint Jean (1 Jn 3, 14) : « Qui n’aime pas demeure dans la mort... Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie (la vraie vie s’entend) parce que nous aimons nos frères ».

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MATTHIEU    11, 25 - 30

 

25        En ce temps-là,
            Jésus prit la parole et dit :
            « Père, Seigneur du ciel et de la terre,
            je proclame ta louange :
            ce que tu as caché aux sages et aux savants,
            tu l’as révélé aux tout-petits.
26        Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
27        Tout m’a été remis par mon Père ;
            personne ne connaît le Fils, sinon le Père,
            et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,
            et celui à qui le Fils veut le révéler.
28        Venez à moi,
            vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
            et moi, je vous procurerai le repos.
29        Prenez sur vous mon joug,
            devenez mes disciples,
            car je suis doux et humble de cœur,
            et vous trouverez le repos pour votre âme.
30        Oui, mon joug est facile à porter,
            et mon fardeau, léger. »

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 « Prenez sur vous mon joug » dit Jésus ; (nous avons déjà rencontré cette image dans un texte du livre de l’Exode que nous avons lu pour la fête de la Trinité) ; là-bas on savait bien ce qu’est un joug : une pièce de bois, très lourde, très solide, qui attache deux animaux, deux bœufs normalement, pour labourer. Ils conjuguent leurs forces et le plus puissant des deux imprime son pas à l’attelage. Au sens figuré, « Prendre le joug » suggère donc que l’on s’attache à quelqu’un pour marcher du même pas, attelés à la même tâche.

Si bien que cette expression était devenue courante dans l’Ancien Testament et dans le Judaïsme pour évoquer l’Alliance entre Dieu et son peuple : lorsqu’on promettait de « Prendre le joug de la Torah » cela voulait dire s’engager à suivre la Loi de Dieu, s’atteler à Dieu, en quelque sorte ; étant entendu que toute la force de « l’attelage » ainsi composé vient de Dieu lui-même ! Pour un Juif, le service de la Torah n’est donc pas un fardeau trop lourd, c’est le chemin du vrai bonheur ; Ben Sirac le Sage disait : « Tu trouveras en elle (dans la pratique de la Loi) le repos, elle se changera pour toi en joie. » (Si 6, 281). On parlait même parfois de la « joie du joug ! »

Visiblement c’est bien de cela que Jésus parle, et il fait lui aussi le lien entre le joug de la Torah et le repos : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples », c’est-à-dire pratiquez mes commandements « et vous trouverez le repos ».

Mais on sent bien également dans ces quelques lignes une pointe polémique : « Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. » Manière de dire : Mon joug à moi est facile à porter, ce n’est pas le cas de tout le monde. D’ailleurs, Jésus ne se prive pas de le dire : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ».

Effectivement, certains Pharisiens, à force de scrupules, avaient transformé la pratique de la Loi de Dieu en un cortège d’obligations tatillonnes ; c’est à leur propos que Jésus disait aux foules : « Les scribes et les Pharisiens siègent dans la chaire de Moïse : faites donc et observez tout ce qu’ils peuvent vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt. » (Mt 23, 2-4). D’autre part, une majorité du peuple avait bien du mal à observer la totalité des commandements que les autorités religieuses leur imposaient et ils sentaient le mépris dont ils étaient l’objet

Jésus propose donc à ses disciples de déposer ces fardeaux trop lourds : « Prenez sur vous mon joug... et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. » Son joug à lui, c’est tout simplement la loi d’aimer, et c’est lui qui nous en donne la force.

Quant au repos, c’était également un mot familier aux auditeurs de Jésus ; par exemple, l’Ancien Testament présentait la Terre Promise comme le lieu du repos accordé par Dieu à son peuple. Et, en contrepoint, quand le peuple était infidèle à la loi, le psaume 94/95 exprimait la tristesse de Dieu : « J’ai dit : ce peuple a le cœur égaré, il n’a pas connu mes chemins... Jamais ils n’entreront dans mon repos. » Reprenant ce psaume, la lettre aux Hébreux annonce un nouveau jour où avec le Christ, nous entrerons avec assurance dans le repos de Dieu : « Empressez-vous donc d’entrer dans ce repos. » (He 4, 11).

La chose très nouvelle dans ce discours, c’est que Jésus s’identifie à Dieu : lui seul peut se permettre de dire « Moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. » Les représentants de la religion ne pouvaient qu’être agacés par ces propos. En revanche, ceux qui « peinaient sous le poids du fardeau », pour reprendre l’expression de Jésus, étaient attirés par son attitude de respect et d’attention à chacun, lui qui était « doux et humble de cœur 2». Ce sont eux qui, spontanément, ont compris que Dieu était là. On a là une application de la fameuse béatitude : « Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux ».

Alors Jésus s’émerveille : ces pauvres de cœur comprennent son message à une profondeur telle que cela ne peut venir que du Père : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. » Jésus tiendra le même langage un peu plus tard, lorsque Pierre, un homme simple, lui aussi, lui aura déclaré : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, Jésus lui dira aussitôt : Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 16, 17). Une fois de plus, Jésus est bien ici dans la droite ligne de l’Ancien Testament qui a toujours déclaré haut et fort que toute vraie sagesse, toute vraie intelligence ne peuvent venir que de Dieu ; c’est ce qu’exprime à sa manière la très belle image du livre de la Genèse : l’arbre de la connaissance de ce qui rend heureux ou malheureux n’est pas accessible à l’homme par ses seules forces. Le livre de Job le dit lui aussi dans un poème admirable consacré à la Sagesse : « La sagesse, où la trouver ? Où réside l’intelligence ? On en ignore le prix chez les hommes, et elle ne se trouve pas au pays des vivants... Dieu en a discerné le chemin, il a su, lui, où elle réside. » (Jb 28, 12... 23). Le livre de Ben Sirac, lui, l’affirme dès son premier verset : « Toute sagesse vient du Seigneur » (Si 1, 1).

Chaque fois que Jésus est mis devant l’évidence de la foi, il manifeste sa joie et sa reconnaissance au Père3; l’évangile nous révèle ainsi ce qu’est la véritable prière d’action de grâce : bonheur filial émerveillé devant l’initiative de Dieu se révélant aux hommes. Ce dont Jésus s’émerveille aussi, c’est de l’intimité que lui offre son Père : il contemple la communion inouïe qui les unit : « Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Ici, l’évangile de Matthieu se rapproche des méditations de l’évangile de Jean : « Le Père et moi, nous sommes UN... Qui m’a vu a vu le Père. »

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Notes

1 - « Tu trouveras en elle le repos, elle se changera pour toi en joie. Alors ses entraves seront pour toi une protection puissante et son carcan un vêtement glorieux. Son joug est une parure d’or, ses liens sont un ruban de pourpre violette. » (Si 6, 28-30). « Soumettez votre nuque à son joug et que votre âme reçoive l’instruction. » (Si 51, 26).

2 - « Doux et humble de cœur » : l’évangéliste, rapportant cette parole, y entendait certainement un écho de la prophétie de Zacharie sur le roi doux et humble monté sur un âne (Za 9, 9-10 ; cf. la première lecture).

3 - Le passage parallèle à celui-ci dans l’évangile de Luc commence par ces mots : « À l’heure même (il s’agit du retour de mission des soixante-douze disciples), il exulta sous l’action de l’Esprit-Saint. » (Lc 10, 21).

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 23:00
07 juillet 1812 Carcassonne Jacques Chabaud Déserteur, tua son camarade François Garcia le 24 avril 1811 à Cucugnan 02 mai 1812
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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 23:00
Olympe de Gouges par Alexandre Kucharski
Olympe de Gouges par Alexandre Kucharski
Olympe de Gouges par Alexandre Kucharski
Olympe de Gouges par Alexandre Kucharski
Olympe de Gouges par Alexandre Kucharski

Olympe de Gouges par Alexandre Kucharski

Jean-Pierre Fabre de L'Aude 1er comte Fabre de l'Aude et de l'Empire (Jean Fabre de L'Aude)

C’est un des artisans de la Révolution française.

Avocat au parlement de Toulouse, et homme politique Député au Conseil des Cinq-Cents, Membre du Sénat Conservateur

Né le 8 décembre 1755 à Carcassonne (Aude) Décédé le 6 juillet 1832 à Paris à l'âge de 76 ans Inhumé au cimetière du Père-Lachaise, Paris 20e Parents Jean Pierre Fabre Catherine Estève Marié le 12 juin 1781 à Carcassonne avec Rose Marguerite Moffre 1763-1823, dont Catherine Fabre 1783-1869 Justine Fabre Fidèle Achille 1801-1856 1822 : Témoin au mariage de Martin Gaudin, duc de Gaète 1756-1841 et de Marie Anna Summaripa 1776-1855

En 1789, i est député aux Etats-Généraux du Languedoc. Ayant fait des études de droit, il est avocat au Parlement de Toulouse. Il est nommé commissaire du Roi en 1790 pour l’organisation du département de l’Aude, il en devient le procureur syndic, puis commissaire auprès du Tribunal criminel de Carcassonne en avril 1792.

Sous la Terreur, il est proscrit et obligé à l’exil en raison de ses opinions modérées et de ses prises de positions jugées « tièdes » par Robespierre et ses partisans. Revenu en France sous le Directoire, il est député de l’Aude au Conseil des Cinq-Cents. Il s’y fait remarquer par son engagement, c’est un travailleur acharné, dur à la besogne, ne plaignant ni son temps, ni son ardeur. C’est un spécialiste des questions financières et fiscales. C’est à lui que l’on doit l’impôt sur les billets de spectacle connu sous le nom de « Droit des pauvres ». Fabre de l’Aude est l’un des artisans du coup d’état du 18 brumaire, An VIII (9 novembre 1799).

Sous le Consulat, il est membre du Tribunat jusqu’à sa suppression, puis membre du Sénat. Sous l’Empire, Napoléon le fait comte de l’Empire.

En 1814, il vote la déchéance de l’Empire, la formation d’un gouvernement provisoire et se rallie à Louis XVIII. Sous les Cent-Jours, il retourne vers l’Empereur. D’abord écarté lors de la seconde Restauration, il est néanmoins promu à la Pairie héréditaire en 1820. Fabre de l’Aude est mort à Paris le 6 juillet 1832.

Dans sa sépulture reposent également l’artiste peintre Charles Ferdinand Fabre de l’Aude (d. en 1834), et Charles Ferdinand Fabre de l’Aude, également artiste peintre, élève de Duvaux et de Lazerger (1835-1894).

Marie Gouzes Olympe de Gouges Femme de lettres et publiciste Née le 7 mai 1748 - Montauban, Tarn-et-Garonne Exécutée le 2 novembre 1793 - Paris, Seine - Victime de la Révolution française À l'âge de 45 ans Parents Jean Jacques Lefranc, marquis de Pompignan 1709-1784 Anne-Olympe Mouisset 1714 Mariée le 24 octobre 1765, Saint-Jean-de-Villenouvelle, Montauban, Tarn-et-Garonne, avec Louis Aubry +1769 (contrat devant Me Grelleau), dont Pierre 1766-1803 Ne ca 1767 (pages liées) Notes Marie Gouzes est issue d’une famille modeste, son père est boucher et sa mère servante. Il semble néanmoins qu’elle serait la fille naturelle du marquis Le Franc de Pompignan. La rumeur publique ira même beaucoup plus loin en laissant entendre qu’elle serait la « bâtarde » de Louis XV. Quand elle est interrogée sur le sujet elle répond : « Je ne suis point fille de roi mais d’une tête couronnée de lauriers. » En 1765 elle épouse Louis Aubry, officier de bouche de messire de Gourgues. Deux ans plus tard c’est la naissance de son fils. Après trois années de mariage, ne voulant pas tenir le rôle de bourgeoise de province, elle fuit le domicile conjugal pour aller à Paris. Elle rêve de célébrité, elle se fabrique un nom à partir du prénom de sa mère et du patronyme « Gourgues » et devient Olympe de Gouges. Femme de lettres prolixe, elle devient la maîtresse de Sébastien Mercier et courtisane à l’occasion. Ce n’est qu’à partir de la Révolution qu’elle va montrer à quel point elle est en avance sur son temps. Elle est en effet, avec Théroigne de Méricourt et Claire Lacombe l’une des premières féministes. Elle se lance dans la lutte pour l’égalité des droits. Jusqu’à la fuite de Louis XVI à Varennes, elle se veut royaliste, puis elle change d’avis, pour enfin revenir à ses premières idées et proposer d’aider Malesherbes dans sa défense de Louis XVI. Olympe de Gouges n’a pas froid aux yeux, ainsi lorsqu’un chroniqueur a la malheureuse idée de ne pas parler d’un de ses ouvrages, tout simplement, elle le provoque en duel ! Mais c’est à partir de 1791 qu’Olympe de Gouges va montrer toute sa grandeur. L’Assemblée constituante produisant une Constitution qui exclut les femmes des droits de cité, Olympe publie un texte qui fait date dans les annales du féminisme originel : « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » Le préambule adressé à Marie-Antoinette, ainsi que l’article X étaient prémonitoires. Elle rédige également des pamphlets contre Marat et Robespierre. Lors du procès de Louis XVI, elle tente de défendre le roi, qu’elle ne juge pas coupable en tant qu’homme mais uniquement comme souverain. Solidaire des Girondins après les journées de mai-juin 1793, elle est accusée d’être l’auteur d’une affiche girondine. Olympe de Gouges est arrêtée le 20 juillet 1793, condamnée à mort et guillotinée le 2 novembre 1793. "Pensez à moi et souvenez-vous de l’action que j’ai menée en faveur des femmes ! Je suis certaine que nous triompherons un jour !" Olympe de Gouges http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article195

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 23:00
04 juillet 2015: Mariage au château de Salem

Le 4 juillet dernier, le prince Michael de Bade, dernier enfant et troisième fils du margrave de Bade et de l’archiduchesse Valérie d’Autriche, a épousé dans la salle de prière du château de Salem Christina Höhne.

Parmi les nombreux invités au mariage, la duchesse Fleur de Wurtemberg et son époux, le duc Eberhard de Wurtemberg, le prince Hassan et la princesse Sarvath de Jordanie et plusieurs membres de la famille impériale d’Autriche.

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 23:00
04 juillet 1815 Carcassonne Jean Fabre
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 23:00
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 23:00

LECTURE DU DEUXIÈME LIVRE DES ROIS  4, 8 - 11. 14 - 16a

 

8       Un jour, le prophète Élisée passait à Sunam ;
         une femme riche de ce pays
         insista pour qu'il vienne manger chez elle.
         Depuis, chaque fois qu'il passait par là,
         il allait manger chez elle.
9       Elle dit à son mari :
         « Écoute, je sais que celui qui s'arrête toujours chez nous
         est un saint homme de Dieu.
10     Faisons-lui une petite chambre sur la terrasse ;
         nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe,
         et quand il viendra chez nous, il pourra s'y retirer. »
11     Le jour où il revint,
         il se retira dans cette chambre pour y coucher.
14     Puis il dit à son serviteur :
         « Que peut-on faire pour cette femme ? »
         Le serviteur répondit :
         « Hélas, elle n'a pas de fils,
         et son mari est âgé. »
15     Élisée lui dit :
         « Appelle-la. »
         Le serviteur l'appela et elle se présenta à la porte.
16     Élisée lui dit :
         « À cette même époque,
         au temps fixé pour la naissance,
         tu tiendras un fils dans tes bras. »
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         Cela se passe donc à Sunam, qui est un petit village du royaume du Nord ; Élisée est au début de sa carrière, vers 850 av. J.-C. Et il va s’instaurer entre l’homme de Dieu, Élisée, et cette famille, une relation forte et durable d’amitié. Évidemment, on peut se demander pourquoi les auteurs bibliques s’intéressent de si près à l’histoire d’une famille de Sunam ; ce n’est certainement pas uniquement pour l’anecdote. Aucun livre de la Bible n’est écrit dans le seul but de nous donner des connaissances historiques ! Les auteurs ont toujours un but théologique qui est de nous faire connaître et vivre la proposition d’Alliance de Dieu.

         Et ce qui intéresse l’auteur du livre des Rois, ici, c’est qu’il voit dans la longue Alliance entre le prophète Élisée et la famille de Sunam une image de l’Alliance entre Dieu et le peuple d’Israël ; mais commençons par lire l’histoire de cette famille de Sunam et de son amitié avec le prophète Élisée.

         Elle se déroule en quatre actes ; ce dimanche, nous lisons seulement le premier épisode.

         Le premier acte, c’est donc la promesse d’un enfant pour une femme stérile ; à vues humaines, il n’y avait certainement plus d’espoir de grossesse pour cette femme puisqu’elle ne prend pas la promesse au sérieux ; elle semble même reprocher au prophète de remuer le couteau dans la plaie en la berçant d’illusions ; nous avons entendu la promesse d’Élisée « L’an prochain, à cette même époque, tu tiendras un enfant dans tes bras »... mais nous n’avons pas entendu la réponse de la Sunamite, la voici : « Non, mon seigneur, homme de Dieu, ne dis pas de mensonge à ta servante ». Ce qui prouve que, même si elle considère Élisée comme un homme de Dieu, elle n’est pas crédule pour autant.

         Sa réaction fait irrésistiblement penser, bien sûr, à celle de Sara, la femme d’Abraham, au chêne de Mambré. Elle aussi stérile, recevant, elle aussi, une promesse de naissance, elle avait trouvé cette affirmation si saugrenue, vu son âge, qu’elle s’était mise à rire... Et son fils, Isaac, s’appelle justement « l’enfant du rire ». Notre Sunamite ne rit pas, mais elle ne prend pas plus au sérieux la promesse d’Élisée ; et elle lui rappelle gentiment que lui,  homme de Dieu, ne peut pas se permettre de mentir... Mais l’année suivante, le bébé était là.

         Deuxième acte, quelques années passent, l’enfant grandit, mais un jour qu’il a accompagné son père aux champs pour la moisson, il est pris d’un violent mal de tête, peut-être une insolation, et quelques heures après, il meurt sur les genoux de sa maman. Elle ne perd pas la tête, elle dépose l’enfant sur le lit du prophète, et elle court le chercher. Elle ne prévient même pas son mari : inutile de l’affoler puisque, de toute manière, d’ici peu, l’enfant sera debout ! On a envie de dire « C’est beau la foi »... Elle se précipite donc chez Élisée ; et la première chose qu’elle lui dit, c’est : « Quand tu m’as promis cet enfant, je ne t’avais rien demandé, à tel point, rappelle-toi, que je ne pouvais pas y croire ; et je t’avais dit « Non, mon seigneur, homme de Dieu, ne dis pas de mensonge à ta servante ». Sous-entendu, « Tu ne m’as pas donné cet enfant, que je ne te demandais pas, pour me le reprendre ! »... Et vous connaissez la suite, Élisée ressuscite l’enfant (2 R 4, 18-37).

         Troisième acte, quelques années passent encore, et fidèle à cette amitié, Élisée va sauver, une fois de plus, la famille de la Sunamite ; il la prévient de la famine imminente : « Élisée parla à la femme dont il avait fait revivre le fils et dit : ‘Lève-toi, pars, toi et ta famille, émigre où tu pourras, car le Seigneur a appelé la famine et même elle vient sur le pays pour sept ans ». Et la suite nous apprend qu’elle écoute le conseil et s’exile pour sept ans au pays des Philistins.

         Seulement voilà « qui va à la chasse perd sa place » ; quand la petite famille revient, ses biens, qui n’étaient pas minces, puisqu’on disait qu’elle était riche, sa maison et son champ ont été réquisitionnés par les officiers du roi (c’était la règle, d’ailleurs). C’est encore l’intervention d’Élisée qui la fait rentrer en possession de sa terre, et c’est le quatrième acte (2 R 8).

         Voici donc l’histoire d’Élisée et de la famille sunamite. Mais quelle leçon l’auteur biblique en tire-t-il à notre profit ? Je vous l’ai dit, il considère cette histoire comme symbolique de l’Alliance entre Dieu et son peuple, Israël ; le prophète étant l’image de Dieu. On peut relever au moins cinq traits : d’abord, la durée de cette histoire dit la fidélité de Dieu que même l’incrédulité ne rebute pas. Ensuite, la sollicitude sans faille de l’homme de Dieu pour son hôtesse dit la sollicitude constante de Dieu pour son peuple. Et cette sollicitude va jusqu’à vouloir habiter au milieu de son peuple, comme Élisée accepte de s’installer dans la chambre sur la terrasse ; (rappelez-vous toute l’histoire de la construction du Temple de Salomon : Dieu habite au milieu de son peuple). Plus tard, ce souci d’Élisée de redonner à la femme ses biens évoquent la promesse de Dieu de redonner à Israël sa terre ; or, vous savez qu’on pense généralement que le livre des Rois date de la période de l’Exil à Babylone : un moment où il est essentiel de relire l’histoire et de s’appuyer sur les promesses de Dieu. Enfin, la promesse de la naissance et la résurrection de l’enfant sont le signe que Dieu est le Dieu de la vie.

         Quant à la femme, son attitude nous est donnée en modèle ; un modèle finalement bien simple à suivre : « accueillir le prophète en sa qualité de prophète », comme dira plus tard Jésus (Mt 10, 41, notre évangile de ce dimanche) et faire une confiance si totale qu’on ose parler du fond de son cœur, y compris pour dire ses besoins et sa révolte. Heureuse la femme de Sunam qui a su reconnaître en Élisée un « saint homme de Dieu » ; mais au fait, nous savons désormais que Dieu habite le cœur de tout homme ; à nous de savoir l’y reconnaître et d’accueillir tout homme en conséquence.

PSAUME  88 ( 89 )

 

2        L'amour du SEIGNEUR, sans fin je le chante
          ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge.
3        Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ;
          ta fidélité est plus stable que les cieux.

16      Heureux le peuple qui connaît l'ovation !
          SEIGNEUR, il marche à la lumière de ta face ;
17      tout le jour, à ton nom il danse de joie,
          fier de ton juste  pouvoir.

18      Tu es sa force éclatante ;
          ta grâce accroît notre vigueur.
19      Oui, notre roi est au SEIGNEUR ;
          notre bouclier, au Dieu saint d'Israël
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         La première lecture de ce dimanche nous faisait entendre le récit de la longue amitié qui s’était nouée au fil des ans entre une famille de Galilée et le prophète Élisée, l’homme de Dieu, comme on disait. A travers cette histoire d’une belle relation humaine, nous étions invités à méditer sur l’Alliance éternelle entre Dieu et son peuple, et plus largement, l’Alliance entre Dieu et l’humanité tout entière : « L’amour du SEIGNEUR, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge. Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux ».

         Ceci dit, nous savons tous que cette merveilleuse histoire d’amour entre Dieu et les hommes ne ressemble pas toujours à un chemin parsemé de roses ! Nous avons entendu ici quelques versets seulement du psaume 88/89 (qui en comporte en fait cinquante-trois) et tout a l’air si simple ! Apparemment, c’est l’euphorie ; mais justement c’est cette facilité qui doit nous mettre la puce à l’oreille ; nous l’avons appris avec les prophètes : plus un passage parle de lumière, de victoire, plus on devine qu’il a été écrit en période sombre, en temps de défaite.

          Ici, les premiers mots du psaume, ce sont l’amour et la fidélité du Seigneur : autant dire tout de suite qu’il était urgent d’y croire si on ne voulait pas sombrer dans le découragement. Et si vous ne me croyez pas, allez voir dans vos Bibles le verset 50 : « Où donc est, Seigneur, ton premier amour, celui que tu jurais à  David sur ta foi ? »  Ce qu’on semble affirmer si fort, dans les autres versets, en réalité, on craint bien de l’avoir perdu...

         Deuxième remarque préliminaire : dans la Bible, l’ensemble des psaumes est composé de cinq livres dont chacun se termine par une formule de bénédiction ; ce psaume 88/89 est le dernier du troisième livre et son dernier verset est « Béni soit le SEIGNEUR pour toujours ! Amen ! Amen ! » Mais c’est l’ensemble de ce psaume qui a un caractère de conclusion ou plutôt de synthèse : écrit très probablement pendant l’Exil à Babylone, il brosse en fait la fresque de l’histoire d’Israël : les commencements de l’Alliance, les promesses faites à David, l’attente du Messie et maintenant l’Exil, c’est-à-dire l’écroulement : plus de roi à Jérusalem, plus d’héritier royal, donc pas de Messie... Dieu aurait-il oublié ses promesses ? « Où donc est, Seigneur, ton premier amour ? »

         Ces deux remarques pour dire tout de suite qu’en chantant les quelques versets de ce dimanche, il ne faut pas oublier tout le reste du psaume, sous peine de le défigurer. Mais venons-en aux versets proposés pour la messe de ce treizième dimanche ; et puisqu’ils sont courts, profitons-en pour les regarder d’un peu plus près ; souvent, ces dernières semaines, nous nous sommes émerveillés de la richesse du contenu des psaumes et nous n’avons pas pris le temps de nous arrêter sur la forme ; pour changer, commençons par là.

         La construction de la première strophe est magnifique : « L’amour du SEIGNEUR, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge. Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux ». Vous avez remarqué d’abord le parallélisme des versets, c’est-à-dire que la deuxième partie du verset (ce qu’on appelle le deuxième « stique ») est parallèle à la première : « L’amour du SEIGNEUR, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge ». L’amour du SEIGNEUR / ta fidélité ... je le chante / je l’annonce ...  sans fin / d’âge en âge... Venons-en au deuxième verset : « Je le dis : c’est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux » : on retrouve le même parallélisme : un amour / ta fidélité ... bâti / stable... Le dernier couple de mots « pour toujours / les cieux » vous surprend peut-être, mais il s’agit quand même d’un parallélisme, mais entre l’espace et le temps, cette fois. Nous sommes véritablement devant une construction très savante qui devrait nous pousser à soigner le chant des psaumes.

         Dans ces deux premiers versets nous avons déjà rencontré deux fois le couple de mots « amour » et « fidélité » ; si vous avez la curiosité de lire ce psaume 88/89 en entier, vous les retrouverez sept fois et ce chiffre sept n’est pas non plus le fruit du hasard. Et dans cette expression « amour et fidélité » vous avez reconnu la traduction qu’on a toujours faite de la Révélation que Moïse avait reçue du Seigneur au Sinaï : « Dieu miséricordieux et bienveillant, plein de fidélité et de loyauté » (Exode 34, 6).

         Et quand le premier verset nous fait dire : « L’amour du SEIGNEUR, sans fin je le chante » : le mot amour (dans le texte hébreu) signifie en fait « les gestes d’amour de Dieu » : Dieu n’aime pas seulement en paroles, mais « en actes et en vérité », comme dirait Saint Jean.

         C’est précisément en Exil que le peuple d’Israël se remémore plus que jamais tous les « gestes d’amour de Dieu » pour lui : car la tentation est trop forte de penser que Dieu aurait pu oublier son peuple. Et un noyau de croyants compose des hymnes qui rappellent à tout le peuple que Dieu n’a jamais cessé d’être le roi d’Israël. C’est le sens de cette dernière phrase curieuse : « Notre roi est au SEIGNEUR ; notre bouclier, au Dieu saint d’Israël » ; très difficile à traduire en français, et prononcée justement à un moment où il n’y a plus de roi en Israël, elle signifie en fait « notre roi, c’est le Seigneur, notre bouclier, c’est le Saint d’Israël ».

         Et pour le dire encore mieux, on utilise un vocabulaire royal : « ovation... pouvoir... force... vigueur... bouclier... » Le mot « ovation », en particulier, désigne la « terouah », c’est-à-dire la grande acclamation pour le roi le jour de son sacre ; c’est une acclamation guerrière et plusieurs de ces mots (comme force... vigueur... bouclier) sont typiquement guerriers parce que, à cette époque, le roi est avant tout celui qui marche à la tête de ses armées.        

         Mais on sait par la suite de ce psaume ce qu’il en est de ces accents victorieux : en voici les derniers versets en guise d’aperçu : « Rappelle-toi, Seigneur, tes serviteurs outragés... Oui, tes ennemis ont outragé, SEIGNEUR, poursuivi de leurs outrages ton Messie ». Raison de plus pour se répéter les promesses de Dieu.

         Décidément, ce psaume nous donne une leçon : c’est la nuit qu’il faut croire à la lumière.

LECTURE DE LA LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX ROMAINS  6, 3... 11

 

          Frères,
          ne le savez-vous pas ?
3        Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus,
          c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
4        Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort,
          nous avons été mis au tombeau avec lui,
          c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi,
          comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père,
          est ressuscité d’entre les morts.
8        Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ,
          nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
9        Nous le savons en effet :
          ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ;
          la mort n’a plus de pouvoir sur lui.
10      Car lui qui est mort,
          c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ;
          lui qui est vivant,
          c'est pour Dieu qu'il est vivant.
11      De même, vous aussi,                                                                                           
          pensez que vous êtes morts au péché,
          mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

         Ce texte de Paul est peut-être bien sa réponse à un reproche qu’on lui fait souvent. Je m’explique : le thème majeur de la lettre aux Romains pourrait se résumer ainsi : « Dieu nous sauve par pure grâce, qui que nous soyons ; il nous suffit d’accueillir ce salut dans la foi » ; cette insistance de Paul sur la gratuité du salut lui vaut une objection que nous entendons aussi parfois aujourd’hui, ici ou là : on lui dit : « À trop insister sur la gratuité du salut de Dieu, vous encouragez le péché » (sous-entendu, alors on peut faire n’importe quoi, vous prêchez le laxisme). Paul s’en défend ici en disant : Ne me faites pas dire qu’il est sans importance de pécher sous prétexte qu’il y a la grâce de Dieu ; car désormais, le péché ne nous concerne plus ; depuis notre baptême, nous sommes des créatures nouvelles sur lesquelles le péché n’a plus de prise. « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. » (2 Co 5, 17).

         Sa réponse à ses détracteurs n’est pas fondée sur des principes moraux, mais sur le mystère du salut. Il faut dire que Paul vit son baptême avec une telle profondeur que nous avons un peu de mal à le suivre ! Quand Paul parle de création nouvelle, il parle d’expérience : sur le chemin de Damas, quand il s’est relevé, il était un autre homme ! Il était mort à tout ce qu’était sa vie antérieure, une certaine manière de voir, d’agir, de croire surtout.

         C’est ce mot « mort » qui représente pour nous l’une des principales difficultés de ce texte, car il revient pratiquement à toutes les lignes, et il nous est bien difficile de lui donner un autre sens que celui de notre langage courant : la mort biologique qui attend tous les humains et qui nous fait si peur. Or Paul lui donne un tout autre sens dans ce texte qui se place à un niveau uniquement théologique : « Nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés... nous sommes passés par la mort avec le Christ... lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes... pensez que vous êtes morts au péché. »

         Il s’agit d’un baptême, d’un passage, d’une mort au péché. Un autre texte de Paul peut nous donner la clé de ces mots ; il écrit dans sa première lettre aux Corinthiens : « Nos pères étaient tous sous la nuée, tous ils passèrent à travers la mer, et tous furent baptisés en Moïse, dans la nuée et dans la mer. » (1 Co 10, 1-2). Il s’agit là des événements fondateurs du peuple d’Israël : Dieu libère son peuple de l’esclavage et le fait naître à une nouvelle vie par son passage à travers les eaux. C’est cela que Paul appelle le Baptême d’Israël ; Moïse a rompu là l’engrenage d’une captivité de plus en plus impitoyable : travail forcé, meurtre des enfants, mauvaise foi de Pharaon. Le passage de la mer a consacré cette rupture, cette mort à l’esclavage.

         De même, nous dit Paul, Jésus accomplit une rupture radicale : l’homme, dans sa révolte contre Dieu, est prisonnier de ses doutes, de ses soupçons, de ses refus d’aimer, en un mot prisonnier de son péché. L’engrenage de la haine et de la violence semble impitoyable.

         Jésus, lui, se fait « obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix » (Phi 2, 8) ; sa confiance en Dieu (c’est le sens du mot « obéissance » chez Paul), son harmonie parfaite avec toute la volonté de son Père rompt le cercle infernal du péché des hommes. Ainsi, sa mort est un triomphe, l’acte victorieux du premier homme vraiment libre. « Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. »

         De quelle mort parle-t-il ? Paul nous dit « « Nous sommes passés par la mort avec le Christ », mais pourtant, nous nous sentons bien vivants, sinon nous ne serions pas là, vous et moi ! C’est donc qu’il ne s’agit pas de la mort biologique. Il emploie ici ce mot « mort » pour évoquer une rupture radicale avec le passé.

         Quand Paul dit « nous sommes morts au péché », il veut dire que nous sommes morts à notre mauvaise manière de vivre. Désormais, nous vivons une vie nouvelle : nous avons abandonné les fausses valeurs du monde pour vivre à l’image de Jésus. Imiter Jésus, c’est sortir de l’engrenage de la haine et de la violence, du goût du pouvoir ou de l’argent. C’est le choisir, lui, comme notre seul maître et entrer dans une nouvelle manière de vivre faite d’amour et de service des frères. Et c’est notre baptême qui a inauguré pour nous ce changement radical d’orientation, le commencement de notre nouvelle vie. Paul envisage donc le baptême comme une véritable libération.

         Alors Paul peut dire à ceux qui se sont attachés au Christ : « Vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ. » Ailleurs, il dira que le baptisé est un « homme nouveau » : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là. Tout vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par le Christ. » (2 Co 5, 17-18).

         Cette transformation est donc déjà chose faite, mais en même temps elle reste à faire : notre vie nouvelle est inaugurée par notre Baptême, à nous maintenant, d’y conformer tous nos comportements quotidiens. Paul répond donc ainsi aux objections qui lui étaient faites, de présenter un tableau un peu trop rose de la vie du Chrétien : car sa conclusion représente une exigence formidable, finalement : « De même vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ. »

         Oui, entrer dans le salut est très simple, il suffit d’y croire, mais c’est très exigeant ! Car, désormais, nous nous devons de mener une vie nouvelle, conforme à l’Esprit du Christ.

         La lettre aux Éphésiens le redit aux Chrétiens : « Il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses ; il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence et revêtir l’homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité. » (Ep 4, 22-24). Le secret pour nous laisser renouveler entièrement, comme dit l’apôtre ici : rester les yeux fixés sur la croix du Christ, lui qui nous donne l’exemple parfait de l’obéissance et de la douceur seules capables de casser l’enchaînement de la violence : « Demeurez en moi comme je demeure en vous ! De même que le sarment, s’il ne demeure sur la vigne, ne peut de lui-même porter du fruit, ainsi vous non plus si vous ne demeurez en moi. » (Jn 15, 4).  

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MATTHIEU  10, 37 - 42

 

            En ce temps-là,
            Jésus disait à ses Apôtres :
37        « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi
            n’est pas digne de moi ;
            celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi
            n’est pas digne de moi ;
38        celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas
            n’est pas digne de moi.
39        Qui a trouvé sa vie
            la perdra ;
            qui a perdu sa vie à cause de moi
            la gardera.
40        Qui vous accueille
            m’accueille ;
            et qui m’accueille
            accueille Celui qui m’a envoyé.
41        Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète
            recevra une récompense de prophète ;
            qui accueille un homme juste en sa qualité de juste
            recevra une récompense de juste.
42        Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche,
            à l’un de ces petits en sa qualité de disciple,
            amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

         À première vue, ce texte est une succession de maximes dont on peut même se demander si Jésus les a toutes prononcées à la suite et on ne voit pas bien le lien entre elles. Mais à force de les lire et relire, on découvre au contraire qu’il s’agit d’un même appel, celui des choix nécessaires, des renoncements exigés par la fidélité à l’évangile. On savait déjà que l’évangile exigeait d’aimer : tout le discours sur la montagne l’a dit. Ici Jésus parle d’autres exigences.

         Je prends le texte en suivant :

         « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Il ne faut pas entendre le mot « aimer » au sens habituel des affections familiales ; Jésus ne nous dit pas de ne pas aimer notre prochain ; ce serait nouveau ! Mais on est dans un contexte de persécution : aussi bien quand Jésus parle, puisqu’il en mourra, que quand Matthieu écrit son évangile ; un peu plus haut, il a prévenu ses apôtres : « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront condamner à mort. » (Mt 10, 21) ; et encore « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa maison. » (Mt 10, 34 -35 ; Michée 7, 6).

         Tous les temps de persécution provoquent des drames cornéliens : le choix se pose entre la fidélité ou la mort ; même en dehors d’un contexte de persécutions violentes, on sait bien que c’est en famille et avec les amis les plus proches qu’il est souvent le plus difficile de témoigner de ses convictions. Et parfois de véritables déchirures peuvent se produire dans le tissu familial.

         « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera ». « Prendre sa croix » : que pouvait signifier cette expression dans la bouche de Jésus à ce moment-là ? La crucifixion était un supplice courant qui sanctionnait tout manquement à l’ordre public. Le long des routes de l’Empire romain, il arrivait qu’on voie des crucifixions par centaines et même par milliers. Ce supplice infâmant inspirait l’horreur et exposait à l’opprobre des foules et à la risée des passants celui qui méritait d’être retranché du peuple. D’ailleurs, on le voit au moment de la condamnation du Christ, il n’était pas question de crucifier quelqu’un dans l’enceinte de la ville. Tout le monde connaissait la phrase du Deutéronome d’après laquelle tout condamné à mort au nom de la Loi était maudit de Dieu (Dt 21, 22-23). Rappelez-vous encore le psaume 21/22 : « Je suis un ver et non plus un homme, injurié par les gens, rejeté par le peuple. Tous ceux qui me voient me raillent ; ils ricanent et hochent la tête ».

         Jésus exprime ici la conscience qu’il a de la persécution qui l’attend, lui et tous ceux qui prendront sa suite. Car, si les disciples vont au bout du témoignage, ils courront inévitablement le risque de se heurter aux autorités. Il leur faudra accepter d’être méconnus, humiliés. Il leur a bien dit : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître ; s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. » (Jn 15, 20).

         « Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ». Il me semble que cette phrase vise à fortifier les apôtres, comme s’il leur disait : « Tenez bon ». Tous ces risques courus pour l’Évangile vous rapprochent de moi et de mon Père ».

         « Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité d’homme juste recevra une récompense d’homme juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis  : il ne perdra pas sa récompense ». À première vue, nous voilà en plein dans une optique de récompense, de donnant-donnant ; mais non, car nous ne sommes pas dans le domaine de l’avoir ; puisqu’en amour on ne compte pas. Ce que Dieu nous donne n’est pas quantifiable ; c’est du domaine de l’être. C’est la vie éternelle, c’est-à-dire la vie dans son intimité. Tous les saints témoignent d’une qualité de bonheur, pas d’une quantité de biens. Et même, humainement, ceux qui vivent une véritable relation d’amour, quelle qu’elle soit, savent que l’avoir compte peu en regard de la profondeur des sentiments, la communication entre les êtres. Jésus le dit lui-même un peu plus loin : « Quiconque aura laissé maisons, frères, sœurs, père, mère, enfants ou champs, à cause de mon nom, recevra beaucoup plus et, en partage, la vie éternelle. »

         Saint Paul exprime cette expérience : « Toutes ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées comme des pertes à cause du Christ. Mais oui, je considère que tout est perte en regard de ce bien suprême qu’est la connaissance de Jésus-Christ le Seigneur... Il s’agit de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion à ses souffrances, de devenir semblable à lui dans sa mort, afin de parvenir, s’il est possible, à la résurrection d’entre les morts. Non que j’aie déjà obtenu tout cela ou que je sois devenu parfait ; mais je m’élance pour tâcher de le saisir parce que j’ai été saisi moi-même par Jésus-Christ. » (Phi 3, 7...12).

         « Être saisi par le Christ » comme dit saint Paul, voilà l’enjeu, un enjeu vital. Et c’est cela, peut-être, le lien entre toutes ces phrases de Jésus : « Être saisi par le Christ » comme un feu intérieur qui inspire tous les renoncements exigés par la fidélité à l’évangile : le renoncement aux affections, à la considération, à l’avoir... On entend ici résonner les Béatitudes : « Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse car votre récompense est grande dans les cieux. »

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 23:00

 

Baron Fournas de Moussoulens.jpg
 
Carcassonne Fournas de la Brosse 2.jpg
La lecture de son blason sur sa tombe est la suivante:
"D'argent aux trois fasces d'azur, au griffon d'or brochant sur le tout,
armé, lampassé et couronné aussi d'azur. Couronne de baron."

Baron de Moussoulens
(1782-1848)
Maire de
Carcassonne
(1823-1830)
Député de l'Aude
(1824-1827)

 

baron de Moussoulens
(Charles François Joseph de Fournas de La Brosse)

 

Maire de Carcassonne

Député de l'Aude

Carcassonne Fournas de la Brosse.jpg
Sa tombe n° 114, est située allée 00

Parents

 

Émigré en Espagne où il servit dans les gardes wallones.

 

Maire de Carcassonne (du 9 avril 1823 au 3 août 1830) et député de l'Aude (du 6 mars 1824 au 3 août 1830)

 

Il siégea dans la majorité royaliste, mais observa parfois une attitude assez indépendante à l'égard du ministère, ce qui fit dire à un biographe, en 1826 : « si M. de Fournas-Moussoulens est encore ministériel, il ne l'est qu'à regret ; il n'attend que l'occasion pour ne plus l'être : et lorsqu'elle se présentera, il ne manquera pas de faire voir aux ministériels qu'il désirerait bien leur échapper. On a surpris plus d'une fois M. de Fournas-Moussoulens riant sous cape des dîners de M. Piet, se moquant de l'éloquence de M. de Martignac, plaisantant M. Ravez sur son impartialité, faisant une épigramme sur le trois pour cent, demandant à M. de Corbière combien il achetait ses bouquins, et bâillant pendant un discours de M. le garde des sceaux »

 

(site de l'Assemblée Nationale)

 

Il démissionna de ces charges par refus du serment de 1830 à Louis Philippe.

 

La famille de Fournas de La Brosse (Lyonnais, Languedoc, Dauphiné, Bretagne), anoblie les 6 janvier 1615 et 3 décembre 1668, porte d'argent à trois fasces d azur, au griffon ailé d'or onglé, langué et couronné d azur, brochant sur le tout.

Charles de Fournas et son épouse sont les ancêtres de tous les Fournas actuels.

 

Chevalier de la Légion d'honneur

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 23:00
Mgr de Marion-Brésillac
Castelnaudary
 

Melchior de Marion-Brésillac


Né le 2 décembre 1813 à Castelnaudary

22 décembre 1838 (25 ans) prêtre ordonné prêtre de la Société des Missions Etrangères
16 mars 1845 (31 ans) nommé Pro-Vicaire apostolique de Coimbatore, Inde
16 mars 1845 (31 ans) Nommé évêque titulaire de Prusa
4 octobre 1846 (32 ans) Ordonné Evêque Evêque titulaire de Prusa
3 avril 1850 (36 ans) Nommé vicaire apostolique de Coimbatore, Inde
18 mars 1855 (41ans) Resigned Vicaire apostolique de Coimbatore, Inde
13 avril 1858 (44ans) Nommé vicaire apostolique de la Sierra Leone
http://eucharistiemisericor.free.fr/images/171208_mgr_de_bresillac_1.jpg
25 juin 1859 (45 ans) Mort Vicaire Apostolique de la Sierra Leone
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MAISON CIVILE DU ROI. (1)

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Roi d'Austrasie
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Roi de Bourgogne
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(en fait uniquement de Neustrie)
695711
Dagobert III









Roi des Francs de 711 à 715
Chilpéric II









roi des Francs de Neustrie et des Burgondes
de 715 à 719
puis de tous les Francs de 719 à 721.
C
lotaire IV


T
hierry IV









Childéric III
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roi des Francs, de Neustrie
de Bourgogne et d'Austrasie
de 743 à 751

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Pépin III le Bref
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Carloman Ier
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C
harles Ier
dit Charles le Grand
CHARLEMAGNE

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Louis Ier dit le Pieux
ou «le Débonnaire»
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Lothaire Ier
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Lothaire II

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C
harles II dit le Chauve
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Louis II dit le Bègue
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Louis III de France
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C
arloman II de France
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Charles III dit le Gros
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Eudes Ier de France
Robertin
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Charles III dit le Simple
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Robert le Fort
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Robert Ier de France

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Hugues le Grand
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Raoul Ier de France
aussi appelé Rodolphe

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Louis IV dit d'Outremer
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Lothaire de France
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Louis V dit le Fainéant
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Dernier roi de la lignée
des Carolingiens
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H
ugues Capet
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Robert II le Pieux
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Hugues II de France
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(1007-1025)
Roi de France associé
1017 - 1025
Henri Ier de France
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Philippe Ier de France
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Louis VI le Gros
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Louis VII Le Jeune
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Philippe II Auguste
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Louis VIII le Lion
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Louis IX (Saint Louis)
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Philippe III de France
dit le Hardi
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Philippe IV le Bel
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Louis X le Hutin
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Jean Ier le Posthume

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Philippe V
le Long
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Charles IV le Bel
http://www.livois.com/phpgedview/media/Charles_IV_le_Bel.jpg
Valois
Philippe VI le Fortuné
http://www.france-pittoresque.com/rois-france/img/philippe-VI.gif
Jean II le Bon
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Charles V le Sage
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Charles VI le Fol ou le Bien-Aimé
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Charles VII le Victorieux
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Louis XI de Valois
http://jargeau-tourisme.com/img/louis11.jpg
Charles VIII de Valois
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Louis XII d'Orléans
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François Ier d'Angoulème
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Henri II d'Angoulème
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François II d'Angoulème
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Charles IX d'Angoulème
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Henri III d'Angoulème
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