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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 23:00
alt=Description de l'image Orleans orders crown.svg.
 
 

 

alt=Description de cette image, également commentée ci-après
 
 
Portrait du duc de Nemours par Franz Xaver Winterhalter, Château de Compiègne

 

 

Louis Charles Philippe Raphaël d’Orléans


prénommé Louis par le roi Louis XVIII

né le 25 octobre 1814 au Palais-Royal à Paris1

baptisé le 26 octobre 1814, lendemain de sa naissance, à midi, en la chapelle du roi au Palais des Tuileries à Paris par Alexandre-Angélique de Talleyrand-Périgord, grand aumônier de France, assisté de Claude Marduel, curé de l'église Saint-Roch, paroisse du nouveau-né, et du père Valoyer, curé de l'église royale de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui rédige l'acte dans le registre paroissial de l'église Saint-Roch : le parrain est le roi Louis XVIII et la marraine est Marie-Thérèse-Charlotte de France, duchesse d'Angoulême, appelée aussi Madame Royale, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette2.
Il disparaît le 26 juin 1896 en l'Hôtel des Réservoirs à Versailles à l'âge de 81 ans5

 

Il est inhumé dans la Chapelle royale de Dreux (Eure-et-Loir)

 

Gisant_Louis_dOrleans.jpg
Gisant de Louis d'Orléans, dans la chapelle de Dreux

 

seizième duc de Nemours

 

prince français

 

En janvier 1833, le duc de Nemours et ses frères le prince Ferdinand-Philippe, duc d'Orléans et le prince François, prince de Joinville accompagnent le roi Louis-Philippe Ier dans son voyage dans le département du Nord.

En 1836-1837, le duc de Nemours participe à une expédition contre la ville de Constantine durant la conquête de l'Algérie et est placé à la tête de la brigade organisant le siège de la cité maghrébine. La ville est prise le 13 octobre et le prince se distingue à plusieurs reprises pendant les combats. En 1841, le prince est à nouveau en Algérie où il sert sous les ordres du général Bugeaud.

Le duc de Nemours revient ensuite en France par Gibraltar et l’Atlantique. Sur le chemin, il se blesse au bras, ce qui ne l’empêche pas d’assister à l’ouverture des Chambres, le 18 décembre 1837. Lorsqu’il revient finalement en métropole, le duc de Nemours est également nommé commandant du camp de Compiègne.

En complément de ses actions militaires, il est périodiquement envoyé en mission de courtoisie en Angleterre (1835, 1838 et 1845), à Berlin et à Vienne (1836).

 


Il est le second fils puîné et le quatrième enfant du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850) et de son épouse Marie-Amélie de Bourbon (1782-1866), princesse des Deux-Siciles

 

général de division de l’armée royale sous la Restauration

 

membre de la Chambre des pairs

 

Il est membre de la maison capétienne d’Orléans

 

 

Le duc de Nemours reçoit, comme ses frères, une éducation soignée et populaire, d’abord sous les yeux de son père et ensuite au collège Henri-IV.

 

Mais il est également confié très tôt entre les mains de l'armée et est nommé, à l’âge de douze ans, colonel du 1er régiment de chasseurs à cheval de l'armée royale, sous la Restauration française.

 

En 1830, le duc de Nemours est fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit par le roi Charles X et entre à la Chambre des pairs.

 

En 1825, alors qu’il n’a qu'onze ans, le prince est considéré par les chancelleries européennes comme un possible candidat au trône de Grèce.

 

Mais c'est finalement un prince de Bavière qui devient, en 1832, roi de Grèce sous le nom d'Othon Ier de Grèce.

 

Plus tard, le 3 février 1831, le duc de Nemours est élu roi par le Congrès national belge alors qu’il participe avec l’armée française aux opérations par lesquelles la France vient épauler la révolution de la Belgique contre l’occupation néerlandaise.

 

Cependant, la situation internationale (en particulier l’opposition du Royaume-Uni) oblige son père à refuser cet honneur et c’est un prince de la maison de Saxe-Cobourg, Léopold Ier, qui devient finalement Roi des Belges.

 

Cette déconvenue n'empêche cependant pas le duc de Nemours de participer au siège d'Anvers en 1832.

 

Portrait par Winterhalter en 1839

 

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Published by Il était une Foi - dans Famille de Bourbon
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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 23:00

LECTURE DU LIVRE DU PROPHÈTE JÉRÉMIE   20,10-13

  1. Il m’a semblé que mon commentaire ne rendait pas compte de l’ensemble de ce texte. Je l’ai donc profondément modifié. Ci-dessous le nouveau commentaire donné sur KTO et sur Radio Notre-Dame.

 

              Moi Jérémie,
10          j’entends les calomnies de la foule :
              « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer,
              celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. »
              Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent :
              « Peut-être se laissera-t-il séduire...
              Nous réussirons,
              et nous prendrons sur lui notre revanche ! »
11          Mais le SEIGNEUR est avec moi, tel un guerrier redoutable :
              mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
              Leur défaite les couvrira de honte,
              d’une confusion éternelle, inoubliable.
12          SEIGNEUR de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste,
              toi qui vois les reins et les cœurs,
              fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
              car c’est à toi que j’ai remis ma cause.
13          Chantez le SEIGNEUR, louez le SEIGNEUR :
              il a délivré le malheureux de la main des méchants.

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Ce passage fait partie de ce qu’on appelle les « Confessions de Jérémie », on pourrait dire les « Confidences de Jérémie » ; là il dévoile le plus intime de lui-même : et les quelques lignes d’aujourd’hui nous résument bien ses sentiments ; sa vie est un continuel paradoxe : ce qui fait sa joie la plus profonde, sa raison de vivre, son assurance... est aussi la source de toutes ses souffrances ; c’est la Parole de Dieu. Elle n’est pas nommée ici mais elle est sous-entendue. C’est parce qu’il proclame la Parole de Dieu « à temps et à contre-temps » (comme dit saint Paul) qu’il est persécuté ; mais c’est cette même Parole qui lui donne la force de continuer.

On dit souvent que « Nul n’est prophète en son pays », cela s’applique parfaitement à Jérémie. Il a été un très grand prophète mais c’est seulement après sa mort qu’on s’en est aperçu. De son vivant, sa parole était trop dérangeante. Il précise lui-même très exactement la date de sa prédication : « De la treizième année du règne de Josias jusqu’à la déportation de Jérusalem », ce qui veut dire de 627 à 587 avant J.-C. Quarante années, au cours desquelles il a vu se succéder plusieurs rois à Jérusalem : mais bien peu l’ont écouté. 

Que lui reprochait-on ? Simplement d’avoir le courage de dire la vérité. Et la vérité n’était pas brillante : du haut en bas de l’échelle sociale, les infidélités à l’Alliance se multipliaient dans tous les domaines. Voici un exemple de sa prédication : « Tous sont des adultères, un ramassis de traîtres (9,1)... Tous, petits et grands, sont âpres au gain ; tous, prophètes et prêtres ont une conduite fausse. » (8, 10). Traduisez : la corruption et l’amour de l’argent ont gangrené toute la société ; la religion n’est plus que de façade.

Comme on peut s’y attendre, ce genre de rappels à l’ordre n’est pas du goût de tout le monde. D’autant plus qu’il sait être cinglant : « Une panthère peut-elle changer de pelage ? Et les Judéens habitués à faire le mal, pourraient-ils faire le bien ? » (Jr 13, 23). Où l’on voit qu’il a le sens des formules. Il passe donc une bonne partie de sa vie à hurler, provoquer, injurier. Il fait aussi quelquefois des choses étranges pour alerter le roi, la cour, les prêtres, tous les responsables qui entraînent le peuple vers sa ruine.

Sur le plan politique, il essaie d’ouvrir les yeux de ses compatriotes et ose prédire ce qui est l’évidence, à savoir que Nabuchodonosor ne fera bientôt qu’une bouchée de la ville de Jérusalem. Et, pour se faire comprendre, il accomplit un geste spectaculaire : il casse en public une cruche toute neuve sortant de la main du potier pour annoncer le sort qui attend Jérusalem : elle va être réduite en miettes (Jr 19, 1-11).

Mais, au lieu de l’écouter, on l’accuse de complot avec l’ennemi : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. » Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, on le sait bien.

En lisant le livre de Jérémie, on pense inévitablement à cette phrase du psaume 68/69 : « Le zèle de ta maison me dévorera » (que saint Jean a citée bien plus tard à propos de Jésus) ; elle résume tout-à-fait bien la vie de Jérémie ; mais rien 
ni personne n’a pu le détourner de sa mission. On peut se demander quel fut son secret : la conscience d’être en mission, tout simplement. Et les croyants savent que Dieu leur donnera toujours les forces nécessaires à l’accomplissement de leur mission. Il suffit d’aller à la source.

Le deuxième secret est là : Jérémie se savait trop petit pour la tâche, et ne cherchait donc pas ses forces en lui-même, mais en Dieu. « C’est lorsque je suis faible que je suis fort » disait Paul : c’est-à-dire « lorsque j’expérimente et reconnais ma propre faiblesse, je vais chercher la force où elle se trouve, c’est-à-dire en Dieu ». De fait, Jérémie a expérimenté la présence de Dieu au cœur de toutes ses épreuves : « Je suis avec toi pour te délivrer », lui avait-il promis, au jour de sa vocation (Jr 1,19).

Reste cette prière étonnante du prophète : « SEIGNEUR, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause. » Cela m’inspire trois remarques : premièrement, le désir de revanche est bien humain et le prophète reste un homme comme les autres ; sa mission particulière ne le rend pas insensible ou surhumain. Deuxièmement, il ne cherche pas à prendre sa revanche lui-même, il s’en décharge sur Dieu ; c’est déjà un progrès par rapport à la vengeance directe. L’idéal du pardon de toutes les offenses sans condition n’est apparu que plus tard en Israël, dans la prédication du deuxième Isaïe. Troisièmement, au-delà d’une revanche personnelle, ce qu’il appelle de tous ses vœux, c’est le triomphe de la vérité. Comme tout vrai prophète, il sait déjà que l’amour de Dieu sera plus fort que tout, et parviendra un jour à supprimer tout mal de la terre. C’est cela qu’il appelle la « revanche » de Dieu, le triomphe éternel de Dieu sur les forces du mal.

PSAUME 68 (69)

 

8       C'est pour toi que j'endure l'insulte,
         que la honte me couvre le visage :
9       je suis un étranger pour mes frères,
         un inconnu pour les fils de ma mère.
10     L'amour de ta maison m'a perdu ;
         on t'insulte et l'insulte retombe sur moi

14     Et moi je te prie, SEIGNEUR :
         c'est l'heure de ta grâce :
         dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
         par ta vérité sauve-moi,
         toi qui peux vraiment me sauver.
17     Réponds-moi, SEIGNEUR, car il est bon ton amour ;
         dans ta grande tendresse, regarde-moi.

33     Les pauvres l'ont vu, ils sont en fête :
         « Vie et joie à vous qui cherchez Dieu ! »
34     Car le SEIGNEUR écoute les humbles,
         il n'oublie pas les siens emprisonnés.
35     Que le ciel  et la terre le célèbrent,
         les mers et tout leur peuplement !         

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              C’est bien parce que le psalmiste est convaincu de cette dernière phrase : « Le SEIGNEUR écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés » qu’il ose dire tout ce qui précède. Car ce psaume est justement le cri de détresse d’un malheureux, d’un humilié, peut-être d’un emprisonné. Apparemment, il s’agit d’un croyant persécuté pour sa foi, puisqu’il dit : « C’est pour toi (sous-entendu toi-Dieu) que j’endure l’insulte et que la honte me couvre le visage : l’amour de ta maison m’a perdu ; on t’insulte et l’insulte retombe sur moi ».

              La persécution est malheureusement une situation bien connue en Israël : d’une part, les prophètes ont tous été persécutés au sein même de leur peuple : ce fut le cas avec Jérémie (nous l’entendons dans la première lecture de ce dimanche), et on en dirait autant de tous les autres. D’autre part, et surtout, le peuple lui-même a été persécuté par les autres peuples. Si on y réfléchit, il n’est pas étonnant que le peuple choisi par Dieu pour être son prophète subisse le même sort que les prophètes individuels.

              Mais pourquoi un prophète ne meurt-il presque jamais dans son lit ? Pourquoi faut-il qu’il subisse la honte et les insultes ? De la même manière Jésus dira : « Il fallait que le Fils de l’homme souffrît... » Pourquoi est-ce inévitable ? On peut dire qu’un prophète est un peu l’interprète de Dieu, on dit qu’il est la « bouche de Dieu » puisqu’il proclame sa Parole. Or on sait bien que « nos pensées ne sont pas les pensées de Dieu et que ses chemins ne sont pas nos chemins », et qu’il y a la même distance entre nos pensées et celles de Dieu qu’entre la terre et le ciel, comme dit Isaïe (Is 55, 8 -9) ! Si donc le prophète se fait l’écho fidèle des pensées de Dieu, il est sans cesse en contradiction avec à peu près tout le monde ; il est condamné à être sans cesse à contre-courant. Sa parole, parfois sa simple présence est un appel à la justice, à la sainteté (c’est-à-dire concrètement l’amour des frères), au partage, toutes choses dont nous n’avons guère envie. Écouter de belles paroles, c’est facile, mais les prophètes ne se contentent pas de dire de belles paroles, ils appellent à changer de vie, ce qui est autrement plus dérangeant. La prédication des véritables prophètes ressemble à un projecteur braqué sur les recoins de notre vie et tout spécialement sur notre attitude envers les autres. Dans bien des  cas, nous préférons éteindre la lumière.

              Par moments, cette hostilité submerge le prophète : Moïse a eu ses moments de découragement ; Élie a supplié de mourir ; Jérémie a regretté d’être né ; voici quelques lignes de lui qui éclairent la première lecture de ce dimanche : « Maudit, le jour où je fus enfanté ! Le jour où ma mère m’enfanta, qu’il ne devienne pas béni ! Maudit l’homme qui annonça à mon père : ‘Un fils t’est né !’... Et  pourquoi Dieu  ne m’a-t-il pas fait mourir dès le sein ? Ma mère serait devenue ma tombe, sa grossesse n’arrivant jamais à terme. Pourquoi suis-je donc sorti du sein, pour connaître peine et affliction, pour être chaque jour miné par la honte ? » (Au passage, on ne peut que remarquer la parenté de ce texte avec le livre de Job ; ce qui n’a rien d’étonnant puisque le personnage de Job représente le peuple d’Israël dans ses moments de détresse).

              Je reviens à notre psaume : celui qui parle se compare à un noyé qui est en train de perdre pied : il n’a plus la force de remonter ; je vous lis les premiers versets qui ne font pas partie de la liturgie de ce jour : « Sauve-moi, mon Dieu : les eaux montent jusqu’à ma gorge ! J’enfonce dans la vase du gouffre, rien qui me retienne ; je descends dans l’abîme des eaux ; le flot m’engloutit ». (Là on croit entendre les paroles de Jonas).

              Mais même au fond du gouffre, un vrai prophète ne perd pas confiance : la Parole qui lui cause tant de malheurs est en même temps son soutien ; et notre psaume, après toute une série de lamentations se transforme en prière pour se terminer en action de grâce, déjà, car il est sûr, malgré tout, d’être exaucé. Commençons par la prière : « Et moi, je te supplie, SEIGNEUR, c’est l’heure de ta grâce... Tire-moi de la boue, sinon je m’enfonce : que j’échappe à ceux qui me haïssent, à l’abîme des eaux. Que les flots ne me submergent pas, que le gouffre ne m’avale, que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi ». Là on croirait entendre Jérémie en personne, lui qui a été jeté un jour dans un puits pour avoir tenu sur le Temple des propos qui n’ont pas plu : il a osé dire « cette Maison sur laquelle le Nom de Dieu a été proclamé, vous la prenez pour une caverne de bandits ».

              Entre parenthèses, Jésus a tenu à son tour à peu près les mêmes propos en chassant les vendeurs du Temple et quand saint Jean raconte cet épisode, il cite justement une phrase de notre psaume d’aujourd’hui : « Le zèle de ta maison me dévorera. » (Jn 2, 17).

              Enfin ce psaume se termine par une prière d’action de grâce : c’est une donnée permanente de la prière juive que la supplication et l’action de grâce soient toujours étroitement mêlées. Ici, le psalmiste chante déjà victoire : non seulement lui-même sera sauvé, mais le peuple entendra enfin la voix de son Dieu et le bonheur pour tous pourra s’installer : « Je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce. Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »

LECTURE DE LA LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX ROMAINS   5, 12 - 15

 

                 Frères,
12             nous savons que par un seul homme,
                 le péché est entré dans le monde,
                 et que par le péché est venue la mort ;
                 et ainsi, la mort est passée en tous les hommes,
                 étant donné que tous ont péché.
13             Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde,
                 mais le péché ne peut être imputé à personne
                 tant qu’il n’y a pas de loi.
14             Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse,
                 la mort a établi son règne,
                 même sur ceux qui n’avaient pas péché
                 par une transgression semblable à celle d’Adam.
                 Or, Adam préfigure celui qui devait venir.
15             Mais il n'en va pas du don gratuit comme de la faute.
                 En effet, si la mort a frappé la multitude
                 par la faute d’un seul,
                 combien plus la grâce de Dieu
                 s’est-elle répandue en abondance sur la multitude,
                 cette grâce qui est donnée en un seul homme,
                 Jésus Christ.

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            Paul aborde ici un thème sur lequel il revient souvent : c’est la comparaison entre Adam et Jésus-Christ. Et s’il les compare, c’est pour les opposer. Ce faisant, il n’oppose pas deux individus, mais deux types de comportement. Car Paul ne lit pas le récit de la Genèse comme un récit historique du passé, mais comme une méditation sur la situation humaine de tous les temps ; une méditation sous forme d’image, une sorte de parabole. Le comportement à la manière d’Adam conduit à la mort spirituelle ; le comportement à la manière de Jésus-Christ nous conduit à la vie. Précisons tout de suite que chez saint Paul, comme dans le livre de la Genèse, il s’agit bien de vie et de mort spirituelles, et non pas de vie et de mort biologiques ; quand saint Paul dit « par le péché est venue la mort », il parle de la mort spirituelle ; la mort biologique au terme d’une existence bien remplie ne posait pas de problème aux hommes de la Bible, elle leur paraissait normale.

              Je reviens à Adam et Jésus-Christ ; entre ces deux comportements, où est la différence ? Le projet de Dieu, lui, ne change pas ; d’après le livre de la Genèse, Dieu a commandé à l’homme : « Remplissez la terre et Dominez-la. » Le programme est tracé. Donc, quand l’humanité a des rêves fous de puissance, de bonheur, de maîtrise de l’univers, elle ne fait là que répondre à sa vocation ; si Dieu a insufflé ces aspirations en nous, c’est pour les combler ; seulement voilà, lui seul peut le faire.

              Le livre de la Genèse, encore, le dit par une image : « Le SEIGNEUR Dieu modela l’homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie et l’homme devint un être vivant. » (Gn 2, 7). Vivant non pas seulement au sens biologique, mais vivant de la vie de Dieu : car je note que les animaux qui sont bien vivants, pourtant, n’ont pas en eux ce souffle de Dieu. Voilà le projet de Dieu : faire vivre les hommes de sa vie. Manière de dire que l’homme n’est « un être vivant », pour reprendre l’expression même de la Genèse, que tant qu’il reste suspendu au souffle de Dieu ; cette relation est donc vitale pour nous. Et c’est en vivant de la vie même de Dieu que l’humanité accède peu à peu au destin magnifique prévu pour elle. Quand le serpent tentateur suggère à la femme qu’elle et son mari pourraient « devenir comme des dieux », il ne fait que dire le vrai projet de Dieu. Souhaiter « devenir comme des dieux », ce n’est pas mal en soi : encore une fois, ce désir d’infini qui habite le cœur de l’homme est sain.

              Là où le serpent trompe l’homme et la femme, c’est en leur faisant croire qu’ils vont y arriver par leurs propres forces, en désobéissant à Dieu, en chipant le fruit de l’arbre interdit. L’image du texte de la Genèse est très suggestive ; car, en désobéissant à Dieu, l’homme et la femme se détournent de lui et donc coupent eux-mêmes le lien vital qui les rattachait à lui. Désormais, privés du souffle vital de Dieu, ils ne seront plus des vivants spirituellement.

              Adam, c’est l’humanité qui cherche sa vie ailleurs qu’en Dieu : évidemment, c’est faire fausse route ! Au lieu de faire confiance à Dieu, l’homme se comporte comme un voleur, il cherche à saisir comme une proie les attributs de Dieu, mais ce faisant, il coupe lui-même la relation vitale qui le rattache à Dieu. C’est de cela qu’il est question quand on parle de « péché mortel » ou de « péché originel qui a entraîné la mort ».

          À cette attitude folle, Paul oppose celle du Christ ; comme il le dit dans la lettre aux Philippiens : « Lui qui est de condition divine, n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu ». L’amour de son Père, Jésus le reçoit ; ou, pour le dire autrement, il n’est que accueil pour l’amour du Père, il baigne dedans, si l’on peut dire, et c’est pour cela qu’on dit qu’il est sans péché. Comme dit saint Jean « il est plein de grâce et de vérité ». Et, grâce à lui, les Adam que nous sommes, nous pouvons être réintégrés dans l’amour du Père : nous retrouvons là, une fois de plus, ce mystère du Christ, l’Homme-Dieu, pleinement homme, pleinement Dieu. En lui, la relation d’amour est tissée entre Dieu et l’humanité. Il est à la fois Dieu qui attire l’humanité à lui (« Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi »)... et en même temps l’Homme (au sens de l’Humanité) qui se laisse combler par Dieu.

         Voilà donc les deux comportements que Paul oppose : ou bien nous acceptons de vivre suspendus au souffle de Dieu, et nous accueillons de lui la relation qui nous fait vivre et grandir spirituellement ; c’est la manière de Jésus-Christ ; ou bien nous voulons chercher notre bonheur en dehors de lui, (c’est ce que Paul appelle la manière d’Adam) et nous récoltons la mort spirituelle, puisque la vie n’est pas en notre pouvoir. Chercher notre bonheur en-dehors de Dieu, c’est un leurre, une folie.

         Donc, quand Paul dit : « La grâce de Dieu a comblé la multitude, cette grâce qui est donnée1 en Jésus-Christ », il veut dire que Jésus-Christ a instauré entre Dieu et nous cette relation d’amour qui est vitale pour nous, et qui nous comble parce que nous sommes faits pour elle. Comme dit saint Augustin « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ». Saint Jean dit la même chose, mais autrement : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3). Or, en langage biblique, connaître et aimer c’est la même chose. La vie éternelle, celle qui est commencée depuis notre Baptême, c’est donc de vivre dans l’amour de Dieu, tout simplement, dans sa grâce qui nous environne à tout instant.

         C’est bien le moment de chanter le psaume de ce dimanche : « Vie et joie à vous qui cherchez Dieu !

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Note

1 - « La grâce nous a été donnée » (verset 15) : la grâce n'est pas une chose, un objet qu'on se donne, c'est une relation, la relation d'amour entre Dieu et l'humanité. Il est toujours très difficile de ne pas parler de la grâce comme d'un objet que l'on possède ; et il ne faudrait pas que l’expression « la grâce nous a été donnée » nous pousse à considérer justement la grâce comme un objet qu’on se transmettrait ; ce n’est certainement pas l’idée de Paul : grâce est synonyme d’amour de Dieu et nous savons bien qu’un amour n’est pas un objet, il est la relation qui unit les deux personnes qui s’aiment.

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MATTHIEU   10, 26 - 33             

 

                 En ce temps-là,
                 Jésus disait à ses Apôtres :
26             « Ne craignez pas les hommes ;
                 rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
                 rien n’est caché qui ne sera connu.
27             Ce que je vous dis dans les ténèbres,
                 dites-le en pleine lumière ;
                 ce que vous entendez au creux de l’oreille,
                 proclamez-le sur les toits.
28             Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
                 sans pouvoir tuer l’âme ;
                 craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
                 l’âme aussi bien que le corps.
29             Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
                 Or, pas un seul ne tombe à terre
                 sans que votre Père le veuille.
30             Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
31             Soyez donc sans crainte :
                 vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
32             Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
                 moi aussi je me déclarerai pour lui
                 devant mon Père qui est aux cieux.
33             Mais celui qui me reniera devant les hommes,
                 moi aussi je le renierai
                 devant mon Père qui est aux cieux. »

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             Il suffit d’entendre l’insistance de Jésus à dire « Ne craignez pas »  pour penser que les disciples avaient de bonnes raisons d’être inquiets ! Effectivement, après leur avoir annoncé qu’il les envoyait en mission (c’était notre évangile de dimanche dernier), il ne leur a pas caché que l’entreprise était risquée. Voici, chez saint Matthieu, les phrases qui précèdent notre évangile d’aujourd’hui : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups ... Prenez garde aux hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues ; vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi...Vous serez haïs de tous à cause de mon nom. » Et c’est ici que commence notre texte d’aujourd’hui. Jésus poursuit en disant : « Ne les craignez pas... ».

             Les apôtres sont donc prévenus et pourtant Jésus les invite à avoir l’audace de témoigner quand même. Son argument pour les encourager, c’est : la Vérité est irrésistible. Rien n’arrêtera la Révélation. « Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu ». (Donc n’hésitez pas.) « Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits ».

             Tout au long de l’Ancien Testament, Dieu découvre à l’homme ses secrets par la parole des prophètes et la réflexion des sages. Mais toutes ces choses « cachées depuis la fondation du monde » (Mt 13, 35 ; Ps 77/78, 2) ne deviennent lumineuses qu’au moment de la venue du Christ : c’est ce que dit Paul aux Corinthiens : « Jusqu’à ce jour, quand on lit l’Ancien Testament, le voile demeure. Il n’est pas levé : c’est en Christ qu’il disparaît » (2 Co 3, 14). Dans le Christ apparaît en pleine lumière le dessein bienveillant de Dieu : « Tout m’a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11, 27).

             Les disciples, témoins de cette levée du voile, ne peuvent que crier ce qu’ils ont vu, entendu, touché : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de Vie... nous vous l’annonçons à vous aussi... et nous vous écrivons cela pour que notre joie soit complète. » (1 Jn 1, 1...3). Jean ici parle de la joie de l’apôtre qui se laisse porter par le dynamisme de la Révélation.

         Mais comme Jésus le leur avait prédit, il leur a fallu surmonter la persécution, à commencer par celle de leurs frères juifs. Quand Matthieu écrit son évangile, la persécution des chrétiens par les Juifs est une réalité et l’évangile d’aujourd’hui a certainement pour but de fortifier leur détermination. À notre tour, si nous sommes croyants aujourd’hui, c’est bien parce qu’ils ont tenu bon et qu’ils ont surmonté leurs premières craintes.

         Jésus leur avait dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la Géhenne l’âme aussi bien que le corps ». En disant « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps », Jésus envisage les périls corporels bien réels auxquels s’exposent les disciples. Il risquent effectivement la mort : « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront condamner à mort » (Mt 10, 21). « L’heure vient où celui qui vous fera périr croira rendre un culte à Dieu. » (Jn 16, 2). Le « ne craignez pas » signifie sans doute : « N’ayez pas peur de rester fidèles même au risque de la mort », la mort biologique, s’entend.

         La seule crainte autorisée, c’est de manquer à la mission qu’il nous a confiée d’annoncer l’évangile : « Craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la Géhenne l’âme aussi bien que le corps ». C’est-à-dire le Tentateur qui vous poussera à la désertion. Car le mot « périr » vise un autre danger bien plus grave, celui de la mort spirituelle, la rupture avec celui qui est le maître de notre destinée. Il est bien évident que Dieu veut nous garder de ce danger-là. Et, pour encourager ses disciples, Jésus les invite à la confiance ; il leur rappelle qu’ils sont sans cesse dans la main de Dieu : « Est-ce qu’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Pourtant pas un d’entre eux ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés ».

         Et il continue : « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux ». Il s’agit de se déclarer publiquement et en actes, solidaires du Christ ; ne faire qu’un avec lui. Il ne s’agit pas d’un calcul, mais d’une relation d’amour : par notre baptême, nous avons été greffés sur Jésus-Christ, nous sommes inséparables de Lui ; et avec lui, nous demeurons dans l’intimité de la Trinité. Comme le dit saint Paul, « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Ro 8, 39).

         La deuxième phrase « Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux » dit seulement que nous restons toujours libres de nous éloigner et de dire comme saint Pierre au moment de l’arrestation du Christ : « Je ne connais pas cet homme » (Mt 26, 72). Mais nous savons bien que celui qui s’éloigne à la manière de Pierre peut toujours revenir ; et, comme à Pierre, le Christ lui dira simplement « M’aimes-tu ? » (Jn 21, 15...)

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 23:00

Après la mort de Simon de Montfort

        Son fils Amaury lui succède à la tête de la Croisade.



    Octobre 1218 à Juin 1219


        Siège et prise de Marmande

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 23:00

François de La Tour d'Auvergne-Lauraguais

Parents

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 23:00

Adélaïde de Bourbon

Louise Marie Adélaïde de Bourbon

dite « Mademoiselle d'Ivry »

puis « Mademoiselle de Penthièvre »

 

duchesse de Chartres (1769-1785)



Les armes de la duchesse d'Orléans

puis duchesse d'Orléans (1785-1821

 

née à Paris à l'Hôtel de Toulouse le 13 mars 1753

 

morte au château d'Ivry-sur-Seine le 23 juin 1821 d'un cancer du sein

 

Inhumée dans la Chapelle Royale de Dreux

 

 

Fille de Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre

et de la duchesse née Marie Thérèse Félicité d'Este, princesse de Modène, la mort en 1768 de son frère aîné, Louis-Alexandre, prince de Lamballe, en fit le plus riche parti du royaume, héritière de la fortune de son grand-père, le comte de Toulouse, bâtard légitimé de Louis XIV

 

 

 

Famille



Mademoiselle de Penthièvre et son père

 

 

La mort prématurée de son frère fit de cette jeune fille de 15 ans l'unique héritière de l'immense fortune des bâtards de Louis XIV (1768)

 

Cet état de fait ne laissa pas indifférent Louis Philippe d'Orléans (1747-1793), duc de Chartres, 20 ans, fils aîné du duc d'Orléans, le chef de la branche cadette de la famille royale et cousin éloigné de la jeune fille.

 

Bien que la promise soit issue d'une branche illégitime ce qui faisait de son mariage une mésalliance, le duc de Chartres ne laissa pas passer cette occasion de s'enrichir et demanda sa main.

 

Dotée par son père du duché de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois, et du duché de Carignan, les deux cousins du roi, s'épousèrent à Versailles, le 5 avril 1769 en la paroisse N D



Le duc de Chartres et sa famille, 1776

par Édouard Cibot et Charles Lepeintre

châteaux de Versailles et de Trianon.

 

Ils eurent pour enfants:

 

 

  1. une fille (mort-née le 10 octobre 1771)
  2. Louis-Philippe d'Orléans (6 octobre 1773–26 août 1850), duc de Chartres, puis duc d'Orléans, roi des Français sous le nom de Louis-Philippe Ier
  3. Antoine Philippe d'Orléans (3 juillet 1775–18 mai 1807), titré duc de Montpensier
  4. Louise Marie Adélaïde Eugénie (23 août 1777–31 décembre 1847), « Mademoiselle de Chartres » (1777), « Mademoiselle d'Orléans » (1782), puis Mademoiselle (1783-1812), Madame Adélaïde (1830)
  5. une fille (23 août 1777-6 février 1782), « Mademoiselle d'Orléans »
  6. Louis Charles d'Orléans (7 octobre 1779–30 mai 1808), comte de Beaujolais.

Biographie

Les années de mariage

Sa mère étant morte en couche en 1754, l'éducation de Marie-Adélaïde est confiée dès l'âge de 4 ans aux bénédictines de l'abbaye royale de Montmartre.

 

Elle y restera jusqu'à sa présentation à la Cour le 8 décembre 1768, puis son mariage 4 mois plus tard avec le duc de Chartres.

 

Le mariage fut rapidement malheureux, le duc prenant, peu après comme maîtresse, la comtesse de Genlis, alors dame d'honneur de sa femme et qu'il placera ensuite comme préceptrice de leurs enfants1

 

Pendant vingt ans, Marie-Adélaïde supporta avec naïveté, puis résignation les frasques de son mari.

 

Elle souffrit également de l'influence de Madame de Genlis sur ses enfants qui adoptèrent une attitude révolutionnaire, ce qu'elle ne pouvait admettre2

 

Pendant la Révolution



La princesse de Lamballe

 

 

En avril 1791, accompagnée de sa fidèle dame d'honneur, la marquise de Chastellux, Marie-Adélaïde se retira auprès de son père, le duc de Penthièvre, dernier survivant des petit-fils de Louis XIV, en Normandie.

 

Les époux se séparèrent officiellement le 25 juillet 1792.

 

Le lendemain de la fuite manquée de Varennes, Marie-Adélaïde et son père seront retenus en résidence surveillée dans leur château d'Eu, mais la mesure sera levée au bout de 19 jours3

 

Le père et la fille se rendirent alors dans leur château d'Anet, puis dans celui de Bizy.

 

Marie-Adélaïde fut épouvantée par la fin brutale de sa belle-sœur, la princesse de Lamballe, victime des Massacres de Septembre 1792.

 

Le duc de Penthièvre vieillissant, qui considérait la princesse comme une seconde fille, avait été jusqu'à proposer la moitié de son immense fortune en échange de sa vie.

 

Il fut lui aussi très affecté par cette mort atroce.

 

Il fut encore scandalisé par le rôle joué par son gendre « Philippe-Égalité » dans la condamnation de Louis XVI et ne se remit pas de l'exécution du souverain qui eut lieu en public à Paris le 21 janvier 1793.

 

Dernier survivant des petits-enfants de Louis XIV, il mourut deux mois plus tard respecté de tous pour sa droiture et sa grande charité.

 

La France était alors en guerre. Après la désertion du général Dumouriez, qui entraîna dans sa fuite le jeune duc de Chartres, Marie-Adélaïde, bien que séparée de Philippe-Égalité, fut déclarée suspecte et les Orléans furent tous arrêtés: Montpensier et Beaujolais furent emprisonnés à Marseille avec leur père; Marie-Adélaïde fut assignée à résidence à Bizy.

 

Le duc d'Orléans fut guillotiné trois semaines après la reine, le 6 novembre 1793.

 

Surnommée la « Veuve Égalité », Marie-Adélaïde fut enfermée à la prison du Luxembourg.

 

Elle impressionna ses geôliers par sa piété et son courage mais elle ne se laissait pas oublier au fond de son cachot.

 

En 1794, après la fin de la Terreur, elle put quitter sa prison, et trouva refuge dans la pension de Jacques Belhomme où elle rencontra le conventionnel Jacques-Marie Rouzet comte de Folmon 1743-1820

 

Ses fils furent libérés en 1796, mais durent s'expatrier aux États-Unis.

 

Elle ne revit jamais Montpensier et Beaujolais, tous deux morts de maladie. Sa fille Adélaïde, naguère réfugiée en Suisse auprès de Mme de Genlis, avait trouvé asile en Allemagne auprès de sa grand-tante, la vieille princesse de Conti.

 

 

À Paris, Adélaïde et Rouzet vivaient le grand amour, dans une certaine aisance, grâce aux manœuvres de l'ex-conventionnel, membre du Conseil des Cinq-Cents.

L'exil

Après le Coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), un décret obligea tous les Bourbons à quitter la France.

 

Marie-Adélaïde dut se réfugier en Espagne avec sa belle-sœur, Bathilde d'Orléans, duchesse de Bourbon.

 

Rouzet la rejoignit secrètement, et tous deux vécurent en Espagne dans une petite maison à Sarrià, puis à Figueras, où la fille de la duchesse, Adélaïde les rejoignit quelque temps.

 

C'est en exil que Marie-Adélaïde apprit la mort prématurée de ses deux fils cadets.

 

La conflit entre la France et l'Espagne obligea le couple à fuir aux Baléares en décembre 1808.

 

C'est là que Louis-Philippe vint, après une longue séparation de 16 ans, solliciter sa mère pour appuyer son projet de mariage avec Marie-Amélie de Bourbon-Siciles.

 

Marie-Adélaïde accepta d'accompagner son fils à Palerme où le mariage fut célébré le 25 novembre 1809.

 

Après un séjour de deux ans en Sicile, les relations entre la mère et le fils étant devenues orageuses, le couple repartit vivre à Mahonà Minorque.

Retour en France

 

Après la chute de l'Empire, Rouzet et Marie-Adélaïde regagnèrent la France le 28 juin 1814.

 

Ils ne furent pas inquiétés pendant les Cent-Jours. Cette année-là, elle projeta de restaurer une digne sépulture à sa famille, dont les restes reposant à Dreux avait été jetés dans une fosse.

 

Elle fit bâtir la partie haute de l'actuelle Chapelle royale Saint-Louis du château de Dreux, que son fils Louis-Philippe agrandira en créant les cryptes.

 

Marie-Adélaïde s'éteignit d'un cancer du sein, neuf mois après celui qui fut son compagnon d'infortune.

Fortune

À la mort de son frère, le prince de Lamballe (1768), la fille du duc de Penthièvre est l'héritière de l'immense fortune de ses ancêtres.

 

Sous la Restauration, elle tenta de reconstituer une partie de cette fortune, ce qui l'amena à intenter de nombreux procès.

 

Rouzet mourut en 1820, suivi de peu par la duchesse d'Orléans en 1821, qui succomba à un cancer du sein après une longue et douloureuse agonie.

 

Elle ne vit donc pas l'avènement de son fils Louis-Philippe Ier en 1830.

 

Nota : elle fut une des premières protectrices d'Élisabeth Vigée-Lebrun et une des premières clientes de Rose Bertin qu'elle présenta à la reine Marie-Antoinette.

  1. Stéphanie-Félicité du Crest de Saint Aubin, comtesse de Genlis, fut à la fois la maîtresse du duc d'Orléans Philippe-Égalité et gouvernante des enfants d'Orléans. Elle avait trente-six ans en 1792, lorsqu'elle fut chargée de l'éducation des princes. Dans ses Mémoires, le roi Louis-Philippe détaille longuement l'éducation spartiate que donnait Mme de Genlis à ses frères et sœurs et à lui-même.
  2. Sur les raisons et circonstances de cette séparation, voir Michel de Decker, Le duchesse d'Orléans, épouse de Philippe-Égalité, mère de Louis-Philippe, rééd.Pygmalion 2001 (première édition 1981), p.136-146
  3. Michel de Decker, Op.Cit. p.150

Bibliographie

  • E. Delille, Journal de la vie de S.A.S. la duchesse d'Orléans, Paris, 1822. Ouvrage trop favorable à la duchesse écrit par son secrétaire particulier
  • Michel de Decker, La Duchesse d'Orléans, Épouse de Philippe-Égalité et mère de Louis-Philippe, réédition chez Pygmalion 2001, (ISBN 2-85704-693-6) (Première édition Librérie Académique Perrin 1981, sous le titre La Veuve Égalité)

 

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 23:00
 

http://www.babelio.com/users/AVT_Francois-Paul-Alibert_1215.jpeg

François-Paul Alibert

 

né à Carcassonne le 18 mars 1873

 

mort le 23 juin 1953 à Carcassonne

 

poète et journaliste français.

 

Proche des poètes du renouveau néoclassique à l'aube du XXe siècle, il se revendiquait de l'École romane et de Jean Moréas.

 

Il fut enterré à Carcassonne, au cimetière du hameau de Grèzes-Herminis.

Biographie

Il collabore à la Revue critique des idées et des livres de Jean Rivain et Eugène Marsan.

 

Il publie sans interruption de nombreux recueils de poèmes, pour la plupart tombés aujourd'hui dans l'oubli.

 

Il fait en 1913 un voyage en Italie avec André Gide et Henri Ghéon, dont il publie ensuite le journal.

 

Un roman érotique, paru anonymement en 1931, Le Supplice d'une queue, lui fut attribué en 1945.

 

Son manuscrit d'un autre roman érotique homosexuel, Le Fils de Loth, parut en 2002.

Principales publications

  • Terre d'Aude, 1906
  • Le Buisson ardent, 1912
  • La Complainte du cyprès blessé, poèmes, 1920
  • Le Deuil des muses, prologue en un acte, en vers, en hommage à Lionel des Rieux et aux écrivains morts pour la France, Orange, Théâtre antique, 1er août 1921
  • Marsyas, ou la Justice d'Apollon, drame satyrique en 3 actes et un prologue, 1922
  • Odes, 1922
  • La Leçon tragique d'Orange, 1923
  • Églogues, poèmes, 1923
  • Élégies romaines, 1923
  • Le Cantique sur la colline, 1924
  • Poèmes, 1924
  • La Guirlande lyrique, 1925
  • Charles Bordes à Maguelonne, 1926
  • Le Chemin sur la mer, suivi de Fenêtre et de Sulamite, 1926
  • Les Jardins de Salluste, 1927
  • La Couronne de romarin, 1927
  • La Renaissance de la tragédie, 1928
  • La Prairie aux narcisses, 1928
  • Les Amants de Ravenne, drame en quatre actes et neuf tableaux en prose, avec un prologue et un épilogue d'après la Divine Comédie, Carcassonne, Théâtre Antique de la Cité, 14 juillet 1929
  • Paris couleur de Temps, 1929
  • Les plus beaux poèmes de François-Paul Alibert, préface d'André Thérive, 1929
  • Le Cycle de Shakespeare au Théâtre de la Cité, 1930
  • En marge d'André Gide, 1930
  • Pierre Puget, 1930
  • La Plainte de Calypso, suivie de la Complainte du cyprès blessé, 1931
  • Le Cyclope, drame satyrique en 1 acte, adapté d'Euripide, Carcassonne, Théâtre Antique de la Cité, 13 Juillet 1932
  • Épigrammes, 1932
  • Dissonances, 1935
  • Le Collier d'aiguilles de pin, 1936
  • Nouvelles Épigrammes, 1937
  • Vieilles chansons du jeune temps, 1938
  • Terre qui a bu le sang, 1939
  • La Prairie aux colchiques, poèmes, 1944
  • Le Colloque spirituel, 1948
  • La Chanson du saule au platane, poèmes, 1951
Publications posthumes
  • Correspondance avec André Gide : 1907-1950, édition établie, présentée et annotée par Claude Martin, Lyon : Presses universitaires de Lyon, 1982
  • En Italie avec André Gide : impressions d'Italie, 1913, voyage avec Gide, Ghéon et Rouart, texte inédit présenté et annoté par Daniel Moutote, Lyon : Presses universitaires de Lyon, 1983
  • Le Supplice d'une queue, précédé de Le Jeu de l'amour et de la nécessité par Hugo Marsan, Paris : Ramsay : J.-J. Pauvert, 1991 ; Paris : la Musardine, 2002
  • Le Fils de Loth, présentation par Emmanuel Pierrat, préface par Didier Eribon, Paris : la Musardine, 2002

 

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 23:00

LECTURE DU LIVRE DU DEUTÉRONOME  8,  2 ...16

 

       Moïse disait au peuple d’Israël :
2    « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite
       pendant quarante années dans le désert ;
       le SEIGNEUR ton Dieu te l’a imposée
       pour te faire passer par la pauvreté ;
       il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur :
       allais-tu garder ses commandements, oui ou non ?
3     Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim,
       et il t’a donné à manger la manne
       – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue –
       pour que tu saches que l’homme
       ne vit pas seulement de pain,
       mais de tout ce qui vient de la bouche du SEIGNEUR.
14   N’oublie pas le SEIGNEUR ton Dieu
       qui t’a fait sortir du pays d’Égypte,
       de la maison d’esclavage.
15   C’est lui qui t’a fait traverser ce désert,
       vaste et terrifiant,
       pays des serpents brûlants et des scorpions,
       pays de la sécheresse et de la soif.
       C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau
       de la roche la plus dure.
16   C’est lui qui, dans le désert, t’a donné la manne
       – cette nourriture inconnue de tes pères. »

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          « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert » ... il s’agit de l’Exode, bien sûr. Moïse rappelle ici toutes les épreuves de cette longue traversée et de la vie au désert : « la pauvreté... la faim... le désert lui-même  vaste et terrifiant, inhospitalier pays des serpents brûlants et des scorpions,  pays de la sécheresse et de la soif ». Ailleurs, dans ce même livre du Deutéronome, Moïse décrit le désert comme « les solitudes remplies de hurlements sauvages ». Mais il ne rappelle pas les épreuves pour elles-mêmes : ce qu’il rappelle ici, c’est la sollicitude de Dieu pour son peuple au cœur même de ces épreuves. Plus que tout le reste, l’expérience la plus marquante du désert, c’est l’Alliance conclue au Sinaï. Et cette Alliance a été vécue au jour le jour dans des événements extrêmement concrets.

         Dieu avait promis d’être auprès de son peuple et c’est ce qu’il a accompli au long des jours, permettant ainsi à son peuple de surmonter toutes ces difficultés : « Il t’a donné à manger la manne, cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue », « c’est lui qui t’a fait traverser ce désert... c’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure »... On  reconnaît là au passage, tous les épisodes de la traversée du Sinaï, racontés par le livre de l’Exode et par celui des Nombres. Et tout cela, on sait que c’était le prix à payer pour la liberté.

         Mais le plus curieux, ici, c’est que Moïse présente ces épreuves comme un temps d’apprentissage imposé par Dieu : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le SEIGNEUR ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur... »

         Ces épreuves sont un lieu de vérité, et doublement : vérité de notre pauvreté et vérité de la sollicitude constante de Dieu. Sans ces interventions répétées de Dieu, le peuple serait mort à petit feu : mort de faim d’abord, et de soif ; et ceux qui ne seraient pas morts de faim ou de soif auraient succombé aux morsures des serpents et des scorpions... mais Dieu était là. Il était chaque fois intervenu ; et notre texte insiste bien sur le caractère miraculeux de chacune de ces interventions : la manne est une nourriture inconnue jusque-là « Le SEIGNEUR t’a donné à manger la manne, cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue » ; quant à l’eau « C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure »... « C’est lui qui t’a fait traverser, (sous-entendu sain et sauf), ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif ».

         Et tout cela, donc, était une pédagogie de Dieu : un autre verset de ce même chapitre dit « Tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils » (Dt 8, 5). Et le même livre du Deutéronome dit encore : « Le SEIGNEUR ton Dieu t’a porté tout au long de la route, comme un homme porte son fils. » Toute cette pédagogie avait un seul but : il fallait qu’on acquière le réflexe de dire « C’est Lui » : « N’oublie pas le SEIGNEUR ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage ».

         Mais pourquoi tout cet apprentissage ? Pour le bénéfice de qui ? Dieu a-t-il besoin de nos remerciements ? Serait-il comme ces bienfaiteurs qui attendent une reconnaissance éternelle ?

         Non, bien sûr ; penser une chose pareille, ce serait encore une fois nous fabriquer un dieu à notre image ; en réalité, si Dieu veut que nous reconnaissions notre dépendance à son  égard, c’est qu’elle est vitale pour nous. Le livre de la Genèse dit de manière imagée que nous sommes suspendus à son souffle ; le livre du Deutéronome le dit à sa manière : « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du SEIGNEUR » : son Souffle, sa Parole ...

         Dieu veut son peuple libre ; il ne veut donc pas faire de nous ses esclaves ; mais reconnaître notre dépendance à son égard est le seul moyen de ne pas devenir esclaves de quelqu’un d’autre. Or on sait que ce texte, comme tout le livre du Deutéronome, n’est pas de Moïse ; il a été écrit bien longtemps après lui : à une époque justement où l’on peut craindre que, peu à peu, le peuple élu ne tombe dans l’amnésie. Installés en Canaan, on ne risque plus la faim, la soif, ni tous les dangers du désert, serpents et autres scorpions... mais il faut résister à un nouveau danger, autrement sérieux : l’idolâtrie des Cananéens. Contre cette contamination, un seul vaccin, la fidélité du peuple à l’Alliance, c’est-à-dire très concrètement l’obéissance aux commandements.

         Visiblement, c’est là l’enjeu : pour commencer, notre texte le dit clairement : « Le SEIGNEUR voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? » Et d’autre part, le verset qui précède tout juste ceux que nous avons lus aujourd’hui, dit : « Tout le commandement que je te donne aujourd’hui, vous veillerez à le pratiquer afin que vous viviez, que vous deveniez nombreux, et que vous entriez en possession du pays que le SEIGNEUR a promis par serment à vos pères »...

         « Il t’a fait passer par la pauvreté » : rappel salutaire au moment où on risque d’être trop bien installé et de reléguer au musée des antiquités les commandements de l’Alliance...

         D’autre part, la reconnaissance de notre pauvreté fondamentale est le préalable à toute rencontre de Dieu en vérité : quand nous nous abandonnons à son action, alors il peut nous combler. Si nous cessons de croire que nous avons des forces par nous-mêmes, alors nous découvrons des forces insoupçonnées, qui sont les siennes. L’Esprit Saint nous a été donné pour cela. Et la fête du Corps et du Sang du Christ nous rappelle que Jésus nous propose beaucoup mieux, c’est d’habiter en nous.   

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Complément

La mémoire d'un peuple (ou d’une communauté, d’un couple), c'est un peu comme les racines d'un arbre : aujourd'hui, on voit l'arbre, on ne voit pas ses racines... n'empêche qu'il ne vit que grâce à elles, il leur doit tout en quelque sorte. Imaginez un arbre qui dirait « je me sépare de mes racines », elles m’empêchent de me déplacer, pire, elles m’empêchent de voler... on devine la suite, c’est la mort de l’arbre. Au vrai sens du terme, l’avenir de l’arbre est dans ses racines.

Quand Moïse dit à son peuple « Souviens-toi » ou « n’oublie pas », c’est comme s’il lui disait « ne te coupe pas de tes racines », « ton avenir est dans ta fidélité à tes racines ». Moïse ne se retourne pas vers le passé par sentiment ; mais c’est parce qu’il est tout entier tourné vers l’avenir qu’il se préoccupe de la fidélité aux racines. Il dit quelque chose comme « Si tu veux être encore debout demain, n’oublie pas aujourd’hui, ce que tu es et grâce à qui tu l’es ».

De siècle en siècle, Israël s'est construit en restant fidèle à ses racines ; Jésus, à son tour, pour résister au tentateur, a repris simplement les mots du Deutéronome : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur ».

PSAUME  147 ( 147 B)

  1. Le choix des versets retenus cette année par le lectionnaire est plus limité qu’il y a 3 ans ; cela change considérablement la tonalité du psaume et m’a amenée à modifier complètement mon commentaire.

 

12             Glorifie le SEIGNEUR, Jérusalem !
                 Célèbre ton Dieu, ô Sion !
13            Il a consolidé les barres de tes portes,          
                dans tes murs il a béni tes enfants.

14            Il fait régner la paix à tes frontières  
                et d'un pain de froment te rassasie.
15            Il envoie sa parole sur la terre :         
                rapide, son verbe la parcourt.

19            Il révèle sa parole à Jacob,    
                ses volontés et ses lois à Israël.
20            Pas un peuple qu'il ait ainsi traité ;    
                nul autre n'a connu ses volontés.
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« Glorifie le SEIGNEUR, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion ! » Il faut entendre ce parallélisme : Sion et Jérusalem, c’est la même chose. Et, d’ailleurs, quand on parle de Sion ou de Jérusalem, ici, plutôt que de la ville, il s’agit des habitants, c’est-à-dire du peuple d’Israël, en définitive. Je reviens à cette phrase : « Glorifie le SEIGNEUR, Jérusalem ! » On peut la dater facilement : nous sommes au retour de l’exil à Babylone, donc à la fin du sixième siècle ; il a fallu reconstruire la ville et redresser le Temple. Sans l’aide de Dieu rien de tout cela n’aurait été possible : « Il a consolidé les barres des portes de Jérusalem ».

Dans le psaume précédent, Dieu est appelé le « bâtisseur de Jérusalem » et le « rassembleur des dispersés d’Israël » (Ps 146/147 A, 2). Mais ce n’est pas seulement un travail d’architecte que Dieu a fait : ce retour au pays est une véritable restauration du peuple, une vie nouvelle va commencer ; une vie dans la paix et la sécurité : « Il fait régner la paix à tes frontières et d'un pain de froment te rassasie. » En Exil, on a mangé le pain des larmes, le pain d’amertume ; le retour au pays, c’est le temps de l’abondance, le pain de froment qui rassasie.

Le deuxième accent très fort de ce psaume, c’est la conscience aiguë du privilège que représente l’élection d’Israël : « Pas un peuple qu’il ait ainsi traité, nul autre n’a connu ses volontés ».

Voici ce qu’en dit le livre du Deutéronome : « Tu es un peuple consacré au SEIGNEUR ton Dieu : c’est toi qu’il a choisi pour être son peuple, son domaine particulier parmi tous les peuples de la terre… C’est uniquement à tes pères que le SEIGNEUR ton Dieu s’est attaché par amour. Après eux, entre tous les peuples, c’est leur descendance qu’il a choisie, ce qu’il fait encore aujourd’hui avec vous » (Dt 7,6 ; 10,15). Il s’agit d’un choix libre et inexpliqué de Dieu, un choix dont on ne cesse de s’émerveiller et de rendre grâce.

Voici un autre passage du livre du Deutéronome :

« Interroge donc les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre : d’un bout du monde à l’autre, est-il arrivé quelque chose d’aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ? Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu du feu, et qui soit resté en vie ? Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, à main forte et à bras étendu, et par des exploits terrifiants – comme tu as vu le SEIGNEUR ton Dieu le faire pour toi en Égypte ? Il t’a été donné de voir tout cela pour que tu saches que c’est le SEIGNEUR qui est Dieu, il n’y en a pas d’autre. Du haut du ciel, il t’a fait entendre sa voix pour t’instruire ; sur la terre, il t’a fait voir son feu impressionnant, et tu as entendu ce qu’il te disait du milieu du feu. » (Dt 4,32-36). À vues humaines, ce choix ne s’explique pas ; la seule explication que Moïse ait trouvée est celle-ci : « Parce qu’il a aimé tes pères et qu’il a choisi leur descendance, en personne il t’a fait sortir d’Égypte. » (Dt 4,37). C’est donc tout simplement une histoire d’amour, il n’y a pas d’autre explication. Et tout l’Ancien Testament déroule cette histoire d’amour bien étonnante entre un tout petit peuple souvent infidèle et le Dieu de l’univers qui, pour autant, ne l’abandonne jamais.

Si le peuple élu est heureux et fier de ce choix de Dieu, il sait qu’il n’y a pas là matière à s’enorgueillir : Moïse leur disait : « Si le SEIGNEUR s’est attaché à vous, s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C’est par amour. »

À l’origine, dans la pensée d’Israël, la conscience de vivre une Alliance avec le Dieu du Sinaï n’excluait pas que d’autres peuples aient leurs propres dieux protecteurs. Israël n’était pas encore monothéiste : il était « monolâtre » (on dit également « hénothéiste ») c’est-à-dire qu’il ne rendait de culte qu’à un seul Dieu, le Dieu du Sinaï, celui qui l’avait libéré d’Égypte. Il ne devint réellement « monothéiste » que pendant l’Exil à Babylone (au sixième siècle avant notre ère). Ce fut alors un nouveau saut dans la foi, la découverte de l’universalisme : si Dieu était le Dieu unique, alors, il était également celui de tous les peuples.

L’élection d’Israël n’était pas dénoncée pour autant et l’on trouve sous la plume du prophète Isaïe des phrases magnifiques en ce sens : « Toi, Israël, mon serviteur, Jacob que j’ai choisi, descendance d’Abraham mon ami : aux extrémités de la terre je t’ai saisi, du bout du monde je t’ai appelé ; je t’ai dit : Tu es mon serviteur, je t’ai choisi, je ne t’ai pas rejeté. Ne crains pas : je suis avec toi ; ne sois pas troublé : je suis ton Dieu. Je t’affermis ; oui, je t’aide, je te soutiens de ma main victorieuse. » (Is 41,8-10). C’est le même Isaïe qui sut faire comprendre à ses contemporains que leur élection prenait désormais un autre visage, celui d’une vocation au service des autres peuples : être auprès d’eux le témoin de Dieu. C’est le sens, entre autres des quatre textes que l’on appelle « Les Chants du Serviteur  » : « Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » (Is 49,6).

LECTURE DE LA PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS   10, 16 - 17

 

                 Frères,
16            La coupe d'action de grâce que nous bénissons,      
                n'est-elle pas communion au sang du Christ ?          
                Le pain que nous rompons,   
                n'est-il pas communion au corps du Christ ?
17            Puisqu'il y a un seul pain,      
                la multitude que nous sommes est un seul corps,     
                car nous avons tous part à un seul pain.
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         Dans la lettre de Paul aux Corinthiens, le passage que nous venons de lire est encadré par une double recommandation dont il faut entendre toute la gravité ; cela commence par « Mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie » et la fin du passage, c’est « voulez-vous exciter la jalousie du Seigneur ? », ce qui veut dire exactement la même chose ;  quand la Bible parle de la jalousie du Seigneur, c’est toujours pour mettre mise en garde contre l’idolâtrie.

Ici, Paul vise un problème bien précis, et notre passage d’aujourd’hui ne peut pas se comprendre hors de ce contexte : dans la religion chrétienne, on ne pratique pas de sacrifices d’animaux ; mais la religion juive en pratiquait et elle n’était pas la seule, les autres religions en faisaient autant ; et dans toutes les religions, que ce soit la religion juive ou une autre, le sacrifice était souvent suivi d’un repas qui avait lieu dans le temple même et au cours duquel on mangeait l’animal sacrifié, dans l’intention d’entrer en communion avec la divinité.

         Et donc, parmi les Corinthiens fraîchement convertis au christianisme, il y avait des gens qui jusqu’à leur conversion avaient participé aux sacrifices d’animaux de la religion grecque et aux repas qui suivaient ces cérémonies. Il semble bien, d’après le contexte de notre lettre, que certains d’entre eux avaient encore la tentation de continuer à participer à ces repas dans les temples des idoles ; là Paul est très ferme, il faut choisir : ou entrer en communion avec le Dieu vivant ou rechercher une autre communion. Il n’est pas question, dit-il, de participer à la fois à la table du Seigneur et à celle des idoles.

         Une autre question, plus difficile, se posait : les surplus de viande des animaux sacrifiés dans les temples des idoles étaient vendus en boucherie ; un chrétien pouvait-il en acheter et en consommer sans se faire complice de l’idolâtrie ? Cette question a empoisonné les débuts de l’Église, elle prend une grande place dans les Actes des Apôtres (chapitre 15), dans la lettre de Paul aux Romains (chapitres 14 et 15) et dans cette lettre aux Corinthiens (chapitres 8 à 10).

         Pour certains, les choses étaient claires : puisque les idoles n’existent pas, on peut bien acheter au marché et manger dans nos maisons la viande des sacrifices, c’est de la viande tout simplement ; Paul n’y voit pas d’inconvénient à condition que l’on ne risque pas de scandaliser des chrétiens plus scrupuleux ou des non-chrétiens qui seraient surpris de voir les chrétiens se rendre complices de l’idolâtrie. Son raisonnement s’appuie toujours sur le même fondement : l’Eucharistie nous fait entrer en communion avec le Dieu de Jésus-Christ.

         On comprend mieux du coup pourquoi Paul insiste sur le sens du repas de la liturgie chrétienne : « La coupe d’action de grâce que nous bénissons est communion au sang du Christ ; le pain que nous rompons est communion au corps du Christ. » Le mot que Paul emploie, « koinônia » en grec, évoque un lien d’intimité, d’appartenance, une solidarité profonde.

         Le Christ l’a dit en d’autres termes en employant le mot « Alliance » : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous » (Luc 22, 20). L’alliance au sens biblique, c’est bien une appartenance réciproque, un engagement mutuel : la grande formule de l’alliance c’était : « Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu. »

         En Jésus, c’est Dieu qui accomplit son Alliance avec l’humanité ; mais en Jésus aussi, c’est l’humanité qui accueille ce projet de Dieu et y répond ; il est celui qui entretient avec Dieu le dialogue sans ombre proposé à Adam, c’est-à-dire à l’humanité tout entière. C’est tout le mystère de Jésus à la fois homme et Dieu : en Lui, Dieu propose son amour, en lui, l’humanité répond par l’action de grâce. En Lui Dieu parle, se révèle (il est le Verbe, la Parole du Père) ; en Lui l’humanité répond à la Parole. En Lui, Dieu se donne ; en Lui l’humanité accueille le don de Dieu. Vous avez reconnu là le schéma de toute célébration liturgique qui est justement le lieu de l’accomplissement de l’alliance. Et la Prière Eucharistique se conclut par cette phrase magnifique : « Par Lui, avec Lui et en Lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen. »

          Ce qui fut la grande découverte d’Israël (le Dieu tout-autre se fait le tout proche) est vrai au plus haut point dans l’Eucharistie : elle demeure pour nous le mystère du Dieu tout-autre et en même temps elle nous fait participer à son intimité, à sa vie divine : ce n’est pas l’homme qui atteint Dieu, c’est Dieu qui se fait proche.

         L’Eucharistie est donc repas de communion comme toutes les religions en connaissaient, mais c’est le sacrifice lui-même qui a changé : le sacrifice que Dieu attend, ce n’est pas l’égorgement d’un animal, c’est le don de nos vies. Comme le disait déjà le psaume 39/40, « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu ne voulais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit voici je viens. » C’est ce qu’a fait le Christ. Sa vie tout entière a été offerte et mise au service de ses frères. Et quand nous participons au repas de communion de l’Eucharistie, nous unissons nos vies à la sienne pour les offrir au Père.

         Cela va très loin : Paul ose dire que nous faisons partie du même corps que le Christ « Le pain que nous rompons est communion au corps du Christ. » Et si nous faisons réellement un seul corps avec lui, il nous rend capables de mener désormais la même vie que lui. Quand saint Augustin dit à ceux qui communient « Devenez ce que vous recevez, recevez ce que vous êtes », il dit bien que nous devenons corps et sang de Jésus-Christ, c’est-à-dire à notre tour, vies offertes pour la naissance de l’humanité nouvelle.

         Car effectivement, quand nous participons à l’Eucharistie, nous ne sommes pas seuls concernés : Jésus a bien dit qu’il donnait sa vie pour la multitude, et quand il se donne en nourriture, c’est bien aussi en vue de la multitude.

Et c’est bien à la multitude que nous sommes envoyés. « Oui, vraiment, il est grand le mystère de la foi ! »

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN   6, 51-58

 

              En ce temps-là,
              Jésus disait aux foules des Juifs :
51          « Moi, je suis le pain vivant,
              qui est descendu du ciel :
              si quelqu’un mange de ce pain,
              il vivra éternellement.
              Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
              donnée pour la vie du monde. »
52          Les Juifs se querellaient entre eux :
              « Comment celui-là
              peut-il nous donner sa chair à manger ? »
53          Jésus leur dit alors :
              « Amen, amen, je vous le dis :
              si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
              et si vous ne buvez pas son sang,
              vous n’avez pas la vie en vous.
54          Celui qui mange ma chair et boit mon sang
              a la vie éternelle ;
              et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
55          En effet, ma chair est la vraie nourriture,
              et mon sang est la vraie boisson.
56          Celui qui mange ma chair et boit mon sang
              demeure en moi,
              et moi, je demeure en lui.
57          De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
              et que moi je vis par le Père,
              de même celui qui me mange,
              lui aussi vivra par moi.
58          Tel est le pain qui est descendu du ciel :
              il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
              Eux, ils sont morts ;
              celui qui mange ce pain
              vivra éternellement. »

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         À la suite de ce discours, des quantités de gens  ont  cessé de suivre Jésus : ce qu'il disait était inacceptable ; alors il s'est retourné vers les Douze et il leur a demandé : « Et vous, ne voulez-vous pas partir ? » C’est là que Pierre a répondu « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle » .

         Voilà le paradoxe de la foi : ces paroles sont humainement incompréhensibles et pourtant elles nous font vivre. Il nous faut suivre le chemin de Pierre : vivre de ces paroles, les laisser nous nourrir et nous pénétrer, sans prétendre les expliquer. Il y a là déjà une grande leçon : ce n’est pas dans les livres qu’il faut chercher l’explication de l’Eucharistie ; mieux vaut y participer, laisser le Christ nous entraîner dans son mystère de vie.

         Le mot qui revient le plus souvent dans ce texte, c’est la vie : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, (c’est-à-dire ma vie) donnée pour que le monde ait la vie. » La lettre aux Hébreux le dit bien : « En entrant dans le monde, le Christ dit : Voici je suis venu faire ta volonté » et la volonté de Dieu, on le sait, c’est que le monde ait la vie. Une vie qui est cadeau : « le pain que je donnerai » ; tout est cadeau : Isaïe l’avait déjà annoncé « Ô vous qui êtes assoiffés, venez vers les eaux, même celui qui n’a pas d’argent, venez ! Demandez du grain et mangez ; venez et buvez - sans argent, sans paiement - du vin et du lait. À quoi bon dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, votre labeur pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez donc, écoutez-moi, et mangez ce qui est bon ; que vous trouviez votre jouissance dans des mets savoureux : tendez l’oreille, venez vers moi, écoutez et vous vivrez. » (Is 55, 1-3).

         Et ce qui nous fait vivre, c’est le don de la vie du Christ, ce que nous appelons son sacrifice ; mais il ne faut pas nous méprendre sur le sens du mot « sacrifice ». Tout au long de l’histoire biblique, on a assisté à une  transformation, une véritable conversion de la notion de sacrifice ; on peut déceler plusieurs étapes dans cette pédagogie qui a pris des siècles.

         Au début de l’histoire biblique, le peuple hébreu pratiquait, comme beaucoup d’autres peuples, des sacrifices sanglants, d’humains et d’animaux. Spontanément, pour s’approcher de Dieu, pour entrer en communion avec Lui (c’est le sens du mot « sacrifier » - « sacrum facere »- faire du sacré), on croyait devoir tuer. Au fond pour entrer dans le monde du Dieu de la vie, on lui rendait ce qui lui appartient, la vie, donc on tuait.

         La première étape de la pédagogie biblique a été l’interdiction formelle des sacrifices humains ; et ce dès la première rencontre entre Dieu et le peuple qu’il s’est choisi ; puisque c’est à Abraham que cette interdiction a été faite « Ne lève pas la main sur l’enfant » (Gn 22). Et depuis Abraham, cette interdiction ne s’est jamais démentie ; chaque fois qu’il l’a fallu, les prophètes l’ont rappelée en disant que les sacrifices humains sont une abomination aux yeux de Dieu. Et déjà, dès le temps d’Abraham, la Bible ouvre des horizons nouveaux (avec le sacrifice de Melchisédek) en présentant comme un modèle de sacrifice au Dieu très-haut une simple offrande de pain et de vin (Gn 14).

         On a pourtant continué quand même à pratiquer des sacrifices sanglants pendant encore des siècles. Dieu use de patience envers nous ; comme dit Pierre, « Pour lui, mille ans sont comme un jour » ...

         La deuxième étape, c’est Moïse qui l’a fait franchir à son peuple : il a gardé les rites ancestraux,  les sacrifices d’animaux, mais il leur a donné un sens nouveau. Désormais, ce qui comptait, c’était l’alliance avec le Dieu libérateur.

         Puis est venue toute la pédagogie des prophètes : pour eux, l’important, bien plus que l’offrande elle-même, c’est le cœur de celui qui offre, un cœur qui aime. Et ils n’ont pas de mots trop sévères pour ceux qui maltraitent leurs frères et se présentent devant Dieu, les mains chargées d’offrandes. « Vos mains sont pleines de sang » dit Isaïe (sous-entendu « le sang des animaux sacrifiés ne cache pas aux yeux de Dieu le sang de vos frères maltraités ») (Is 1, 15). Et Osée a cette phrase superbe que Jésus lui-même a rappelée « C’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices » (Os 6, 6). Michée résume magnifiquement cette leçon : « On t’a fait savoir, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR réclame de toi. Rien d’autre que de respecter le droit et la justice et de marcher humblement avec ton Dieu » (Mi 6, 8).

         L’étape finale de cette pédagogie, ce sont les fameux chants du Serviteur du deuxième Isaïe : à travers ces quatre textes, on découvre ce qu’est le véritable sacrifice que Dieu attend de nous ; sacrifier (faire du sacré), entrer en communion avec le Dieu de la vie, ce n’est pas tuer ; c’est faire vivre les autres, c’est-à-dire mettre nos vies au service de nos frères. Le Nouveau Testament présente souvent Jésus comme ce Serviteur annoncé par Isaïe ; sa vie est tout entière donnée pour les hommes. Elle est le sacrifice parfait tel que la Bible a essayé de l’inculquer à l’humanité. « Le pain que je donnerai ; c’est ma chair1 donnée pour que le monde ait la vie ». Et désormais, dans la vie donnée du Christ, nous accueillons la vie même de Dieu : « De même que le Père qui est vivant m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi ».

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Note

1 - Le mot « chair » ici, dans la bouche de Jésus est équivalent de vie : nous pouvons donc lire « ma vie donnée pour que le monde ait la vie ». Et nous comprenons bien que Jésus fait allusion à sa Passion et à ce mystère.

Complément à propos des sacrifices

La dernière conversion qui nous reste à faire, c’est de ne plus chercher  à « faire »  du sacré,  mais à accueillir la Vie que Dieu nous donne.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 23:00

(1er août 702 du calendrier romain)

à Rome, Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio Nasica est choisi comme collègue au consulat par son beau-fils Pompée

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 23:00

Juin 1209

    Début de la "croisade"

 

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 23:00

16 au 29 Juin 1211

    1er siège de Toulouse

    Simon de Montfort assiège en vain Toulouse

 

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C
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T
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Lothaire de France
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Louis V dit le Fainéant
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Dernier roi de la lignée
des Carolingiens
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H
ugues Capet
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Robert II le Pieux
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Hugues II de France
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(1007-1025)
Roi de France associé
1017 - 1025
Henri Ier de France
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Philippe Ier de France
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Louis VI le Gros
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Louis VII Le Jeune
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Philippe II Auguste
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Louis VIII le Lion
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Louis IX (Saint Louis)
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Philippe III de France
dit le Hardi
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Philippe IV le Bel
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Louis X le Hutin
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Jean Ier le Posthume

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Philippe V
le Long
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Charles IV le Bel
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Valois
Philippe VI le Fortuné
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Jean II le Bon
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Charles V le Sage
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Charles VI le Fol ou le Bien-Aimé
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Charles VII le Victorieux
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Louis XI de Valois
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Charles VIII de Valois
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Louis XII d'Orléans
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François Ier d'Angoulème
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Henri II d'Angoulème
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François II d'Angoulème
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Charles IX d'Angoulème
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Henri III d'Angoulème
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