1578
À Namur, décès de Don Jean d’Autriche, grand chef militaire et gouverneur des Pays-Bas Espagnols, vainqueur des Turcs à Lépante en 1571
Né à Ratisbonne le 24 février 1547, il était le fils naturel du l’empereur Charles Quint et de Barbe Blomberg, fille d’un riche bourgeois bavarois, qui épousa ensuite Jerôme Pyramus Kegel, dont le prénom fut adopté pour l’enfant.
Charles V voulut que son fils fût élevé en Espagne et le confia à un couple d’amis de son majordome Luis de Quijada.
Peu avant mourir, l’Empereur rédigea un codicille à son testament où il reconnaissait son fils naturel.
En 1559, le roi Philippe II le reçut comme son frère en faisant changer de nom pour celui de don Juan d’Autriche.
Il fit ses études à l’Université d’Alcalá en compagnie d’autres princes de sa famille, notamment l’héritier Don Carlos, avec qui il se lia d’amitié et dont la mort l’affligea beaucoup.
Don Jean suivit la carrière militaire et fut envoyé par son frère soumettre les rebelles des Alpujarras en Granada.
En 1571 il fut le commandant de la flotte de la Sainte Ligue (coalition du Saint Siège, l’Espagne et les républiques de Venise et de Gênes) contre les Turcs, qu’on vainquit au golfe de Lépante
. Sa renommée fut telle que les Albanais voulurent le faire leur roi, mais Philippe II le lui déconseilla.
Il conçut alors le projet d’envahir l’Angleterre pour déposer Elizabeth Ière et mettre sur le trône la légitime souveraine Marie Stuart, reine déposée d’Écosse, emprisonnée en territoire anglais et qu’il voulait épouser, mais le roi d’Espagne fit échouer ses plans.
Philippe le tenait surveillé par l’intermédiaire de Juan de Escobedo, qu’il avait nommé secrétaire privé de Don Jean et qui était en combinaison avec Antonio Pérez, le secrétaire du roi.
Envoyé aux Pays-Bas comme leur gouverneur pour remplacer don Luis de Requesens, mort sur place, il dut faire face à la rébellion de Guillaume d’Orange, qu’il réussit à contenir momentanément.
L’assassinat d’Escobedo et la manque de soutien de son frère pour maîtriser les Pays-Bas lui firent plonger dans une dépression nerveuse d’où il ne sortit plus.
Il ne laissa pas de descendance légitime, mais eut deux filles : Marie-Anne d’Autriche, abbesse de Las Huelgas, et Jeanne d’Autriche de Branciforte, princesse de Pietraperzia, avec postérité en Argentine.
Don Jean d’Autriche fut inhumé au Panthéon d’Infants du palais-monastère de l’Escurial.