Religion - Royauté
Le 5 octobre est le 278ejour de l'année
(279e en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.
Il reste 87 jours avant la fin de l'année.
C'était le jour du réséda dans le calendrier républicain français.
Martyrologe pour le cinquième jour d'octobre
En Artois, saint Léger, évêque d'Autun, décapité en 678 par ordre
d'Ébroïn,
maire du palais, après deux ans d'exil chez les moniales de Fécamp.
Notre monastère possède deux fragments du chef de ce saint évêque,
l'un de ces fragment est dans l'autel majeur de notre église.
Vers 520, saint Apollinaire.
Tandis que saint Rémi convertissait la France,
Apollinaire affrontait les Burgondes ariens et rétablissait la vraie foi
dans la région de Valence dont il fut évêque.
En Espagne, au début du xe siècle, le retour à Dieu de saint Attilan,
évêque de Zamora et de saint Froilan, évêque de Léon.
Tous deux firent beaucoup pour restaurer la vie monastique en
Espagne.
En 1399, le bienheureux Raymond de Capoue, maître général des
Frères Prêcheurs.
Il fut le confesseur et premier biographe de sainte Catherine de Sienne
et consacra une grande partie de son activité à ranimer son Ordre.
L'an 1938, la naissance au ciel de sainte Faustine Kowalska, religieuse
polonaise qui avait reçu la mission de proclamer au monde l'infinie
miséricorde du Coeur de Jésus.
Et encore ailleurs, beaucoup d'autres saints et bienheureux.
Bonne fête aux :
Et aussi aux :
Sacre de Louis Ier le Pieux avec son épouse Ermengarde de Hesbaye à Reims par le pape Étienne IV.
Premier sacre à Reims
Louis Ier le Pieux ou le Débonnaire se fait oindre par le pape Etienne IV (successeur de Léon III, celui qui avait couronné Charlemagne empereur d’Occident) pour réaffirmer son pouvoir dans l’Empire face aux anciens collaborateurs de son père, qui contestaient son autorité. Sa deuxième femme Ermengarde de Hesbaye fut sacrée avec lui.
5 octobre dans les croisadesAdoption du calendrier grégorien par les États pontificaux, la Pologne, le Portugal et l'Espagne.
Le calendrier grégorien entre en vigueur en vertu de la bulle « Inter gravissimas » ...du pape Grégoire XIII, qui corrigea le calendrier julien à cause d’une grave divergence entre l’année naturel ou astronomique et l’année civil et liturgique. L’équinoxe de printemps, qui régule la fixation de la fête des Pâques, avait un retard de 10 jours. Une commission de mathématiciens et d’astronomes, présidée par le jésuite allemand Christophorus Clavius, fut chargée par le Souveraine Pontife de faire l’ajustement du calendrier civil. On supprima le jour supplémentaire des années bissextiles centenaires à moins qu’il ne fût divisible entre 400. Le calendrier grégorien commença le jour suivant le 4 octobre 1582, qui fut considéré le 15 au lieu du 5, Grégoire XIII ayant supprimé les 10 jours de divergence. Il eut la curieuse circonstance que Sainte Thérèse d’Avila, mourut le 4 octobre 1582 et fut inhumée le lendemain, c’est-à-dire le 15 octobre. Le nouveau calendrier fut inégalement adopté dans les différents pays dû aux raisons religieuses ou politiques. Aujourd’hui il est universellement accepté.
1640
troisième enfant, une fille prénommée Françoise. La famille de Françoise est en étroite relation avec la cour : le duc de Mortemart est gentilhomme de la chambre du roi, son épouse est dame d’honneur de la reine Anne d’Autriche et le frère aîné de Françoise, Louis-Victor est le compagnon de jeu du jeune Louis XIV. La jeune fille s’entend à merveille avec sa sœur aînée Gabrielle. La famille s’agrandira encore de deux filles : Marie-Christine et Marie-Madeleine. Vers l’âge de 12 ou 13 ans, Françoise entre au couvent Sainte-Marie à Saintes pour y recevoir une bonne éducation. Elle y apprend le latin, un peu de grec, le français, l’histoire et tout ce qui est nécessaire à une jeune fille de la noblesse dans le grand monde. Mademoiselle de Mortemart sort du couvent en 1660. A cette date, elle fréquente les prestigieux salons de préciosité de Paris et fait sensation de par sa beauté et son intelligence. Elle y gagne le surnom d’Athénaïs (la jeune femme était dite aussi belle qu’Athéna). Sa mère obtient de la reine-mère Anne d’Autriche que sa fille entre la cour comme demoiselle d’honneur de la future duchesse d’Orléans, belle-sœur de Louis XIV. Françoise-Athénaïs (désormais, seule sa famille l’appellera encore Françoise, Mlle de Mortemart préférant son prénom d’Athénaïs) fait ses premiers pas à la cour à l’âge de 20 ans sous le titre de Mademoiselle de Tonnay-Charente. En 1662, la jeune femme vit une histoire d’amour qui va se transformer en drame : elle est amoureuse du marquis Louis-Alexandre de Noirmoutiers qui a déjà demandé sa main quand il est impliqué dans un duel ou il perd son ami le marquis d’Antin. Le duel est un acte puni de mort par le roi et Louis-Alexandre doit s’exiler en Espagne puis au
Portugal. Athénaïs vit très mal le départ précipité de son fiancé qu’elle ne reverra jamais. Elle se rapproche de Louis-Henry de Pardaillan de Gondrin marquis de Montespan et frère du défunt marquis d’Antin. Le 28 janvier 1663, Athénaïs épouse l’ami de son ex-fiancé et devient marquise de Montespan. Deux enfants naîtront de cette union : Marie-Christine (1663-1675) et Louis-Antoine duc d'Antin (1665-1736). Très vite, le mariage bas de l’aile : le marquis de Montespan s’endette dans sa passion du jeu et des paris et doit vendre ses biens ainsi que les bijoux de son épouse pour subvenir aux besoins des enfants. Dès que sa fille atteint l’âge de 3 ans, Françoise-Athénaïs l’envoie chez la mère de son époux pour qu’elle y reçoive une éducation religieuse et qu’elle ne manque de rien car le ménage à du mal à joindre les deux bouts et vit sur des crédits. En 1664, Athénaïs avait quitté le service de la duchesse d’Orléans pour devenir dame d’honneur de la reine Marie-Thérèse d’Autriche grâce à l’intervention de Monsieur le duc d’Orléans, frère du roi. A la cour, la marquise de Montespan est admirée pour sa grande beauté, sa grâce lorsqu’elle participe à des ballets, son intelligence vive ainsi que pour sa conversation. Elle s’y est faite une amie en la personne de Louise de la Vallière, maîtresse de Louis XIV. Cette dernière invite souvent Athénaïs à lui rendre visite lorsque le roi est chez elle car Mademoiselle de la Vallière sait que son amie a l’art de divertir le monarque. Louis XIV est lui aussi charmé par la finesse d’esprit de la marquise et par sa beauté naturelle. Athénaïs devient la nouvelle maîtresse du roi dès 1667. La duchesse de la Vallière servira de paravent à cet amour jusqu’à ce que le roi obtienne la séparation des époux Montespan en 1673. Ce dernier qui au début semblait fort
bien s’accommoder de la situation, entra dans une folle colère quand il s’aperçut qu’Athénaïs était de nouveau enceinte et qu’il n’était pas le père de l’enfant. Il promettait de se venger ! Un jour il force la porte de la marquise à la cour et se fit jeter dehors par les gardes. Louis XIV exila le marquis dans sa province en 1669. Ce dernier emmène avec lui son fils le jeune Louis-Antoine. Sur ses terres, il fait passer son épouse pour morte et porte le deuil. Jusqu’en 1673, la duchesse de la Vallière fait figure de favorite officielle. Si à la cour, plus personne n’ignore qu’Athénaïs de Montespan est devenue la nouvelle maîtresse de Louis XIV, peu savent qu’elle en a déjà eu plusieurs enfants quand le 20 décembre de cette année, le roi légitime ceux qui ont survécus. La marquise aura en tout sept enfants du souverain : - Louise-Françoise (1669-1672)
- Louis-Auguste (1670-1736) duc du Maine
- Louis-César (1672-1683) comte de Vexin
- Louise-Françoise (1673-1743) Mlle de Nantes puis duchesse de Bourbon
- Louise-Marie-Anne (1674-1681) Mlle de Tours
- Françoise-Marie (1677-1749) Mlle de Blois puis duchesse d’Orléans
- Louis-Alexandre (1678-1737) comte de Toulouse
Pour s’occuper de ses enfants illégitimes, Athénaïs engage en 1670 comme gouvernante Françoise d’Aubigné, veuve du
poète Paul Scarron. C’est sa chère sœur Gabrielle –devenue Mme de Thianges- qui lui a conseillé cette femme discrète et aimant les enfants. En 1674, tandis que la duchesse de la Vallière quitte la cour pour le Carmel, Mme Scarron et les enfants légitimés viennent habiter à la cour près du roi et d’Athénaïs. La marquise de Montespan apprécie beaucoup Françoise Scarron pour sa conversation, son intelligence et le soin qu’elle a de ses enfants. Les deux femmes s’entendent comme les meilleures amies du monde. En 1674, Athénaïs parle au roi pour Françoise qui désire une terre : Louis lui donne Maintenon mais fait également de la gouvernante de ses enfants la marquise de Maintenon. Dés lors, les rapports entre les deux marquises deviennent tendus. Mme de Maintenon se permet d’aller contre les ordres d’Athénaïs concernant ses enfants et passe de plus en plus de temps avec le roi. Les disputes entre la favorite et la gouvernante se multiplient. Louis XIV envoie parfois son ministre de la guerre pour les réconcilier. Il dira avoir plus de mal à installer la paix entre les deux femmes qu’en Europe ! En 1675, la marquise de Montespan et le roi doivent se séparer car l’Eglise refuse de confesser Françoise-Athénaïs tant qu’elle attire le scandale sur elle. Le roi prend des petites maîtresses : Mme de Ludres, la princesse de Soubise...Mais en 1676, Louis XIV se remet avec Mme de Montespan. De leurs retrouvailles « naissent Mlle de Blois et le comte de Toulouse ». Mais cette fois Françoise de Maintenon refuse de s’occuper des deux derniers enfants d’Athénaïs car elle et le roi sont revenus sur la promesse de séparation qu’ils avaient faite à l’Eglise. Mme de
Montespan supporte de moins en moins Françoise qui s’approprie ses enfants, plus particulièrement le duc du Maine. Parallèlement, c’est sous « le règne » d’Athénaïs que les arts (musique, théâtre) s’affirment car la marquise soutient Molière, Lully, Racine...la période de gloire du Roi-Soleil correspond justement aux années durant lesquelles la marquise de Montespan régnait en reine à la cour. Mais Athénaïs vieillit et elle le sait. Elle voit également que Mme de Maintenon insite le roi à se détourner d’elle pour revenir à la reine sans quoi dieu le punira. Françoise-Athénaïs met alors sous le nez de Louis XIV une jeune fille, Mademoiselle de Fontanges, demoiselle d’honneur de la duchesse d’Orléans. Cette jolie Marie-Angélique est d’une rare beauté mais assez naïve sans grande conversation. Le roi courtise la jeune fille d’à peine 17 ans mais semble épris d’elle plus que la marquise de Montespan ne le voudrait. En 1680, Athénaïs est éclaboussé car l’affaire des poisons : on la soupçonne d’avoir usé de philtres d’amour pour conserver le cœur du roi, d’avoir voulu faire empoisonner Marie-Angélique de Fontanges et d’avoir participé à des messes noires avec sacrifices d’enfants. Louis XIV fait taire toutes les accusations contre la marquise mais celle-ci perd à jamais la confiance et l’amour du roi. En 1681, Mademoiselle de Fontanges
meurt et les rumeurs d’empoisonnement reprennent. Pour arrêter les soupçons, Louis XIV continu à rendre visite à Athénaïs mais celle-ci sait fort bien que le roi ne l’aime plus et que Françoise de Maintenon est devenue sa maîtresse. Mme de Montespan reste à la cour pour ses enfants puis se retire en 1691 à l’abbaye de Fontevrault (où seront envoyées bien plus tard les filles de Louis XV) dirigée par sa sœur Marie-Madeleine. Athénaïs créé également le couvent de Saint-Joseph à Paris qui accueille des personnes âgées pauvres et des enfants. Délaissant ses belles toilettes, elle se rapproche de dieu par la prière et le jeune. En 1700, la marquise acquiert le château d’Oiron où elle s’installe en 1704 après la mort de Marie-Madeleine. Françoise-Athénaïs de Rochechouart Mortemart de Montespan mourut à Bourbon-l’Archambault le 28 mai 1707 à 66 ans.
L’assemblée constituante distingua sous le nom de la Liste Civile Indépendante les sommes affectées aux besoins du Roi. Elle fût fixée à 25 millions de livres auxquels s’ajoutèrent les 4 millions du douaire de la Reine.
A cette somme s'ajoute un certain nombre de résidences dont le palais du Louvre, le château des Tuileries ainsi que les dépendances ; les châteaux de Versailles, Fontainebleau, Compiègne, Saint-Cloud, Saint-Germain, Rambouillet avec les domaines et les bois qui en dépendent et le château de Pau où est né Henri IV.
Le Roi prenait en charge sa Maison Civile, sa Maison Militaire, celles de ses Tantes (jusqu’en 1791) et celle de Madame Elisabeth. La Maison de la Reine et celles de Enfants de France sont supprimées et jointes à celle du Roi.
Dans le courant du mois d'août 1792, Louis XVI fait arrêter les comptes de la Trésorerie Nationale par la Ministre des Contributions Publiques. Louis XVI fait arrêter aussi les comptes de la Liste Civile par Laporte et Septeuil en date du 3 sepetembre 1792. Tous les appointenements et toutes les factures de la Couronne sont payés.
Louis XVI finira et mourra sans devoir un sou à peronnes.
Louis XVI avait octroyé des pensions à de fidèles serviteurs.
Début octobre 1789, le Roi continue le bras de fer mené depuis le mois de septembre avec l'Assemblée, sur la promulgation des nombreux décrets dits du 4 août (abolition des privilèges), sur les premiers articles de la constitution ainsi que de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
"Le roi tente de freiner le mouvement révolutionnaire"
Le 1er octobre 1789, Louis XVI fait venir le régiment de Flandres, dévoué totalement à la couronne, pour renforcer la sécurité de Versailles. Or l'Assemblée constituante continue de siéger à Versailles.
Le 5 octobre, justement, l'Assemblée constituante décide de demander l'acceptation pure et simple des articles constitutionnels et de la déclaration précitée.
Une députation s'apprêtait même à rencontrer le roi quand, à ce moment précis, des "centaines de "citoyennes" de la capitale (...) arrivent à la hauteur de la salle des Menus Plaisirs où siège l'Assemblée"
Dans la capitale, de nombreux politiciens parisiens, et notamment le milieu entourant le Palais-Royal craignent de perdre de leur influence sur le cours du mouvement révolutionnaire.
Le Roi doit revenir à Paris (les articles du journal de Camille Desmoulins "Révolution de France et de Brabant", édité par Danton et proche, à ce moment, de Philippe d'Orléans le souligne)
Tel est la véritable revendication de ce début octobre.
Mais d'autres prétextes vont légitimer les évènements du 5 et 6 octobre 1789 :
Il convient de préciser que les événements de cette journée ont fait l'objet d'une enquête de Police, instruite par le Châtelet . (Lire infra, le paragraphe sur le duc d'Orléans)
C'est par le tambour que les "citoyennes" sont appelées à se rendre à Versailles pour demander du pain. Le rassemblement a lieu sur la place de l’Hôtel de ville mal défendu par quelques gardes nationaux. Des armes légères sont distribuées (selon les dépositions, il s'agit de pierres, de piques et de fusils). Quelques hommes font partie du cortège. Certains sont travestis. D'autres sont connus comme des vainqueurs de la Bastille. C'est le cas d'un dénommé Maillard.
Ce dernier, une fois arrivé à Versailles, montera à la tribune de l'Assemblée pour lire la déclaration suivante : "Nous sommes à Versailles pour demander du pain et en même temps pour punir les gardes du corps qui ont insulté la cocarde patriotique".
Les manifestants parlent plus violemment, notamment contre la reine sur laquelle les imprécations les plus épouvantables sont vomies.
Quand la foule arrive à Versailles, vers 16h, Louis XVI est au château. Le Roi, qui chassait à Meudon, avait été rappelé en toute hâte. A 14h, conseil a été tenu pour prévoir toutes les situations. Le Roi suivit l'avis de Necker de ne pas quitter Versailles. Marie-Antoinette refusa de quitter son mari.
Quand la foule arrive, un groupe se rend, comme on l'a vu, à l'Assemblée. Tandis que le reste se presse contre les grilles fermées et gardées. Un premier affrontement a lieu à coup de pierres. Pour limiter la pression, le commandant des gardes du corps décide de faire entrer, dans l'enceinte du château, une délégation, uniquement de femmes non armées.
À 17h30, une députation de l'Assemblée rencontra le roi, exigeant l'adoption des articles de la constitution et de la déclaration dont le roi refusait la promulgation. Mais il leur demanda d'attendre encore pour recevoir les femmes de Paris. À 17h45, six femmes sont à leur tour introduites chez Louis XVI. Ce dernier promet de faire distribuer de la farine dans la capitale. Elles crient « vive le Roi ». La tension de la foule s'apaise un peu à cette nouvelle. Comme convenu également, les troupes qui défendaient les grilles reçoivent l'ordre de se retirer. La garde de nuit, composée de faibles effectifs, les remplaçe en attendant l'arrivée annoncée du très populaire commandant de la garde nationale, La Fayette.
La députation, présidée par Jean-Joseph Mounier, est reçue une nouvelle fois.
Louis XVI accepte, par écrit, les articles de la constitution et de la déclaration des droits.
Il convoquera plus tard, après l'arrivée de La Fayette, l'ensemble des députés présents pour leur assurer que le Roi ne se séparerait pas de l'Assemblée Nationale.
La Fayette, accouru trop tard pour empêcher ces premiers désordres, lutte toute la journée pour en limiter les conséquences. Enfin un ordre de la Commune de Paris l’envoie à Versailles ; il part à la tête de quelques gardes nationaux, auxquels se joignent plusieurs militaires dévoués à l'ordre et à la monarchie, et certains hommes des faubourgs qu'attire l'espoir du pillage.
Il est dix heures du soir quand La Fayette débouche de la grande avenue de Paris à la tête de sa colonne. Le général fait prêter à ses hommes le serment d'être fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi, envoie des détachements de grenadiers pour garder les ponts de Sèvres et de Saint-Cloud, paraît à l’Assemblée nationale envahie depuis quelques heures par le peuple et, après avoir fait part à ses collègues des dispositions qu'il venait de prendre, se rend chez le roi. Son entrée cause quelque étonnement parmi les gardes suisses et un chevalier de Saint-Louis, d'une taille élevée, s'écria tout haut : «Voilà Cromwell! - Cromwell, répondit froidement La Fayette, ne serait pas entré seul ici.»
Son entretien avec le roi dure une demi-heure. Ses protestations de fidélité sont accueillies avec peu de faveur. Cependant, au sortir de cette conférence, il dit à plusieurs personnes qu'il a décidé le monarque à de salutaires concessions, dont le rappel des gardes français licenciés, car ayant participé aux journées révolutionnaires de juillet.
Tout paraissant calme à l'intérieur et autour du château, La Fayette, après avoir pris quelques dernières dispositions, se retire vers quatre à cinq heures du matin à l'hôtel de Noailles, résidence versaillaise de son beau-père. Une demi-heure à peine s'était écoulée lorsque des cris signalent qu’une troupe d'assassins a pénétré à l'intérieur du château par une grille (les conditions de l'ouverture de cette grille reste floue en fonction des différents historiens; séduction, ou profit de l'endormissement des gens d'armes censés la garder ; corruption, relève opportunément mal organisée ?)
Dirigés par des guides travestis, ils étaient parvenus jusqu'au grand escalier de marbre qui conduisait aux appartements de la reine. Deux gardes du corps sont tués (leurs têtes seront accrochées au bout d’une pique et ramenées "comme trophée" à Paris); onze autres résistent pendant que la reine se sauve dans l'appartement du roi. Mais la foule grossit
Mais la foule, rassemblée sous les fenêtres du roi, demande à grands cris que la reine paraisse et somme impérieusement le roi de se rendre à Paris. Après avoir essayé de calmer les cris, La Fayette s'adresse à Marie-Antoinette et lui demande quelles sont ses intentions : « Je sais le sort qui m'attend, mais mon devoir est de mourir aux pieds du roi et dans les bras de mes enfants.»
La Fayette la conjure de se présenter avec lui sur le balcon. Elle y consent. Le général, ne pouvant dominer les cris de la multitude, baise sa main, comme pour annoncer au peuple que la réconciliation est complète, et le nom de Marie-Antoinette est porté aux nues par cette même populace qui, tout à l'heure, la menaçait de mort.
Louis XVI, après une délibération tumultueuse, se décide à se rendre à Paris. Le cortège insurrectionnel se met en marche, précédé des trophées de la journée, et suivi de la famille royale qu'accompagnent les gardes du corps, démontés, désarmés, humiliés.
Louis XVI est accueilli par Bailly qui lui remet, comme le 17 juillet précédent, les clefs de Paris. Deux discours et une déclaration du Roi sont prononcés. On crie "Vive le roi, vive la nation"
Après cette courte pause à l'Hôtel de ville, le roi et sa famille s'installent aux Tuileries où rien n'était préparé pour les recevoir. Étonné lui-même de ce délabrement, La Fayette dit à la reine qu'il allait s'occuper d'y pourvoir. Je ne savais pas, répondit-elle dédaigneusement, que le roi vous eût nommé intendant de sa garde-robe.
Une procédure instruite par le Châtelet contre les fauteurs de l'insurrection inculpe assez gravement le duc d'Orléans, qui est incité à fuir par La Fayette au cours d'une rencontre chez le ministre Montmorin.
Le duc part pour Londres et ne revient en France que lors de la Fédération de 1790.
Mais son éloignement ne décourage pas les efforts de ses partisans : des lettres adressées aux ministres dénoncèrent l'explosion imminente d'un complot tendant à placer sur le trône « un personnage puissant »
La Fayette ayant insinué au roi et à la reine que le soupçon ne pouvait regarder que le duc d'Orléans :
« Il n'est pas nécessaire d'être prince, objecta Marie-Antoinette, pour prétendre à la couronne. - Du moins, Madame, répondit le général, je ne connais que le duc d'Orléans qui en voulût »
L'assemblée constituante n'avait pas tardé à suivre le roi à Paris ; mais ce double déplacement ne calma pas les esprits.
Pour certains historiens, ces témoignages d'un entraînement passager seraient insuffisants, sans doute, pour absoudre La Fayette des reproches qui lui sont adressés au sujet de cet épisode de la Révolution française. Il faut remarquer, avant tout, que la marche de La Fayette sur Versailles avait été le résultat d'un ordre précis de la Commune de Paris. Placé par cet ordre dans une position mixte et presque équivoque entre la royauté, dont il semble menacer l'indépendance, et l’insurrection, La Fayette remplit, selon Michaud, tous ses devoirs
On lui a reproché son sommeil dans la nuit du 5 au 6 octobre et on l'a stigmatisé, à cette occasion, du sobriquet de général Morphée.(Antoine de Rivarol)
Les événements des 5 et 6 octobre sont, selon les probabilités les plus graves, le produit des manœuvres de la faction d'Orléans, qui espérait déterminer ainsi la fuite de la famille royale.
Or, tout le monde sait combien La Fayette était opposé à cette faction, dont il avait toujours repoussé les avances avec dédain
(voir : Mémoires de La Fayette)
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