Religion - Royauté
SAINT EUSÈBE
Évêque de Verceil, martyr
(† c. 371)
Né à Cagliari, en Sardaigne, saint Eusèbe perdit son père pendant la persécution de Dioclétien. Sa mère le conduisit à Rome où il reçut le baptême des mains du pape Eusèbe qui lui donna son nom. À Verceil, Eusèbe étudia avec soin les Saintes Lettres, les arts libéraux, et fut reçu lecteur. Il menait une vie si sainte en fréquentant les écoles qu'on le regardait comme un ange. Ses éminentes vertus le distinguèrent au sein du clergé de la ville de Verceil et lorsque le siège épiscopal vint à vaquer en l'an 340, le pape Jules Ier l'élut pour remplir la charge d'évêque.
Saint Eusèbe s'appliqua tout d'abord à former de dignes ministres de Jésus-Christ et un clergé instruit. Il organisa dans son palais épiscopal une école où les jeunes ecclésiastiques unissaient la vie monastique à la vie cléricale. Saint Ambroise en parle avec admiration : « C'est, disait-il, une milice toute céleste et toute évangélique, occupée jour et nuit à chanter les louanges de Dieu, à apaiser sa colère et à implorer sa miséricorde. Ils ont toujours l'esprit appliqué à la lecture ou au travail. » Le succès couronna ses efforts apostoliques, car de son clergé sortit un grand nombre de saints prélats aussi vertueux qu'éclairés. Plusieurs Églises sollicitèrent la faveur d'être gouvernées par les disciples de saint Eusèbe.
L'hérésie d'Arius favorisée par l'empereur Constance commençait à se répandre en Occident. Le saint évêque de Verceil résista ouvertement à l'empereur et lui reprocha hautement son impiété. En l'an 355, dans un concile tenu à Milan par le pape Libère, saint Eusèbe demanda qu'on souscrivît avant tout au symbole de Nicée et refusa de signer la sentence prononcée par les hérétiques contre saint Athanase d'Alexandrie.
Les évêques ariens s'opposèrent au Saint et le firent exiler en Palestine, à Scythopolis, où on lui fit subir d'indignes traitements. L'empereur Constance le transféra plus tard en Cappadoce et ensuite, dans la Haute-Thébaïde. Les ariens le traînaient par terre à demi-nu ou lui faisaient descendre un escalier très élevé la tête en bas et l'accablaient de coups. Saint Eusèbe souffrait tout sans se plaindre. Dans son exil, il écrivit aux Églises d'Italie pour les exhorter à demeurer fermes au milieu des persécutions.
Remis en liberté après la mort de Constance survenue en 361, saint Eusèbe alla rallumer le flambeau de la foi dans les Églises d'Orient infestées par l'hérésie, et eut le bonheur de rencontrer le grand Athanase à Alexandrie.
Ce vaillant et fidèle défenseur de la foi termina sa vie laborieuse et pénitente à l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Les souffrances qu'il endura pour défendre la divinité du Christ furent si grandes que l'Église lui décerna les honneurs du martyre, quoiqu'il n'ait pas perdu la vie dans les supplices. Ses précieuses reliques enchâssées reposent dans la cathédrale de Verceil.
"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints qu’entre une musique notée et une musique chantée.” (Saint François de Sales.)
SAINT ALPHONSE de LIGUORI
Docteur de l'Église
(1696-1787)
Saint Alphonse de Liguori naquit près de Naples. Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique à seize ans, il embrassa la carrière d'avocat. Pendant les dix années qu'il remplit cette charge, il fut le modèle du parfait chrétien. Il commençait à se relâcher, quand il échoua dans un plaidoyer superbe où il avait déployé tous ses talents; "O monde! s'écria-t-il, désormais je te connais; tu ne m'auras plus."
Peu après, il entendit une voix lui dire: "Laisse le monde de côté, livre-toi à Moi tout entier..." Aussitôt il répondit, fondant en larmes: "O Dieu! Me voici, faites de moi ce qu'il Vous plaira." Aussitôt Alphonse va déposer à l'église de la Sainte Vierge son épée de gentilhomme, prend bientôt l'habit ecclésiastique, fait ses études de théologie, et au bout de trois ans reçoit le sacerdoce. Désormais le voilà embrasé du zèle des âmes; il se mêle au peuple des campagnes et s'éprend d'un amour spécial pour lui.
C'est alors que l'idée lui vint de fonder, pour exercer l'apostolat parmi cette classe si intéressante de la société, la Congrégation des Rédemptoristes. Traité d'insensé par son père, ses proches et ses amis, persécuté et abandonné bientôt par plusieurs de ses premiers collaborateurs, délaissé et méprisé par son directeur lui-même, Alphonse endura toutes les souffrances morales qui peuvent tomber sur un homme: rien ne put l'abattre ni le décourager.
Il eut plusieurs visions de la très Sainte Vierge; une fois, pendant un sermon sur les gloires de Marie, il fut ravi, et environné d'une éblouissante lumière.
Un jour, son pauvre accoutrement le fit prendre pour le cocher des autres missionnaires, et, à son premier sermon, son éloquence fit dire au peuple: "Si le cocher prêche si bien, que sera-t-il des autres!" Aux travaux apostoliques, Alphonse joignait les travaux intellectuels, et il composa un grand nombre d'ouvrages de piété et de morale qui l'ont fait élever au rang des docteurs.
Sacré évêque, Alphonse égala par ses vertus les plus saints pontifes. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-onze ans.
SAINT PIERRE-JULIEN EYMARD
Prêtre
Fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement
et de celle des Servantes du Saint-Sacrement
(1811-1868)
Saint Pierre-Julien Eymard est né à La Mure, diocèse de Grenoble, le 4 février 1811, de parents de modeste condition, mais très chrétiens. On put comprendre, dès ses premières années, qu'il serait un grand serviteur de l'Eucharistie, car il ressentit de très bonne heure un irrésistible attrait pour le très Saint-Sacrement. Tout jeune, il aimait à visiter l'église, se cachait derrière l'autel, fixait les yeux sur le Tabernacle « pour y prier plus près de Jésus et L'écouter ».
Être prêtre, monter un jour à l'autel, consacrer et distribuer l'Eucharistie, tel était dès lors le rêve de cet enfant prédestiné. Sa vocation fut longtemps éprouvée par la résistance de son père et par sa mauvaise santé ; mais son énergie triompha de tous les obstacles, par le secours de Marie, dont il aimait à visiter les sanctuaires vénérés, surtout celui de Notre-Dame du Laus.
Prêtre en 1834, vicaire, puis curé, pendant plusieurs années, il se montra partout un saint et un apôtre. Son amour pour la Sainte Vierge le fit entrer dans la Société de Marie, où il remplit bientôt de hautes fonctions avec toutes les bénédictions de Dieu. Sa Mère céleste lui révéla, à Fourvières, sa vraie vocation, celle de fonder une Congrégation du très Saint-Sacrement. Sa grande foi triompha de toutes les difficultés, et ses œuvres prospérèrent merveilleusement, pour la gloire de Jésus-Hostie.
Épuisé de fatigues, il mourut prématurément le 1er août 1868. On peut dire sans exagération qu'il fut le promoteur, par lui-même et par ses religieux, de toutes les grandes œuvres eucharistiques de notre temps.
Pie XI l'a béatifié le 3 août 1925 et Jean XXIII l'a canonisé le 9 décembre 1962.
SAINT ÉTIENNE 1er
Pape et martyr
(† 257)
Romain de la famille des Julia, Étienne devint évêque de Rome en 254. Son pontificat assez bref fut marqué par la question du baptême administré par les hérétiques. Il invoqua la tradition apostolique en faveur de la tradition romaine et dut faire face à la ferme opposition de saint Cyprien.
La tradition veut qu'il fût décapité sur son trône pendant une célébration eucharistique dans les catacombes.
Charles X
(château de Versailles, 9 octobre 1757–Görz, Empire d'Autriche, 6 novembre 1836)
dernier (soixante-dixième) à avoir porté la couronne et le titre de roi de France.
Succédent à ses deux frères, Louis XVI et Louis XVIII, il est celui dont l'avènement à 66 ans et le décès à 79 ans ont eu lieu aux âges les plus avancés.
Très attaché aux conceptions et aux valeurs de l'Ancien Régime qu'il tendait à rétablir tout en les renouvelant, aussi bien dans le droit que dans les arts décoratifs.
Sacré en 1824, il est renversé en 1830 par une nouvelle révolution qui l'oblige à s'exiler et qui permet à son cousin Louis-Philippe d'Orléans (le fils de celui qui avait voté la mort de Louis XVI) de se proclamer d'abord régent du royaume, ensuite d'évincer le dauphin Louis XIX (1775-1844), puis de se décréter en 1836 roi des Français.
Le 2 août, Charles X, retiré à Rambouillet, abdique et convainc son fils aîné le dauphin Louis Antoine de contresigner l'abdication.
Il confie à son cousin le duc d'Orléans la tâche d'annoncer que son abdication se fait au profit de son petit-fils Henri, duc de Bordeaux, âgé de dix ans, faisant du duc d'Orléans le Régent.
Leur résolution est annoncée dans une lettre du roi déchu au duc d'Orléans :
Il existe une controverse sur l'abdication : Charles X ne peut forcer son fils à renoncer à ses droits, car la dynastie de France est successive et non héréditaire. Ce dernier, devenu fictivement « Louis XIX » entre le moment où son père signe l'abdication et le moment où lui-même la contresigne, aurait pu conserver la Couronne pour lui-même et reprendre en main l'armée et le pays, mais finalement, il renonce par obéissance ou par faiblesse.
Malgré l'abdication, le duc d'Orléans prend le pouvoir sous le nom de « Louis-Philippe Ier ». Le 3 août, en effet, devant les Chambres réunies, il annonce bien l'abdication de Charles X, contresignée par le dauphin...mais ne mentionne pas qu'elle est effectuée en faveur du duc de Bordeaux.
Par ailleurs, Charles X - déjà en exil - interdit à la duchesse de Berry, la mère du duc de Bordeaux, d'amener son fils à Paris.
Charles X embarque à Cherbourg pour l'exil sans laisser de consigne à ses fidèles; c'est alors le début de la monarchie de Juillet.
En exil, Charles X porte le titre de courtoisie de « comte de Ponthieu »
Tombeaux de Charles X et de Louis XIX à Kostanjevica
Le roi déchu se retire d'abord au palais de Holyrood, en Écosse.
Grâce à ses bonnes relations avec les Habsbourg, il s'installe au Château de Prague.
Il y reçoit des visites de Chateaubriand. Ils partent ensuite à České Budějovice. Il doit fuir une épidémie de choléra et part enfin à Görz (alors en Autriche), actuelle Gorizia e Nova Gorica (ville divisée en 1947 par la ligne militaire Morgan)
Il meurt dans cette ville du choléra le 6 novembre 1836 et est inhumé à Kostanjevica (Nova Gorica, Slovénie)
l'éclipse solaire sera l'une des plus longues du XXIe siècle.