1850
Léon Adolphe AMETTE 6 septembre 1850 - 29 août 1920 à l'âge de 70 ans
archevêque de
Paris
1787
Sainte Emilie DE RODAT
6 septembre 1787 - 19 septembre 1852 à l'âge de 65 ans
fondatrice de la congrégation des
Sœurs de la Sainte-Famille 1656
Guillaume DUBOIS
6 septembre 1656 - 10 août 1723 à l'âge de 67 ans
conseiller d'Etat
archevêque de Cambrai
cardinal
Premier ministre
de l'Académie française. Élu en 1722 au fauteuil 28
né le 6 septembre 1656 à Brive-la-Gaillarde
mort le 10 août 1723 à Versailles
appelé plus souvent l'abbé Dubois, puis le cardinal Dubois
principal ministre de l'État sous la Régence de Philippe d'Orléans.
Très mal connue, en l'absence d'archives substantielles, la jeunesse du cardinal Dubois a fait l'objet d'innombrables anecdotes généralement malveillantes. Né à Brive-la-Gaillarde (Limousin), le jeune Guillaume était selon ses ennemis le fils d'un apothicaire. Issu d'un milieu de robins et d'édiles, son père est en réalité docteur en médecine. Eduqué par les frères de la Doctrine Chrétienne, il reçoit la tonsure à l'âge de treize ans. Avec Fleury et plus tard Bernis, il appartient à cette « lignée occitane de grands prélats semi-libéraux » (Emmanuel Le Roy Ladurie), typique du Midi des Lumières (philosophie). En 1672, il obtient une bourse et part, sans doute par la protection de Jean, marquis de Pompadour et lieutenant-général du Limousin, pour le collège Saint-Michel, aujourd'hui disparu, mais dont il reste quelques vestiges rue de Bièvre.
Il est vite remarqué par l'abbé Antoine Faure, à la tête de l'établissement, qui obtient pour son compatriote le poste envié de précepteur du jeune Philippe, duc de Chartres, futur duc d'Orléans. Aujourd'hui au musée Carnavalet, un portrait en pied, sans doute apocryphe, le montre au côté de son élève. Sous son influence, le jeune duc épouse, au grand contentement de Louis XIV, Françoise-Marie de Bourbon, dite Mademoiselle de Blois, fille naturelle du roi et de Madame de Montespan. Dubois obtient alors l'abbaye de Saint Just en Picardie. En 1698, membre de la maison d'Orléans au même titre que l'abbé de Saint-Pierre, Dubois effectue une mission diplomatique en Angleterre. Il y découvre une nation capitaliste et libérale en plein essor, visite Oxford, rencontre les exilés français tels Saint-Évremond et noue sans doute d'utiles relations dans l'entourage de la Cour de Saint-James. De retour au Palais Royal, Dubois devient dans l'entourage des Orléans un spécialiste de la diplomatie secrète. Il y croise l'abbé de Saint-Pierre, théoricien de la paix universelle.
Le début de la Régence en 1715 marque le début d'un bref mais flamboyant apogée dans la carrière de Dubois. Devenu conseiller du régent, il exerce une influence croissante. Il oriente la France vers l'alliance britannique, aidé en cela des renseignements de sa maîtresse en titre, Madame de Tencin, qui, par son fameux salon littéraire et politique, était au fait des dessous de cartes de la politique anglaise. Les Orléans et les Hanovre devant faire face à de vives oppositions intérieures, il s'efforce de maintenir la paix. Face aux projets du Cardinal Alberoni en Espagne, il négocie la Triple Alliance (1717) avec George Ier. En 1719, une guerre limitée contre l'Espagne force Philippe V à renvoyer Alberoni. Il obtient ensuite l'archevêché de Cambrai puis, après l'élection d'Innocent XIII en 1721, le cardinalat. Son ascension est parachevée par l'obtention du poste de principal ministre, que Mazarin avait été le dernier à obtenir, l'entrée à l'Académie française puis la présidence de l'assemblée du clergé. Durant son bref ministère, il tente de relancer l'économie par la réduction des droits, de rétablir la situation des finances après les errements du système de Law et ralentit la persécution des protestants.
Doté de sept abbayes, il amasse une honnête fortune (dix millions de livres) et tente de promouvoir sa famille. On lui prête une vie dissipée : il a été l'amant de la fameuse Madame de Tencin dont le salon, où les politiques anglais étaient nombreux, lui permettait de recueillir des renseignements fort utiles sur la politique anglaise. Il meurt en 1723, suivi de près par le duc d'Orléans.