Religion - Royauté
Né à Grenoble le 20 avril 1746, il appartenait à une vieille famille de magistrats. Il entra dans les ordres et dut autant à son mérite qu'aux relations de sa famille l'avancement rapide qu'il y obtint. Attaché au cardinal de Luynes, il le suivit à Rome et à son retour devient en 1785 agent général du clergé. En 1787, il est prieur commendataire du prieuré simple et régulier Saint Jean Baptiste de Mougon, diocèse de Poitiers[1].
Son oncle, l'évêque de Troyes, l'ayant appelé près de lui comme coadjuteur, lui céda le 5 octobre 1788 son siège épiscopal. Ayant refusé de prêter le serment à la nouvelle constitution civile du clergé (1791), il émigra en Suisse puis en Angleterre.
Il rentra après le 18 brumaire an VIII, en prêtant serment au gouvernement consulaire, en engageant les prêtres de son diocèse à en faire autant, et en se démettant spontanément de son évêché pour facilier le Concordat.
Le premier consul lui confia aussitôt une mission de confiance et de conciliation dans le diocèse de Poitiers, et, après son succès, le nomma en 1802 évêque de Meaux, puis à l'institution de l'Empire, aumônier de la princesse Murat, et enfin archevêque de Tours entre 1805 et 1815.
Napoléon le chargea de toutes ses délicates négociations avec le pape : il s'en acquitta si bien que l'empereur le fit entrer le 20 mai 1806 au Sénat conservateur. Il le créa comte de l'Empire le 11 août 1808, et lui donna le 3 avril 1813 la grand-croix de l'ordre de la Réunion. L'archevêque de Tours ne se crut pas délié, par la chute de Napoléon, de ses serments et de la reconnaissance. Il prononça l'oraison funèbre de l'impératrice Joséphine, et Louis XVIII, appréciant cet acte de fidélité si rare surtout à cette époque, l'en récompensa en le nommant deux jours après pair de France. Le 2 juin 1815, il fût maintenu par l'empereur à la Chambre des Pairs pendant les Cent-Jours. Le même jour, il officia pontificalement à la messe du Champ-de-Mai : il refusa toutefois de signer l'Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire. Au retour de Gand, il fut déclaré démissionnaire (24 juillet 1815), au moment où il donnait lui-même sa démission, par probité politique. Il rédigea un mémoire justificatif de sa conduite, et mourut un an après d'une attaque d'apoplexie à Paris le 6 juin 1816. Ce remarcable prélat a été Franc-Maçon. Il fut initié à la loge La Concorde de Sens le 25 octobre 1777 et fut, aussi, dès le 1781, membre du Rite Écossais Rectifié - il activa dans la loge La Bienfaisance et l'Égalité de Grenoble (voir Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie sous la direction de Daniel Ligou, PUF, 2005).
Plusieurs ouvrages relatifs à l'histoire ecclésiastique, et à des questions de polémique religieuse dont :

http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/portraits/en/cards/P1752.shtm
Mgr Joseph Norbert Provencher, né le 12 février 1787 à Nicolet, fut le premier évêque de Saint-Boniface.
Après avoir été curé de Saint-Louis-de-Kamouraska, il partit en avril 1818 pour les missions de la Rivière-Rouge, dont il fut le premier missionnaire, ayant le titre de vicaire-général.
Il fut nommé à Rome, le 1er février 1820, évêque de Juliopolis en Galatie, suffragant et auxiliaire de l'évêque de Québec et vicaire apostolique pour le district du Nord-Ouest. Il fut sacré sous ce titre, par Mgr J.O. Plessis, le 12 mai 1822, dans l'église paroissiale des Trois-Rivières.
En 1847, il prit possession du siège épiscopal de Saint-Boniface de la Rivière-Rouge. Il y mourut le 7 juin 1853, âgé de 66 ans, et fut inhumé dans sa cathédrale.



Mary Lilian Henriette Lucie Josephine Ghislaine Baels
fille de la grande bourgeoisie
deuxième épouse du roi Léopold III, portant le titre de princesse de Belgique, mais connue comme la princesse de Rethy.
Née en 1916 à Londres, elle est le septième enfant d'un couple d'Ostendais réfugié en Angleterre en raison de la guerre.
Son père Henri Baels sera notamment avocat, échevin, actionnaire de sociétés de pêcherie, député à la Chambre, ministre de l'Agriculture et des Travaux Publics, et gouverneur de la province de Flandre Occidentale à partir de 1933.
Elle fréquente l'école primaire des Soeurs de Saint-Joseph à Ostende, puis l'Institut des Dames du Sacré-Coeur. Elle parle le français, le néerlandais et l'anglais. Sa famille s'installe à Knokke en 1931.
Le 7 décembre 1941, le cardinal Van Roey fait lire une lettre dans toutes les églises de Belgique : le Roi a épousé religieusement Lilian Baels le 11 septembre. Cette nouvelle fait l'effet d'une bombe dans le peuple belge et sera un des éléments qui déclenchera la question royale, dont les véritables motifs résident dans la séduction que les régimes autoritaires avaient exercé sur le roi, et dans le fait qu'il s'était désolidarisé de son gouvernement réfugié à Londres. En contravention à la législation belge, qui précise que seul le mariage civil a force de loi, et donc que le mariage religieux doit le suivre et non le précéder, le mariage civil n'aura lieu que deux mois plus tard. Les sentiments pro-nazis que l'on prêtait à la princesse de Réthy seront accrédités auprès de la population belge qui apprend qu'Hitler a envoyé des fleurs. Lilian renonce au titre de reine (et reçoit du monarque le titre de princesse de Réthy) tandis le Palais fait savoir que les futurs enfants nés de cette seconde union ne seront pas dynastes. La bombe est d'autant plus grande que ce mariage était anticonstitutionnel et que le Palais n'est pas compétent pour décider si les enfants du Roi sont dynastes ou non : seule la Constitution le peut.
Le 18 juillet 1942, Lilian Baels donne le jour au prince Alexandre. En juin 1944, la famille royale belge est emmenée par les Allemands et sera libérée un an plus tard en Autriche. Le roi Léopold III, la princesse Lilian et leurs enfants ne rentrent pas en Belgique suite à la question royale et s'installent à Prégny en Suisse de 1945 à 1950. Ils attenderont la consultation populaire de 1950 avant de revenir à Bruxelles dans une ambiance très tendue. Le remariage du monarque fut en effet, avec ses positions politiques et l'attitude qu'il eut vis-à-vis de son gouvernement, un des éléments qui lui attirèrent la critique
Après l'abdication du roi Léopold III, le couple aura encore deux autres enfants : la princesse Marie-Christine en 1951 et la princesse Marie-Esméralda en 1956. Au cours de la première décennie du règne du roi Baudouin, la princesse Lilian de Réthy occupe le rôle de Première Dame de Belgique et gère la vie de la Cour avec fermeté et raffinement, mais elle ne parviendra jamais à se faire aimer des Belges. Elle est très proche de ses trois beaux-enfants (Joséphine-Charlotte, Baudouin et Albert).
En 1958, elle crée la Fondation cardiologique Princesse Lilian qui a pour objectif d'offrir aux enfants atteints de malformations cardio-vasculaires, inopérables à l'époque en Belgique, la possibilité de bénéficier d'interventions d'avant-garde, développées aux États-Unis. Ce désir était né du succès de l'intervention chirurgicale subie un an auparavant par son fils le prince Alexandre.
Suite aux pressions politiques du gouvernement belge, le roi Léopold III et la princesse Lilian acceptent en 1959 de quitter le domaine de Laeken. Un an plus tard, ils s'installent avec leurs deux filles au domaine royal d'Argenteuil, restauré et mis à leur disposition par l'Etat belge. Le couple y recevra dans la discrétion de très nombreuses personnes : ambassadeurs, ministres, scientifiques, anciens combattants, sportifs, etc. Mais la visite la plus prestigieuse restera celle de la reine Elisabeth II et du prince Philip d'Angleterre en 1966. La princesse se consacre à Argenteuil à la gestion de sa Fondation, à l'organisation des fréquentes réceptions et à sa harde de cerfs.
À partir de 1960, les relations deviennent tendues entre le roi Léopold III et la princesse Lilian d'une part et le roi Baudouin et la reine Fabiola de l'autre. Ils n'apparaîtront plus ensemble qu'une seule fois en public lors des funérailles de la reine Elisabeth en 1965.
Après le décès du roi Léopold III en 1983,la princesse Lilian continue de vivre au domaine royal d'Argenteuil, a enfin la joie d'être grand-mère en 1998 et 2001 et fait éditer les mémoires posthumes de son époux intitulées "Pour l'Histoire". Elle était en dispute avec sa fille la princesse Marie-Christine qui est partie vivre au début des années 80 en Amérique et qu'elle n'a plus jamais revue.
Ses relations étaient meilleures avec son beau-fils le roi Albert II, devenu le nouveau chef de famille après le décès du roi Baudouin en 1993 qu'il avait tenu à lui apprendre personnellement avant qu'elle ne le sache par les médias. Le Roi s'est ensuite rendu à plusieurs reprises au domaine royal d'Argenteuil et a assisté aux côtés de la princesse de Réthy au mariage de la princesse Marie-Esméralda en 1998 à Londres.
La princesse Lilian de Réthy décède le 7 juin 2002 au château d'Argenteuil. Ses funérailles ont eu lieu en l'église Notre-Dame de Laeken en présence de toute la famille royale belge, du grand-duc Jean et de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte de Luxembourg. Seule la princesse Marie-Christine n'avait pas voulu y assister. La princesse Lilian repose dans la crypte de la famille royale à Laeken aux côtés du roi Léopold III et de la reine Astrid.