Religion - Royauté
Fils d'un marchand de blé, il devint chanoine de la cathédrale de Troyes.
En tant qu'évêque de Quimper (de 1802 à 1804), il eut des démêlés avec le préfet du Finistère et fut envoyé comme chanoine à Saint-Denis jusqu'à sa mort.
Né à Bordeaux le 30 mai 1768, fut admis à l’École militaire de Paris le 21 octobre 1782.
Cadet-gentilhomme avec rang de sous-lieutenant le 30 mai 1783, il passa sous-lieutenant au régiment de Bourgogne le 26 mars 1785, capitaine de remplacement au régiment de Franche-Comté-Cavalerie le 6 avril 1788, et, le 24 mai, au régiment de Hussards-Lauzun, devenu 6e régiment (traditions 5e régiment de hussards)
Nommé lieutenant-colonel du 9e régiment de cavalerie le 4 avril 1792, il fit les campagnes de 1792, 1793, et de l’an II à l’an VII aux armées sur le Rhin.
Nansouty se fit bientôt remarquer de ses chefs par sa bravoure, ses heureuses dispositions et ses talents. Il sut se rendre utile dans chacun des grades qu’il obtenait, et conserva dans son régiment la discipline qu’il était si difficile de maintenir alors.
Nommé chef de brigade le 19 frimaire an II, il justifia l’opinion que le général en chef Moreau avait conçue de sa prudence et de sa valeur ; mais, aussi modeste que brave, il refusa plusieurs fois le grade de général de brigade, qu’il n’accepta que le 12 fructidor an VII.
Employé à l’armée de réserve le 15 ventôse an VIII, il rentra bientôt dans l’armée du Rhin.
Appelé sur un plus vaste théâtre, le général Nansouty rendit des services plus efficaces et contribua puissamment aux succès de l’armée du Rhin. Il seconda le général en chef Ney dans les différentes attaques qu’il fit faire, depuis Seltz jusqu’à Mayence.
Nansouty surprit, à Sandhoffen, une compagnie de hulans, qu’il ramena prisonnière de guerre sans avoir perdu un seul homme.
Le 12 floréal, à Stockack, il commandait une brigade de grosse cavalerie, et ses habiles manœuvres préparèrent le succès de cette affaire.
Le 13, à Engen, il commandait la réserve de Lecourbe, et ce général déclara qu’il devait une partie du succès de cette bataille aux sages mesures et à l’intrépidité de Nansouty. Le 15, à Mœskirch, il rompit souvent l’ennemi par des charges brillantes et réitérées à la tête de sa cavalerie. Lorsque le général Lecourbe reçut l’ordre de marcher pour s’emparer d’un des ponts sur le Danube, depuis Dillingen jusqu’à Donawerth, Nansouty assura les derrières de l’armée française contre le prince de Reuss, dont le corps était stationné dans le Tyrol, et le battit chaque fois qu’il voulut déboucher. Dans la journée du 24 prairial, le général ayant été attaqué par le prince de Reuss, il le repoussa vigoureusement jusqu’à Fuessen.
Ce général prit la part la plus glorieuse à toutes les affaires qui terminèrent la dernière campagne de cette guerre, et acquit la réputation d’un de nos bons généraux de cavalerie. À la tête de son régiment, il chargeait avec la valeur d’un soldat ; commandant d’une brigade, il la dirigeait avec la prudence, la précision et le coup d’œil qui, dans les moments critiques, décident la victoire.
Le 12 prairial an IX, employé près le corps d’observation de la Gironde, et mis à la disposition du gouvernement le 12 nivôse an X, Nansouty fut attaché à la 22e division militaire le 28 ventôse suivant.
Promu général de division le 3 germinal an XI, il commanda, le 5, le département de Seine-et-Oise, et, le 8 floréal, il fit partie du camp de Nimègue.
Nommé membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, il passa à l’armée des côtes de l’Océan, et reçut la croix de commandeur de l’Ordre le 25 prairial suivant.
Le général Nansouty prit ensuite le commandement de la 1re division de grosse cavalerie de la grande armée, et fit les campagnes des ans XIV, 1806 et 1807, en Autriche, en Prusse et en Pologne.
À la tête d’un corps de cuirassiers, il décida le succès du combat de Wertingen, se distingua à Ulm, et contribua puissamment à la victoire d’Austerlitz. Nansouty fit des prodiges de valeur à Eylau et à Friedland. Le maréchal Lannes lui ayant commandé d’aller au-devant de l’armée française, il passa avec sa division de cavalerie sous un feu terrible, et contint jusqu’à six heures du soir les efforts d’une masse d’ennemis. Les Russes, trompés par ses habiles manœuvres, n’osèrent avancer, et Napoléon eut le temps d’arriver avec son armée.
Grand officier de la Légion-d’Honneur le 4 nivôse an XIV, Nansouty reçut, en récompense de sa belle conduite dans cette campagne, le grand aigle de la Légion-d’Honneur le 11 juillet 1807, et le titre de premier écuyer de l’Empereur l’année suivante. En cette qualité, il accompagna Napoléon, d’abord en Espagne, puis à Erfurth, reçut des souverains l’accueil le plus honorable, et fut créé comte de l’Empire le 19 mars 1808.
En 1809, le général Nansouty prit le commandement de la division de réserve de grosse cavalerie à la grande armée en Allemagne, et mit le comble à sa réputation en exécutant, à Essling et à Wagram, ces belles charges qui achevèrent de fixer la victoire sous les drapeaux français. L’Empereur lui accorda une dotation de 10.000 francs sur le domaine de Zeven, situé en Hanovre. Nansouty reprit, près de Napoléon, ses fonctions de premier écuyer, employa une partie de 1811 à faire des inspections générales de cavalerie, et passa, le 25 décembre, au corps d’observation de l’Elbe.
En avril 1812, il commanda en Russie le 1er corps de réserve de cavalerie de la grande armée, se trouva à la bataille de la Moskowa, où il rendit les plus grands services et reçut une balle au genou.
Nommé colonel général des dragons le 16 janvier 1813, il redoubla de courage à mesure que les dangers devenaient plus éminents ; Nansouty assista glorieusement aux affaires de Dresde, de Wachau, de Leipzig et de Hanau, où il versa de nouveau son sang pour la patrie. Le 29 juillet, il prit le commandement de la Garde impériale et mérita d’être cité honorablement dans les bulletins de la grande armée en Saxe.
Dans la campagne de France, il fit des prodiges de valeur à Champ-Aubert, à Montmirail le 11 février 1814, à Craone, et fut blessé dans ces deux dernières affaires.
Le 20 avril suivant, membre de la commission des officiers généraux pour la Garde, il passa dans la 18e division militaire le 22 comme commissaire extraordinaire du Roi.
Créé chevalier de Saint-Louis le 1er juin, inspecteur général des dragons le 14 juillet, il devint ensuite capitaine-lieutenant de la 1re compagnie des mousquetaires.
Le général Nansouty mourut à Paris, des suites de ses blessures et des fatigues de la guerre, le 12 février 1815.
Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Est.
Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, C. Mullié
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Il passa sa jeunesse à Bruxelles puis à Nimègue où son père avait été nommé sous préfet.
La chute de l'Empire le conduit à Yvetot et il fait ses études à Rouen puis à Paris.
Son éducation religieuse avait été fort négligée et ce n'est qu'à 18 ans qu'il fait sa première communion.
Après la licence en droit obtenue à Paris le 29 juillet 1822 il est nommé substitut aux Andelys en janvier 1823 mais quitte cette ville pour exercer les mêmes fonctions à Rouen. Le 4 mars 1826 il devient procureur du roi à Neufchâtel puis est nommé substitut du procureur général à la Cour royale de Bourges le 24 janvier 1827. Il n'y reste que quelques mois pour devenir Avocat général à la Cour de Riom le 17 septembre 1827. Le 10 juin 1829 grâce à l'archevêque Mgr de Rohan-Chabot il entre à la Cour de Besançon comme premier avocat général ; il donna sa démission le 9 septembre 1830 pour entrer dans la communauté de l'abbé Bautain à Strasbourg.
Le 18 décembre 1830 il est ordonné sous-diacre et reçoit le diaconat le 17 décembre 1831. Le 21 décembre 1833 il devient prêtre et célèbre sa première messe le 29 décembre dans l'église Saint-Pierre-le-Vieux.
Après quelques années consacrées à l'enseignement au collège de Juilly le gouvernement de Louis-Philippe l'envoie à Rome comme recteur de Saint-Louis des Français. C'est là qu'il reçoit l'ordonnance royale le nommant évêque de Carcassonne ; sacré le 31 janvier 1848 il ne pourra rejoindre son siège que 24 mai. Le climat du midi ne lui convenant pas il est transféré à Évreux qu'il rejoint le 31 mai 1855. Pour quelques années seulement puisqu'il est nommé archevêque de Rouen par Napoléon III le 21 février 1858 ; Le 14 janvier 1864 il reçoit la barrette cardinalice des mains de l'Empereur dans la chapelle des Tuileries. Sa nouvelle dignité lui donne accès au Sénat où il interviendra fréquemment. L'occupation de Rouen par l'armée prussienne lui donna l'occasion de renouer avec la tradition de l'évêque defensor civitatis.
Auparavant il avait été l'un des Pères du premier concile du Vatican et soutiendra le dogme de l'infaillibilité pontificale.
Il observa une stricte neutralité pendant les débats qui amèneront l'établissement de la IIIe République ce qui ne l'empêcha pas de faire de nombreuses démarches notamment auprès de Jules Grévy.
En 1865, il procéda à la translation, du fort de Braine (près de Soissons) à Rouen, des reliques de Saint Victrice (évêque de Rouen), qui avait été soustraites et protégées des invasions normandes au IXe siècle.
En 1878, il participa au conclave au cours duquel fut élu le pape Léon XIII. En 1883, il se rendit une dernière fois à Rome mais pris d'un malaise le 16 octobre à la gare Saint-Lazare il mourut le 28 octobre suivant.
Ses obsèques furent célébrées le 6 novembre ; c'était la dernière fois qu'un cardinal français recevait l'hommage des pouvoirs publics. Il repose dans la chapelle des Saints-Pierre-et-Paul de la cathédrale Notre-Dame de Rouen et on peut voir son monument funéraire dans une chapelle voisine.
Le musée des Beaux-Arts de Rouen conserve le Portrait en pied de Monseigneur de Bonnechose (1859) par Alexandre-Amédée Dupuy Delaroche.