Religion - Royauté
Ah ! Le bon roi Henri IV ! Cet admirable père de famille qui se met à quatre pattes pour jouer avec ses enfants, cet insatiable séducteur qui roucoule devant chaque jupon, ce mécène des Restos du coeur qui offre une poule au pot à chacun de ses sujets, que nous l'aimons... C'est probablement le roi préféré des Français. Pourtant, c'est aussi un monstre capable de massacrer et de rançonner des citadins paisibles qui ont le malheur de se refuser à lui. Comme tous les grands seigneurs de cette époque, il est capable d'une cruauté qui, aujourd'hui, ferait passer Saddam Hussein, Bachar el-Assad ou... George Bush pour des petits saints.
Henri IV montre sa face sombre en janvier 1595 quand il lâche sur la Franche-Comté ses deux alliés, les tristes sires lorrains de Tremblecourt et d'Haussonville. En effet, celle-ci est une possession de l'Espagne à qui il vient de déclarer la guerre. Le bon roi Henri est prêt à tout pour récupérer le comté de Bourgogne (aujourd'hui, la Franche-Comté), dont les habitants parlent français.
Si, dans un premier temps, il n'utilise pas ses propres troupes, c'est qu'il a peur que les Nations unies lui envoient Kofi Annan. Il est bien le seul à le craindre... Bref, ses deux sbires lorrains massacrent et pillent la région sans vergogne, avec son assentiment. Si certaines cités comme Dole et Gray échappent à la destruction totale grâce à leurs hautes murailles, d'autres tombent comme des fruits mûrs. Ainsi la population de Baulay est égorgée. Vesoul et de nombreuses autres cités doivent payer une rançon pour éviter leur mise à sac. Les cantons suisses qui avaient conclu un traité d'alliance avec le comté de Bourgogne se gardent bien d'intervenir. Tant qu'on ne s'en prend pas à leurs banques... Et puis cette guerre est une histoire de cathos. Qu'ils se débrouillent entre eux !
Finalement, les Espagnols interviennent pour protéger leur possession avec une armée levée dans la région qui massacre les troupes d'Haussonville et de Tremblecourt. Voilà qui oblige Henri IV à sortir du bois. Il pénètre dans le comté avec son armée menée par le maréchal de Biron. Bien décidé à en découdre et à faire raquer ces riches Francs-Comtois. Au bord de la crise de nerfs, Kofi Annan remet sa démission à Ban Ki-moon. Le bon roi commence par vaincre la troupe espagnole, décimée, il est vrai, par la maladie, puis organise un petit rallye mondain destiné à rançonner chaque cité.
Pour convaincre les récalcitrants, rien ne vaut un petit massacre. Les bourgeois de Besançon préfèrent promettre 30 000 écus en échange de leur tranquillité. À Arbois, on n'a pas l'intention de se faire racketter. On n'est pas en Corse... Aussi, le 4 août 1595, quand le maréchal de Biron s'établit dans les faubourgs de la cité, la population organise la défense. Tout le monde donne la main, hommes, femmes, enfants. Les assiégés refusent toutes les propositions de reddition et se paient même le luxe de tenter plusieurs sorties. Fureur de Biron qui attaque les faubourgs. Comme ses troupes essuient de lourdes pertes, il met le feu à plus de 120 maisons.
Dans la nuit du 6 ou 7, le maréchal reçoit en renfort des canons qu'il met en batterie. Dès les premiers boulets, les Arboisiens, comprenant qu'ils n'ont plus grande chance, acceptent de déposer les armes en échange de la promesse qu'aucun mal ne sera fait à la population et à ses biens. Tu parles, Charles. Les troupes, qui ont l'habitude de compléter leur maigre solde - quand elles en touchent une - avec la rapine, s'empressent de piller la ville et d'occire les habitants qui auraient l'outrecuidance de s'en alarmer.
Débarquant sur place le 9 août, le bon roi Henri IV laisse ses hommes se payer sur la bête. On les connaît, les promesses de Gascon... Et comme lui aussi possède de petits soucis d'argent, il exige une rançon de 10 000 écus, qu'il baisse magnanimement à 7 000 écus. Afin de se garantir contre tout défaut de paiement, il prend plusieurs bourgeois en otage. Enfin, contrairement à toutes les promesses faites par Biron, Henri fait pendre Jean Morel, qui avait organisé la résistance de la cité.
Arbois n'est pas la seule cité martyre. Dans le sillage des Français, ce n'est que morts et pillages. Château-Chalon est mise à feu et à sang. Le bourg d'Arlay, qui, le 15 août, ose défendre ses biens, est pris d'assaut et pillé. Le Béarnais réclame une rançon aux survivants s'ils ne veulent pas être passés au fil de l'épée. Pour montrer qu'il ne plaisante pas, le bon roi de France en occit deux cents dont les corps sont jetés sous l'église de Saint-Claude. Où est Amnesty International ?
Écoeuré par tant de barbarie, le recteur de l'hôpital du Saint-Esprit écrira dans ses Mémoires : "Jamais les eaux de la Garonne ne pourront laver le Béarnais d'un pareil méfait. Dieu lui fasse bonne justice." Ledit Béarnais s'en bat l'oeil et marche sur Lons. Menaçant d'égorger tout le monde, il obtient aussi sec la reddition de la cité et exige un tribut de 30 000 écus pour se retirer sans laisser de garnison sur place. Les échevins topent là à 25 000 écus. Mais le lendemain, le roi de France, oubliant l'accord, s'avance avec six canons pour investir la ville, malgré sa promesse de la veille. À l'ONU, la Russie et la Chine maintiennent leur veto.
L'arrivée de renforts espagnols oblige Henri IV à se retirer de Franche-Comté en signant un nouvel accord de neutralité. Les Francs-Comtois retrouvent la paix mais pas pour longtemps. En 1635, Richelieu remet le couvert en engageant la France dans la guerre de Trente Ans. Cette fois, ce sera la moitié de la population qui sera exterminée par l'armée française. Bachar el-Assad ne fait, malheureusement, qu'appliquer les bonnes recettes du passé. Décourageant...
1993
samedi 7 août 1993
la Belgique enterrait son roi. Baudouin Ier, Roi des Belges, né le 7 septembre 1930, avait succombé le 31 juillet 1993 à une crise cardiaque alors qu’il passait ses vacances estivales avec la Reine Fabiola dans leur résidence espagnole de Motril.
L’onde de choc en Belgique suite à l’annonce du décès du souverain qui régnait depuis 42 ans, fut gigantesque. En pleine période de vacances, plus de 500.000 personnes défilèrent devant sa dépouille exposée au Palais royal de Bruxelles.
La Reine Fabiola qui avait souhaité réduire la période de deuil national au minimum, se chargea de l’organisation des funérailles. Il fut ainsi demandé de revêtir plutôt du gris que du noir, la cérémonie des funérailles étant placée sous le signe de l’espérance. La Reine Fabiola, elle-même portait une robe blanche.
La plupart des Chefs d’Etat avaient fait le déplacement dont fait exceptionnel la Reine Elisabeth II (qui ne se déplace jamais pour des funérailles à l’étranger), le Roi et la Reine d’Espagne (qui avaient accouru à Motril à l’annonce du décès), le Roi et la Reine de Norvège (cousins germains du roi Baudouin), le Roi et la Reine de Suède, la Reine Margrethe II de Danemark et le prince consort, la famille grand-ducale de Luxembourg au complet, le Prince Rainier de Monaco, le Président François Mitterrand, la Présidente d’Irlande, les Empereurs du Japon, la Reine Marie Josée d’Italie venue malgré son grand âge du Mexique, la Grande-Duchesse Maria de Russie, les Princes de Naples, le Président Moubarak, le Grand Maître de l’Ordre de Malte, …
C’est le primat de Belgique, le Cardinal Daneels qui officia tout au long de le célébration, évoquant le Roi Baudouin en termes de “berger pour son peuple“. Outre la chorale, la partie musicale fut assurée par le baryton José Van Damme, Will Tura et Julos Beaucarne.
Les orateurs choisis par la Reine Fabiola, mirent à l’honneur les thèmes de société chers au roi Baudouin : Paula D’Hondt, commissaire royale à l’égalité des chances; un ami céramiste qui évoqua la vie artistique, le professeur Nathan Clumeck qui évoqua les malades du SIDA que le Roi et la Reine avaient rencontrés à de multiples reprises et enfin l’auteur Chris De Stoop qui avait rédigé un ouvrage sur l’exploitation sexuelle, accompagné par une jeune femme originaire des Philippines, Luz arrachée de la prostitution et que le souverain avait rencontrée quelques temps auparavant à Anvers.
Après la cérémonie religieuse en la Cathédrale Saints Michel et Gudule, la famille royale belge et ses proches se déplacèrent jusqu’à l’église Notre dame de Laeken pour une dernière bénédiction avant que le cercueil du roi Baudouin ne soit transféré dans la crypte royale.