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Gazettes & Sites Royaux

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 Ils sont tous là !
Ils nous regardent et nous racontent 14 siècles d'Histoire de France

 

15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 23:00

3e siège de Toulouse

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 23:00

Lettres du Roy Louis IX, portant que les hommes de la Cité de Carcassonne jouiront de la franchise, dont jouissent les hommes du Bourg de Carcassonne

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 23:00

1776   

Guillaume Joseph  Peyrusse

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jean gérard,guillaume joseph roux-peyrusse,baron peyrusse,le magazine 11,michel sawas,numéro 25

 

naît à Carcassonne, le 14 juin 1776, dans le quartier de l’église Saint-Vincent où il est baptisé, dans la paroisse où il exercera vers la fin de sa vie les fonctions de marguillier.

 

Son père, Dominique Peyrusse, est un riche bourgeois, l’un des plus imposés, qui fut consul de la ville en 1769 ; sa mère, Anne Pascal, n’est autre que la fille du propriétaire de la florissante manufacture royale de draps à Montolieu. C’est le plus jeune des huit enfants d’une famille nombreuse

 

Guillaume Joseph Roux Peyrusse
Baron d'Empire
(1776-1860)
Maire de
Carcassonne

(1832-1835)
Trésorier général de la couronne
pendant les Cents-jours

(1815)
 Guillaume Peyrusse 2.jpg

La lecture du blason sur sa pierre tombale
est la suivante:
" D'argent à l'île au naturel, baignée par une mer du même au chef d'azur,
à la clef d'or, au franc quartier d'officier de la maison de l'Empereur
".
Guillaume Peyrusse 1.jpg

Au cimetière St Vincent de Carcassonne Sa tombe n° 532, est située allée 07.

1870

Sophie de Prusse, reine de Grèce

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La princesse Sophie, Dorothea, Ulrike, Alice de Prusse voit le jour le 14 juin 1870 au Neues Palais de Potsdam.

Elle est le septième enfant de l’empereur Frederic III d’Allemagne et de l’impératrice Victoria, née princesse de Grande-Bretagne.

La princesse Sophie est l’une des nombreuses petites-filles de la reine Victoria.

Sa naissance arrive à un moment délicat à savoir la guerre franco-allemande de 1870 avec les célèbres batailles de Woerth et Sedan.

Son père y prend part et gagne l’admiration de ses troupes.

 

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Quelques jours avant son baptême, la présence de son père à la cérémonie était totalement incertaine.

Il arrive finalement quelques heures avant la cérémonie qui se déroule le 24 juillet 1870.

Sa mère la princesse Victoria écrivait à ce sujet à sa propre mère la reine Victoria :

 "Le baptême s’est bien passé mais l’ambiance était lourde et mélancolique. Les visages des invités étaient inquiets et leurs yeux en larmes. Comme si un malheur mettait de l’ombre à la cérémonie alors qu’elle aurait dû être gaie et bénie"

Le futur empereur Frederic III était en effet parti pour le front à l’aube sans prévenir sa femme et embrasser ses enfants, voulant leur éviter des scènes d’émotion.

Les conditions de son baptême étaient un premier signe de sa future vie, ponctuée de tragédies et d’amertume.

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Sophie a 7 frères et sœurs : Frederic Guillaume (futur empereur d’Allemagne et dernier empereur), Victoria dite Charlotte (1860-1919), Albert dit Heinrich (1862-1929), Franz dit Sigismund (1864-1866), Friedrieke dite Victoria (1866-1929), Joachim dit Waldemar (1868-1879) et Margrete (1872-1954)

1887_margarete_landgravine_.jpg

La princesse grandit dans une ambiance familiale très tournée vers l’Angleterre. Sa mère, fille de la reine Victoria souhaite que ses enfants vivent dans la même atmosphère chaleureuse qui régnait au sein de la famille formée par la reine Victoria et le prince Albert et met un point d’honneur à mener une vie très « british », ce qui lui sera toujours reproché par le son fils aîné, le futur (et dernier) empereur d’Allemagne. Sophie dont le surnom est « Sossy » est très proche de ses sœurs Margarete et Victoria. Son père est plus proche des aînés.

Sophie est considérée comme une élève douée et très motivée. Son programme d’éducation était très stricte sans qu’aucune négligence ne soit permise. La princesse était dotée d’une mémoire, dit-on, impressionnante, ce qui l’aidera beaucoup plus tard dans ses devoirs de reine. La princesse séjourne régulièrement auprès de sa grand-mère maternelle en Angleterre et parfois pendant plusieurs semaines. Lorsqu’elle est en Allemagne, Sophie vit auprès de ses parents au Neues Palais de Potsdam ou au Palais du prince héritier à Berlin sur la célèbre artère Unter den Linden.

A l’occasion duJubilé de la reine Victoria en 1887, Sophie et les siens assistent à de nombreuses festivités organisées pour commémorer l’événement. La princesse reste d’ailleurs plus de temps auprès de sa grand-mère et fait la rencontre du prince Constantin de Grèce, fils aîné du roi George I et de la reine Olga de Grèce, née grande-duchesse de Russie. Il est de 2 ans son aîné. La même année, le prince héritier Constantin arrive à Berlin pour y suivre les cours de l’école de Guerre ainsi que des cours en Sciences politiques. A la Cour de Berlin, il retrouve la princesse Sophie de Prusse. Ils apprennent à mieux se connaître et leur relation évolue progressivement

Le père de Sophie devient empereur d’Allemagne le 9 mars 1888 après avoir été 27 ans prince héritier. On le dit animé d’idées plus libérales et souhaitant réformer les institutions de son pays mais Frederic III est gravement malade depuis de longs mois. Il souffre d’un cancer très avancé du larynx. Ses médecins ont des avis divergents sur le traitement. Certains évoquent une ablation du larynx, d’autres des opérations plus ciblées et d’autres encore une simple cure au bon air.

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Il était enchanté des fiançailles de sa fille Sophie avec le prince héritier Constantin et les convia à son chevet pour leur présenter tous ses vœux de bonheur. Un mois avant son accession au trône, une opération visant à lui pratiquer une sorte de trachéotomie se passe mal et prive le futur empereur de la parole. Un voyage en Italie avec son épouse n’améliore pas sa santé précaire.

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    Il ne règne que 99 jours, miné par la maladie mais soutenu jusqu’au bout par son épouse l’impératrice Victoria. L’anniversaire de la princesse Sophie est célébré dans l’intimité familiale le 14 juin 1888. Le lendemain, l’empereur s’éteint à l’âge de 66 ans. C’est le frère aîné de Sophie qui lui succède et qui entend directement imprimer sa marque, à l’opposé de celle amorcée par son père et influencée par sa mère jugée trop britannique. L’impératrice veuve Victoria s’appuie beaucoup sur ses filles les princesses Sophie, Margrete et Victoria pour surmonter son deuil.

    L’annonce de leurs fiançailles officielles est retardée de quelques mois suite aux décès des empereurs Guillaume et Frederic. Entre temps, la princesse Sophie se prépare pour ses nouvelles obligations. Elle commence à apprendre le grec, s’informe à propos des coutumes, du folklore,… du peuple grec. Le jour de son arrivée sur le sol grec, la jeune princesse souhaite montrer ses connaissances linguistiques à sa nouvelle patrie et s’adresse à son fiancé en parlant le grec ancien à la surprise générale. Son professeur en Allemagne estimait que le grec ancien était la vraie langue du pays…

    Le mariage de Sophie et Constantin était le premier d’un prince héritier ou roi à avoir lieu en Grèce. En effet, le premier roi Othon s’était marié en Bavière et le roi George I en Russie. Comme il n’y avait pas la place suffisante au palais pour héberger les nombreux invités nobles, le roi George demanda l’aide des riches Athéniens qui possédaient de grandes maisons. Ceux-ci mirent donc des chambres de leurs résidences à disposition des invités de marque ainsi que leurs calèches. 

    Des tous les invités présents au mariage, l’empereur Guillaume II, frère de Sophie, laisse une très mauvaise impression au peuple mais aussi aux autres invités. Il est arrogant avec une mine autoritaire et un regard hostile. Il montre clairement que rien ne lui plaît dans la capitale grecque sauf les soldats de la garde royale ! Lors de son arrivée le 14 octobre avec son épouse, il est accompagné de 10 bateaux de guerre pour souligner la puissance de son pays… 

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    Le 15 octobre (ou le 27 selon que l’on prenne le calendrier grégorien ou julien) 1889 à Athènes, la princesse Sophie de Prusse épouse le prince héritier Constantin de Grèce. La cérémonie se déroule en deux temps : une célébration publique selon le rite orthodoxe et une deuxième privée en l’église du Palais royal d’Athènes selon le rite protestant. Le roi George I était en effet resté protestant, raison pour laquelle cette église avait été érigée au sein du palais.

    La mariée a choisi de se convertir à la religion orthodoxe un an après son mariage, ce qui lui vaut les foudres de son frère l’empereur. Les Athéniens furent très impressionnés par les feux d’artifices qui illuminèrent pour l’événement le ciel de la capitale.

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    Dans son ouvrage « Mémoires insolites », le prince Michel de Grèce explique l’historique des carrosses de la famille royale grecque. Ceux-ci ont été achetés à la France qui souhaitait se débarrasser d’un carrosse commandé pour l’entrée solennelle du roi Henri V (comte de Chambord) à Paris. Le roi George I de Grèce le racheta. « Sur les portières, on peignit ses armoiries au-dessus de celles de la Maison de France et désormais le carrosse servit lors de tous les mariages de la famille royale grecque à amener la mariée à la cathédrale d’Athènes ». Le carrosse qui conduisit la princesse Sophie de Prusse appartenait donc au comte de Chambord. Le même fut utilisé par la princesse Frederika de Hanovre lors de son mariage avec le prince Paul de Grèce, par la princesse Sophie de Grèce lors de son mariage en 1962 avec Juan Carlos d’Espagne, puis par Anne-Marie de Danemark lors de son union avec le roi Constantin. Aujourd’hui, ce véhicule historique est abandonné dans un dépôt du domaine de Tatoi sans que l’on ait la permission d’y accéder.

    Le lendemain, le roi George I de Grèce invita les 400 maires du pays pour un dîner en l’ honneur des jeunes mariés. Certains étaient complètement illettrés et incapables de comprendre ce que le protocole attendait d’eux. Mais le roi George les mit tous très rapidement à l’aise et la cérémonie vira vite à la fête populaire. On raconte l’anecdote suivante au cours de ce dîner en l’honneur de Sophie et Constantin. Le roi George reconnut un ancien cuisinier du palais, devenu maire de son petit village. L’ex-employé du palais tend timidement la main au souverain qui le félicite. « Bravo Jean » lui dit le roi, « je te souhaite de devenir député ». « Merci Votre Majesté, j’ai pu progresser dans la vie ». Et le roi ironique de rétorquer « Je vois, Jean, seulement moi je n’ai pas progressé. Roi tu m’as laissé et roi tu me retrouves ! »

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    Apres son installation à Athènes, Sophie envisage avec beaucoup d’appréhension le début sa nouvelle vie. Dans un premier temps, le jeune couple princier loue la grande maison d’un riche habitant d’ Athènes. Leur palais mit en effet 10 ans avant d’être construit. La mère de Sophie, l’impératrice douairière lui prodigue de nombreux conseils. Femme très cultivée, Victoria connaissait bien l’histoire de la Grèce. Elle conseilla à sa fille de se concentrer sur ses propres œuvres caritatives en marge de celle de la reine Olga. Mère et fille ont échangé une vaste correspondance de plus de 2000 lettres entre 1889 et 1901. Dans l’une de ses lettres, Sophie de Grèce se lamente et explique à sa mère que sa résidence n’est pourvue d’aucun luxe. La réponse de Victoria ne tarde pas et elle tance sa fille en lui faisant remarquer que sa baignoire est faite en marbre de Pendeli (une montagne près d’Athènes) considéré comme le marbre le plus blanc et trop onéreux que pour être acheté en Allemagne… 

    Sophie donne naissance à son premier enfant prénommé George le 19 juillet 1890 au domaine de Tatoi. Constantin et Sophie de Grèce auront cinq autres enfants : Alexandre né en 1893 à Tatoi (il sera le futur roi Alexandre, époux d’Aspasie Manos et décèdera des suites d’une morsure de singe), Hélène née à Athènes en 1896 (futur épouse du roi Carol de Roumanie et mère du roi Michel de Roumanie), Paul (futur roi de Grèce et père de l’actuel roi Constantin) né en 1901, Irène (future épouse du prince Aimone de Savoie-Aoste et mère de l’actuel duc d’Aoste) née en 1904 et Katherine (future lady Brandam) née en 1913.

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    Le prince héritier George a pu être sauvé à sa naissance grâce à l’ intervention de la sage- femme que l’impératrice douairière Victoria d’Allemagne avait envoyée à Athènes. Le bébé avait le cordon ombilical autour du cou. Lors des autres naissances, le gynécologue Konstadinos Louros était présent. Sophie a risqué de perdre la vie lors de la naissance du prince Alexandre. Des années plus tard, le même gynécologue assistait à la naissance de l’enfant du roi Alexandre, la princesse Alexandra. Il assista aussi la princesse Hélène lors de la naissance de son fils unique le futur roi Michel de Roumanie.

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    La princesse Sophie était considérée comme étant une manique de la propreté et veillant à ce que les poussières soient faites plusieurs fois par jour. Les petites rues d’Athènes étaient souvent très poussiéreuses au passage des calèches, ce qui incommodait Sophie. La chaleur estivale à Athènes lui était insupportable, raison pour laquelle elle partait à cette période soit chez sa mère, soit chez sa sœur Margrete avec qui elle restera toujours très intimement liée. Elle appréciait aussi les séjours dans sa chère Angleterre. Très influencée de la culture anglo-saxone depuis sa naissance, Sophie en fera la première langue parlée avec ses enfants même si sa maîtrise du grec fut très rapide et parfaite. Au début de son mariage, au cours d’une audience, deux dames grecques s’adressèrent à la princesse en allemand en signe de respect. Sophie leur répondit en grec…

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    Ici, Sophie de Grèce en 1897 lors de la guerre greco- turque. La princesse héritière avait l’habitude de se rendre au chevet des soldats blessés et admis dans un hôpital organisé par ses oins. A ses côtés, sa dame d’honneur Angeliki Kondostavlou qui est restée fidèlement auprès de Sophie jusqu’ a la fin de sa vie.

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    Photo prise l’ époque des fiançailles de la princesse Marie de Grèce, fille du roi George I et de la reine Olga avec le grand duc George Mikhailovich de Russie. Depuis la gauche, le prince Christophe (assis), le grand-duc Michael Nikolaevich ( père du grand-duc George, futur époux de la Princesse Marie ), la reine Olga de Grèce, le roi George I de Grèce, le grand-duc George Mikhailovich ( futur époux de la princesse Marie). L’enfant assis devant eux avec les pieds croisés est le prince Alexandre de Grèce. Derrière, depuis la gauche, le prince Nicholas de Grèce, la princesse héritière Sophie, le prince héritier Constantin, le prince André ( père du duc d’ Edimbourg) et la future mariée, la princesse Marie.

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    L’année 1901 est une année douloureuse pour Sophie de Grèce puisque sa grand-mère la reine Victoria décède le 22 janvier et sa mère l’impératrice veuve Victoria décède à Friedrichshof. Ci-dessus, l’une des dernières photos avec sa mère et ses frères.

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    Mère stricte et exigente, elle mettait un point d’honneur à ce que tous ses enfants, se réunissent quotidiennement à 17 heures pour prendre le thé. Le prince Alexandre arrivé en retard, se fit sermonner malgré l’intervention de son père le prince héritier Constantin.

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    La princesse était habituée à se promener seule dans les rues d’Athènes et se rendait en visite dans des régions plus reculées et plus pauvres du pays. Après ses visites sur le terrain, elle décida de fonder un hospital pour enfants qui porte son nom et existe encore aujourd’hui. De nombreux petits Grecs eurent la chance de pouvoir bénéficier des soins dispensés dans cet établissement médical.

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    Sophie de Grèce est aussi à la base du projet de plantation d’arbres à Athènes et dans le reste du pays. A cette époque, la capitale et ses alentours ne possédaient aucune verdure.

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    Le 18 mars 1913, le roi George I est assassiné à Salonique. Son fils Constantin lui succède. Sophie devient reine de Grèce. L’avènement du prince héritier Constantin et de son épouse Sophie est très bien accueilli par les Grecs. Une prophétie disait que lorsque Constantin et Sophie (prénoms des derniers souverains de Constantinople avant la prise de la ville par les Turcs) règneraient, la ville redeviendrait chrétienne…

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     La Première Guerre Mondiale met la reine Sophie dans une position délicate. On lui reproche sa trop grande promiscuité avec son frère l’empereur d’Allemagne.

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    La nouvelle reine n’était pas en bons termes avec sa belle-mère la reine Olga. Elle lui demanda d’ailleurs de quitter le palais. La reine Olga retourna dans son pays natal la Russie avant de devoir s’exiler lors de la révolution russe. Sophie n’appréciait guère les dames de la haute société grecque. Elle avait d’autres affinités et souhaita même un temps faire anoblir certaines personnes mais cela ne se concrétisa pas.

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    La+Reine+acceuille+le+Roi+de+son+retour+

     

      En août 1913, la reine Sophie avec les princesses Hélène et Irène ainsi que le prince Paul accueillent le roi Constantin à son retour en vainqueur des guerres balkaniques.

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      Un violent incendie éclate en 1916 au domaine royal de Tatoi. La reine a juste le temps de sauver sa plus jeune fille Katherine des flammes. On évoquait déjà à l’époque l’hypothèse très probable d’un attentat. Jusqu’à son départ en exil, la reine Sophie s’est impliquée dans l’organisation des hôpitaux du pays, dont certains étaient dotés de matériel sanitaire à la pointe.

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      En 1917, le roi Constantin abdique pour lui et son fils aîné George. La famille royale part en exil en Suisse. Le deuxième fils de la reine Sophie monte sur le trône mais le roi Alexandre décède le 25 octobre 1920 des suites d’une morsure de singe. Il était marié depuis moins d’un an avec Aspasie Manos. Mariage morganatique dont naîtra la princesse Alexandra, future reine de Yougoslavie.

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      La reine Sophie avait une faiblesse de cœur pour son fils Alexandre. Alors qu’il était en visite à Paris et qu’elle était en exil, elle essaya de le revoir au cours de se séjour mais cela ne se concrétisa pas. Son grand malheur fut de ne pas pouvoir le revoir avant sa mort. La reine reporta toute sa tendresse sur la princesse Alexandra, fille de son défunt fils Alexandre. Dans ses mémoires la princesse Alexandra de Grèce, devenue plus tard reine de Yougoslavie écrivait « Je menais une vie merveille avec Amama (la reine Sophie) qui m’adorait et me gâtait outrageusement. De tous ses petits-enfants, j’étais la préférée. Amama était grande, mince et très élégante. Elle portait toujours le deuil du roi Constantin. Le noir, le mauve pâle ou le gris argent de ses habits de veuve lui seyaient particulièrement. »

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      Le roi Constantin et la reine Sophie rentrent alors en Grèce et règnent jusqu’à une nouvelle abdication en 1922.

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      Pendant ce nouvel et bref règne, les mariages des enfants de la reine Sophie et du roi Constantin se succèdent : leur fils aîné George qui règne de 1922 à 1925 épouse à Bucarest la princesse Elisabeth de Roumanie. Mariage sans descendance qui se soldera par un divorce. Sa fille aînée la princesse Hélène épouse le 10 mars 1921 le futur roi Carol de Roumanie. Mariage malheureux dont est issu le roi Michel de Roumanie.

      La reine Sophie n’était pas enthousiaste à l’idée du mariage de sa fille Hélène surnommée Sitta avec le prince héritier de Roumanie. Elle estimait que les futurs mariés avaient de trop grandes différences de caractère et avaient grandi avec une éducation fort distincte. La séparation d’avec sa fille était d’autant plus pénible, qu’elle s’était beaucoup appuyée sur elle après la mort de son fils le roi Alexandre. Lors de la cérémonie de mariage à Athènes, Sophie de Grèce constata la distance de certains membres du Gotha à son égard, attitude qui se répètera plus tard lors du nouvel exil.

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      Le professeur K.Louros écrit dans ses mémoires que pendant la maladie du roi Constantin, la reine restait jour et nuit a son chevet, essayant d’apaiser sa souffrance. Le roi ne la reconnaissait plus et dans ses délires demandait sa présence. Le médecin raconte que la souveraine avait alors fait place à une femme dévouée à son époux, aimante jusqu’au bout. Les souverains grecs donnaient l’image d’un couple uni mais il n’en fut pas toujours ainsi. Le roi Constantin entretint longtemps et ce jusqu’à son décès une relation que les Historiens qualifient toutefois de platonique et épistolaire avec la comtesse Paola d’Ostheim. On raconte que Sophie était allée se confier à son beau-père à propos des écarts de conduite de son époux. Le roi George lui conseilla de s’entretenir à ce sujet avec sa belle-mère la reine Olga… La reine Sophie perd son époux le roi Constantin qui décède le 11 janvier 1923 à Palerme en Sicile.

      En exil, Sophie de Grèce a habité la villa Spoletti à Florence. La porte de sa maison était, dit-on, toujours ouverte aux Grecs qui souhaitaient lui rendre visite. Un jour, une boîte avec l’inscription « A notre chère reine, deux Grecs » lui fut apportée. A l’intérieur se trouvait de la terre de Grèce. La reine expliqua alors « Ils me l’ont apporté comme cadeau de Noël. Je ne désire rien d’autre que cela… »

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      Ci-dessus, une photo rare où l’on peut distinguer la reine Sophie de Grèce qui se trouve à côté de la princesse Frederika de Hanovre (future épouse de son fils le prince Paul et future reine de Grèce). De gauche à droite, au premier rang, la princesse Katherine de Grèce , la princesse Frederika de Hanovre, la reine Sophie de Grèce, la princesse Victoria – Louise de Hanovre, née princesse de Prusse (mère de Frederika ), la princesse Margrete de Prusse (sœur « préférée » de la reine Sophie), les frères de la princesse Frederika. Au deuxième rang, de gauche à droite, la princesse Irène de Grèce (fille de la reine Sophie, future épouse du duc d’Aoste) , le prince George de Hanovre, le prince Paul de Grèce (futur époux de la princesse Frederika de Grèce) et Ernst-August III de Hanovre (père de la princesse Frederika)

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      Au cours de l’été 1931, la reine sombre progressivement dans une grande mélancolie. Elle reste prostrée durant des heures dans ses pensées silencieuses. Ses proches lui conseillent alors d’accomplir un voyage en Angleterre. Mais à son retour en octobre 1931, sa santé ne présente aucune amélioration. Elle commence même à ressentir de vives douleurs au niveau de l’estomac. Elle voyage jusqu’à Francfort pour se faire examiner par des spécialistes. Lors de l’opération qui lui est pratiquée, les médecins constatent un cancer très avancé. Ils annoncent à ses enfants que la reine va mourir dans quelques jours voire au maximum quelques semaines. Toutefois après cette intervention chirurgicale, elle ne se plaint plus de douleurs. 

      Avant son hospitalisation, elle avait écrit une lettre depuis son lieu d’exil : « Arrêtez les querelles intérieures. Notre patrie, ce beau pays, a besoin de se remettre des malheurs qu’ elle a traversés. Vous devez tous travailler avec toute votre force et avec prudence pour la prospérité de notre glorieuse mais si profondément traumatisée patrie. » Paroles toujours d’actualité 80 ans après sa mort… 

      Quelques instants avant de mourir, la reine Sophie de Grèce appelle ses enfants auprès d’elle. « Vous êtes tous près de moi ?.Non, il manque un.. Alexandre (NDLR : décédé en 1920). Où est Alexandre? » Elle le cherche du regard puis appelle son défunt époux.

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      Souffrant d’un cancer pendant plusieurs années, la reine Sophie de Grèce, née princesse de Prusse, sœur du dernier empereur d’Allemagne, mère de 3 rois successifs de Grèce, grand-mère du roi Constantin de Grèce, du roi Michel de Roumanie, de la reine Alexandra de Yougoslavie et de la reine Sophie d’Espagne, s’est éteinte le 13 janvier 1932 à Francfort. Elle n’a pas connu la dernière restauration de la monarchie avec le règne de son fils le roi George II de 1935 à 1947, auquel succèdera son autre fils Paul (père du roi Constantin, de la princesse Irène et de la reine Sophie d’Espagne).

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      La reine Sophie d’Espagne raconte dans ses entretiens avec la journaliste Pilar Urbano que lors de sa naissance en 1938, la foule présente près du domicile de ses parents à Athènes ayant appris que le bébé était une fille, se mit à crier le prénom de « Sophie » en référence à sa grand-mère maternelle, raison pour laquelle la petite princesse fut finalement baptisée ainsi.

      Une petite-fille de la reine Sophie de Grèce qui partage avec son aïeule d’étranges similitudes de vie : un père décédé des suites d’une longue maladie et elles ont toutes les deux perdu leur mère et grand-mère la même année à savoir la Victoria et l’impératrice Victoria d’Allemagne en 1901 pour la reine Sophie de Grèce et la princesse Victoria Luise de Hanovre et la reine Frederika de Grèce en 1981 pour la reine Sophie d’Espagne.

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      La dépouille de la reine Sophie de Grèce a été inhumée en 1936 sur le domaine de Tatoi auprès de celle de son époux. Ses dernières paroles n’avaient-elles pas été « Je pars mes enfants … Aimez la Grèce …. ». Un amour qui ne lui fut pourtant pas toujours réciproqué.

      (Un tout grand merci à Tepi pour son inestimable et si précieuse aide, ses recherches bibliographiques et d’archives ainsi que ses si nombreuses traductions –  Merci aussi à Vassilis Barkoulas por la photo de la tombe de la reine Sophie au domaine de Tatoi- Merci à Arthuro E.Beéche pour la photo de la reine Sophie avec la princesse Fredrika enfant -  Sources bibliographiques : « Sofia » d’Andreas Skandamis – « Pour l’amour de mon Roi » d’Alexandra de Yougoslavie – « Born to rule » de Julia P.Gelardi – « Les années passées « du Professeur Konstantin Louros – « Constantin I, roi des Héllènes » de Léon Maccas – « Mémoires par la Cour du roi George I » de Christini Kosti (dame d’honneur de la reine Olga de Grèce) – « Mémoires insolites » de Michel de Grèce)

      1932
      http://fr.be.opusdei.org/image/manhttn_2bctr_2b1.jpg
      Xavier Echevarria
       ecclésiastique espagnol, prélat de l'Opus Dei depuis 1994.
      (aussi connu sous la forme courte Javier Echevarría)
       
      Il est né à Madrid le 14 juin 1932.
      Docteur en droit civil et en droit canonique, il est membre de l'Opus Dei depuis 1948.
      Ordonné prêtre le 7 août 1955, il collabora étroitement avec Josémaria Escriva, qui en fit son secrétaire dès 1953 et jusqu'à sa mort, en 1975.
      Il est membre du Conseil Général de l'Opus Dei depuis 1966.
       

      En 1975, quand Alvaro del Portillo succède à saint Josémaria Escriva à la tête de l'Opus Dei, il est nommé secrétaire général, charge qu'Alvaro del Portillo avait assumée jusqu'alors. En 1982, après l'érection de l'Opus Dei en prélature personnelle, il en devient le vicaire général.

      Depuis 1981 il est consulteur de la Congrégation pour les causes des saints, et depuis 1995 consulteur de la Congrégation pour le clergé.

      Après son élection et sa nomination par Jean-Paul II comme prélat de l'Opus Dei le 20 avril 1994, le Pape l'a ordonné évêque le 6 janvier 1995 en la basilique Saint-Pierre de Rome.



      1932
      Blason de Henri Schwery
      Henri Schwery
      http://www.aciprensa.com/Cardenales/images/schwery.jpg
      cardinal suisse, évêque émérite de Sion.


      1933
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      Henri d'Orléans

       (Henri Philippe Pierre Marie d'Orléans)
       
      henri.3.d_orleans
      comte de Paris (19 juin 1999), duc de France (19 juin 1999), comte de Clermont (1957 - 19 juin 1999)

      Chevalier de la Légion d'honneur
      (décoré à l'Elysée par le Président de la République le 18 mai 2009)

      le 14 juin 1933 au Manoir d'Anjou, Woluwe-Saint-Pierre (Belgique)

      Parents

       
        témoins:


      Parrain et marraine

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      Published by Yann Sinclair - dans Carcassonne
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      10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 23:00

      LECTURE DU LIVRE DE L’EXODE  34, 4 ... 9

       

                  En ces jours-là,
      4          Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï
                  comme le SEIGNEUR le lui avait ordonné.
                  Il emportait les deux tables de pierre.
      5          Le SEIGNEUR descendit dans la nuée
                  et vint se placer là, auprès de Moïse.
                  Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR.
      6          Il passa devant Moïse et proclama :
                  « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR,
                  Dieu tendre et miséricordieux,
                  lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »
      8          Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna.
      9          Il dit :
                  « S’il est vrai, mon Seigneur, que j’ai trouvé grâce à tes yeux,
                  daigne marcher au milieu de nous.
                  Oui, c’est un peuple à la nuque raide ;
                  mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés,
                  et tu feras de nous ton héritage. »

      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

      Le texte que nous venons d’entendre est l’un des plus précieux de toute notre histoire ! Dieu lui-même parle de lui-même ! « Il proclama lui-même son nom », dit le texte. Et la réaction spontanée de Moïse qui se prosterne jusqu’à terre prouve qu’il a entendu là des paroles extraordinaires.

      Et que dit Dieu ? Il s’appelle « Le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité. » Ce nom « SEIGNEUR », c’est le fameux mot hébreu, en quatre lettres, YHVH, que nous ne savons pas prononcer, parce que, depuis des siècles, bien avant la naissance de Jésus, le peuple d’Israël s’interdisait de le dire, par respect. Ce nom-là, Dieu l’avait déjà proclamé devant Moïse dans le buisson ardent (Ex 3). En même temps qu’il lui révélait ce qui fut pour toujours, je crois, le socle de la foi d’Israël : « Oui, vraiment, disait Dieu, j’ai vu la souffrance de mon peuple en Égypte, je l’ai entendu crier sous les coups, je connais ses souffrances... Alors je suis descendu pour le délivrer... alors je t’envoie. » C’était déjà une découverte inouïe : Dieu voit, Dieu entend, Dieu connaît la souffrance des hommes. Il intervient en suscitant des énergies capables de combattre toutes les formes de malheur. Cela veut dire que nous ne sommes pas seuls dans les épreuves de nos vies, Dieu est à nos côtés, il nous aide à les affronter, à survivre. Dans la mémoire du peuple juif, ce fameux nom « SEIGNEUR » rappelle tout cela, cette douce pitié de Dieu, si j’ose dire.

      Et ce n’étaient pas seulement des paroles en l’air, puisque, effectivement, Dieu était intervenu, il avait suscité en Moïse l’énergie nécessaire pour libérer son peuple. Chaque année, aujourd’hui encore, lors de la fête de la Pâque, le peuple juif se souvient que Dieu est « passé » au milieu de lui pour le libérer.

      Avec le texte d’aujourd’hui, nous franchissons une nouvelle étape : Dieu éprouve pour nous non seulement de la pitié devant nos malheurs, mais de l’amour ! Il est « tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité. » Une chose est d’éprouver de la pitié pour quelqu’un au point de l’aider à se relever, autre chose est de l’aimer vraiment.

      Et ce n’est certainement pas un hasard si le texte d’aujourd’hui emploie le mot « passer » : Dieu « passe » devant Moïse pour révéler son nom de tendresse comme il est « passé » au milieu de son peuple dans la nuit de la Mer Rouge (Ex 12, 12) : c’est le même mot ; quand Dieu passe, c’est toujours pour libérer son peuple. Et ce deuxième « passage » de Dieu, cette deuxième libération, est encore plus important que le premier. Le pire de nos esclavages est bien celui de nos fausses idées sur Dieu.

      Or, vous avez entendu cette phrase du texte : « Il proclama lui-même son nom » ; cette phrase est notre garantie. Le Dieu d’amour auquel nous croyons, nous ne l’avons pas inventé, nous n’avons pas pris nos désirs pour des réalités. Vous connaissez la phrase de Voltaire « Dieu a fait l’homme à son image et l’homme le lui a bien rendu ». Eh bien non ! Nous n’avons pas inventé Dieu, c’est lui qui s’est révélé à nous et cela depuis Moïse ! Et à l’instant où elle a retenti dans l’humanité, cette révélation était vraiment l’inattendu. On ne s’y attendait tellement pas qu’il fallait bien que Dieu nous le dise lui-même

      La réponse de Moïse prouve qu’il a parfaitement compris ce que signifie l’expression « lent à la colère » et il en déduit : « Tu pardonneras nos fautes et nos péchés ». Et il sait que, sur ce point, Dieu aura fort à faire ! Car il a essuyé plus d’une fois les mécontentements de son peuple. Au point qu’un jour, il leur a dit : « Depuis le jour où vous êtes sortis d’Égypte, jusqu'à votre arrivée ici (c'est-à-dire aux portes de la Terre Promise), vous n'avez pas cessé d'être en révolte contre le SEIGNEUR. » (Dt 9, 7). Ici, il dit : « Oui, c'est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage. » Traduisez : nous sommes un peuple à la nuque raide, mais puisque tu es le Dieu tendre et miséricordieux, tu nous pardonneras toujours et nous, malgré tout, nous ferons notre petit possible pour répondre à ton amour.

      Je reviens sur cette expression « nuque raide » : dans une ci­vi­li­sa­tion es­sen­tiel­le­ment agri­co­le, ce qui était le cas en Is­raël au temps bibliques, le spec­ta­cle de deux ani­maux at­te­lés par un joug était ha­bi­tuel : nous sa­vons ce qu'est le joug : c'est une piè­ce de bois, très lour­de, très so­li­de, qui at­ta­che deux ani­maux pour la­bou­rer. Le joug pè­se sur leurs nu­ques et les deux ani­maux en vien­nent in­é­vi­ta­ble­ment à mar­cher du mê­me pas.

      Les au­teurs bi­bli­ques ont le sens des ima­ges : ils ont ap­pli­qué cet­te ima­ge du joug à l'Alliance en­tre Dieu et Is­raël. Pren­dre le joug était donc sy­no­ny­me de s'attacher à Dieu pour mar­cher à son pas. Mais voi­là, le peu­ple d'Israël se rai­dit sans ces­se sous ce joug de l'Alliance conclue avec Dieu au Si­naï. Au lieu de le consi­dé­rer com­me une fa­veur, il y voit un far­deau. Il se plaint des dif­fi­cul­tés de la vie au dé­sert, et fi­nit mê­me par trou­ver bien fa­de la man­ne quo­ti­dien­ne. Au point que Moïse a connu des jours de dé­cou­ra­ge­ment. Au lieu de se lais­ser en­traî­ner par la for­ce de Dieu, l'attelage de l'Alliance, en ef­fet, est per­pé­tuel­le­ment frei­né par les ré­ti­cen­ces de ce peu­ple à la nu­que rai­de.

      Dernière remarque : cette phrase « Le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité » est encore valable, évidemment. Et le mot « vérité » résonne dans toute l’histoire d’Israël comme le pilier le plus sûr de son espérance. C’est l’un des grands thèmes du Deutéronome, par exemple : « Le SEIGNEUR ton Dieu est un Dieu miséricordieux : il ne te délaissera pas, il ne te détruira pas, il n’oubliera pas l’Alliance jurée à tes pères. » (Dt 4, 31).

      J’en déduis une chose que, nous Chrétiens, ne devons jamais oublier : Israël est encore et toujours le peuple élu ; comme dit saint Paul : « Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Ro 11, 29)... « Si nous lui sommes infidèles, Lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Tim 2,13).

      CANTIQUE  DE  DANIEL 3, 52 - 56

       

      52    Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères :
              À toi, louange et gloire éternellement !
              Béni soit le Nom très saint de ta gloire :  
              À toi, louange et gloire éternellement !
      53    Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire :
              À toi, louange et gloire éternellement !
      54    Béni sois-tu sur le trône de ton règne :      
              À toi, louange et gloire éternellement !
      55    Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes :  
              À toi, louange et gloire éternellement !
              Toi qui sièges au-dessus des Keroubim1 :
              À toi, louange et gloire éternellement !
      56    Béni sois-tu au firmament, dans le ciel :  
              À toi, louange et gloire éternellement !
      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

               Pour présenter le livre de Daniel auquel a été emprunté ce cantique, je commence par prendre une comparaison :

               Dans les années 1980, au temps de la domination soviétique sur la Tchécoslovaquie, une jeune actrice tchèque a composé et joué de nombreuses fois dans son pays une pièce sur Jeanne d’Arc qu’elle avait intitulée « La nuit de Jeanne ». À vrai dire, l’histoire de Jeanne d’Arc chassant les Anglais hors de France cinq siècles plus tôt (au quinzième siècle) n’était pas le premier souci des Tchèques. Si donc le scénario tombait entre les mains de la police, ce n’était pas trop compromettant. Mais pour qui savait lire entre les lignes, le message était clair : ce que la jeune fille de dix-neuf ans a su faire en France avec l’aide de Dieu, nous le pouvons aussi. La surface du texte parlait des Français, des Anglais et de Jeanne au quinzième siècle, mais entre les lignes on savait fort bien qu’il s’agissait des Tchèques et des armées soviétiques au vingtième.

               Le livre de Daniel (écrit sous la domination grecque au deuxième siècle) est de cet ordre-là, un écrit de résistance composé pendant la terrible persécution du tyran grec Antiochus Épiphane au deuxième siècle : (pour encourager ses contemporains à tenir bon jusqu’au martyre,) son auteur est comme notre jeune actrice ; il raconte l’histoire d’un certain Daniel qui aurait vécu, lui aussi, plusieurs siècles plus tôt et dont la foi indomptable avait surmonté toutes les épreuves et les persécutions. La surface du livre parle de Babylone et du roi persécuteur Nabuchodonosor au sixième siècle, mais entre les lignes, tout le monde comprend qu’il s’agit du tyran grec Antiochus Épiphane au deuxième.

               L’un des épisodes rapportés par le livre de Daniel, donc, est le supplice infligé à trois jeunes gens qui ont refusé d’adorer une statue en or érigée par Nabuchodonosor : ils sont précipités dans une fournaise (pour être brûlés vifs). L’auteur force volontairement le trait, évidemment, et le supplice est ce qu’on fait de plus épouvantable ; la foi des trois jeunes gens et le miracle de leur survie n’en ressortent que mieux.

               « Nabuchodonosor ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’on avait coutume de la chauffer. Puis il ordonna à des hommes vigoureux de son armée de ligoter les trois jeunes gens (Shadrak, Méshak et Abed-Négo) pour les jeter dans la fournaise de feu ardent. Alors ces trois hommes furent ligotés avec leurs pantalons, leurs tuniques, leurs bonnets et leurs manteaux, et ils furent jetés au milieu de la fournaise de feu ardent ».

               Premier miracle, les voilà donc dans la fournaise surchauffée et ce n’est pas eux qu’elle brûle, mais leurs bourreaux. « Comme la parole du roi était rigoureuse et que la fournaise avait été extraordinairement surchauffée, ces hommes mêmes qui avaient hissé les trois jeunes gens, la flamme du feu les tua ».

                Deuxième miracle, tout ligotés qu’ils étaient, ils marchent au milieu des flammes en chantant la gloire de Dieu. Mais surtout, le grand miracle, c’est qu’ils font un véritable examen de conscience au nom de tout leur peuple et donnent un bel exemple d’humilité ; notre auteur suggère évidemment à ses lecteurs de s’y associer : « Bé­ni et loué sois-tu, Sei­gneur, Dieu de nos pè­res et que ton nom soit glo­ri­fié à ja­mais !... Car tu es jus­te en tout ce que tu as fait...Tu as exé­cu­té de jus­tes sen­ten­ces en tout ce que tu nous as in­fli­gé... Car nous avons péché et agi en impies jusqu’à nous séparer de toi, et nous avons failli en toutes choses ; nous n’avons pas observé tes commandements... Ne romps pas ton Al­lian­ce, et ne nous re­ti­re pas ta mis­é­ri­cor­de, à cau­se d'Abraham, ton ami, d'Isaac ton ser­vi­teur et d'Israël que tu as consacré, eux à qui tu par­las en dis­ant que tu mul­ti­plie­rais leur des­cendan­ce com­me les étoi­les du ciel et com­me le sa­ble qui est au bord de la mer... Agis envers nous selon ton indulgence et selon l’abondance de ta miséricorde ! Qu'ils soient confon­dus, tous ceux qui pro­jet­tent du mal contre tes ser­vi­teurs !... Qu'ils sa­chent que tu es l'unique Sei­gneur Dieu, glo­rieux sur tou­te la ter­re ! » (Dn 3, 26… 45).

      (Et la suite est spectaculaire) Vous connaissez la suite : plus on attise le feu, plus il y a de victimes parmi les bourreaux pendant que les trois martyrs se promènent au milieu d’une rosée rafraîchissante: alors, du milieu des flammes, s’élève le plus beau chant que l’humanité ait inventé et ce sont ses premiers versets que nous chantons pour la fête de la Trinité.

               « Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères » : c’est le rappel de l’Alliance conclue par Dieu avec Abraham, Isaac et Jacob (surnommé Israël) : le rappel des promesses de Dieu, mais aussi le rappel de l’Alliance vécue au quotidien pendant des siècles : la longue quête d’Abraham, Isaac et Jacob vers le pays et la descendance promise... la longue marche de l’Exode avec Moïse, le long apprentissage de ce peuple choisi pour témoigner au milieu du monde... Malheureusement,  au long de cette marche, on a souvent trébuché et l’expression « Dieu de nos pères » est plus encore le rappel des multiples pardons de Dieu, surmontant inlassablement les infidélités de son peuple.

               « Béni soit le nom très saint de ta gloire » : le nom de Dieu c’est Dieu lui-même, mais on a tellement de respect qu’on dit « le nom » pour ne pas dire « Dieu » ; « Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire » : ce verset est historiquement situé ! Il ne correspond pas au contexte supposé de l’Exil à Babylone : le temple avait alors été dévasté par les troupes de Nabuchodonosor, et là-bas, on n’aurait pas pu chanter cela ! En revanche, à Jérusalem, sous le roi grec Antiochus Épiphane, qui remplace le culte du vrai Dieu par son propre culte, il est très important de continuer à proclamer, fût-ce au péril de sa vie, que Dieu seul est Dieu et que le temple est sacré, car là réside la gloire de Dieu.

               Et d’ailleurs, les expressions « Le trône de ton règne » et « Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim » sont des allusions très concrètes à l’aménagement intérieur du temple : dans (la partie la plus retirée du temple), le « Saint des Saints », il y  avait l’arche d’Alliance qui était un coffret de bois ; et sur ce coffret deux statues de chérubins (les « kéroubim »). C’étaient deux animaux ailés (avec une tête d’homme et un corps et des pattes de lion) : leurs ailes déployées représentaient le trône de Dieu. Au-dessus des kéroubim, invisible, mais certaine, demeurait la présence de Dieu.

                Rappel des temps de certitude, où l’on savait d’évidence que Dieu était en permanence au milieu de son temple, ce qui voulait dire au milieu de son peuple. L’auteur du livre de Daniel déploie volontairement ce chant de victoire ; en bon prophète qu’il est, il sait de toute la force de sa foi que les puissances du mal peuvent bien se déchaîner, elles ne l’emporteront pas. Dans la tourmente que traversent tant de peuples aujourd’hui, ce message nous est tout autant nécessaire.

      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

      Note

      1 – Les « keroubim » (chérubins) : c’étaient deux animaux ailés à tête d’homme, qui étaient sculptés en bois d’olivier et disposés au-dessus de l’Arche d’Alliance.

      La phrase « Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi » nous vient du cantique des trois jeunes martyrs du livre de Daniel

      LECTURE DE LA DEUXIÈME LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS   13, 11 - 13

       

      11     Frères, soyez dans la joie,     
               cherchez la perfection,          
               encouragez-vous,       
               soyez d'accord entre vous,    
               vivez en paix, 
               et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous.
      12     Saluez-vous les uns les autres           
               par un baiser de paix.
               Tous les fidèles vous saluent.
      13     Que la grâce du Seigneur Jésus Christ,        
               l'amour de Dieu         
               et la communion du Saint-Esprit      
               soient avec vous tous.
      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

               Vous avez reconnu cette dernière phrase : « La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous ». C’est la première phrase du célébrant à la messe. Ce qui veut dire que saint Paul termine sa deuxième lettre aux Corinthiens par là où nous commençons nos liturgies. Et ce n’est pas un hasard si c’est le président de la célébration qui la dit, et personne d’autre. Car cette phrase, à elle seule, annonce tout le projet de Dieu, et le président de la célébration, ici, parle au nom de Dieu. Ce que Dieu propose à l’humanité, en quelques mots, c’est d’entrer dans son intimité, dans le foyer d’amour de la Trinité.

               La « grâce », « l’amour », la « communion », c’est la même chose ; le Père, le Fils, l’Esprit Saint, c’est la Trinité ; « La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint », c’est bien le foyer d’amour que constitue la Trinité.

               Je vous disais que c’est une proposition de Dieu : c’est le sens du subjonctif « soient avec vous ». La liturgie emploie souvent des subjonctifs : « Que Dieu vous pardonne », « Que Dieu vous bénisse »,  « Que Dieu vous protège et vous garde »,  « Le Seigneur soit avec vous » : on n’envisage évidemment pas une minute que Dieu pourrait ne pas nous pardonner, ne pas nous bénir, ne pas nous protéger et nous garder, ne pas être avec nous...

               Le sens de ce subjonctif n’est pas « pourvu que » : « Pourvu qu’Il veuille bien vous bénir, vous pardonner... » En Dieu, le pardon, le don, la bénédiction ne sont pas des gestes ponctuels qu’il doit décider, c’est son être même.

               Et pourtant un subjonctif, en français, signifie toujours un souhait. Seulement, ce souhait, c’est nous qu’il concerne. Ce subjonctif dit notre liberté : nous sommes toujours libres de ne pas entrer dans la bénédiction et le pardon de Dieu. On dit souvent « l’homme propose, Dieu dispose »... En réalité, c’est tout le contraire. Dieu nous propose en permanence son dessein bienveillant, son Alliance, mais nous, nous restons libres de ne pas entrer dans ce projet.

               Encore un mot sur cette expression trinitaire de Paul : les expressions qui parlent aussi clairement des trois personnes divines sont complètement absentes dans l’Ancien Testament et très rares dans le Nouveau. Une fois de plus on voit les progrès de la Révélation qui atteint son sommet avec Jésus-Christ.

               C’est cette révélation du mystère d’amour qui est en Dieu qui inspire les recommandations de Paul. Frères, soyez dans la joie... » : quand l’Ancien Testament parle de joie, il s’agit toujours du sentiment très fort que suscite toute expérience de libération ; on pourrait presque remplacer le mot « joie » par « exultation de la libération » ; Isaïe, par exemple, annonçant la fin d’une guerre, proclame « Ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit à la moisson... car le joug qui pesait sur lui (le peuple), le bâton sur son épaule, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés ... » (Is 9, 2).

               Plus tard, c’est le retour d’exil que le prophète annonce comme une grande joie : « Ils reviendront, ceux que le Seigneur a rachetés, ils arriveront à Sion avec des cris de joie. Sur leurs visages une joie sans limite ! Allégresse et joie viendront à leur rencontre, tristesse et plainte s’enfuiront. » (Is 35, 10).

               Et ces expériences de libération ne sont qu’une pâle image de la libération définitive promise à l’humanité. « Voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle ; ainsi le passé ne sera plus rappelé, il ne remontera plus jusqu’au secret du cœur. Au contraire, c’est un enthousiasme et une exultation perpétuels que je vais créer. » (Is 65, 17 - 18).

               Signe d’une vie qui s’épanouit, la joie était considérée dans l’Ancien Testament comme la caractéristique du temps du salut et de la paix qui s’instaurera à la fin des temps. Quand Jésus parle de joie à ses apôtres, c’est à ce niveau-là qu’il se place et il en donne la raison : « Prenez courage, j’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33). C’est ce qui lui permet de dire : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11) et encore : « Vous êtes maintenant dans l’affliction, mais je vous verrai à nouveau, votre cœur alors se réjouira, et cette joie, nul ne vous la ravira. » (Jn 16, 22).

               La deuxième recommandation de Paul, c’est : « Soyez d’accord entre vous » ; et on est frappés de son insistance sur la paix : « Vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. » On a là un écho de la prière de Jésus pour ses apôtres dans l’évangile de Jean « Qu’ils soient UN pour que le monde croie » ; Paul le dit à sa manière dans la lettre aux Romains : « Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’être bien d’accord entre vous, comme le veut Jésus-Christ, afin que d’un même cœur et d’une seule voix, vous rendiez gloire à Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ. » (Rm 15, 5).

                Ailleurs, dans la lettre aux Éphé­siens, il dit : « Je vous y ex­hor­te donc dans le Sei­gneur... ac­cor­dez vo­tre vie à l'appel que vous avez re­çu. Il y a un seul corps et un seul Es­prit, de mê­me que vo­tre vo­ca­tion vous a ap­pe­lés à une seu­le es­pé­ran­ce ; un seul Sei­gneur, une seu­le foi, un seul bap­tê­me ; un seul Dieu et Pè­re de tous, qui rè­gne sur tous, agit par tous et demeu­re en tous » (Eph 4, 1... 6).

               Cet accord se manifeste liturgiquement dans le baiser de paix ; car la formule « Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix » que l’on retrouve plusieurs fois dans des lettres de Paul vise ce geste liturgique qui existait déjà de son temps ; vers 150, saint Justin racontait : « Quand les prières sont terminées, nous nous donnons un baiser les uns aux autres. » Nous avons heureusement retrouvé ce geste très symbolique depuis le concile Vatican II.

               Et voilà ce que disait un Évêque de Rome, saint Hippolyte, vers 215 : « Que l’évêque salue l’assemblée en disant :  Que la paix du Christ soit avec vous tous. Et que tout le peuple réponde : Et avec ton esprit. Que le diacre dise à tous : Saluez-vous dans un saint baiser et que les clercs embrassent l’évêque, les laïcs hommes (embrassent) les laïcs hommes et les femmes  (embrassent) les femmes ».

      ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN   3, 16 - 18

       

      16        Dieu a tellement aimé le monde
                  qu’il a donné son Fils unique,
                  afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
                  mais obtienne la vie éternelle.
      17        Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
                  non pas pour juger le monde,
                  mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
      18        Celui qui croit en lui échappe au Jugement ;
                  celui qui ne croit pas est déjà jugé,
                  du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

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               « Dieu a tellement aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique » ; c’est le grand passage de l’Ancien Testament au Nouveau Testament qui est dit là. Dieu aime le monde, c’est-à-dire l’humanité : on le savait déjà dans l’Ancien Testament ; c’était même la grande découverte du peuple d’Israël. La grande nouveauté du Nouveau Testament, c’est le don du Fils pour le salut de tous les hommes.

      « Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » Si je comprends bien, il suffit de croire en lui pour être sauvé. Voilà la grande nouvelle de l’évangile, et de celui de Jean en particulier ; voici ce qu’il dit dans le Prologue : « Mais à ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » (Jn 1, 12). Et encore un peu plus loin au chapitre 3, Jean rapporte cette parole de Jésus : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jn 3, 36 // 6, 47 )

                  Et quand il dit « vie éternelle », Jésus évoque autre chose que la vie biologique, bien sûr, il parle de cette autre dimension de la vie qu’est la vie de l’Esprit en nous, celle qui nous a été insufflée au jour de notre Baptême. (Jn 5, 24 ; 11, 26) ; pour lui, c’est cela le salut. Être sauvé, au sens biblique, c’est vivre en paix avec soi et avec les autres, c’est vivre en frères des hommes et en fils de Dieu. Pour cela, il suffit, nous dit Jésus, de nous tourner vers lui. Pour pouvoir être en permanence inspiré par son Esprit qui nous souffle des comportements de frères et de fils.

      Pour parler à la manière de la Bible, on dira : « Il suffit de lever les yeux vers Jésus pour être sauvé. » C’est une nouvelle extraordinaire, si on veut bien la prendre au sérieux ! Il nous suffit de nous tourner vers lui, et d’accepter de le laisser transformer nos cœurs de pierre en cœurs de chair.

      Pourquoi ? Parce que sur le visage du crucifié, qui donne sa vie librement, l’humanité découvre enfin le vrai visage du Dieu de tendresse et de pardon, à l’opposé du Dieu dominateur et vengeur que nous imaginons parfois malgré nous. « Qui m’a vu a vu le Père » dit Jésus à ses disciples dans le même évangile de Jean (Jn 14, 9).

      La seule chose qui nous est demandée, c’est de croire en Dieu qui sauve pour être sauvés, de croire en Dieu qui libère pour être libérés. Il nous suffit de lever vers Jésus un regard de foi pour être sauvés. C’est ce regard de foi, et lui seul, qui permet à Jésus de nous sauver. Et là, on ne peut pas ne pas penser à toutes les fois dans les évangiles où Jésus relève quelqu’un en lui disant « Ta foi t’a sauvé ».1

      Cette annonce de Jésus, dans son entretien avec Nicodème, Jean la médite au pied de la Croix. C’est là que lui revient en mémoire une prophétie de Zacharie qui annonçait le salut et la conversion de Jérusalem à la suite de la mort d’un homme aimé comme un « fils unique » : Dieu dit « Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors ils lèveront les yeux vers moi, celui qu’ils ont transpercé... Ils pleureront sur lui comme sur un fils unique... Ce jour-là une source jaillira pour  la maison de David et les habitants de Jérusalem en remède au péché et à la souillure. » (Za 12, 10).

      Je pense que, pour saint Jean, cette prophétie de Zacharie est une lumière très importante ; quand il médite sur le mystère du salut accompli par Jésus-Christ, c’est à elle qu’il se réfère. On la retrouve dans l’Apocalypse : « Voici, il vient au milieu des nuées, et tout œil le verra, et ceux mêmes  qui l’ont percé ; toutes les tribus de la terre seront en deuil à cause de lui. »  (Ap 1, 7).

      Et, du coup, nous comprenons mieux l’expression « fils unique » : « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique ». Déjà, au tout début de l’évangile, Jean en avait parlé : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père ». (Jn 1,14). Il est l’unique parce qu’il est la plénitude de la grâce et de la vérité ; il est l’unique, aussi, au sens de Zacharie, parce qu’il est l’unique source de vie éternelle ; il suffit de lever les yeux vers lui pour être sauvé ; il est l’unique, enfin, parce que c’est lui qui prend la tête de l’humanité nouvelle. Là encore je retrouve Paul : le projet de Dieu c’est que l’humanité tout entière soit réunie en Jésus et vive de sa vie qui est l’entrée dans la communion d’amour de la Trinité. C’est cela qu’il appelle le salut, ou la vie éternelle ; c’est-à-dire la vraie vie ; non pas une vie après la vie, mais une autre dimension de la vie, dès ici-bas. Ailleurs saint Jean le dit bien : « La vie éternelle, c’est connaître Dieu et son envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3) ; et connaître Dieu, c’est savoir qu’Il est  miséricorde.

      Et c’est cela le sens de l’expression « échapper au jugement », c’est-à-dire à la séparation : il nous suffit de croire à la miséricorde de Dieu pour y entrer. Je prends un exemple : si j’ai blessé quelqu’un, et que je crois qu’il peut me pardonner, je vais me précipiter dans ses bras et nous pourrons nous réconcilier ; mais si je ne crois pas qu’il puisse me pardonner, je vais rester avec le poids de mon remords ; comme dit le psaume 51/50 : « ma faute est devant moi sans relâche » ; c’est devant moi qu’elle est sans relâche ; mais il nous suffit de sortir de nous-mêmes et de croire au pardon de Dieu pour être pardonnés.

                Il nous suffit donc de croire pour être sauvés mais nous ne serons pas sauvés malgré nous ; nous restons libres de ne pas croire, mais alors nous nous condamnons nous-mêmes : « Celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. » Mais « Celui qui croit en lui échappe au jugement » ; c’est bien ce qu’a fait le bon larron : sa vie n’avait rien d’exemplaire mais il a levé les yeux sur celui que les hommes ont transpercé ; et en réponse, il a entendu la phrase que nous rêvons tous d’entendre « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le Paradis ».

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      Note

      1 - Le mot « croire », Chouraqui le traduit par « adhérer » : il ne s’agit donc pas d’une opinion ; croire, chez Jean, a un sens très fort ; adhérer à Jésus, c’est être greffé sur lui, inséparable de lui. Ce n’est pas un hasard si c’est le même Jean qui évoque l’image de la vigne et des sarments. Saint Paul, lui, emploie l’image de la tête et des membres.

      Complément 

      - Une fois de plus, Paul est très proche de Jean : « Si, de ta bouche, tu confesses que Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. » (Romains 10, 9).

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      9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 23:00

      10 juin-10 août

      • César, chez les Lingons, attend le renfort de cavaliers germains (probablement des Ubiens)
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      3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 23:00

      PREMIÈRE LECTURE Actes des Apôtres  2, 1-11

       

      1          Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques,
                  ils se trouvaient réunis tous ensemble.
      2             Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : 
                  la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.
      3             Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu,
                  qui se partageaient,   
                  et il s’en posa une sur chacun d'eux.
      4             Tous furent remplis d'Esprit Saint :  
                  ils se mirent à parler en d'autres langues,
                  et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
      5             Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux,       
                  venant de toutes les nations sous le ciel.
      6             Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait,
                  ils se rassemblèrent en foule.
                  Ils étaient en pleine confusion          
                  parce que chacun d'eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient.
      7             Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient :        
                  « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?
      8          Comment se fait-il que chacun de nous les entende
                  dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?
      9             Parthes, Mèdes et Élamites,  
                  habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce,      
                  de la province du Pont et de celle d'Asie,
      10        de la Phrygie et de la Pamphylie,     
                  de l'Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène,
                  Romains de passage,
      11        Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes,   
                  tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »
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                   Première chose à retenir de ce texte : Jérusalem est la ville du don de l’Esprit ! Elle n’est pas seulement la ville où Jésus a institué l’Eucharistie, la ville où il est ressuscité, elle est aussi la ville où l’Esprit a été répandu sur l’humanité.

                    À l’époque du Christ, la Pentecôte juive était très importante : c’était la fête du don de la Loi, l’une des trois fêtes de l’année pour lesquelles on se rendait à Jérusalem en pèlerinage. L’énumération de toutes les nationalités réunies à Jérusalem pour cette occasion en est la preuve : « Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène... Crétois et Arabes ».

                   La ville de Jérusalem grouillait donc de monde venu de partout, des milliers de Juifs pieux venus parfois de très loin : c’était l’année de la mort de Jésus, mais qui d’entre eux le savait ? J’ai dit intentionnellement « la mort » de Jésus, sans parler de sa Résurrection ; car celle-ci pour l’instant est restée confidentielle. Ces gens venus de partout n’ont probablement jamais entendu parler d’un certain Jésus de Nazareth. Cette année-là est comme toutes les autres, cette fête de Pentecôte sera comme toutes les autres. Mais déjà, ce n’est pas rien ! On vient à Jérusalem dans la ferveur, la foi, l’enthousiasme d’un pèlerinage pour renouveler l’Alliance avec Dieu.

                   Pour les disciples, bien sûr, cette fête de Pentecôte, cinquante jours après la Pâque de Jésus, celui qu’ils ont vu entendu, touché... après sa Résurrection... cette Pentecôte ne ressemble à aucune autre ; pour eux plus rien n’est comme avant... Ce qui ne veut pas dire qu’ils s’attendent à ce qui va se passer !

                   Pour bien nous faire comprendre ce qui se passe, Luc nous le raconte ici, dans des termes qu’il a de toute évidence choisis très soigneusement pour évoquer au moins trois textes de l’Ancien Testament : ces trois textes, ce sont premièrement le don de la Loi au Sinaï ; deuxièmement une parole du prophète Joël ; troisièmement l’épisode de la tour de Babel.

                   Commençons par le Sinaï : les langues de feu de la Pentecôte, le bruit « pareil à celui d’un violent coup de vent » suggèrent que nous sommes ici dans la ligne de ce qui s’était passé au Sinaï, quand Dieu avait donné les tables de la Loi à Moïse ; on trouve cela au livre de l’Exode : « Le troisième jour, quand vint le matin, il y eut des voix, des éclairs, une nuée pesant sur la montagne et la voix d’un cor très puissant ; dans le camp, tout le peuple trembla. Moïse fit sortir le peuple à la rencontre de Dieu hors du camp, et ils se tinrent tout en bas de la montagne. La montagne du Sinaï n’était que fumée, parce que le SEIGNEUR y était descendu dans le feu ; sa fumée monta comme le feu d’une fournaise, et toute la montagne trembla violemment ... Moïse parlait et Dieu lui répondait par la voix du tonnerre ». (Ex 19, 16-19).

      (Et on racontait que lorsque Dieu avait donné la loi, il y avait des lampes de feu qui traversaient l’espace.)

                    En s’inscrivant dans la ligne de l’événement du Sinaï, saint Luc veut nous faire comprendre que cette Pentecôte, cette année-là, est beaucoup plus qu’un pèlerinage traditionnel : c’est un nouveau Sinaï. Comme Dieu avait donné sa Loi à son peuple pour lui enseigner à vivre dans l’Alliance, désormais Dieu donne son propre Esprit à son peuple... Désormais la Loi de Dieu (qui est le seul moyen de vivre vraiment libres et heureux, il ne faut pas l’oublier) désormais cette Loi de Dieu est écrite non plus sur des tables de pierre mais sur des tables de chair, sur le cœur de l’homme, pour reprendre une image d’Ézéchiel.2

                    Deuxièmement, Luc a très certainement voulu évoquer une parole du prophète Joël : « Je répandrai mon esprit sur toute chair », dit Dieu (Jl 3, 1 ; « toute chair » c’est-à-dire tout être humain). Aux yeux de Luc, ces « Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel » comme il les appelle, symbolisent l’humanité entière pour laquelle s’accomplit enfin la prophétie de Joël. Cela veut dire que le fameux « Jour de Dieu » tant attendu est arrivé !

                    Troisièmement, l’épisode de Babel : vous vous souvenez de l’histoire de Babel : en la simplifiant beaucoup, on peut la raconter comme une pièce en deux actes : Acte 1, tous les hommes parlaient la même langue : ils avaient le même langage et les mêmes mots. Ils décident d’entreprendre une grande œuvre qui mobilisera toutes leurs énergies : la construction d’une tour immense... Acte 2, Dieu intervient pour mettre le holà : il les disperse à la surface de la terre et brouille leurs langues. Désormais les hommes ne se comprendront plus... Nous nous demandons souvent ce qu’il faut en conclure ?... Si on veut bien ne pas faire de procès d’intention à Dieu, impossible d’imaginer qu’il ait agi pour autre chose que pour notre bonheur... Donc, si Dieu intervient, c’est pour épargner à l’humanité une fausse piste : la piste de la pensée unique, du projet unique ; quelque chose comme « mes petits enfants, vous recherchez l’unité, c’est bien ; mais ne vous trompez pas de chemin : l’unité n’est pas dans l’uniformité ! La véritable unité de l’amour ne peut se trouver que dans la diversité ».

                    Le récit de la Pentecôte chez Luc s’inscrit bien dans la ligne de Babel : à Babel, l’humanité apprend la diversité, à la Pentecôte, elle apprend l’unité dans la diversité : désormais toutes les nations qui sont sous le ciel entendent proclamer dans leurs diverses langues l’unique message : les merveilles de Dieu

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      Note

      1 - La première lecture et le psaume sont communs aux fêtes de la Pentecôte des trois années liturgiques. En revanche, la deuxième lecture et l’évangile sont différents chaque année.

      2 - « Je vous donnerai un cœur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; j’enlèverai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon propre esprit, je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes coutumes...vous serez mon peuple et je serai votre Dieu ». (Ez 36, 26…28).

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      Note

      1 - La première lecture et le psaume sont communs aux fêtes de la Pentecôte des trois années liturgiques. En revanche, la deuxième lecture et l’évangile sont différents chaque année.

      2 - « Je vous donnerai un cœur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; j’enlèverai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon propre esprit, je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes coutumes...vous serez mon peuple et je serai votre Dieu ». (Ez 36, 26…28).

      PSAUME 103 (104), 1.24, 29-30, 31.34

       

      1          Bénis le SEIGNEUR, ô mon âme ;  
                  SEIGNEUR mon Dieu, tu es si grand !       
      24        Quelle profusion dans tes œuvres, SEIGNEUR !   
                  La terre s'emplit de tes biens.

      29        Tu reprends leur souffle, ils expirent            
                  et retournent à leur poussière.           
      30        Tu envoies ton souffle ; ils sont créés ;         
                  tu renouvelles la face de la terre.

      31        Gloire au SEIGNEUR à tout jamais !          
                  Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !          
      34        Que mon poème lui soit agréable ;    
                  moi, je me réjouis dans le SEIGNEUR.

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                         Il faudrait pouvoir lire ce psaume en entier ! Trente-six versets de louange pure, d’émerveillement devant les œuvres de Dieu  J’ai dit des « versets », parce que c’est le mot habituel pour les psaumes, mais j’aurais dû dire  trente-six  « vers » car il s’agit en réalité d’un poème superbe.

                    On n’est pas surpris qu’il nous soit proposé pour la fête de la Pentecôte puisque Luc, dans le livre des Actes, nous raconte que le matin de la Pentecôte, les Apôtres, remplis de l’Esprit-Saint se sont mis à proclamer dans toutes les langues les merveilles de Dieu.

                    Vous me direz : pour s’émerveiller devant la Création, il n’y a pas besoin d’avoir la foi ! C’est vrai, et on trouve certainement dans toutes les civilisations des poèmes magnifiques sur les beautés de la nature. En particulier on a retrouvé en Égypte sur le tombeau d’un Pharaon un poème écrit par le célèbre Pharaon Akh-en-Aton (Aménophis IV) : il s’agit d’une hymne au Dieu-Soleil : Aménophis IV a vécu vers 1350 av. J.-C. , à une époque où les Hébreux étaient probablement en Égypte ; ils ont peut-être connu ce poème.

                    Entre le poème du Pharaon et le psaume 103/104 il y a des similitudes de style et de vocabulaire, c’est évident : le langage de l’émerveillement est le même sous toutes les latitudes ! Mais ce qui est très intéressant, ce sont les différences : elles sont la trace de la Révélation qui a été faite au peuple de l’Alliance.

                    La première différence, et elle est essentielle pour la foi d’Israël, Dieu seul est Dieu ; il n’y a pas d’autre Dieu que lui ; et donc le soleil n’est pas un dieu ! Nous avons déjà eu l’occasion de le remarquer au sujet du récit de la Création dans la Genèse : la Bible prend grand soin de remettre le soleil et la lune à leurs places, ils ne sont pas des dieux, ils sont uniquement des luminaires, c’est tout. Et ils sont des créatures, eux aussi : un des versets du psaume le dit clairement « Toi, Dieu, tu fis la lune qui marque les temps et le soleil qui connaît l’heure de son coucher ». Je ne vais pas en parler longtemps car il s’agit de versets qui n’ont pas été retenus pour la fête de la Pentecôte, mais plusieurs versets présentent bien Dieu comme le seul maître de la Création ; le poète emploie pour lui tout un vocabulaire royal : Dieu est présenté comme un roi magnifique, majestueux et victorieux. Par exemple, le mot « grand » que nous avons entendu est un mot employé pour dire la victoire du roi à la guerre. Manière bien humaine, évidemment, pour dire la maîtrise de Dieu sur tous les éléments du ciel, de la terre et de la mer.

                    Deuxième particularité de la Bible : la Création n’est que bonne ; on a là un écho de ce fameux poème de la Genèse qui répète inlassablement comme un refrain « Et Dieu vit que cela était bon ! »... Le psaume 103/104 évoque tous les éléments de la Création, avec le même émerveillement : « Moi, je me réjouis dans le SEIGNEUR » et le psalmiste ajoute (un verset que nous n’entendons pas ce dimanche) : « Je veux chanter au SEIGNEUR tant que je vis, jouer pour mon Dieu tant que je dure... »

                    Pour autant le mal n’est pas ignoré : la fin du psaume l’évoque clairement et souhaite sa disparition : mais les hommes de l’Ancien Testament avaient compris que le mal n’est pas l’œuvre de Dieu, puisque la Création tout entière est bonne. Et on sait qu’un jour Dieu fera disparaître tout mal de la terre : le roi victorieux des éléments vaincra finalement tout ce qui entrave le bonheur de l’homme.

                    Troisième particularité de la foi d’Israël : la Création n’est pas un acte du passé : comme si Dieu avait lancé la terre et les humains dans l’espace, une fois pour toutes. Elle est une relation persistante entre le Créateur et ses créatures ; quand nous disons dans le Credo « Je crois en Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terre », nous n’affirmons pas seulement notre foi en un acte initial de Dieu, mais nous nous reconnaissons en relation de dépendance à son égard : le psaume ici dit très bien la permanence de l’action de Dieu : « Tous comptent sur toi... Tu caches ton visage, ils s’épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle, ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre ».

                    Autre particularité, encore, de la foi d’Israël, autre marque de la révélation faite à ce peuple : au sommet de la Création, il y a l’homme ; créé pour être  le roi de la Création, il est rempli du souffle même de Dieu ; il fallait bien une révélation pour que l’humanité ose penser une chose pareille ! Et c’est bien ce que nous célébrons à la Pentecôte : cet Esprit de Dieu qui est en nous vibre en sa présence : il entre en résonance avec lui. Et c’est pour cela que le psalmiste peut dire : « Que Dieu  se réjouisse en ses œuvres ! ... Moi, je me réjouis dans le SEIGNEUR ».

                    Enfin, et c’est très important : on sait bien qu’en Israël toute réflexion sur la Création s’inscrit dans la perspective de l’Alliance : Israël a d’abord expérimenté l’œuvre de libération de Dieu et seulement ensuite a médité la Création à la lumière de cette expérience. Dans ce psaume précis, on en a des traces :

                    D’abord le nom de Dieu employé ici est le fameux nom en quatre lettres, YHVH, que nous traduisons SEIGNEUR, qui est la révélation précisément du Dieu de l’Alliance.

                    Ensuite, vous avez entendu tout à l’heure l’expression « SEIGNEUR mon Dieu, tu es si grand ! »  L’expression « mon Dieu » avec le possessif est toujours un rappel de l’Alliance puisque le projet de Dieu dans cette Alliance était précisément dit dans la formule « Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu ». Cette promesse-là, c’est dans le don de l’Esprit « à toute chair », comme dit le prophète Joël qu’elle s’accomplit. Désormais, tout homme est invité à recevoir le don de l’Esprit pour devenir vraiment fils de Dieu.

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      Note

      1 - La première lecture et le psaume sont communs aux fêtes de la Pentecôte des trois années liturgiques. En revanche, la deuxième lecture et l’évangile sont différents chaque année.

      DEUXIÈME LECTURE - Première lettre de Paul aux Corinthiens  12, 3b-7. 12-13

       

                  Frères,
      3          personne n’est capable de dire :
                  « Jésus est Seigneur »
                  sinon dans l’Esprit Saint.
      4          Les dons de la grâce sont variés,
                  mais c’est le même Esprit.
       5         Les services sont variés,
                  mais c’est le même Seigneur.
      6          Les activités sont variées,
                  mais c’est le même Dieu
                  qui agit en tout et en tous.
      7          À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit
                  en vue du bien.
      12        Prenons une comparaison :
                  le corps ne fait qu’un,
                  il a pourtant plusieurs membres ;
                  et tous les membres, malgré leur nombre,
                  ne forment qu’un seul corps.
                  Il en est ainsi pour le Christ.
      13        C’est dans un unique Esprit, en effet,
                  que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres,
                  nous avons été baptisés pour former un seul corps.
                  Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.
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                    Paul nous donne ici une définition de l’Église : c’est le lieu où « chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien. » Voilà pourquoi nous sommes faits : manifester l’Esprit Saint, et non pas pour notre propre fierté, mais en vue du bien de tous. Et c’est un don gratuit qui est fait à chacun d’entre nous.

                    Comme tous les membres d’un même corps sont au service de ce corps, sans que personne ne se demande lequel est le plus utile, de la main ou du pied, de l’oreille ou de l’oeil, de même nous sommes tous indispensables à ce grand corps du Christ qui est en train de se former. Pour l’instant, l’œuvre définitive ressemble plutôt à une immense mosaïque dont les pièces sont encore éparpillées, mais c’est justement l’Esprit qui fait l’unité et la cohésion de l’ensemble, et qui relie entre elles les multiples pièces répandues à la surface du globe.

                    Si, partout dans le monde, des communautés vivent à la manière dont parle saint Paul, alors cela fera tache d’huile et la mosaïque s’assemblera peu à peu. Car la vie des communautés chrétiennes à la manière de saint Paul est pour le moins révolutionnaire : d’un trait de plume, il barre toute considération de hiérarchie ou de supériorité !!! Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, toutes nos distinctions bien humaines, tout cela ne compte plus : désormais une seule chose compte : notre Baptême dans l’unique Esprit, notre participation à ce corps unique, le corps du Christ. Les vues humaines ne sont plus de mise : finies les considérations de supériorité ou d’infériorité... Tout racisme est désormais impossible.

                    Paul avait certainement de bonnes raisons de le rappeler à ses chrétiens d’origines si diverses : « Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres »... dit-il. Juifs ou païens, ce sont tous les problèmes de diversités de sensibilités religieuses, sans parler de la difficulté des croyants de longue date à accepter les nouveaux venus. Mettre Juifs et païens sur le même plan au niveau religieux, quand on sait le poids que pouvait revêtir l’élection d’Israël aux yeux de Paul, c’était quand même bien audacieux ! Esclaves ou hommes libres, ce sont les diversités sociales, peut-être même raciales, certainement des clivages politiques et inévitablement pour certains des sentiments de supériorité.

                    Bien sûr, les problèmes de la communauté de Corinthe n’étaient pas tout à fait les nôtres... Mais sommes-nous tellement loin de cela ? Si elles ne portent plus les mêmes noms, nos diversités de toute sorte sont bien à l’origine de nombreuses difficultés dans nos communautés. Pour certains d’entre nous, s’ajoute peut-être la difficulté de vivre sereinement et de trouver chacun notre juste place dans la structure qui s’est instaurée en vingt siècles de vie d’Eglise. 

                    Et le premier message de Paul, aujourd’hui, c’est que l’Église du Christ a précisément pour vocation d’être ce lieu où l’on apprend à ne plus penser en termes de supériorité, de hiérarchie, d’avancement, d’honneur... Le lieu où une nomination n’est pas un avancement ou une rétrogradation... Le lieu où une ordination ne confère pas une supériorité... Car les vues de Dieu sont tout autres : « Vous le savez, disait Jésus à ses apôtres, les chefs des nations les tiennent sous leur pouvoir et les grands sous leur domination. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous. » (Mt 20, 25-26).

                    Si on devait dessiner l’Église, ce ne serait pas une pyramide, mais une foule serrée autour de Quelqu’un. (Et au mot « Quelqu’un », j’ai mis une majuscule bien sûr). Saint Paul aussi dessine, mais lui il dessine tout simplement un corps humain : tous les baptisés, petits ou grands, nous en sommes les membres. Et ceux, parmi nous, qui sont ordonnés, ont justement ce rôle d’être le signe visible de la présence invisible du Christ dans son corps. Cela ne leur confère pas une supériorité, mais une mission.

                    Nous ne sommes pas tous pareils pour autant : l’âge et le curriculum vitae ont quand même leur importance... mais pas celle qu’on croit. Et voilà le deuxième message de Paul : nos diversités sont des cadeaux ; ce n’est pas un hasard si il emploie plusieurs fois le mot « don » : « Les dons de la grâce sont variés »... « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous ». Cela aussi, c’est un peu le monde à l’envers, parce que, bien souvent, ce sont nos diversités qui nous font souffrir ; on en sait quelque chose en liturgie ; Paul, au contraire, nous invite à nous en réjouir : nos diversités sont des richesses ! Et, paradoxalement, ce sont elles qui bâtiront notre unité. C’est l’un des grands messages de la Pentecôte, nous l’avons vu, en particulier, avec le récit des Actes des Apôtres où toutes les langues diverses s’unissent pour chanter le même chant, les merveilles de Dieu. L’Église est aussi ce lieu où l’on peut surmonter les différences de sensibilité et apprendre à vivre la réconciliation. Car l’Esprit qui nous est donné à la Pentecôte est l’Esprit d’amour, donc de pardon et de réconciliation. C’est même justement notre capacité de réconciliation et de respect mutuel qui est la marque de l’Esprit. Voilà le témoignage que le monde attend de nous. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples » disait Jésus le dernier soir (Jn 13, 35).

                    Décidément, si nous avions à imaginer un dessin représentant l’Église, on pourrait dessiner une mosaïque : (chaque pièce compte et il ne faut surtout pas des pièces trop grandes !) plus les pièces (ce qu’on appelle les tesselles) sont petites, variées, colorées, plus la mosaïque sera belle et nuancée !

                    L’unité dans la diversité, c’est un beau pari : mais nous ne pouvons le gagner que parce que l’Esprit nous est donné : l’Esprit d’Amour, l’Amour qui unit le Père et le Fils. C’était déjà la leçon de Babel : l'unité n'est pas dans l'uniformité ! La véritable unité de l'amour ne peut se trouver que dans la diversité.

      ÉVANGILE Jean  20, 19-23

       

                  C’était après la mort de Jésus :
      19        le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
                  alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
                  étaient verrouillées par crainte des Juifs,
                  Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
                  Il leur dit :
                  « La paix soit avec vous ! »
      20        Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
                  Les disciples furent remplis de joie
                  en voyant le Seigneur.
      21        Jésus leur dit de nouveau :
                  « La paix soit avec vous !
                  De même que le Père m’a envoyé,
                  moi aussi, je vous envoie. »
      22        Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
                  et il leur dit :
                  « Recevez l’Esprit Saint.
      23        À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ;
                  à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

                         Pour transmettre l’Esprit Saint à ses disciples, Jésus souffle sur eux ; cela nous fait penser à la phrase célèbre du livre de la Genèse, au chapitre 2 : « Le Seigneur Dieu insuffla dans les narines de l’homme l’haleine de vie et l’homme devint un être vivant » (Gn 2, 7). Et le psaume 103/104 (que nous entendons également pour cette fête de Pentecôte), commente le texte de la Création en chantant : « Tu envoies ton souffle, ils sont créés. » Or, nous sommes au soir de Pâques et Jésus reprend ce geste du Créateur. On comprend pourquoi Saint Jean note : « C’était le soir du premier jour de la semaine », manière de dire c’est le premier jour de la nouvelle création ; dans le Judaïsme, on évoquait souvent la première création que Dieu avait accomplie en sept jours, comme le dit le fameux poème du chapitre 1 de la Genèse et on attendait le huitième jour, celui du Messie. A sa manière, imagée, Jean nous dit : ce fameux huitième jour est arrivé, c’est à une véritable re-création de l’homme que vous assistez.

                    Deuxième remarque à propos du souffle, il me semble que l’ordre choisi par Jean pour nous raconter la Pentecôte est une leçon : je reprends les trois phrases dans l’ordre : 1) « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » ...2) « Il répandit sur eux son souffle et il leur dit recevez l’Esprit Saint » ... 3) « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ». La première et la troisième phrase disent une  mission, elles encadrent la phrase qui dit le don de l’Esprit. Ce qui veut bien dire que l’Esprit est donné POUR la mission. Nous n’avons pas d’autre raison d’être que cette mission.

                    Et cette mission consiste à « remettre les péchés » ; c’était déjà celle de Jésus ; et il dit bien d’ailleurs : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Jésus, l’envoyé du Père, c’est un grand thème de Jean... A notre tour, Jésus nous envoie et Jean emploie bien le même mot ; Jésus est l’envoyé du Père et nous sommes les envoyés de Jésus, nous avons la même mission que Jésus, il nous la confie. C’est dire notre responsabilité, la confiance qui nous est faite ; or cela concerne tous les baptisés puisque l’Eglise a toujours jugé bon de confirmer tous les baptisés.

                    Et cette mission de Jésus, pour s’en tenir au seul évangile de Jean, c’était d’ôter le péché du monde, j’ai envie de dire « extirper » le péché du monde ; et cela en étant l’agneau de Dieu. « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » avait dit Jean-Baptiste. L’agneau, c’est celui qui reste doux et humble de cœur face à ses bourreaux (c’est celui dont parle Isaïe 52-53) ; c’est aussi l’agneau pascal, celui qui signe de sa vie la libération du peuple de Dieu. Et au-delà de la libération d’Égypte, la phrase de Jean-Baptiste vise la libération du péché, c’est-à-dire de la haine et de la violence.

                       Jésus lui-même parle souvent de sa mission : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui »... « Dieu a donné son Fils, son unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».

                   Il me semble que toutes ces affirmations de Jésus sur sa mission éclairent la phrase difficile du texte d’aujourd’hui : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus ». La première partie de cette phrase nous convient tout à fait, bien sûr, mais la deuxième nous déroute. Pour commencer, je la redis un peu différemment, sans la déformer, j’espère : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui  vous ne remettrez pas ses péchés, ils ne lui seront pas remis ».

                   Impossible de penser que notre Père du ciel pourrait ne pas nous pardonner. Déjà l’Ancien Testament avait parfaitement mis en lumière que le pardon de Dieu précède même notre repentir ; car en Dieu le pardon n’est pas un acte ponctuel, c’est son être même. Dieu n’est que don et pardon. La caractéristique de la miséricorde, c’est de se pencher encore plus près des miséreux, et miséreux, nous le sommes.

                   Le pouvoir donné aux disciples du Christ, et plus que le pouvoir, la mission, confiée aux disciples du Christ, c’est donc de dire cette parole du pardon de Dieu ; c’est aussi, du coup, la terrible responsabilité que nous donne la deuxième partie de la phrase : ne pas dire la parole du pardon de Dieu, laisser le monde ignorer ce pardon, c’est laisser le monde à son désespoir. Nous détenons le pouvoir de ne pas dire le pardon de Dieu et de laisser le monde l’ignorer. 

                    À entendre cela, on a envie de se mettre au travail tout de suite !

                   Et le pardon de Dieu peut être annoncé de deux manières : par nos paroles et par nos gestes ; ce qui nous est demandé, c’est d’être nous-mêmes pardon. Nous sommes désormais pour le monde les témoins du pardon de Dieu.

                   Et c’est cela la nouvelle Création : l’Esprit de don et de pardon nous est donné. À la Pentecôte, le pouvoir de pardonner nous est insufflé ; Dieu souffle en nous les paroles du pardon. Au théâtre, il y a un souffleur pour les trous de mémoire de l’acteur... Désormais il y a en nous quelqu’un qui souffle les paroles et les gestes du pardon. L’Esprit fait de nous des agneaux de Dieu à notre tour, il nous donne ainsi le pouvoir de vaincre la spirale de la haine et de la violence. Jésus l’avait déjà dit à ses disciples : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups ». Comme son Père l’a envoyé pour être l’agneau de Dieu, Jésus nous envoie à notre tour pour être des agneaux dans le monde. Pour répondre à la violence et à la haine par la non-violence et le pardon.

                   Jusqu’au jour où se lèvera enfin ce fameux « huitième jour » que l’Ancien Testament déjà annonçait, celui où l’humanité tout entière vivra enfin l’amour et le pardon...

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      31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 23:00

      Début Juin 1210
              Entrevue de Montréal

              Entre Pierre II d'Aragon et des seigneurs occitans qui voudraient lui faire allégeance en échange de sa protection. Mais la négociation échoue.

       

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      31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 23:00


              Entrée du prince Louis et de Montfort dans Toulouse
       

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      27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 23:00
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      27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 23:00

      Quelques coups de haches font tomber les portes et, bientôt, tous les membres du terrible tribunal, y compris le notaire et les huissiers, gisent à terre, le crâne fracassé et le corps transpercé par les épées et les lances.

              Mené par des gens de Montségur (en particulier Pierre-Roger de Mirepoix), ce massacre précipitera l'action militaire contre la forteresse cathare.

              L'inquisition s'empresse d'excommunier le comte de Toulouse.
          Juillet


              Victoire de Louis IX à Taillebourg

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      T
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