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Religion - Royauté

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VATICAN - INFO

 Le diocèse de Carcassonne a la joie de fêter les 100 ans d'âge et les 75 ans de sacerdoce (il a été ordonné en 1934) de l'abbé Charles Manenti, doyen des prêtres de l'Aude !
Messe d'action de grâces à 18h en l'église de Sigean.
Le curé de Sigean a 100 ans...
D.R.
 dont 75 de sacerdoce
L'abbé Charles Manenti fête aujourd'hui son centième anniversaire.

Il a été le curé de Sigean de 1950 à 1986... et continue, depuis, de célébrer la messe chaque soir de la semaine.

Rencontre avec un homme qui n'a cessé de vivre sa foi, auprès de ses fidèles mais aussi dans l'enfer de la guerre.



La voix résonne dans l'église de Sigean. Puissante. Captivante. Accompagnée d'un talent réel pour la phrase qui touche, la formule qui marque. A 100 ans, l'abbé Charles Manenti impressionne d'aisance.

Depuis 75 ans, l'homme met ce parler naturel et accrocheur au service de ses prêches et de sa foi. Aujourd'hui, Sigean célèbre ainsi l'anniversaire de celui qui a été son curé durant 36 ans... et qui n'a jamais cessé son office dans le coeur des habitants.

Pas de retraite

Aujourd'hui encore, l'abbé Charles Manenti accompagne de nombreuses familles dans la joie (baptêmes, mariages...) comme dans la peine. Juste une présence. Sa présence. Chaleureuse. Réconfortante. "Un prêtre reste un prêtre pour toujours", indique-t-il. "Célébrer la messe chaque jour, c'est ma joie quotidienne ! J'aime l'intimité dans laquelle je vis avec Dieu. Elle me permet d'apporter aux gens l'amour et la ferveur qui sont en moi." Pas de retraite pour la foi.

Elle guide l'existence de Charles Manenti depuis ses 12 ans, âge où le curé de Durban lui révéla sa vocation. "Je suis né dans une famille chrétienne", raconte l'abbé. "Mon père était très fier de me voir entrer dans les Ordres." Cet engagement inébranlable est mis à rude épreuve quand éclate la guerre. "C'est ma foi qui m'a soutenu tout au long de cette terrible période. J'étais alors vraiment heureux d'être prêtre !" En 1939, Charles Manenti est en effet mobilisé.

Une expérience dont il se souvient comme si c'était hier. "J'ai failli rester sur les dunes de Dunkerque", s'exclame-t-il. "Je voyais les balles se loger tout autour de moi, sans jamais me toucher. Quelqu'un avait ouvert un parapluie juste devant moi !" Nul besoin de lui demander à qui il fait allusion...

Lucide

Soixante-dix ans plus tard, Charles Manenti affiche cette même confiance en la vie et en ses croyances. Mais avec le triste sentiment d'être devenu une exception. "Les gens croient plus en leur propre personne qu'en l'amour infini", déplore-t-il. "Au siècle dernier, il y avait toujours quelques fidèles qui passaient prier à l'église dans la journée. A présent, c'est de moins en moins le cas. Quand j'étais prêtre à Coursan, en 1936, j'ai vécu un contexte anticlérical assez poussé.

Le 1er mai de cette année-là, j'avais trouvé à l'entrée du presbytère une inscription écrite en rouge : "Les curés au poteau". Si celui qui a peint ça est encore en vie, il doit être content de voir que le nombre de prêtres est à la baisse. Mais il y en aura toujours !" Optimiste, le père Manenti entame son centième printemps avec l'heureuse sérénité de celui qui a trouvé sa place parmi les hommes. Et peut-être aussi dans leurs âmes.
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