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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 00:00

1er dimanche de carême A - Intégrale
 

Marie-Noëlle Thabut lit et commente l'intégralité des lectures du 1er dimanche de carême, année A.
En marche vers dimanche

LECTURE DU LIVRE DE LA GENÈSE   2, 7-9 ; 3, 1-7a


2,7         Le SEIGNEUR Dieu modela l’homme
              avec la poussière tirée du sol ;
              il insuffla dans ses narines le souffle de vie,
              et l’homme devint un être vivant.
8            Le SEIGNEUR Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient,
              et y plaça l’homme qu’il avait modelé.
9            Le SEIGNEUR Dieu fit pousser du sol
              toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ;
              il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin,
              et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
3,1         Or le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs
              que le SEIGNEUR Dieu avait faits.
              Il dit à la femme :
              « Alors, Dieu vous a vraiment dit :
              ‘Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin’ ? »
2            La femme répondit au serpent :
              « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin.
3            Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin,
              Dieu a dit :
              ‘Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas,
              sinon vous mourrez.’ »
4            Le serpent dit à la femme :
              « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
5            Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez,
              vos yeux s’ouvriront,
              et vous serez comme des dieux,
              connaissant le bien et le mal. »
6            La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux,
              qu’il était agréable à regarder
              et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence.
              Elle prit de son fruit, et en mangea.
              Elle en donna aussi à son mari,
              et il en mangea.
7            Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent
              et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus.
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          Avant d’aborder ce texte, il faut se souvenir que son auteur n’a jamais prétendu faire œuvre d’historien ! La Bible n’a été écrite ni par des scientifiques, ni par des historiens ; mais par des croyants pour des croyants. Le théologien qui écrit ces lignes, sans doute au temps de Salomon, au dixième siècle avant J.-C., cherche à répondre aux questions que tout le monde se pose : pourquoi le mal ? Pourquoi la mort ? Pourquoi les mésententes dans les couples humains ? Pourquoi la difficulté de vivre ?  Pourquoi le travail est-il pénible ? La nature parfois hostile ?

          Pour répondre, il s’appuie sur une certitude qui est celle de tout son peuple, c’est la bonté de Dieu : Dieu nous a libérés d’Égypte, Dieu nous veut libres et heureux. Depuis la fameuse sortie d’Égypte, sous la houlette de Moïse, depuis la traversée du désert, où on a expérimenté à chaque nouvelle difficulté la présence et le soutien de Dieu, on ne peut plus en douter. Le récit que nous venons de lire est donc appuyé sur cette certitude de la bienveillance de Dieu et il essaie de répondre à toutes nos questions sur le mal dans le monde. Avec ce Dieu qui est bon et bienveillant, comment se fait-il qu’il y ait du mal ?

          Notre auteur a inventé une fable pour nous éclairer : un jardin de délices (c’est le sens du mot « Éden »), et l’humanité symbolisée par un couple qui a charge de cultiver et garder le jardin. Le jardin est plein d’arbres tous plus attrayants les uns que les autres. Celui du milieu s’appelle « l’arbre de vie » ; on peut en manger comme de tous les autres. Mais il y a aussi, quelque part dans ce jardin, le texte ne précise pas où, un autre arbre, dont le fruit, lui, est interdit. Il s’appelle « l’arbre de la connaissance de ce qui rend heureux ou malheureux ».

          Devant cette interdiction, le couple a deux attitudes possibles : soit faire confiance puisqu’on sait que Dieu n’est que bienveillant ; et se réjouir d’avoir accès à l’arbre de vie : si Dieu nous interdit l’autre arbre, c’est qu’il n’est pas bon pour nous. Soit soupçonner chez Dieu un calcul malveillant : imaginer qu’il veut nous interdire l’accès à la connaissance.

         C’est le discours du serpent : il s’adresse à la femme ; il se fait faussement compréhensif : « Alors ? Dieu vous a dit : vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ? »1

         La femme répond : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin, mais pour celui qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez ». Vous avez remarqué le déplacement : simplement parce qu’elle a écouté la voix du soupçon, elle ne parle déjà plus que de cet arbre-là et elle dit « l’arbre qui est au milieu du jardin » : désormais, de bonne foi, c’est lui, et non l’arbre de vie, qu’elle voit au milieu du jardin. Son regard est déjà faussé, du seul fait qu’elle a laissé le serpent lui parler ; alors le serpent peut continuer son petit travail de sape : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bonheur et le malheur ». 

         Là encore, la femme écoute trop bien ces belles paroles et le texte suggère que son regard est de plus en plus faussé : « la femme vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance »2. Le serpent a gagné : elle prend le fruit, elle en mange, elle le donne à son mari, il en mange aussi. Et vous avez entendu la fin de l’histoire : « Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus ».

         Le serpent avait bien dit « vos yeux s’ouvriront » ; l’erreur de la femme a été de croire qu’il parlait dans son intérêt, et qu’il dévoilait les mauvaises intentions de Dieu ; ce n’était que mensonge : le regard est changé, c’est vrai, mais il est faussé.

         Ce n’est pas un hasard si le soupçon porté sur Dieu est représenté sous les traits d’un serpent ; Israël au désert avait fait l’expérience des serpents venimeux.  Notre théologien de la cour de Salomon lui rappelle cette cuisante expérience et dit : il y a un poison plus grave que le poison des serpents les plus venimeux ; le soupçon porté sur Dieu est un poison mortel, il empoisonne nos vies.

         L’idée de notre théologien, c’est que tous nos malheurs viennent de ce soupçon qui gangrène l’humanité. Dire que l’arbre de la connaissance du bien et du mal est réservé à Dieu, c’est dire que Dieu seul connaît ce qui fait notre bonheur ou notre malheur ; ce qui, après tout, est logique s’il nous a créés. Vouloir manger à tout prix du fruit de cet arbre interdit, c’est prétendre déterminer nous-mêmes ce qui est bon pour nous : la mise en garde « Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez » indiquait bien qu’il s’agissait là d’une fausse piste.

         Le récit va encore plus loin : au cours du périple dans le désert, Dieu a prescrit la Loi qu’il faudrait appliquer désormais, ce que nous appelons les commandements. On sait que la pratique quotidienne de cette Loi est la condition de la survie et de la croissance harmonieuse de ce peuple ; si on savait suffisamment que Dieu veut uniquement notre vie, notre bonheur, notre liberté, on ferait confiance et c’est de bon cœur qu’on obéirait à la loi. Elle est vraiment « l’arbre de vie » mis à notre disposition par Dieu.

            Je disais en commençant qu’il s’agit d’une fable, mais dont la leçon est valable pour chacun d’entre nous ; depuis que le monde est monde, c’est toujours la même histoire. Saint Paul (que nous lisons ce dimanche en deuxième lecture) poursuit la méditation et dit : seul le Christ a fait confiance à son Père en toutes choses ; il nous montre le chemin de la Vie.

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Complément
 

À noter que cette traduction qui est celle de la TOB (Traduction œcuménique de la Bible) préserve le caractère volontairement ambigu de la question du serpent ; posée ainsi, en effet, la question peut s’entendre « vous ne mangerez pas de tous les fruits » ou « vous ne mangerez d’aucun » ! Or c’est bien ainsi dans le texte hébreu. 
 

2 (Traduction Œcuménique de la Bible).
 

3 Le récit de la Genèse a de multiples résonances dans la méditation du peuple d’Israël. L’une des réflexions suggérées par le texte concerne l’arbre de vie : planté au milieu du jardin d’Éden, il était accessible à l’homme et autorisé à la consommation. On peut penser que son fruit permettait à l’homme de rester en vie, de cette vie spirituelle que Dieu lui a insufflée : « Le SEIGNEUR Dieu modela l’homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie, et l’homme devint un être vivant. » (Gn 2,7). 

Alors les rabbins ont fait le rapprochement avec la Loi donnée par Dieu au Sinaï. Car elle est accueillie par les croyants comme un cadeau de Dieu, un soutien pour la vie quotidienne : « Que ton cœur observe mes préceptes. Ils sont longueur de jours et années de vie et pour toi plus grande paix. » (Pr 3, 2)

PSAUME 50 (51), 3-4. 5-6. 12.13. 14.17

 

             3         Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,  
                        selon ta grande miséricorde, efface mon péché.      
             4         Lave-moi tout entier de ma faute,    
                        purifie-moi de mon offense.

              5         Oui, je connais mon péché,   
                        ma faute est toujours devant moi.    
             6         Contre toi, et toi seul, j'ai péché,
                        ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.

              12       Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
                        renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. 
             13       Ne me chasse pas loin de ta face,     
                        ne me reprends pas ton esprit saint.

              14       Rends-moi la joie d'être sauvé ;        
                        que l'esprit généreux me soutienne.  
             17       Seigneur, ouvre mes lèvres,   
                        et ma bouche annoncera ta louange.
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            « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. » Le peuple d’Israël est en pleine célébration pénitentielle au Temple de Jérusalem. Il se reconnaît pécheur, mais il sait aussi l’inépuisable miséricorde de Dieu. Et d’ailleurs, s’il est réuni pour demander pardon, c’est parce qu’il sait d’avance que le pardon est déjà accordé.

            Cela avait été, rappelez-vous, la grande découverte du roi David : David avait fait venir au palais sa jolie voisine, Bethsabée ; (au passage, il ne faut pas oublier de préciser qu’elle était mariée avec un officier, Urie, qui était à ce moment-là en campagne). C’est d’ailleurs bien grâce à son absence que David avait pu convoquer la jeune femme au palais ! Quelques jours plus tard, Bethsabée avait fait dire à David qu’elle attendait un enfant de lui. Et, à ce moment-là, David avait organisé la mort au champ d’honneur du mari trompé pour pouvoir s’approprier définitivement sa femme et l’enfant qu’elle portait.

            Or, et c’est là l’inattendu de Dieu, quand le prophète Natan était allé trouver David, il n’avait pas d’abord cherché à obtenir de lui une parole de repentir, il avait commencé par lui rappeler tous les dons de Dieu et lui annoncer le pardon, avant même que David ait eu le temps de faire le moindre aveu. (2 S 12). Il lui avait dit en substance : « Regarde tout ce que Dieu t’a donné... eh bien, sais-tu, il est prêt à te donner encore tout ce que tu voudras ! »

Et, mille fois au cours de son histoire, Israël a pu vérifier que Dieu est vraiment « le SEIGNEUR miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté » selon la révélation qu’il a accordée à Moïse dans le désert (Ex 34, 6).

Les prophètes, eux aussi, ont répercuté cette annonce et les quelques versets du psaume que nous venons d’entendre sont pleins de ces découvertes d’Isaïe et d’Ézéchiel. Isaïe, par exemple : « Moi, Dieu, je suis tel que j’efface, par égard pour moi, tes révoltes, que je ne garde pas tes fautes en mémoire » (Is 43, 25) ; ou encore « J’ai effacé comme un nuage tes révoltes, comme une nuée tes fautes ; reviens à moi, car je t’ai racheté » (Is 44, 22).

Cette annonce de la gratuité du pardon de Dieu nous surprend parfois : cela paraît trop beau, peut-être ; pour certains, même, cela semble injuste : si tout est pardonnable, à quoi bon faire des efforts ? C’est oublier un peu vite, peut-être, que nous avons tous sans exception besoin de la miséricorde de Dieu ; ne nous en plaignons donc pas ! Et ne nous étonnons pas que Dieu nous surprenne, puisque, comme dit Isaïe, « les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées. » Et justement, Isaïe précise que c’est en matière de pardon que Dieu nous surprend le plus.

Cela nous renvoie à la phrase de Jésus dans la parabole des ouvriers de la onzième heure : « Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien ? Ou alors ton œil est-il mauvais parce que je suis bon ? » (Mt 20, 15). On peut penser également à la parabole de l’enfant prodigue (Luc 15) : lorsqu’il revient chez son père, pour des motifs pourtant pas très nobles, Jésus met sur ses lèvres une phrase du psaume 50 : « Contre toi et toi seul j’ai péché », et cette simple phrase renoue le lien que le jeune homme ingrat avait cassé.

Face à cette annonce toujours renouvelée de la miséricorde de Dieu, le peuple d’Israël, parce que c’est lui qui parle ici comme dans tous les psaumes, se reconnaît pécheur : l’aveu n’est pas détaillé, il ne l’est jamais dans les psaumes de pénitence ; mais le plus important est dit dans cette supplication « pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché ... » Et Dieu qui est toute miséricorde, c’est-à-dire comme aimanté par la misère, n’attend rien d’autre que cette simple reconnaissance de notre pauvreté. Vous savez d’ailleurs, que le mot pitié est de la même racine que le mot « aumône » : littéralement, nous sommes des mendiants devant Dieu

Alors il nous reste deux choses à faire : tout d’abord, remercier tout simplement pour ce pardon accordé en permanence ; la louange que le peuple d’Israël adresse à son Dieu, c’est sa reconnaissance pour les bontés de Dieu dont il a été comblé depuis le début de son histoire. Ce qui montre bien que la prière la plus importante dans une célébration pénitentielle, c’est la parole de reconnaissance des dons et pardons de Dieu : il faut commencer par le contempler, lui, et ensuite seulement, cette contemplation nous ayant révélé le décalage entre lui et nous, nous pouvons nous reconnaître pécheurs. Notre rituel de la réconciliation le dit bien dans son introduction : « Nous confessons l’amour de Dieu en même temps que notre péché ».

Et le chant de reconnaissance jaillira tout seul de nos lèvres, il suffit de laisser Dieu nous ouvrir le cœur : « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange » ; certains ont reconnu ici la première phrase de la Liturgie des Heures, chaque matin ; effectivement, elle est tirée du psaume 50/51. À elle seule, elle est toute une leçon : la louange, la reconnaissance ne peuvent naître en nous que si Dieu ouvre nos cœurs et nos lèvres. Saint Paul le dit autrement : « C’est l’Esprit qui parle à notre esprit et dit en nous Abba, Père... » (Rm 8, 15 ; Ga 4, 6).

 Cela fait irrésistiblement penser à un geste de Jésus, dans l’évangile de Marc : la guérison d’un sourd-muet ; touchant ses oreilles et sa langue, Jésus avait dit « Effétah », ce qui veut dire « Ouvre-toi ». Et alors, spontanément, ceux qui étaient là avaient appliqué à Jésus une phrase que la Bible réservait à Dieu : « Il fait entendre les sourds et parler les muets ». (cf Is 35, 5-6). Encore aujourd’hui, dans certaines célébrations de baptême, le célébrant refait ce geste de Jésus sur les baptisés en disant « Le Seigneur Jésus a fait entendre les sourds et parler les muets ; qu’il vous donne d’écouter sa parole et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu le Père ».

Deuxième chose à faire et que Dieu attend de nous : pardonner à notre tour, sans délai, ni conditions... et c’est tout un programme !

LECTURE DE LA LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX ROMAINS  5, 12-19

 

12          Nous savons que par un seul homme,
              le péché est entré dans le monde,
              et que par le péché est venue la mort ;
              et ainsi, la mort est passée en tous les hommes,
              étant donné que tous ont péché.
13          Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde,
              mais le péché ne peut être imputé à personne
              tant qu’il n’y a pas de loi.
14          Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse,
              la mort a établi son règne,
              même sur ceux qui n’avaient pas péché
              par une transgression semblable à celle d’Adam.
              Or, Adam préfigure celui qui devait venir.
15          Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute.
              En effet, si la mort a frappé la multitude
              par la faute d’un seul,
              combien plus la grâce de Dieu
              s’est-elle répandue en abondance sur la multitude,
              cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.
16          Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul
              n’ont pas la même mesure non plus :
              d’une part, en effet, pour la faute d’un seul,
              le jugement a conduit à la condamnation ;
              d’autre part, pour une multitude de fautes,
              le don gratuit de Dieu conduit à la justification.
17          Si, en effet, à cause d’un seul homme,
              par la faute d’un seul,
              la mort a établi son règne,
              combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul,
              régneront-ils dans la vie,
              ceux qui reçoivent en abondance
              le don de la grâce qui les rend justes.
18          Bref, de même que la faute commise par un seul
              a conduit tous les hommes à la condamnation,
              de même l’accomplissement de la justice par un seul
              a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie.
19          En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain
              la multitude a été rendue pécheresse,
              de même par l’obéissance d’un seul
              la multitude sera-t-elle rendue juste.
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             « Adam préfigurait celui qui devait venir », nous dit Paul ; il parle d’Adam au passé, parce qu’il fait référence au livre de la Genèse, et à l’histoire du fruit défendu, mais pour lui, le drame d’Adam n’est pas une histoire du passé ; cette histoire est la nôtre au quotidien ; nous sommes tous Adam à nos heures ; les rabbins disent : « chacun est Adam pour soi ».

              Et s’il fallait résumer l’histoire du jardin d’Eden (que nous relisons en première lecture ce dimanche), on pourrait dire : en écoutant la voix du serpent, plutôt que l’ordre de Dieu, en laissant le soupçon sur les intentions de Dieu envahir leur coeur, en croyant pouvoir tout se permettre, tout « connaître » comme dit la Bible, l’homme et la femme se rangent eux-mêmes sous la domination de la mort. Et quand on dit : « chacun est Adam pour soi », cela veut dire que chaque fois que nous nous détournons de Dieu, nous laissons les puissances de mort envahir notre vie.

              Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, poursuit la même méditation : et il annonce que l’humanité a franchi un pas décisif en Jésus-Christ ; nous sommes tous frères d’Adam ET nous sommes tous frères de Jésus-Christ ; nous sommes frères d’Adam quand nous laissons le poison du soupçon infester notre coeur, quand nous prétendons nous-mêmes faire la loi, en quelque sorte ; nous sommes frères du Christ quand nous faisons assez confiance à Dieu pour le laisser mener nos vies.

              Nous sommes sous l’empire de la mort quand nous nous conduisons à la manière d’Adam, mais quand nous nous conduisons comme Jésus-Christ, quand nous nous faisons comme lui « obéissants », (c’est-à-dire confiants), nous sommes déjà ressuscités avec lui, déjà dans le royaume de la vie. Car la vie dont il est question ici n’est pas la vie biologique : c’est celle dont Jean parle quand il dit « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » ; c’est une vie que la mort biologique n’interrompt pas.

             D’ailleurs, il faut revenir au récit du livre de la Genèse : « Au temps où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre, il modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. » Ce souffle de Dieu qui fait de l’homme un être vivant, comme dit le texte, les animaux ne l’ont pas reçu : ils sont pourtant bien vivants au sens biologique ; on peut en déduire que l’homme jouit d’une vie autre que la vie biologique.

             Je reviens au mot « royaume » : vous avez remarqué que Paul emploie plusieurs fois les mots « règne », « régner »...  Deux royaumes s’affrontent. On peut écrire son texte en deux colonnes : dans une colonne, on peut écrire Adam (c’est-à-dire l’humanité quand elle agit comme Adam), règne du péché, règne de la mort, jugement, condamnation. Dans l’autre colonne, Jésus-Christ (c’est-à-dire avec lui l’humanité nouvelle), règne de la grâce, règne de la vie, don gratuit, justification. Aucun d’entre nous n’est tout entier dans une seule de ces deux colonnes : nous sommes tous des hommes (et des femmes) partagés : Paul lui-même le reconnaît quand il dit « le mal que je ne veux pas, je le fais, le bien que je veux, je ne le fais pas » (Rm 7, 19).

             Adam (au sens de l’humanité) est créé pour être roi (pour cultiver et garder le jardin, disait le livre de la Genèse de manière imagée), mais, mal inspiré par le serpent, il veut le devenir tout seul par ses propres forces ; or cette royauté, il ne peut la recevoir que de Dieu ; et donc, en se coupant de Dieu il se coupe de la source ; Jésus-Christ, au contraire, ne « revendique » pas cette royauté, elle lui est donnée. Comme le dit encore Paul dans la lettre aux Philippiens « lui qui était de condition divine n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu, mais il s’est fait obéissant » (Phi 2, 6). Le récit du jardin d’Eden nous dit la même chose en images : avant la faute, l’homme et la femme pouvaient manger du fruit de l’arbre de vie ; après la faute, ils n’y ont plus accès.

             Chacun à leur manière, ces deux textes de la Genèse d’une part, et de la lettre aux Romains d’autre part, nous disent la vérité la plus profonde de notre vie : avec Dieu, tout est grâce, tout est don gratuit ; et Paul, ici, insiste sur l’abondance, la profusion de la grâce, il dit même la « démesure » de la grâce : « le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure... combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus-Christ ». Tout est « cadeau » si vous préférez ; pas étonnant, bien sûr, puisque, comme dit Saint Jean, Dieu est Amour.

             Ce n’est pas une question de bonne conduite du Christ qui recevrait une récompense ou de mauvaise conduite d’Adam qui entraînerait un châtiment ; c’est beaucoup plus profond : le Christ est confiant qu’en Dieu tout lui sera donné... et tout lui est donné dans la Résurrection ; Adam, (c’est-à-dire chacun de nous à certaines heures), veut se saisir de ce qui ne peut qu’être accueilli comme un don ; il se retrouve « nu », c’est-à-dire démuni.

             Je reprends mes deux colonnes : par naissance nous sommes citoyens du règne d’Adam ; par le baptême, nous avons demandé à être naturalisés dans le royaume de Jésus-Christ.

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Compléments

Si nous relisons le récit de la Genèse, nous pouvons noter que, intentionnellement, l’auteur n’avait pas donné de prénoms à l’homme et à la femme ; il disait « le Adam » qui veut dire « le terreux », « le poussiéreux », (fait avec de la poussière) ; en ne leur donnant pas de prénoms, il voulait nous faire comprendre que le drame d’Adam n’est pas l’histoire d’un individu particulier, elle est l’histoire de chaque homme depuis toujours.

Obéissance et Désobéissance au sens de Paul : on pourrait remplacer le mot « obéissance » par confiance et le mot « désobéissance » par méfiance ; comme le dit Kierkegaard : « Le contraire du péché, ce n’est pas la vertu, le contraire du péché, c’est la foi ».

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MATTHIEU  4, 1-11

 

              En ce temps-là,
1            Jésus fut conduit au désert par l’Esprit
              pour être tenté par le diable.
2            Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits,
              il eut faim.
3            Le tentateur s’approcha et lui dit :
              « Si tu es Fils de Dieu,
              ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
4            Mais Jésus répondit :
              « Il est écrit :
              L’homme ne vit pas seulement de pain,

              mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
5            Alors le diable l’emmène à la Ville sainte,
              le place au sommet du Temple
6            et lui dit :
              « Si tu es Fils de Dieu,
              jette-toi en bas ;
              car il est écrit :
              Il donnera pour toi des ordres à ses anges,
              et :    Ils te porteront sur leurs mains,

              de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
7             Jésus lui déclara :
              « Il est encore écrit :
              Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
 8           Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne
              et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire.
 9           Il lui dit :
              « Tout cela, je te le donnerai,
              si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
10          Alors, Jésus lui dit :
              « Arrière, Satan !
              car il est écrit :
              C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras,

              à lui seul tu rendras un culte. »
11          Alors le diable le quitte.
              Et voici que des anges s’approchèrent,
              et ils le servaient.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

                        Chaque année, le Carême s'ouvre par le récit des tentations de Jésus au désert : il faut croire qu'il s’agit d’un texte vraiment fondamental ! Cette année, nous le lisons chez saint Matthieu. 

                         « Jésus, après son baptême, fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le démon ». Ce n’est pas le texte exact de l’évangile, mais la traduction employée dans la liturgie nous invite (à juste titre) à faire le lien entre le baptême de Jésus et les tentations : car dans l’évangile lui-même, Matthieu, après avoir rapporté le baptême, continue aussitôt « Alors, Jésus fut conduit par l’Esprit au désert pour y être tenté. » Lui-même nous invite donc à faire un rapprochement entre le baptême de Jésus et les tentations qui le suivent immédiatement. Cet homme s’appelle « Jésus » et Matthieu a dit quelques versets plus haut : « C’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés », c’est le sens même du nom de Jésus.

                        Jésus venait d’être baptisé par Jean-Baptiste dans le Jourdain ; et rappelez-vous, Jean-Baptiste n’était pas d’accord et il l’avait dit : « C’est moi, Jean, qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi, Jésus, qui viens à moi ! » (sous-entendu c’est le monde à l’envers)... Et, là, au cours du Baptême de Jésus, il s’était passé quelque chose : « Dès qu’il fut baptisé, Jésus sortit de l’eau. Voici que les cieux s’ouvrirent et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix venant des cieux disait « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir ».

                        Cette phrase, à elle seule, annonce publiquement que Jésus est vraiment le Messie : car, l’expression « Fils de Dieu » était synonyme de Roi-Messie et la phrase « mon bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir » était une reprise d’un des chants du Serviteur chez Isaïe. En quelques mots, Matthieu vient donc de nous rappeler tout le mystère de la personne de Jésus ; et c’est lui, précisément, Messie, sauveur, serviteur qui va affronter le Tentateur. Comme son peuple, quelques siècles auparavant, il est emmené au désert ; comme son peuple, il connaît la faim ; comme son peuple, il doit découvrir quelle est la volonté de Dieu sur ses fils ; comme son peuple, il doit choisir devant qui se prosterner.

                        « Si tu es le Fils de Dieu », répète le Tentateur, manifestant par là que c’est bien là le problème ; et Jésus y a été affronté, pas seulement trois fois, mais tout au long de sa vie terrestre ; être le Messie, concrètement, en quoi cela consiste-t-il ? La question prend diverses formes : est-ce résoudre les problèmes des hommes à coup de miracles, comme changer les pierres en pain ? Est-ce provoquer Dieu pour vérifier ses promesses ? ... En se jetant du haut du temple par exemple, car le psaume 90/91 promettait que Dieu secourrait son Messie... Est-ce posséder le monde, dominer, régner, à n’importe quel prix, quitte à adorer n’importe quelle idole ? Quitte même à n’être plus Fils ? Car je remarque que, la troisième fois, le Tentateur ne répète plus « Si tu es Fils de Dieu »...

             Le comble de ces tentations, c’est qu’elles visent des promesses de Dieu : elles ne promettent rien d’autre que ce que Dieu lui-même a promis à son Messie. Et les deux interlocuteurs, le Tentateur comme Jésus lui-même le savent bien. Mais voilà... les promesses de Dieu sont de l’ordre de l’amour ; elles ne peuvent être reçues que comme des cadeaux ; l’amour ne s’exige pas, ne s’accapare pas, il se reçoit à genoux, dans l’action de grâce. Au fond, il se passe la même chose qu’au jardin de la Genèse ; Adam sait, et il a raison, qu’il est créé pour être roi, pour être libre, pour être maître de la création ; mais au lieu d’accueillir les dons comme des dons dans l’action de grâce, dans la reconnaissance, il exige, il revendique, il se pose en égal de Dieu... Il est sorti du registre de l’amour et il ne peut plus recevoir l’amour offert... il se retrouve pauvre et nu.

             Jésus fait le choix inverse : « Arrière Satan ! »  Comme il le dira une fois à Pierre « tes pensées sont des pensées à la manière d’Adam... tes vues ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes » (Mt 16, 23)... D’ailleurs, plusieurs fois dans ce texte, Matthieu a appelé le tentateur du nom de « diable », en grec le « diabolos » ce qui veut dire « celui qui divise ». Est Satan pour chacun de nous comme pour Jésus lui-même celui qui tend à nous séparer de Dieu, à voir les choses à la manière d’Adam et non à la manière de Dieu. Au passage, je remarque que tout est dans le regard : celui d’Adam est faussé ; au contraire, pour garder le regard clair, Jésus scrute la Parole de Dieu : ses trois réponses au tentateur sont des citations du livre du Deutéronome, dans un passage qui est précisément une méditation sur les tentations du peuple d’Israël au désert.

             Alors, précise Matthieu, le diable (le diviseur) le quitte ; il n’a pas réussi à diviser, à détourner le cœur du Fils ; cela fait irrésistiblement penser à la phrase de saint Jean dans le Prologue (Jn 1, 1) : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était tourné vers Dieu (« pros ton Theon » en grec) et le Verbe était Dieu » Le diable n’a pas réussi à détourner le cœur du Fils et celui-ci est alors tout disponible pour accueillir les dons de Dieu : « Voici que des anges s’approchèrent de lui et ils le servaient ».

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 00:00

Portrait du duc de Penthièvre à la bataille de FontenoyHuile sur toile par Jean-Marc Nattier

Portrait du duc de Penthièvre
à la bataille de Fontenoy
Huile sur toile par Jean-Marc Nattier

 

Louis-Jean-Marie de Bourbon

File:Signature of Louis Jean Marie de Bourbon, Duke of Penthièvre at the baptism of the Duke of Berry, son of the Count and Countess of Artois (August 1785).png

duc de Penthièvre, d'Aumale (1775), de Rambouillet (1737), de Gisors, de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois, d'Amboise

comte d'Eu

seigneur du duché de Carignan

amiral 

grand veneur de France

 

aristocrate français

 

né à Rambouillet le 16 novembre 1725 

 

mort dans son lit en son château de Bizy à Vernon (Eure) en Normandie le 4 mars 1793

 

Son corps est enterré à Dreux (clandestinement) mais les révolutionnaires profanèrent les tombes le 29 novembre 1793, huit mois après sa mort, et les corps sont jetés dans une fosse commune.

Chapelle Royale de Dreux Eure-et-Loir

File:Nattier L J M de Bourbon duc de Penthievre.jpg

Biographie

Petit-fils en ligne bâtarde de Louis XIV de France, fils unique de Louis-Alexandre de Bourbon (1678-1737), prince légitimé, comte de Toulouse, et de la duchesse Marie-Victoire de Noailles, Louis-Jean-Marie de Bourbon est nommé amiral de France en survivance le 1er décembre 1734 et gouverneur et lieutenant général de Bretagne en survivance le 31 décembre 1736.

 

Il perd son père à l'âge de 12 ans, et lui succède dans ses charges civiles et militaires (décembre 1737), à savoir Amiral de France, gouverneur de Bretagne et Grand Veneur de France.

 

Il est fait chevalier de l'Ordre de la Toison d'or le 27 janvier 1740 puis chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit le 1er janvier 1742.

 

Nommé maréchal de camp le 2 juillet 1743 puis lieutenant général des armées du Roi le 2 mai 1744.

 

Très affecté par la mort de sa femme en 1754, par celle de son seul fils survivant en 1768, par l'assassinat de sa belle-fille, Marie-Louise de Savoie dite Mademoiselle de Carignan (1792), et par la mort du roi votée par son gendre le duc d'Orléans (1793), le duc de Penthièvre mena une vie retirée, mélancolique, absorbé par la dévotion et la charité.

 

Bon et doux, il meurt dans son lit en son château de Bizy, en Normandie en 1793, jouissant d'une certaine popularité alors que la révolution faisait rage et que la première République française venait d'être proclamée.

 

Son corps est enterré à Dreux (clandestinement) mais les révolutionnaires profanèrent les tombes le 29 novembre 1793, huit mois après sa mort, et les corps sont jetés dans une fosse commune.

 

Il faudra attendre 1816 pour reconstruire la chapelle des Orléans, où ses restes seront transférés. Sa principale passion était sa collection de montres, qu'il aimait à régler et réparer lui-même.

La fortune du duc de Penthièvre

Le duc de Penthièvre recueillit l'énorme patrimoine foncier des enfants du duc du Maine, le prince de Dombes (mort en 1755) et le comte d'Eu (mort en 1775), comprenant les châteaux de Sceaux, d'Anet, d'Aumale, de Dreux et de Gisors.

 

D'après l'ouvrage La Fortune disparue du roi Louis-Philippe de Jacques Bernot et Jean-Pierre Thomas, ses revenus annuels étaient évalués à 6 millions de livres, soient 17 millions d'euros, ce qui faisait de lui l'un des hommes les plus riches d'Europe.

 

Il passait beaucoup de temps au château de Rambouillet, où il était né et dont il fit embellir les jardins en les mettant à la mode du temps.

 

En décembre 1783, il doit le céder à Louis XVI, qui voulait un vaste domaine de chasse dans la forêt des Yvelines et trouvait son château de Saint-Hubert trop exigu.

En quittant le domaine où il était né et qu'il avait tant aimé, le duc de Penthièvre emporte les neuf cercueils de son père, de sa mère, de sa femme et de ses six enfants, qu'il alla déposer dans sa propriété de Dreux : c'est l'origine de la chapelle royale de Dreux, nécropole familiale des Orléans.

En contrepartie, il rachète à la duchesse de Choiseul le magnifique château de Chanteloup, près d'Amboise et le roi contraignit le banquier Jean-Joseph de Laborde à lui céder, en 1784, son splendide château de La Ferté-Vidame. Ceux-ci sont saisis comme biens nationaux à sa mort en 1793.

Le duc possédait en outre les châteaux de Blois, d'Amboise et de Châteauneuf-sur-Loire, ainsi que l'Hôtel de Toulouse à Paris (siège de la banque de France de nos jours).

Mariage et descendance

Il songe d'abord à épouser Louise-Henriette de Bourbon, mais la princesse douairière de Conti donne la préférence au duc de Chartres Louis Philippe d'Orléans (1725-1785). Le timide duc se « rabattit » alors sur Marie-Thérèse-Félicité d'Este (1726-1754), fille du duc François III de Modène et de la duchesse née Charlotte-Aglaé d'Orléans (1700-1761), elle-même fille du Régent. Il ne dut pas s'en plaindre. Son couple fut harmonieux quand la duchesse de Chartres accumulait les frasques et les amants au point que la cour douta de la légitimité de ses enfants.

Le mariage eut lieu en 1744 et est très heureux. Il donne le jour à :

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 00:00

>Mas-sainTes-puelles. Décès de l'abbé Jean Biau

Décès de l'abbé Jean Biau

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grande figure du Lauragais est mort dans sa 96e année, à la maison de retraite Béthanie, à Carcassonne.


 

 

 

Né le 18 juin 1915 à Mas-Saintes-Puelles.

 

Il a été ordonné prêtre le 28 juin 1941 par Mgr Pays, évêque de Carcassonne.

 

D'abord nommé à l'Institut catholique de Toulouse, il est nommé vicaire à Saint-Sébastien de Narbonne le 15 juillet 1942 puis vicaire à la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne le 25 septembre 1943.

 

En 1947, il devient aumônier diocésain de la JAC (Jeunesse agricole catholique) puis, le 30 octobre 1948, aumônier du MFR et de la Ligue féminine.

 

Le 3 juillet 1958, Mgr Puech le nomme directeur de l'institut agricole Saint-Joseph, de Limoux, qu'il relèvera après le départ des frères des écoles chrétiennes.

 

Il est chanoine honoraire le 12 novembre 1959. Le 29 août 1974, il est nommé curé de Lasbastide-d'Anjou.

 

Il retrouve alors son Lauragais natal où, il poursuit une œuvre intellectuelle et spirituelle remarquable, publiant de nombreux ouvrages sur l'histoire locale.

 

Il se retire au presbytère de Labastide.

 

Il était entré le 8 décembre dernier à la maison de retraite du clergé Béthanie à Carcassonne.

 

C'est là qu'il s'est éteint au matin du 2 mars 2011

 

Les obsèques de l'abbé Biau ont eu lieu le vendredi 4 mars à 15 heures en la collégiale Saint-Michel de Castelnaudary.

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 00:00

Début Mars 1211

    Reddition de Cabaret

 

Pierre Roger de Cabaret, en occitan Pèire Rogièr de Cabaret, était un chevalier occitan, co-seigneur de Lastours, puis chevalier faydit du XIIIe siècle.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Roger_de_Cabaret

 

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 00:00

   Printemps


        Prise de Montségur

        Commencé en Mai 1243, le siège de la "synagogue de Satan" selon les catholiques, se termine après 10 mois.

        Les pourparlers sont entamés le 1er Mars 1244, mais la place ne sera rendue quinze jours plus tard.

        Ceci, peut-être, pour permettre aux cathares de célébrer une fête manichéenne, qui tombait à l'équinoxe de printemps.

        Les hérétiques de Montségur seront brûlés vifs le 16 Mars de l'an 1244, dans un gigantesque bûcher, dressé au pied de la montagne (le "Prat dels Cremats", ou le champ des brûlés).

        Enfin, durant la nuit qui suivit cet autodafé, Pierre-Roger de Mirepoix fit évader quatre parfaits, qu'il avait au préalable, cachés dans un souterrain du château.

        Probablement étaient-ils chargés de sauver les livres sacrés des Cathares ...
    voir aussi la plate-forme n° 9

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 00:00

Lettres du Roy Louis IX, par lesquelles il quitte à Pierre Bérenger de Tresbes, à Arnaud de Ferrol, à Niel (Noël) de Villefloure et à ses frères, à Raymond de Palaja chevalier, à Pierre de pomas son frère, et à Geraud de Palaja, son cousin et aux frères de ce dernier, tous chevaliers, de Carcassonne, moyennant des sommes diverses, tous les biens qui leur pourroient être répétés, au nom de S.M pour ne s'être point trouvés établis dans le faubourg de Carcassonne quand il fut livré à Trencavel

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 00:00

Le 29 février est un jour intercalaire.

 

 

C'est le 60e jour de l'année du calendrier grégorien et du calendrier julien en cas d'année bissextile.

Il reste 306 jours avant la fin de l'année.

 

Il y a eu un 29 février en 2000, 2004, 2008, 2012, le prochain en 2016 ensuite en 2020, puis en 2024 etc.

 

Le 29 février n'existe que tous les quatre ans (rythme des années bissextiles) du calendrier julien.

 

Dans le calendrier grégorien on exclut en outre les millésimes divisibles par 100 mais non par 400, comme par exemple : 1700, 1800, 1900 ; ainsi l'an 2000 et 2400, divisibles par 400 sont bissextiles, mais 2100, 2200, 2300 ne le seront pas.

 

Dans le calendrier républicain français, le jour intercalaire ajouté lors des années sextiles ne se situait pas à cette période de l'année, mais à l'automne, lors du jour de la révolution, situé au delà des 5 journées des sansculottides, soit approximativement le lendemain du 21 septembre.

 

 

  596 

La Décrétion de Childebert est publiée. Inspiré par la reine mère Brunehilde, ce texte organise et modernise la justice et la police en Austrasie. (La date exacte de cette publication importante est controversée)

 

 888 

Le comte de Paris

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Eudes est élu roi par ses pairs, les grands seigneurs de la Francie occidentale.

 

1468 

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Le pape Paul III (Alessandro Farnese), 220e pape de l'Église catholique, qui interdit l'esclavage (Veritas ipsa) († 10 novembre 1549)

 

1690 

Armoiries Savoie-Carignan 1656.svg

Victor-Amédée Ier de Savoie-Carignan, prince de Carignan de 1709 à en 1741 († 4 avril 1741)

 

1744 

Description de cette image, également commentée ci-après

Jean Louis de Viefville des Essarts, Avocat au Parlement de Paris, Conservateur des Eaux et Forêts († 13 décembre 1820)

 

1888 

Fichier:COA cardinal IT Tardini Domenico.png

Domenico Tardini, cardinal italien, secrétaire d'État du Vatican († 30 juillet 1961)

 

1924 

Fichier:Motto d'Andrzej Maria Deskur.JPG

Andrzej Maria Deskur, cardinal polonais, préfet émérite du Conseil pour les communications sociales.

 

1788 

Fil:Kardinalcoa.png

Pasquale Acquaviva d’Aragona, cardinal italien. (° 3 novembre 1718)

 

1868

LouisI.jpg

Louis Ier de Bavière, roi de Bavière25 août 1786)

 

1972 

 

Pauline de Broglie, comtesse de Pange, femme de lettres française5 février 1888)

Laure Marie Pauline de Broglie, comtesse de Pange

5 février 1888 

29 février 1972

femme de lettres française.

Famille 

Pauline de Broglie est la fille de Louis Alphonse Victor (1846-1906), 5e duc de Broglie, et de Pauline de La Forest d'Armaillé (1851-1928).

Sœur de Maurice et de Louis de Broglie,éminents savants membres de l'Académie française et Prix Nobel de physique en 1929, elle épouse le comte Jean de Pange, fils cadet d'une famille noble de Lorraine.

Elle est également la nièce de Marie de Broglie. Le comte de Pange est un petit-neveu de François de Pange qui fut aimé de Madame de Staël.

Biographie

Avec son mari, Pauline de Broglie a consacré sa vie à la littérature et à l'histoire. Ainsi, elle créa et anima un cercle d'études sur son ancêtre, Madame de Staël.

Le comte et la comtesse de Pange, dans leur engagement européen eurent, entre autres, comme compagnons de route Robert Schumann, Konrad Adenauer, l'Archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine avec lesquels ils étaient liés d'amitié.

Ils eurent également des relations personnelles avec le général et Madame de Gaulle.

Comme la plupart des membres de la Maison de Broglie, la comtesse Jean de Pange manifesta des opinions libérales tant sur le plan politique que religieux.

Son livre Comment j'ai vu 1900 est une source de renseignements sur la société aristocratique de la Belle Époque, monde auquel elle appartenait et qu'elle sut décrire avec beaucoup d'humour, "brossant" de bons portraits, entre autres celui de son grand'père maternel, le comte angevin Louis d'Armaillé (vers 1822-1882), grand collectionneur de meubles et objets d'art anciens et habile "truqueur", ami de Richard Wallace et du conservateur du musée du Louvre Both de Tauzia, qui le fit nommer membre du Conseil Supérieur des Beaux-Arts; une partie de sa collection fut vendue par ses héritiers lorsqu'ils quittèrent Paris pour s'installer au château familial de Broglie ( Eure) :

"(...) Ma mère était restée à Paris afin, je crois, de procéder à la vente sur catalogue d'un lot de meubles de la collection d'Armaillé (...). Le vocable avait fait monter les enchères des meubles et des boiseries du rez-de- chaussée (de l'hôtel familial du 40, rue de La Boétie) dont il avait fallu aussi se séparer" (p. 243).

Elle décrit aussi le magnifique parc de Bagatelle après la mort de Wallace (1890), où elle vint jouer enfant.

Elle fut membre du jury du Prix Femina, et reçut en 1970 la cravate de commandeur de la Légion d'honneur.

 

 

 

 

Comte Arnould de Chastellux

fils du Comte Guillaume Jean Marie Georges de Chastelluxle 18 mars 1973 à Paris 15ème (lui-même fils de François-Jean, Duc de Rauzan-Duras)
et de Dammarie de Vasselot de Régné (elle-même petite-fille de S.A.S. la Princesse Armande de Croÿ)
 

   Adrien de Gouttes Lastouzeilles

 fils de Thibaud de Gouttes Lastouzeilles et de la Comtesse Marguerite de Maigret (elle-même petite-fille de Charlotte de Rohan-Chabot)
 
Louis Ier DE BAVIERE
25 août 1786 - 29 février 1868
Age: 82 ans
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 00:00
 
Le prince participait aux cérémonies marquant le 400e anniversaire du sacre d’Henri IV à Chartres.

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 00:00

LECTURE DU LIVRE DU PROPHÈTE ISAÏE    49, 14 - 15

 

14        Jérusalem disait :
            « Le SEIGNEUR m’a abandonnée,
            mon Seigneur m’a oubliée. »
15        Une femme peut-elle oublier son nourrisson,
            ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ?
            Même si elle l’oubliait,
            moi, je ne t’oublierai pas,
            – dit le Seigneur.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

          Le cha­pi­tre 49 du li­vre d’Isaïe est un tex­te pro­di­gieux. Il faut le li­re in­té­gra­le­ment pour dé­cou­vrir com­ment un peu­ple au plus pro­fond de la mis­è­re, re­tro­u­ve l’espérance. Le peu­ple d’Israël est en Exil à Ba­by­lo­ne et le mo­ral est au plus bas : on se ré­pè­te  « Le SEI­GNEUR m’a aban­don­née, mon Dieu m’a ou­bliée. » Tout conduit à confir­mer ce cons­tat : Jé­ru­sa­lem est dé­vas­tée, des étran­gers s’installent dans les dé­com­bres ; si un jour on ren­trait, que re­tro­u­ve­rait-on ? Du peu­ple, il ne res­te pres­que per­son­ne ; la fa­mille roya­le est étein­te ; et les an­nées pas­sant, tous ceux qui sont ar­ri­vés en­co­re va­li­des à Ba­by­lo­ne après l’épreuve de la dé­por­ta­tion meu­rent les uns après les au­tres. Un Exil de cin­quan­te an­nées, c’est très long, c’est plus que la du­rée d’une gé­né­ra­tion. Pi­re, com­ment gar­der la foi par­mi ces étran­gers ido­lâ­tres ? Dans ces condi­tions dé­plo­ra­bles, peut-on en­co­re par­ler d’Alliance avec Dieu ? La ten­ta­tion est gran­de de croi­re que Dieu les a ou­bliés. Et, d’ailleurs, les succès des Babyloniens ne sont-ils pas la preuve que notre Dieu nous a laissés tomber ?

          A­lors le pro­phè­te Isaïe cherche par tous les moyens à convaincre ses compatriotes que rien ne pourra détruire l’Alliance proposée par Dieu à son peuple, tout simplement parce que, même si les hommes sont parfois infidèles, Dieu, lui, reste toujours fidèle.

          Pour rendre son message encore plus percutant, Isaïe fait référence à notre expérience humaine, celle de la tendresse des mamans pour leurs bébés : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Mê­me si el­le pou­vait l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas. » Et Isaïe, dans ce cha­pi­tre 49 dé­ve­lop­pe tou­te une sé­rie d’images : Pour Dieu, Is­raël est l’enfant bien-ai­mé, (« Le SEI­GNEUR m’a ap­pe­lé dès le sein ma­ter­nel, dès le ven­tre de ma mè­re il s’est ré­pé­té mon nom. » Is 49, 1), la flè­che la plus pré­cieu­se de son car­quois (« Il m’a dis­po­sé com­me une flè­che acé­rée, dans son car­quois il m’a te­nu ca­ché. » Is 49, 2), le ser­vi­teur qui ré­a­li­se les œuvres de Dieu (« Mon ser­vi­teur, c’est toi, Is­raël, toi par qui je ma­ni­fes­te­rai ma splen­deur. » Is 49, 3), la mar­que d’amour gra­vée sur les mains de Dieu (« Voi­ci que sur mes pau­mes je t’ai gra­vé » Is 49, 16). À la même époque, on peut lire chez Jérémie : « Oui, je suis un pè­re pour Is­raël, Éphraïm est mon fils aî­né. » (Jr 31, 9).

          Tout cela prouve qu’au temps de l’Exil à Babylone, c’est-à-dire au sixième siècle av. J.-C., les prophètes parlaient déjà de Dieu comme d’un Père. On n’a donc pas at­ten­du le Nou­veau Tes­ta­ment pour ap­pe­ler Dieu « Pè­re » ; mais pour être tout à fait hon­nê­te, on n’a pas at­ten­du non plus l’Ancien Tes­ta­ment ni le peu­ple hé­breu ; les au­tres peu­ples aus­si in­vo­quaient leur dieu com­me leur pè­re ; par exem­ple, au quatorzième siè­cle, à Uga­rit  (en Syrie), le dieu su­prê­me s’appelle « El, roi-pè­re » ; mais le ti­tre de pè­re, chez les au­tres peu­ples, a deux si­gni­fi­ca­tions : pre­miè­re­ment un sens d’autorité dou­blée de ten­dres­se ; deuxiè­me­ment un sens de pa­ter­ni­té char­nel­le ; la Bi­ble a gar­dé le pre­mier sens, mais a tou­jours re­fu­sé de consi­dé­rer Dieu com­me un pè­re bio­lo­gi­que à la ma­niè­re hu­mai­ne. Dieu est le Tout-Au­tre, sur ce plan-là aus­si.

          C’est pour cet­te rai­son, d’ailleurs, qu’on ne trou­ve que tar­di­ve­ment, dans l’Ancien Tes­ta­ment, des af­fir­ma­tions pé­remp­toi­res du gen­re « Dieu est vo­tre Pè­re » ; pen­dant trop long­temps, on au­rait ris­qué de se mé­pren­dre et de l’imaginer pè­re à la ma­niè­re hu­mai­ne, com­me les peu­ples voi­sins. Mais, à l’époque de l’Exil, la paternité de Dieu à l’égard de son peuple était acquise.  

          C’est sur cette conviction que le prophète Isaïe veut adosser l’espérance de ses compatriotes exilés : comme un Père vole au secours de ses enfants, Dieu tiendra les promesses de son Alliance et donc il libèrera son peuple de la captivité à Babylone. Le tout petit paragraphe du chapitre 49 d’Isaïe que nous lisons aujourd’hui est entouré de part et d’autre par des promesses de re­tour au pays : dans les versets qui précèdent notre lecture, on peut lire : « De bien loin ils ar­ri­vent, les uns du Nord et de l’Ouest, les au­tres, de la ter­re d’Assouan. » et encore « Le SEI­GNEUR ré­confor­te son peu­ple, et à ces hu­mi­liés il mon­tre sa ten­dres­se. » (Is 49, 12-13). Et, dans les versets qui suivent : « Ils ac­cou­rent tes bâ­tis­seurs, et tes dé­mo­lis­seurs, tes dé­vas­ta­teurs loin de toi s’en vont. Por­te tes re­gards sur les alen­tours et vois : tous ils se ras­sem­blent, ils vien­nent vers toi. Par ma vie, ora­cle du SEI­GNEUR, oui, tu les re­vê­ti­ras tous com­me une pa­ru­re, tel­le une pro­mi­se, tu te fe­ras d’eux une cein­ture. Oui, dé­vas­ta­tion, dé­so­la­tion, ter­re de dé­mo­li­tion que tu es, oui, dés­or­mais tu se­ras trop étroi­te pour l’habitant, tan­dis que pren­dront le lar­ge ceux qui t’engloutissaient. De nou­veau, ils di­ront à tes oreilles, les fils dont tu res­sen­tais la pri­va­tion : L’espace est trop étroit pour moi. Pla­ce pour moi ! Tiens-toi ser­rée que je puis­se ha­bi­ter. » et encore « Tu di­ras dans ton cœur : ‘Moi, j’étais pri­vée d’enfant, sté­ri­le, en dé­por­ta­tion, éli­mi­née ; ceux-là, qui les a fait gran­dir ? Voi­là que je res­tais seu­le ; ceux-là, où donc étaient-ils ?... Ils ra­mè­ne­ront tes fils dans leurs bras, et tes filles se­ront his­sées sur leurs épau­les. » (Is 49, 17-22).

            Il faut quand mê­me de l’audace pour an­non­cer de tel­les pro­mes­ses à un peu­ple en exil. C’est pres­que trop beau pour être vrai, di­rait-on. Mais cet­te au­da­ce est cel­le mê­me de Dieu. Pour bien pré­ci­ser que cet­te pa­ro­le n’est pas la sien­ne, Isaïe prend soin de par­se­mer ce cha­pi­tre de for­mu­les tel­les que « Ora­cle du Sei­gneur », ou « Pa­ro­le du Sei­gneur » ou en­co­re « Ain­si par­le le Sei­gneur ». Gé­né­ra­le­ment, quand les pro­phè­tes in­sis­tent sur ce point, c’est par­ce que les pa­ro­les qu’ils ont à di­re de la part de Dieu sont par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­ci­les à en­ten­dre.

PSAU­ME 61 (62)

 

2     Je n'ai de re­pos qu'en Dieu seul,                   
       mon sa­lut vient de lui.
3     Lui seul est mon ro­cher, mon sa­lut,              
       ma ci­ta­del­le : je suis in­é­bran­la­ble.

 8     Mon sa­lut et ma gloi­re                      
       se trou­vent près de Dieu.                  
       Chez Dieu, mon re­fu­ge,                    
       mon ro­cher im­pre­na­ble.

 9     Comptez sur lui en tout temps,                     
       vous, le peu­ple.                     
       De­vant lui, épan­chez vo­tre cœur :               
       Dieu est pour nous un re­fu­ge.
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         Clairement, ce psaume est une invitation à la confiance : « Je n'ai de re­pos qu'en Dieu seul, mon sa­lut vient de lui. Lui seul est mon ro­cher, mon sa­lut, ma ci­ta­del­le : je suis in­é­bran­la­ble... Comptez sur lui en tout temps, vous, le peu­ple. » Cette recommandation tombe à point nommé pour le peuple malheureux en Exil à Babylone que nous évoquions à propos de la première lecture.

         Comme très souvent dans les psaumes, c’est l’expérience de l’Exode qui est le meilleur argument de l’espérance. Car, pendant les quarante années de pérégrinations dans le désert du Sinaï, on a eu maintes occasions d’expérimenter la sollicitude de Dieu. Ici, par exemple, nous entendons à deux reprises le mot « rocher » qui fait référence à un événement très précis de l’Exode. Un événement qui a marqué la mémoire du peuple tout entier à tel point qu’il est évoqué à plusieurs reprises dans les textes bibliques.

         D’après le livre de l’Exode, cela se passait à Rephidim dans le sud de la péninsule du Sinaï. De loin, on voyait les palmiers de l’oasis et chacun espérait trouver de quoi étancher sa soif. Mais, ô surprise, l’oued était à sec. La bonne réaction aurait été de faire confiance : Dieu ne nous avait pas amenés aussi loin pour nous laisser mourir de soif. Certainement, il dicterait à Moïse une solution.

         Au lieu de cela, le peuple tout entier, pris de peur, s’est mis à récriminer. Non seulement, Moïse avait été bien imprudent de faire courir de tels risques à son peuple, mais on en vint à le soupçonner d’avoir ainsi manigancé la mort de tous ceux qui l’accompagnaient. Alors, ce fut au tour de Moïse d’être en danger. Si cela continue, ils vont me lapider, pensa-t-il.

         Or, quelle fut la réponse de Dieu à la révolte de son peuple ? Ce fut le don au-de­là de la ré­vol­te, le par­don : Il a dit à Moïse de se munir de son bâton, celui avec lequel il avait frappé le fleuve, la nuit de la sortie d’Égypte, et de frapper le rocher, ce que Moïse a fait bien sûr. Et alors de l’eau a coulé du rocher. « Dieu a fait jaillir l’eau du ro­cher de gra­nit » raconte le livre du Deutéronome (Dt 8, 15). Pour retenir la leçon de ce moment de soupçon de son peuple, Moïse appela ce lieu non plus Rephidim mais Massa et Meriba, ce qui signifie « Épreuve et Querelle » parce qu’on avait querellé Dieu (à travers son envoyé Moïse) et parce qu’on avait exigé de lui un signe.

         Ces mots de Massa et Meriba se retrouvent à plusieurs reprises chez les auteurs bibliques comme une méditation sur la tentation sans cesse renaissante de l’humanité de soupçonner Dieu de ne pas lui vouloir du bien. Voici, par exemple, le rappel du psaume 95/94 : « Puissiez-vous aujourd’hui écouter la voix du SEIGNEUR ! Ne durcissez pas votre cœur comme à Meriba, comme au jour de Massa dans le désert, où vos pères m’ont défié et mis à l’épreuve, alors qu’ils m’avaient vu à l’œuvre. » L’œuvre de Dieu, c’est le miracle de la sortie d’Égypte. Et le livre du Deutéronome dit la même chose à sa manière : « Vous ne mettrez pas à l’épreuve le SEIGNEUR votre Dieu comme vous l’avez fait à Massa. 

         Dés­or­mais, le sim­ple mot « ro­cher » évo­que cet­te fi­dé­li­té de Dieu mal­gré tou­tes les in­fi­dé­li­tés et les ré­vol­tes de son peu­ple. On ne s’étonne donc pas de le rencontrer souvent dans les psaumes, comme une sorte de garde-fou contre le soupçon.

         Le récit de la scène du jardin d’Éden relate de manière imagée ce problème éternel de l’humanité : créé par pur amour, et nanti de tous les pouvoirs sur la création, l’homme ne connaît qu’une limite à sa liberté, l’interdiction de prendre le fruit d’un certain arbre. La désobéissance mettrait l’homme en grand danger, a prévenu Dieu : « Tu pourras manger de tout arbre du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance de ce qui rend heureux ou malheureux, car du jour où tu en mangeras, tu devras mourir. » (Gn 2,  16-17). Là encore, c’est une question de confiance qui est posée à l’homme. Le texte suggère que l’homme devrait raisonner de la façon suivante : Dieu a fait preuve de sa bienveillance, pourquoi voudrait-il du mal à sa créature ? De toute évidence la consigne lui est donnée pour son bien ; sans doute le fruit est-il vénéneux. Il vaut donc mieux s’en abstenir comme Dieu l’a ordonné.

         Mais, malheureusement, l’homme se laisse gagner par le soupçon : une petite voix inspire à la femme l’idée que Dieu n’agit que par jalousie. Le mieux serait donc de lui désobéir... et l’on connaît la suite. L’homme et la femme ne meurent pourtant pas tout de suite de mort biologique, mais la relation de confiance est morte et le soupçon se répand comme un poison mortel, un venin qui inocule la mort spirituelle à l’humanité.

          Les psaumes, et tout particulièrement celui de ce dimanche, sont un lieu privilégié de lutte contre ce soupçon qui nous empoisonne. À tel point que le verset « Lui seul est mon ro­cher, mon sa­lut, ma ci­ta­del­le : je suis in­é­bran­la­ble » est dit deux fois, comme une sorte de refrain. Et le prophète Isaïe, en son temps, mettait en garde le jeune roi Achaz contre la tentation du manque de foi : « Si vous ne croyez pas, vous ne tien­drez pas »  (Is 7, 9).

         Saint Paul, à son tour, qui est imprégné des Écritures, poursuit la méditation de l’Ancien Testament sur le soupçon qui habite trop souvent les hommes. Et, à l’attitude d’Adam, le soupçonneux, il aime opposer l’attitude de confiance du Christ, qu’il appelle « le nouvel Adam ».

LECTURE DE LA PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS  4, 1 - 5

 

            Frères,
1          que l’on nous regarde
            comme des auxiliaires du Christ
            et des intendants des mystères de Dieu.
2          Or, tout ce que l’on demande aux intendants,
            c’est d’être trouvés dignes de confiance.
3          Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement,
            ou à celui d’une autorité humaine ;
            d’ailleurs, je ne me juge même pas moi-même.
4          Ma conscience ne me reproche rien,
            mais ce n’est pas pour cela que je suis juste :
            celui qui me soumet au jugement,
            c’est le Seigneur.
5          Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré,
            mais attendez la venue du Seigneur,
            car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres,
            et il rendra manifestes les intentions des cœurs.
            Alors, la louange qui revient à chacun
            lui sera donnée par Dieu.
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         De­puis le dé­but de sa let­tre, Paul se bat contre les que­rel­les de clans qui di­vi­sent la com­mu­nau­té de Co­rin­the : cha­cun ne ju­re plus que par son pré­di­ca­teur pré­fé­ré, Apol­los, ou Pier­re ou Paul lui-mê­me. Les cho­ses vont si loin que les gens en sont ve­nus à adop­ter un lan­ga­ge d’esclaves puis­que les uns et les au­tres dis­ent : « Moi, j’appartiens à Apol­los (ou à Pier­re ou à Paul) » (1 Co 1, 12) ; « ap­par­te­nir à » était l’expression em­ployée dans les cas d’esclavage.

         Les que­rel­les qui di­vi­sent la jeu­ne com­mu­nau­té ré­vè­lent donc un vé­ri­ta­ble pro­blè­me de fond : le Christ est ve­nu pour fai­re de nous des hom­mes li­bres et voi­là les Co­rin­thiens qui s’inventent une nou­vel­le for­me d’esclavage. On sait que dans toutes les communautés où il est passé, Paul a milité pour une véritable liberté : on peut être esclave de certaines manières de penser ou d’agir, de certains conformismes, de certaines modes. Les querelles à propos des habitudes alimentaires, par exemple, ont empoisonné par moments la vie des premières communautés chrétiennes. On en aura l’écho plus loin dans cette même lettre aux Corinthiens. Ici, il s’agit d’un autre esclavage : celui des maîtres à penser.

         Il est ur­gent de re­met­tre les cho­ses à leur pla­ce ; les pré­di­ca­teurs ne sont pas des maî­tres à qui vous de­vriez ap­par­te­nir, ils sont des ser­vi­teurs et rien d’autre : « Il faut que l’on nous re­gar­de seu­le­ment com­me des auxiliaires du Christ et les in­ten­dants des mys­tè­res de Dieu. » « L’Intendant » n’est pas le  « propriétaire » et il peut être destitué s’il outrepasse ses droits. De la même manière, si un pré­di­ca­teur peut de­ve­nir un gou­rou, alors il est un mau­vais pré­di­ca­teur ; il n’est pas un bon ser­vi­teur du Christ puisqu’il n’a ré­us­si qu’à cen­trer ses fi­dè­les sur sa pro­pre per­son­ne au lieu de les tour­ner vers le Christ. Ici, Paul s’interroge lui-mê­me et ce­la expli­que la tri­stes­se du  ton de ce pas­sa­ge : « Ma cons­cien­ce ne me re­pro­che rien, mais ce n’est pas pour ce­la que je suis jus­te ». Ce n’est pas son or­gueil qui est bles­sé : l’enjeu est beau­coup plus gra­ve : puisqu’il y a des gens pour di­re : « Moi, j’appartiens à Paul », ce­la veut-il di­re qu’il au­rait cap­té l’attachement de cer­tains au lieu de les tour­ner vers le Sei­gneur ?

         Deuxiè­me en­jeu de ces at­ta­che­ments ex­ces­sifs à tel ou tel : in­é­vi­ta­ble­ment, on en vient à por­ter des ju­ge­ments : op­ter pour Apol­los ou Pier­re ou Paul, de ma­niè­re ex­clu­si­ve, conduit à dé­ni­grer les au­tres. Or seul le Sei­gneur sait ju­ger les uns et les au­tres : les prophètes l’ont sans cesse répété, Dieu seul est le juste juge. L’argument donné par Paul est très intéressant : seul le maî­tre peut s’autoriser à ju­ger son ser­vi­teur ; aucun ou aucune d’entre nous ne peut se hasarder sans ridicule à juger les services rendus à quelqu’un d’autre. Dans la let­tre aux Ro­mains, Paul le dit très claire­ment : « Qui es-tu pour ju­ger un ser­vi­teur qui ne t’appartient pas ? » (Rm 14, 4). Nous som­mes les in­ten­dants des mys­tè­res de Dieu : com­me leur nom l’indique, ce sont des « mys­tè­res », c’est-à-di­re qu’ils nous échap­pent ; et tant qu’ils nous échap­pent, tout ju­ge­ment est pré­ma­tu­ré ! « Alors, dit Paul, ne por­tez pas de ju­ge­ment pré­ma­tu­ré, mais at­ten­dez la ve­nue du Sei­gneur ». Ce pro­jet de Dieu nous dé­pas­se tel­le­ment que nous som­mes par nous-mê­mes in­ca­pa­bles de dis­cer­ner son état d’avancement et la contri­bu­tion des uns et des au­tres à ce pro­jet. Voi­là qui rend dé­ri­soi­res tou­tes que­rel­les et dis­sen­sions sur la qua­li­té de tel ou tel ser­vi­teur de l’évangile !

          Je reviens à cette expression : « in­ten­dants des mys­tè­res de Dieu ». Voilà le titre magnifique donné par Paul aux baptisés que nous sommes. Quand quelqu’un nous demande quel est notre métier, nous viendrait-il à l’idée de répondre que nous sommes « in­ten­dants des mys­tè­res de Dieu ». C’est pourtant le premier but de nos vies ; l’évangile de ce dimanche le redira fortement !

          Enfin, si on regarde le texte d’un peu plus près, Paul emploie deux mots : celui qui a été traduit par « auxiliaire » (upèretas) désigne un subordonné, un subalterne ; l’autre terme (oikonomos) est quelqu’un d’important, un homme de confiance, ce que notre traduction rend par « intendant ». Les deux mots nous vont bien : « serviteurs quelconques » selon l’expression retenue par Luc ((Lc 17, 10), simples subalternes, nous le sommes, et c’est rassurant. L’œuvre de Dieu ne nous appartient pas. Nous faisons tranquillement notre petit possible au jour le jour, et cela suffit à notre joie intérieure.

          « Intendants », nous le sommes également, fiers de la confiance qui nous est faite. Or l’importance d’un intendant se mesure à la taille de la propriété ou à l’importance de la fortune qu’il doit gérer. Eh bien nous, nous sommes les intendants du Maître du monde et de l’histoire ! « In­ten­dants des mys­tè­res de Dieu », dit Paul. Les deux mots employés par Paul se contrebalancent en quelque sorte : ils nous permettent de pressentir la grandeur de notre mission au cœur même de notre petitesse !

          On comprend alors pourquoi les petites querelles des Corinthiens pouvaient affliger Paul. Elles ne sont pas à la hauteur de l’enjeu véritable de nos vies qui n’est autre que le Jour que nous attendons tous avec ferveur : celui de la venue du Seigneur.

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Complément

On peut rapprocher le souci de Paul d’être tout entier donné à la seule gloire de Jésus-Christ de cette parole du Christ dans l’évangile de Jean : « Qui parle de lui-même cherche sa propre gloire ; seul celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé est véridique, et il n'y a pas en lui d'imposture. » (Jn 7, 18).

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MATTHIEU  6, 24 - 34

 

                                         En ce temps-là,
            Jésus disait à ses disciples :
24        « Nul ne peut servir deux maîtres :
            ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
            ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
            Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.
25        C’est pourquoi je vous dis :
            Ne vous souciez pas,
            pour votre vie, de ce que vous mangerez,
            ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez.
            La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,
            et le corps plus que les vêtements ?
26        Regardez les oiseaux du ciel :
            ils ne font ni semailles ni moisson,
            ils n’amassent pas dans des greniers,
            et votre Père céleste les nourrit.
            Vous-mêmes, ne valez-vous pas
            beaucoup plus qu’eux ?
27        Qui d’entre vous, en se faisant du souci,
            peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
28        Et au sujet des vêtements,
            pourquoi se faire tant de souci ?
            Observez comment poussent les lis des champs :
            ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
29        Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire,
            n’était pas habillé comme l’un d’entre eux.
30        Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs,
            qui est là aujourd’hui,
            et qui demain sera jetée au feu,
            ne fera-t-il pas bien davantage pour vous,
            hommes de peu de foi ?
31        Ne vous faites donc pas tant de souci ;
            ne dites pas : ‘Qu’allons-nous manger ?’
            ou bien : ‘Qu’allons-nous boire ?’
            ou encore : ‘Avec quoi nous habiller ?’
32        Tout cela, les païens le recherchent.
            Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
33        Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice,
            et tout cela vous sera donné par surcroît.
34        Ne vous faites pas de souci pour demain :
            demain aura souci de lui-même ;
            à chaque jour suffit sa peine. »
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         On ne s’étonne pas que Jésus ait, à plusieurs reprises, abordé les questions d’argent, puisque c’est bien l’une des préoccupations majeures des hommes ; mais il me semble qu’il y a, dans le discours de Jésus, beaucoup plus que des considérations de sagesse. J’y lis au moins trois insistances : un appel à la liberté, une invitation à vérifier nos priorités et enfin une consigne de confiance.

         Un appel à la liberté, d’abord. Celui qui n’avait « pas mê­me une pier­re pour re­po­ser sa tê­te » jouissait d’une liberté totale de mouvement. On sait, à l’inverse, combien certains se voient obligés de consacrer leur temps et leur énergie à gérer leur fortune. Nous désirons la richesse parce que nous y voyons un moyen d’être libres et heureux (et le but est louable, en soi), mais l’inverse peut se produire, quand nous en devenons esclaves. Ce que l’on possède pourrait bien nous posséder, en définitive.

         Parce que ce problème est de tous les temps, de nombreux auteurs bibliques l’ont abordé, chacun dans son style. Je vous lis ce qu’en dit le li­vre du Si­ra­ci­de : « Le sou­ci en­traî­ne une vieilles­se pré­ma­tu­rée » (Si 30, 24) et un peu plus loin « L’insomnie que cau­se la ri­ches­se fi­nit par dé­char­ner quelqu’un, le sou­ci qu’elle ap­por­te éloi­gne le som­meil. » (Si 31, 1). Chez nous, la sa­ges­se po­pu­lai­re, el­le aus­si, dit bien que « L’argent est un bon ser­vi­teur mais un mau­vais maî­tre » ; et c’est ce der­nier ter­me que le tex­te ori­gi­nal de no­tre évan­gi­le em­ploie : l’argent, il le dit Ma­mon, c’était le nom d’une puis­san­ce qui as­ser­vit le mon­de. Nous plier sous sa loi, c’est per­dre no­tre li­ber­té et no­tre joie.

         Deuxièmement, Jésus nous invite à vérifier nos priorités : « Cher­chez d'abord son Royau­me et sa jus­ti­ce ». Le vrai trésor de nos vies, la vraie perle (pour reprendre des expressions de Jésus lui-même, cf Mt 13, 44-46), notre unique raison de vivre et de mourir, c’est le projet de Dieu, qui nous est révélé dans sa Parole. Nous pouvons nous occuper à autre chose, cela nous arrive, mais, tôt ou tard, nous lui revenons, parce que nous savons comme Pierre, que lui seul « a les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68). Dans la première lettre aux Corinthiens (notre deuxième lecture), Paul nous décernait le beau titre « d’intendants des mystères de Dieu ». Ici, Jésus nous invite à rester fidèles à cette vocation et à ne pas nous tromper de métier ou de priorités, si vous préférez. « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur », disait-il. D’ailleurs on peut remarquer ceci : cette partie du discours sur la montagne consacrée à la question de la richesse intervient après l’enseignement du Notre Père : or, dans le Notre Père, justement, les demandes sur la venue du Règne (« Que ton  Nom soit sanctifié, que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel ») précèdent la demande du pain quotidien.

         Enfin, troisièmement, et c’est la clé de tout, peut-être, Jésus nous invite à la confiance. Si Dieu est Père, comme tout le discours sur la montagne le développe, nous pouvons nous remettre entre ses mains. À cinq reprises, dans ces quelques lignes, il emploie le même verbe en grec que nos traductions rendent par le mot « souci » ou le verbe « se soucier ». Pour illustrer son propos, il nous donne en exemple les oi­seaux du ciel et les lis des champs. Puisqu’ils ont été créés par Dieu, on peut bien penser qu’ils ont leur fonc­tion dans la créa­tion, un rô­le bien­fai­sant à te­nir dans le­quel ils sont in­dis­pen­sa­bles.

         C’est encore plus vrai de l’homme, évidemment. Cha­que hom­me est un col­la­bo­ra­teur de Dieu et son tra­vail consis­te à gé­rer les ri­ches­ses qu’il lui confie : « Em­plis­sez la ter­re et do­mi­nez-la », avait dit le Créa­teur au pre­mier cou­ple hu­main (Gn 1, 28). C’est jus­te­ment par­ce que l’homme est le « lieu-te­nant » de Dieu qu’il peut, en tou­tes cir­con­stan­ces, gar­der la sé­ré­ni­té : « Re­gar­dez les oi­seaux du ciel... vo­tre Pè­re cé­les­te les nour­rit. Ne va­lez-vous pas beau­coup plus qu’eux ?... Obs­er­vez com­ment pous­sent les lis des champs... Si Dieu ha­bille ain­si l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui de­main se­ra je­tée au feu, ne fe­ra-t-il pas bien da­van­tage pour vous, hom­mes de peu de foi ? »

          Je reviens aux demandes du No­tre Pè­re : « Don­ne-nous no­tre pain... Par­don­ne-nous... Dé­li­vre-nous du mal. » Ce sont des pa­ro­les de confian­ce ab­so­lue. Les ver­sets que nous li­sons ici ne font que com­men­ter cet­te confian­ce qui est le tout de la vie du croyant. Une seu­le cho­se comp­te : en­trer dans les vues de Dieu, s’attacher à son pro­jet et tout fai­re pour y cor­res­pon­dre : « Cher­chez d’abord son Royau­me et sa jus­ti­ce, et tout ce­la vous sera don­né par-des­sus le mar­ché. » En d’autres ter­mes, ajus­tez (c’est le sens pro­fond du mot « jus­ti­ce ») vo­tre condui­te à la pen­sée mê­me de Dieu, à son des­sein d’amour, de­ve­nez-en de plus en plus les ar­ti­sans pour la pe­ti­te part qui vous re­vient de cet­te tâ­che. Pour le res­te, ne ces­sez pas de lui fai­re confian­ce,  « vo­tre Pè­re sait ce dont vous avez be­soin avant que vous le lui de­man­diez » (Mt 6, 8).

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 00:00

25 février-8 mars:

César prend Vellaunodunum, Cenabum et Noviodunum.

Vercingétorix lève le siège de Gorgobina pour se porter à sa rencontre, mais sa cavalerie est battue, notamment grâce aux 400 cavaliers germains de César.

Il pratique alors la tactique de la « terre brûlée » pour priver les Romains de ravitaillement

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MAISON CIVILE DU ROI. (1)

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)- Paris, 1816



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Introduction

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Rois de France


Génobaud
roi Franc
(légendaire)
à la fin du IVe siècle
354-419
Sunnon
roi Franc des Ampsivares 
et des Chattes (légendaire)
à la fin du IVe siècle
388-xxx
Marcomir
roi Franc des Ampsivares 
et des Chattes (légendaire)
à la fin du IVe siècle
Pharamond
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Duc des Francs Saliens 

(légendaire)
ancêtre mythique des Mérovingiens
Clodion le Chevelu
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Duc des Francs saliens
428 - 448

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Duc des Francs saliens 
(incertain)
448 - 457
Childéric Ier
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Duc et Roi des Francs saliens
457 - 481
Clodomir
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Roi d'Orléans
511524
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Roi de Metz
(futur Austrasie)
511534
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Roi de Neustrie
511561
Roi des Francs
558561
Roi d'Austrasie
53454
Théodebald Ier
(Thibaut)
Roi d'Austrasie
548555
561567
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Roi de Neustrie 
Roi de Bourgogne
561592
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Roi d'Austrasie
561575
Roi d'Austrasie
Roi d'Austrasie
595 - 612
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Roi de Bourgogne
595613
Roi d'Austrasie
61261
sous la régence de Brunehilde
Roi de Bourgogne
Roi d'Austrasie
613
Roi de Neustrie
584629
Roi de Paris
595
629
Roi des Francs
613629
Roi des Francs (sans l'Aquitaine)
629639
Roi des Francs
632639
Caribert II
 Roi d'Aquitaine
629632
Roi de Neustrie, de Bourgogne
639657
Roi d'Austrasie
656657
Roi d'Austrasie
639656
Childebert III l'Adopté
Roi d'Austrasie
657662
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Roi de Neustrie, de Bourgogne
65767






Roi d'Austrasie
662675
Occupe la Neustrie
673675







Roi de Neustrie
673691
Roi des Francs 

(en fait uniquement de Neustrie)
L'Austrasie étant aux mains
de Pépin de Herstal
679
691

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Roi de Neustrie, Bourgogne et Austrasie
675 - 676
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Roi d'Austrasie
676679
Clovis IV








Roi des Francs
(en fait uniquement de Neustrie)
691695









Roi des Francs
(en fait uniquement de Neustrie)
695711
Dagobert III









Roi des Francs de 711 à 715
Chilpéric II









roi des Francs de Neustrie et des Burgondes
de 715 à 719
puis de tous les Francs de 719 à 721.
C
lotaire IV


T
hierry IV









Childéric III
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roi des Francs, de Neustrie
de Bourgogne et d'Austrasie
de 743 à 751

************

 

 


Pépin III le Bref
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Carloman Ier
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C
harles Ier
dit Charles le Grand
CHARLEMAGNE

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Louis Ier dit le Pieux
ou «le Débonnaire»
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Lothaire Ier
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Lothaire II

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C
harles II dit le Chauve
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Louis II dit le Bègue
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Louis III de France
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C
arloman II de France
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Charles III dit le Gros
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Eudes Ier de France
Robertin
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Charles III dit le Simple
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Robert le Fort
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Robert Ier de France

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Hugues le Grand
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Raoul Ier de France
aussi appelé Rodolphe

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Louis IV dit d'Outremer
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Lothaire de France
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Louis V dit le Fainéant
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Dernier roi de la lignée
des Carolingiens
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H
ugues Capet
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Robert II le Pieux
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Hugues II de France
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(1007-1025)
Roi de France associé
1017 - 1025
Henri Ier de France
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Louis VI le Gros
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Louis VII Le Jeune
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Louis IX (Saint Louis)
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Philippe III de France
dit le Hardi
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Philippe IV le Bel
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Louis X le Hutin
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Jean Ier le Posthume

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Philippe V
le Long
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Charles IV le Bel
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Valois
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Charles VI le Fol ou le Bien-Aimé
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Charles VII le Victorieux
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Louis XI de Valois
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Charles VIII de Valois
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Louis XII d'Orléans
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François Ier d'Angoulème
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Henri II d'Angoulème
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François II d'Angoulème
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Charles IX d'Angoulème
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Henri III d'Angoulème
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