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 Ils sont tous là !
Ils nous regardent et nous racontent 14 siècles d'Histoire de France

 

22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 23:00

Adélaïde de Bourbon

Louise Marie Adélaïde de Bourbon

dite « Mademoiselle d'Ivry »

puis « Mademoiselle de Penthièvre »

 

duchesse de Chartres (1769-1785)



Les armes de la duchesse d'Orléans

puis duchesse d'Orléans (1785-1821

 

née à Paris à l'Hôtel de Toulouse le 13 mars 1753

 

morte au château d'Ivry-sur-Seine le 23 juin 1821 d'un cancer du sein

 

Inhumée dans la Chapelle Royale de Dreux

 

 

Fille de Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre

et de la duchesse née Marie Thérèse Félicité d'Este, princesse de Modène, la mort en 1768 de son frère aîné, Louis-Alexandre, prince de Lamballe, en fit le plus riche parti du royaume, héritière de la fortune de son grand-père, le comte de Toulouse, bâtard légitimé de Louis XIV

 

 

 

Famille



Mademoiselle de Penthièvre et son père

 

 

La mort prématurée de son frère fit de cette jeune fille de 15 ans l'unique héritière de l'immense fortune des bâtards de Louis XIV (1768)

 

Cet état de fait ne laissa pas indifférent Louis Philippe d'Orléans (1747-1793), duc de Chartres, 20 ans, fils aîné du duc d'Orléans, le chef de la branche cadette de la famille royale et cousin éloigné de la jeune fille.

 

Bien que la promise soit issue d'une branche illégitime ce qui faisait de son mariage une mésalliance, le duc de Chartres ne laissa pas passer cette occasion de s'enrichir et demanda sa main.

 

Dotée par son père du duché de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois, et du duché de Carignan, les deux cousins du roi, s'épousèrent à Versailles, le 5 avril 1769 en la paroisse N D



Le duc de Chartres et sa famille, 1776

par Édouard Cibot et Charles Lepeintre

châteaux de Versailles et de Trianon.

 

Ils eurent pour enfants:

 

 

  1. une fille (mort-née le 10 octobre 1771)
  2. Louis-Philippe d'Orléans (6 octobre 1773–26 août 1850), duc de Chartres, puis duc d'Orléans, roi des Français sous le nom de Louis-Philippe Ier
  3. Antoine Philippe d'Orléans (3 juillet 1775–18 mai 1807), titré duc de Montpensier
  4. Louise Marie Adélaïde Eugénie (23 août 1777–31 décembre 1847), « Mademoiselle de Chartres » (1777), « Mademoiselle d'Orléans » (1782), puis Mademoiselle (1783-1812), Madame Adélaïde (1830)
  5. une fille (23 août 1777-6 février 1782), « Mademoiselle d'Orléans »
  6. Louis Charles d'Orléans (7 octobre 1779–30 mai 1808), comte de Beaujolais.

Biographie

Les années de mariage

Sa mère étant morte en couche en 1754, l'éducation de Marie-Adélaïde est confiée dès l'âge de 4 ans aux bénédictines de l'abbaye royale de Montmartre.

 

Elle y restera jusqu'à sa présentation à la Cour le 8 décembre 1768, puis son mariage 4 mois plus tard avec le duc de Chartres.

 

Le mariage fut rapidement malheureux, le duc prenant, peu après comme maîtresse, la comtesse de Genlis, alors dame d'honneur de sa femme et qu'il placera ensuite comme préceptrice de leurs enfants1

 

Pendant vingt ans, Marie-Adélaïde supporta avec naïveté, puis résignation les frasques de son mari.

 

Elle souffrit également de l'influence de Madame de Genlis sur ses enfants qui adoptèrent une attitude révolutionnaire, ce qu'elle ne pouvait admettre2

 

Pendant la Révolution



La princesse de Lamballe

 

 

En avril 1791, accompagnée de sa fidèle dame d'honneur, la marquise de Chastellux, Marie-Adélaïde se retira auprès de son père, le duc de Penthièvre, dernier survivant des petit-fils de Louis XIV, en Normandie.

 

Les époux se séparèrent officiellement le 25 juillet 1792.

 

Le lendemain de la fuite manquée de Varennes, Marie-Adélaïde et son père seront retenus en résidence surveillée dans leur château d'Eu, mais la mesure sera levée au bout de 19 jours3

 

Le père et la fille se rendirent alors dans leur château d'Anet, puis dans celui de Bizy.

 

Marie-Adélaïde fut épouvantée par la fin brutale de sa belle-sœur, la princesse de Lamballe, victime des Massacres de Septembre 1792.

 

Le duc de Penthièvre vieillissant, qui considérait la princesse comme une seconde fille, avait été jusqu'à proposer la moitié de son immense fortune en échange de sa vie.

 

Il fut lui aussi très affecté par cette mort atroce.

 

Il fut encore scandalisé par le rôle joué par son gendre « Philippe-Égalité » dans la condamnation de Louis XVI et ne se remit pas de l'exécution du souverain qui eut lieu en public à Paris le 21 janvier 1793.

 

Dernier survivant des petits-enfants de Louis XIV, il mourut deux mois plus tard respecté de tous pour sa droiture et sa grande charité.

 

La France était alors en guerre. Après la désertion du général Dumouriez, qui entraîna dans sa fuite le jeune duc de Chartres, Marie-Adélaïde, bien que séparée de Philippe-Égalité, fut déclarée suspecte et les Orléans furent tous arrêtés: Montpensier et Beaujolais furent emprisonnés à Marseille avec leur père; Marie-Adélaïde fut assignée à résidence à Bizy.

 

Le duc d'Orléans fut guillotiné trois semaines après la reine, le 6 novembre 1793.

 

Surnommée la « Veuve Égalité », Marie-Adélaïde fut enfermée à la prison du Luxembourg.

 

Elle impressionna ses geôliers par sa piété et son courage mais elle ne se laissait pas oublier au fond de son cachot.

 

En 1794, après la fin de la Terreur, elle put quitter sa prison, et trouva refuge dans la pension de Jacques Belhomme où elle rencontra le conventionnel Jacques-Marie Rouzet comte de Folmon 1743-1820

 

Ses fils furent libérés en 1796, mais durent s'expatrier aux États-Unis.

 

Elle ne revit jamais Montpensier et Beaujolais, tous deux morts de maladie. Sa fille Adélaïde, naguère réfugiée en Suisse auprès de Mme de Genlis, avait trouvé asile en Allemagne auprès de sa grand-tante, la vieille princesse de Conti.

 

 

À Paris, Adélaïde et Rouzet vivaient le grand amour, dans une certaine aisance, grâce aux manœuvres de l'ex-conventionnel, membre du Conseil des Cinq-Cents.

L'exil

Après le Coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), un décret obligea tous les Bourbons à quitter la France.

 

Marie-Adélaïde dut se réfugier en Espagne avec sa belle-sœur, Bathilde d'Orléans, duchesse de Bourbon.

 

Rouzet la rejoignit secrètement, et tous deux vécurent en Espagne dans une petite maison à Sarrià, puis à Figueras, où la fille de la duchesse, Adélaïde les rejoignit quelque temps.

 

C'est en exil que Marie-Adélaïde apprit la mort prématurée de ses deux fils cadets.

 

La conflit entre la France et l'Espagne obligea le couple à fuir aux Baléares en décembre 1808.

 

C'est là que Louis-Philippe vint, après une longue séparation de 16 ans, solliciter sa mère pour appuyer son projet de mariage avec Marie-Amélie de Bourbon-Siciles.

 

Marie-Adélaïde accepta d'accompagner son fils à Palerme où le mariage fut célébré le 25 novembre 1809.

 

Après un séjour de deux ans en Sicile, les relations entre la mère et le fils étant devenues orageuses, le couple repartit vivre à Mahonà Minorque.

Retour en France

 

Après la chute de l'Empire, Rouzet et Marie-Adélaïde regagnèrent la France le 28 juin 1814.

 

Ils ne furent pas inquiétés pendant les Cent-Jours. Cette année-là, elle projeta de restaurer une digne sépulture à sa famille, dont les restes reposant à Dreux avait été jetés dans une fosse.

 

Elle fit bâtir la partie haute de l'actuelle Chapelle royale Saint-Louis du château de Dreux, que son fils Louis-Philippe agrandira en créant les cryptes.

 

Marie-Adélaïde s'éteignit d'un cancer du sein, neuf mois après celui qui fut son compagnon d'infortune.

Fortune

À la mort de son frère, le prince de Lamballe (1768), la fille du duc de Penthièvre est l'héritière de l'immense fortune de ses ancêtres.

 

Sous la Restauration, elle tenta de reconstituer une partie de cette fortune, ce qui l'amena à intenter de nombreux procès.

 

Rouzet mourut en 1820, suivi de peu par la duchesse d'Orléans en 1821, qui succomba à un cancer du sein après une longue et douloureuse agonie.

 

Elle ne vit donc pas l'avènement de son fils Louis-Philippe Ier en 1830.

 

Nota : elle fut une des premières protectrices d'Élisabeth Vigée-Lebrun et une des premières clientes de Rose Bertin qu'elle présenta à la reine Marie-Antoinette.

  1. Stéphanie-Félicité du Crest de Saint Aubin, comtesse de Genlis, fut à la fois la maîtresse du duc d'Orléans Philippe-Égalité et gouvernante des enfants d'Orléans. Elle avait trente-six ans en 1792, lorsqu'elle fut chargée de l'éducation des princes. Dans ses Mémoires, le roi Louis-Philippe détaille longuement l'éducation spartiate que donnait Mme de Genlis à ses frères et sœurs et à lui-même.
  2. Sur les raisons et circonstances de cette séparation, voir Michel de Decker, Le duchesse d'Orléans, épouse de Philippe-Égalité, mère de Louis-Philippe, rééd.Pygmalion 2001 (première édition 1981), p.136-146
  3. Michel de Decker, Op.Cit. p.150

Bibliographie

  • E. Delille, Journal de la vie de S.A.S. la duchesse d'Orléans, Paris, 1822. Ouvrage trop favorable à la duchesse écrit par son secrétaire particulier
  • Michel de Decker, La Duchesse d'Orléans, Épouse de Philippe-Égalité et mère de Louis-Philippe, réédition chez Pygmalion 2001, (ISBN 2-85704-693-6) (Première édition Librérie Académique Perrin 1981, sous le titre La Veuve Égalité)

 

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 23:00
 

http://www.babelio.com/users/AVT_Francois-Paul-Alibert_1215.jpeg

François-Paul Alibert

 

né à Carcassonne le 18 mars 1873

 

mort le 23 juin 1953 à Carcassonne

 

poète et journaliste français.

 

Proche des poètes du renouveau néoclassique à l'aube du XXe siècle, il se revendiquait de l'École romane et de Jean Moréas.

 

Il fut enterré à Carcassonne, au cimetière du hameau de Grèzes-Herminis.

Biographie

Il collabore à la Revue critique des idées et des livres de Jean Rivain et Eugène Marsan.

 

Il publie sans interruption de nombreux recueils de poèmes, pour la plupart tombés aujourd'hui dans l'oubli.

 

Il fait en 1913 un voyage en Italie avec André Gide et Henri Ghéon, dont il publie ensuite le journal.

 

Un roman érotique, paru anonymement en 1931, Le Supplice d'une queue, lui fut attribué en 1945.

 

Son manuscrit d'un autre roman érotique homosexuel, Le Fils de Loth, parut en 2002.

Principales publications

  • Terre d'Aude, 1906
  • Le Buisson ardent, 1912
  • La Complainte du cyprès blessé, poèmes, 1920
  • Le Deuil des muses, prologue en un acte, en vers, en hommage à Lionel des Rieux et aux écrivains morts pour la France, Orange, Théâtre antique, 1er août 1921
  • Marsyas, ou la Justice d'Apollon, drame satyrique en 3 actes et un prologue, 1922
  • Odes, 1922
  • La Leçon tragique d'Orange, 1923
  • Églogues, poèmes, 1923
  • Élégies romaines, 1923
  • Le Cantique sur la colline, 1924
  • Poèmes, 1924
  • La Guirlande lyrique, 1925
  • Charles Bordes à Maguelonne, 1926
  • Le Chemin sur la mer, suivi de Fenêtre et de Sulamite, 1926
  • Les Jardins de Salluste, 1927
  • La Couronne de romarin, 1927
  • La Renaissance de la tragédie, 1928
  • La Prairie aux narcisses, 1928
  • Les Amants de Ravenne, drame en quatre actes et neuf tableaux en prose, avec un prologue et un épilogue d'après la Divine Comédie, Carcassonne, Théâtre Antique de la Cité, 14 juillet 1929
  • Paris couleur de Temps, 1929
  • Les plus beaux poèmes de François-Paul Alibert, préface d'André Thérive, 1929
  • Le Cycle de Shakespeare au Théâtre de la Cité, 1930
  • En marge d'André Gide, 1930
  • Pierre Puget, 1930
  • La Plainte de Calypso, suivie de la Complainte du cyprès blessé, 1931
  • Le Cyclope, drame satyrique en 1 acte, adapté d'Euripide, Carcassonne, Théâtre Antique de la Cité, 13 Juillet 1932
  • Épigrammes, 1932
  • Dissonances, 1935
  • Le Collier d'aiguilles de pin, 1936
  • Nouvelles Épigrammes, 1937
  • Vieilles chansons du jeune temps, 1938
  • Terre qui a bu le sang, 1939
  • La Prairie aux colchiques, poèmes, 1944
  • Le Colloque spirituel, 1948
  • La Chanson du saule au platane, poèmes, 1951
Publications posthumes
  • Correspondance avec André Gide : 1907-1950, édition établie, présentée et annotée par Claude Martin, Lyon : Presses universitaires de Lyon, 1982
  • En Italie avec André Gide : impressions d'Italie, 1913, voyage avec Gide, Ghéon et Rouart, texte inédit présenté et annoté par Daniel Moutote, Lyon : Presses universitaires de Lyon, 1983
  • Le Supplice d'une queue, précédé de Le Jeu de l'amour et de la nécessité par Hugo Marsan, Paris : Ramsay : J.-J. Pauvert, 1991 ; Paris : la Musardine, 2002
  • Le Fils de Loth, présentation par Emmanuel Pierrat, préface par Didier Eribon, Paris : la Musardine, 2002

 

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 23:00

LECTURE DU LIVRE DU DEUTÉRONOME  8,  2 ...16

 

       Moïse disait au peuple d’Israël :
2    « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite
       pendant quarante années dans le désert ;
       le SEIGNEUR ton Dieu te l’a imposée
       pour te faire passer par la pauvreté ;
       il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur :
       allais-tu garder ses commandements, oui ou non ?
3     Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim,
       et il t’a donné à manger la manne
       – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue –
       pour que tu saches que l’homme
       ne vit pas seulement de pain,
       mais de tout ce qui vient de la bouche du SEIGNEUR.
14   N’oublie pas le SEIGNEUR ton Dieu
       qui t’a fait sortir du pays d’Égypte,
       de la maison d’esclavage.
15   C’est lui qui t’a fait traverser ce désert,
       vaste et terrifiant,
       pays des serpents brûlants et des scorpions,
       pays de la sécheresse et de la soif.
       C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau
       de la roche la plus dure.
16   C’est lui qui, dans le désert, t’a donné la manne
       – cette nourriture inconnue de tes pères. »

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

          « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert » ... il s’agit de l’Exode, bien sûr. Moïse rappelle ici toutes les épreuves de cette longue traversée et de la vie au désert : « la pauvreté... la faim... le désert lui-même  vaste et terrifiant, inhospitalier pays des serpents brûlants et des scorpions,  pays de la sécheresse et de la soif ». Ailleurs, dans ce même livre du Deutéronome, Moïse décrit le désert comme « les solitudes remplies de hurlements sauvages ». Mais il ne rappelle pas les épreuves pour elles-mêmes : ce qu’il rappelle ici, c’est la sollicitude de Dieu pour son peuple au cœur même de ces épreuves. Plus que tout le reste, l’expérience la plus marquante du désert, c’est l’Alliance conclue au Sinaï. Et cette Alliance a été vécue au jour le jour dans des événements extrêmement concrets.

         Dieu avait promis d’être auprès de son peuple et c’est ce qu’il a accompli au long des jours, permettant ainsi à son peuple de surmonter toutes ces difficultés : « Il t’a donné à manger la manne, cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue », « c’est lui qui t’a fait traverser ce désert... c’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure »... On  reconnaît là au passage, tous les épisodes de la traversée du Sinaï, racontés par le livre de l’Exode et par celui des Nombres. Et tout cela, on sait que c’était le prix à payer pour la liberté.

         Mais le plus curieux, ici, c’est que Moïse présente ces épreuves comme un temps d’apprentissage imposé par Dieu : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le SEIGNEUR ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur... »

         Ces épreuves sont un lieu de vérité, et doublement : vérité de notre pauvreté et vérité de la sollicitude constante de Dieu. Sans ces interventions répétées de Dieu, le peuple serait mort à petit feu : mort de faim d’abord, et de soif ; et ceux qui ne seraient pas morts de faim ou de soif auraient succombé aux morsures des serpents et des scorpions... mais Dieu était là. Il était chaque fois intervenu ; et notre texte insiste bien sur le caractère miraculeux de chacune de ces interventions : la manne est une nourriture inconnue jusque-là « Le SEIGNEUR t’a donné à manger la manne, cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue » ; quant à l’eau « C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure »... « C’est lui qui t’a fait traverser, (sous-entendu sain et sauf), ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif ».

         Et tout cela, donc, était une pédagogie de Dieu : un autre verset de ce même chapitre dit « Tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils » (Dt 8, 5). Et le même livre du Deutéronome dit encore : « Le SEIGNEUR ton Dieu t’a porté tout au long de la route, comme un homme porte son fils. » Toute cette pédagogie avait un seul but : il fallait qu’on acquière le réflexe de dire « C’est Lui » : « N’oublie pas le SEIGNEUR ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage ».

         Mais pourquoi tout cet apprentissage ? Pour le bénéfice de qui ? Dieu a-t-il besoin de nos remerciements ? Serait-il comme ces bienfaiteurs qui attendent une reconnaissance éternelle ?

         Non, bien sûr ; penser une chose pareille, ce serait encore une fois nous fabriquer un dieu à notre image ; en réalité, si Dieu veut que nous reconnaissions notre dépendance à son  égard, c’est qu’elle est vitale pour nous. Le livre de la Genèse dit de manière imagée que nous sommes suspendus à son souffle ; le livre du Deutéronome le dit à sa manière : « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du SEIGNEUR » : son Souffle, sa Parole ...

         Dieu veut son peuple libre ; il ne veut donc pas faire de nous ses esclaves ; mais reconnaître notre dépendance à son égard est le seul moyen de ne pas devenir esclaves de quelqu’un d’autre. Or on sait que ce texte, comme tout le livre du Deutéronome, n’est pas de Moïse ; il a été écrit bien longtemps après lui : à une époque justement où l’on peut craindre que, peu à peu, le peuple élu ne tombe dans l’amnésie. Installés en Canaan, on ne risque plus la faim, la soif, ni tous les dangers du désert, serpents et autres scorpions... mais il faut résister à un nouveau danger, autrement sérieux : l’idolâtrie des Cananéens. Contre cette contamination, un seul vaccin, la fidélité du peuple à l’Alliance, c’est-à-dire très concrètement l’obéissance aux commandements.

         Visiblement, c’est là l’enjeu : pour commencer, notre texte le dit clairement : « Le SEIGNEUR voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? » Et d’autre part, le verset qui précède tout juste ceux que nous avons lus aujourd’hui, dit : « Tout le commandement que je te donne aujourd’hui, vous veillerez à le pratiquer afin que vous viviez, que vous deveniez nombreux, et que vous entriez en possession du pays que le SEIGNEUR a promis par serment à vos pères »...

         « Il t’a fait passer par la pauvreté » : rappel salutaire au moment où on risque d’être trop bien installé et de reléguer au musée des antiquités les commandements de l’Alliance...

         D’autre part, la reconnaissance de notre pauvreté fondamentale est le préalable à toute rencontre de Dieu en vérité : quand nous nous abandonnons à son action, alors il peut nous combler. Si nous cessons de croire que nous avons des forces par nous-mêmes, alors nous découvrons des forces insoupçonnées, qui sont les siennes. L’Esprit Saint nous a été donné pour cela. Et la fête du Corps et du Sang du Christ nous rappelle que Jésus nous propose beaucoup mieux, c’est d’habiter en nous.   

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Complément

La mémoire d'un peuple (ou d’une communauté, d’un couple), c'est un peu comme les racines d'un arbre : aujourd'hui, on voit l'arbre, on ne voit pas ses racines... n'empêche qu'il ne vit que grâce à elles, il leur doit tout en quelque sorte. Imaginez un arbre qui dirait « je me sépare de mes racines », elles m’empêchent de me déplacer, pire, elles m’empêchent de voler... on devine la suite, c’est la mort de l’arbre. Au vrai sens du terme, l’avenir de l’arbre est dans ses racines.

Quand Moïse dit à son peuple « Souviens-toi » ou « n’oublie pas », c’est comme s’il lui disait « ne te coupe pas de tes racines », « ton avenir est dans ta fidélité à tes racines ». Moïse ne se retourne pas vers le passé par sentiment ; mais c’est parce qu’il est tout entier tourné vers l’avenir qu’il se préoccupe de la fidélité aux racines. Il dit quelque chose comme « Si tu veux être encore debout demain, n’oublie pas aujourd’hui, ce que tu es et grâce à qui tu l’es ».

De siècle en siècle, Israël s'est construit en restant fidèle à ses racines ; Jésus, à son tour, pour résister au tentateur, a repris simplement les mots du Deutéronome : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur ».

PSAUME  147 ( 147 B)

  1. Le choix des versets retenus cette année par le lectionnaire est plus limité qu’il y a 3 ans ; cela change considérablement la tonalité du psaume et m’a amenée à modifier complètement mon commentaire.

 

12             Glorifie le SEIGNEUR, Jérusalem !
                 Célèbre ton Dieu, ô Sion !
13            Il a consolidé les barres de tes portes,          
                dans tes murs il a béni tes enfants.

14            Il fait régner la paix à tes frontières  
                et d'un pain de froment te rassasie.
15            Il envoie sa parole sur la terre :         
                rapide, son verbe la parcourt.

19            Il révèle sa parole à Jacob,    
                ses volontés et ses lois à Israël.
20            Pas un peuple qu'il ait ainsi traité ;    
                nul autre n'a connu ses volontés.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

« Glorifie le SEIGNEUR, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion ! » Il faut entendre ce parallélisme : Sion et Jérusalem, c’est la même chose. Et, d’ailleurs, quand on parle de Sion ou de Jérusalem, ici, plutôt que de la ville, il s’agit des habitants, c’est-à-dire du peuple d’Israël, en définitive. Je reviens à cette phrase : « Glorifie le SEIGNEUR, Jérusalem ! » On peut la dater facilement : nous sommes au retour de l’exil à Babylone, donc à la fin du sixième siècle ; il a fallu reconstruire la ville et redresser le Temple. Sans l’aide de Dieu rien de tout cela n’aurait été possible : « Il a consolidé les barres des portes de Jérusalem ».

Dans le psaume précédent, Dieu est appelé le « bâtisseur de Jérusalem » et le « rassembleur des dispersés d’Israël » (Ps 146/147 A, 2). Mais ce n’est pas seulement un travail d’architecte que Dieu a fait : ce retour au pays est une véritable restauration du peuple, une vie nouvelle va commencer ; une vie dans la paix et la sécurité : « Il fait régner la paix à tes frontières et d'un pain de froment te rassasie. » En Exil, on a mangé le pain des larmes, le pain d’amertume ; le retour au pays, c’est le temps de l’abondance, le pain de froment qui rassasie.

Le deuxième accent très fort de ce psaume, c’est la conscience aiguë du privilège que représente l’élection d’Israël : « Pas un peuple qu’il ait ainsi traité, nul autre n’a connu ses volontés ».

Voici ce qu’en dit le livre du Deutéronome : « Tu es un peuple consacré au SEIGNEUR ton Dieu : c’est toi qu’il a choisi pour être son peuple, son domaine particulier parmi tous les peuples de la terre… C’est uniquement à tes pères que le SEIGNEUR ton Dieu s’est attaché par amour. Après eux, entre tous les peuples, c’est leur descendance qu’il a choisie, ce qu’il fait encore aujourd’hui avec vous » (Dt 7,6 ; 10,15). Il s’agit d’un choix libre et inexpliqué de Dieu, un choix dont on ne cesse de s’émerveiller et de rendre grâce.

Voici un autre passage du livre du Deutéronome :

« Interroge donc les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre : d’un bout du monde à l’autre, est-il arrivé quelque chose d’aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ? Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu du feu, et qui soit resté en vie ? Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, à main forte et à bras étendu, et par des exploits terrifiants – comme tu as vu le SEIGNEUR ton Dieu le faire pour toi en Égypte ? Il t’a été donné de voir tout cela pour que tu saches que c’est le SEIGNEUR qui est Dieu, il n’y en a pas d’autre. Du haut du ciel, il t’a fait entendre sa voix pour t’instruire ; sur la terre, il t’a fait voir son feu impressionnant, et tu as entendu ce qu’il te disait du milieu du feu. » (Dt 4,32-36). À vues humaines, ce choix ne s’explique pas ; la seule explication que Moïse ait trouvée est celle-ci : « Parce qu’il a aimé tes pères et qu’il a choisi leur descendance, en personne il t’a fait sortir d’Égypte. » (Dt 4,37). C’est donc tout simplement une histoire d’amour, il n’y a pas d’autre explication. Et tout l’Ancien Testament déroule cette histoire d’amour bien étonnante entre un tout petit peuple souvent infidèle et le Dieu de l’univers qui, pour autant, ne l’abandonne jamais.

Si le peuple élu est heureux et fier de ce choix de Dieu, il sait qu’il n’y a pas là matière à s’enorgueillir : Moïse leur disait : « Si le SEIGNEUR s’est attaché à vous, s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C’est par amour. »

À l’origine, dans la pensée d’Israël, la conscience de vivre une Alliance avec le Dieu du Sinaï n’excluait pas que d’autres peuples aient leurs propres dieux protecteurs. Israël n’était pas encore monothéiste : il était « monolâtre » (on dit également « hénothéiste ») c’est-à-dire qu’il ne rendait de culte qu’à un seul Dieu, le Dieu du Sinaï, celui qui l’avait libéré d’Égypte. Il ne devint réellement « monothéiste » que pendant l’Exil à Babylone (au sixième siècle avant notre ère). Ce fut alors un nouveau saut dans la foi, la découverte de l’universalisme : si Dieu était le Dieu unique, alors, il était également celui de tous les peuples.

L’élection d’Israël n’était pas dénoncée pour autant et l’on trouve sous la plume du prophète Isaïe des phrases magnifiques en ce sens : « Toi, Israël, mon serviteur, Jacob que j’ai choisi, descendance d’Abraham mon ami : aux extrémités de la terre je t’ai saisi, du bout du monde je t’ai appelé ; je t’ai dit : Tu es mon serviteur, je t’ai choisi, je ne t’ai pas rejeté. Ne crains pas : je suis avec toi ; ne sois pas troublé : je suis ton Dieu. Je t’affermis ; oui, je t’aide, je te soutiens de ma main victorieuse. » (Is 41,8-10). C’est le même Isaïe qui sut faire comprendre à ses contemporains que leur élection prenait désormais un autre visage, celui d’une vocation au service des autres peuples : être auprès d’eux le témoin de Dieu. C’est le sens, entre autres des quatre textes que l’on appelle « Les Chants du Serviteur  » : « Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » (Is 49,6).

LECTURE DE LA PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS   10, 16 - 17

 

                 Frères,
16            La coupe d'action de grâce que nous bénissons,      
                n'est-elle pas communion au sang du Christ ?          
                Le pain que nous rompons,   
                n'est-il pas communion au corps du Christ ?
17            Puisqu'il y a un seul pain,      
                la multitude que nous sommes est un seul corps,     
                car nous avons tous part à un seul pain.
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         Dans la lettre de Paul aux Corinthiens, le passage que nous venons de lire est encadré par une double recommandation dont il faut entendre toute la gravité ; cela commence par « Mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie » et la fin du passage, c’est « voulez-vous exciter la jalousie du Seigneur ? », ce qui veut dire exactement la même chose ;  quand la Bible parle de la jalousie du Seigneur, c’est toujours pour mettre mise en garde contre l’idolâtrie.

Ici, Paul vise un problème bien précis, et notre passage d’aujourd’hui ne peut pas se comprendre hors de ce contexte : dans la religion chrétienne, on ne pratique pas de sacrifices d’animaux ; mais la religion juive en pratiquait et elle n’était pas la seule, les autres religions en faisaient autant ; et dans toutes les religions, que ce soit la religion juive ou une autre, le sacrifice était souvent suivi d’un repas qui avait lieu dans le temple même et au cours duquel on mangeait l’animal sacrifié, dans l’intention d’entrer en communion avec la divinité.

         Et donc, parmi les Corinthiens fraîchement convertis au christianisme, il y avait des gens qui jusqu’à leur conversion avaient participé aux sacrifices d’animaux de la religion grecque et aux repas qui suivaient ces cérémonies. Il semble bien, d’après le contexte de notre lettre, que certains d’entre eux avaient encore la tentation de continuer à participer à ces repas dans les temples des idoles ; là Paul est très ferme, il faut choisir : ou entrer en communion avec le Dieu vivant ou rechercher une autre communion. Il n’est pas question, dit-il, de participer à la fois à la table du Seigneur et à celle des idoles.

         Une autre question, plus difficile, se posait : les surplus de viande des animaux sacrifiés dans les temples des idoles étaient vendus en boucherie ; un chrétien pouvait-il en acheter et en consommer sans se faire complice de l’idolâtrie ? Cette question a empoisonné les débuts de l’Église, elle prend une grande place dans les Actes des Apôtres (chapitre 15), dans la lettre de Paul aux Romains (chapitres 14 et 15) et dans cette lettre aux Corinthiens (chapitres 8 à 10).

         Pour certains, les choses étaient claires : puisque les idoles n’existent pas, on peut bien acheter au marché et manger dans nos maisons la viande des sacrifices, c’est de la viande tout simplement ; Paul n’y voit pas d’inconvénient à condition que l’on ne risque pas de scandaliser des chrétiens plus scrupuleux ou des non-chrétiens qui seraient surpris de voir les chrétiens se rendre complices de l’idolâtrie. Son raisonnement s’appuie toujours sur le même fondement : l’Eucharistie nous fait entrer en communion avec le Dieu de Jésus-Christ.

         On comprend mieux du coup pourquoi Paul insiste sur le sens du repas de la liturgie chrétienne : « La coupe d’action de grâce que nous bénissons est communion au sang du Christ ; le pain que nous rompons est communion au corps du Christ. » Le mot que Paul emploie, « koinônia » en grec, évoque un lien d’intimité, d’appartenance, une solidarité profonde.

         Le Christ l’a dit en d’autres termes en employant le mot « Alliance » : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous » (Luc 22, 20). L’alliance au sens biblique, c’est bien une appartenance réciproque, un engagement mutuel : la grande formule de l’alliance c’était : « Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu. »

         En Jésus, c’est Dieu qui accomplit son Alliance avec l’humanité ; mais en Jésus aussi, c’est l’humanité qui accueille ce projet de Dieu et y répond ; il est celui qui entretient avec Dieu le dialogue sans ombre proposé à Adam, c’est-à-dire à l’humanité tout entière. C’est tout le mystère de Jésus à la fois homme et Dieu : en Lui, Dieu propose son amour, en lui, l’humanité répond par l’action de grâce. En Lui Dieu parle, se révèle (il est le Verbe, la Parole du Père) ; en Lui l’humanité répond à la Parole. En Lui, Dieu se donne ; en Lui l’humanité accueille le don de Dieu. Vous avez reconnu là le schéma de toute célébration liturgique qui est justement le lieu de l’accomplissement de l’alliance. Et la Prière Eucharistique se conclut par cette phrase magnifique : « Par Lui, avec Lui et en Lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen. »

          Ce qui fut la grande découverte d’Israël (le Dieu tout-autre se fait le tout proche) est vrai au plus haut point dans l’Eucharistie : elle demeure pour nous le mystère du Dieu tout-autre et en même temps elle nous fait participer à son intimité, à sa vie divine : ce n’est pas l’homme qui atteint Dieu, c’est Dieu qui se fait proche.

         L’Eucharistie est donc repas de communion comme toutes les religions en connaissaient, mais c’est le sacrifice lui-même qui a changé : le sacrifice que Dieu attend, ce n’est pas l’égorgement d’un animal, c’est le don de nos vies. Comme le disait déjà le psaume 39/40, « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu ne voulais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit voici je viens. » C’est ce qu’a fait le Christ. Sa vie tout entière a été offerte et mise au service de ses frères. Et quand nous participons au repas de communion de l’Eucharistie, nous unissons nos vies à la sienne pour les offrir au Père.

         Cela va très loin : Paul ose dire que nous faisons partie du même corps que le Christ « Le pain que nous rompons est communion au corps du Christ. » Et si nous faisons réellement un seul corps avec lui, il nous rend capables de mener désormais la même vie que lui. Quand saint Augustin dit à ceux qui communient « Devenez ce que vous recevez, recevez ce que vous êtes », il dit bien que nous devenons corps et sang de Jésus-Christ, c’est-à-dire à notre tour, vies offertes pour la naissance de l’humanité nouvelle.

         Car effectivement, quand nous participons à l’Eucharistie, nous ne sommes pas seuls concernés : Jésus a bien dit qu’il donnait sa vie pour la multitude, et quand il se donne en nourriture, c’est bien aussi en vue de la multitude.

Et c’est bien à la multitude que nous sommes envoyés. « Oui, vraiment, il est grand le mystère de la foi ! »

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN   6, 51-58

 

              En ce temps-là,
              Jésus disait aux foules des Juifs :
51          « Moi, je suis le pain vivant,
              qui est descendu du ciel :
              si quelqu’un mange de ce pain,
              il vivra éternellement.
              Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
              donnée pour la vie du monde. »
52          Les Juifs se querellaient entre eux :
              « Comment celui-là
              peut-il nous donner sa chair à manger ? »
53          Jésus leur dit alors :
              « Amen, amen, je vous le dis :
              si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
              et si vous ne buvez pas son sang,
              vous n’avez pas la vie en vous.
54          Celui qui mange ma chair et boit mon sang
              a la vie éternelle ;
              et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
55          En effet, ma chair est la vraie nourriture,
              et mon sang est la vraie boisson.
56          Celui qui mange ma chair et boit mon sang
              demeure en moi,
              et moi, je demeure en lui.
57          De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
              et que moi je vis par le Père,
              de même celui qui me mange,
              lui aussi vivra par moi.
58          Tel est le pain qui est descendu du ciel :
              il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
              Eux, ils sont morts ;
              celui qui mange ce pain
              vivra éternellement. »

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         À la suite de ce discours, des quantités de gens  ont  cessé de suivre Jésus : ce qu'il disait était inacceptable ; alors il s'est retourné vers les Douze et il leur a demandé : « Et vous, ne voulez-vous pas partir ? » C’est là que Pierre a répondu « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle » .

         Voilà le paradoxe de la foi : ces paroles sont humainement incompréhensibles et pourtant elles nous font vivre. Il nous faut suivre le chemin de Pierre : vivre de ces paroles, les laisser nous nourrir et nous pénétrer, sans prétendre les expliquer. Il y a là déjà une grande leçon : ce n’est pas dans les livres qu’il faut chercher l’explication de l’Eucharistie ; mieux vaut y participer, laisser le Christ nous entraîner dans son mystère de vie.

         Le mot qui revient le plus souvent dans ce texte, c’est la vie : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, (c’est-à-dire ma vie) donnée pour que le monde ait la vie. » La lettre aux Hébreux le dit bien : « En entrant dans le monde, le Christ dit : Voici je suis venu faire ta volonté » et la volonté de Dieu, on le sait, c’est que le monde ait la vie. Une vie qui est cadeau : « le pain que je donnerai » ; tout est cadeau : Isaïe l’avait déjà annoncé « Ô vous qui êtes assoiffés, venez vers les eaux, même celui qui n’a pas d’argent, venez ! Demandez du grain et mangez ; venez et buvez - sans argent, sans paiement - du vin et du lait. À quoi bon dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, votre labeur pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez donc, écoutez-moi, et mangez ce qui est bon ; que vous trouviez votre jouissance dans des mets savoureux : tendez l’oreille, venez vers moi, écoutez et vous vivrez. » (Is 55, 1-3).

         Et ce qui nous fait vivre, c’est le don de la vie du Christ, ce que nous appelons son sacrifice ; mais il ne faut pas nous méprendre sur le sens du mot « sacrifice ». Tout au long de l’histoire biblique, on a assisté à une  transformation, une véritable conversion de la notion de sacrifice ; on peut déceler plusieurs étapes dans cette pédagogie qui a pris des siècles.

         Au début de l’histoire biblique, le peuple hébreu pratiquait, comme beaucoup d’autres peuples, des sacrifices sanglants, d’humains et d’animaux. Spontanément, pour s’approcher de Dieu, pour entrer en communion avec Lui (c’est le sens du mot « sacrifier » - « sacrum facere »- faire du sacré), on croyait devoir tuer. Au fond pour entrer dans le monde du Dieu de la vie, on lui rendait ce qui lui appartient, la vie, donc on tuait.

         La première étape de la pédagogie biblique a été l’interdiction formelle des sacrifices humains ; et ce dès la première rencontre entre Dieu et le peuple qu’il s’est choisi ; puisque c’est à Abraham que cette interdiction a été faite « Ne lève pas la main sur l’enfant » (Gn 22). Et depuis Abraham, cette interdiction ne s’est jamais démentie ; chaque fois qu’il l’a fallu, les prophètes l’ont rappelée en disant que les sacrifices humains sont une abomination aux yeux de Dieu. Et déjà, dès le temps d’Abraham, la Bible ouvre des horizons nouveaux (avec le sacrifice de Melchisédek) en présentant comme un modèle de sacrifice au Dieu très-haut une simple offrande de pain et de vin (Gn 14).

         On a pourtant continué quand même à pratiquer des sacrifices sanglants pendant encore des siècles. Dieu use de patience envers nous ; comme dit Pierre, « Pour lui, mille ans sont comme un jour » ...

         La deuxième étape, c’est Moïse qui l’a fait franchir à son peuple : il a gardé les rites ancestraux,  les sacrifices d’animaux, mais il leur a donné un sens nouveau. Désormais, ce qui comptait, c’était l’alliance avec le Dieu libérateur.

         Puis est venue toute la pédagogie des prophètes : pour eux, l’important, bien plus que l’offrande elle-même, c’est le cœur de celui qui offre, un cœur qui aime. Et ils n’ont pas de mots trop sévères pour ceux qui maltraitent leurs frères et se présentent devant Dieu, les mains chargées d’offrandes. « Vos mains sont pleines de sang » dit Isaïe (sous-entendu « le sang des animaux sacrifiés ne cache pas aux yeux de Dieu le sang de vos frères maltraités ») (Is 1, 15). Et Osée a cette phrase superbe que Jésus lui-même a rappelée « C’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices » (Os 6, 6). Michée résume magnifiquement cette leçon : « On t’a fait savoir, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR réclame de toi. Rien d’autre que de respecter le droit et la justice et de marcher humblement avec ton Dieu » (Mi 6, 8).

         L’étape finale de cette pédagogie, ce sont les fameux chants du Serviteur du deuxième Isaïe : à travers ces quatre textes, on découvre ce qu’est le véritable sacrifice que Dieu attend de nous ; sacrifier (faire du sacré), entrer en communion avec le Dieu de la vie, ce n’est pas tuer ; c’est faire vivre les autres, c’est-à-dire mettre nos vies au service de nos frères. Le Nouveau Testament présente souvent Jésus comme ce Serviteur annoncé par Isaïe ; sa vie est tout entière donnée pour les hommes. Elle est le sacrifice parfait tel que la Bible a essayé de l’inculquer à l’humanité. « Le pain que je donnerai ; c’est ma chair1 donnée pour que le monde ait la vie ». Et désormais, dans la vie donnée du Christ, nous accueillons la vie même de Dieu : « De même que le Père qui est vivant m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi ».

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Note

1 - Le mot « chair » ici, dans la bouche de Jésus est équivalent de vie : nous pouvons donc lire « ma vie donnée pour que le monde ait la vie ». Et nous comprenons bien que Jésus fait allusion à sa Passion et à ce mystère.

Complément à propos des sacrifices

La dernière conversion qui nous reste à faire, c’est de ne plus chercher  à « faire »  du sacré,  mais à accueillir la Vie que Dieu nous donne.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 23:00

(1er août 702 du calendrier romain)

à Rome, Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio Nasica est choisi comme collègue au consulat par son beau-fils Pompée

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 23:00

Juin 1209

    Début de la "croisade"

 

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 23:00

16 au 29 Juin 1211

    1er siège de Toulouse

    Simon de Montfort assiège en vain Toulouse

 

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 23:00

3e siège de Toulouse

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 23:00

Lettres du Roy Louis IX, portant que les hommes de la Cité de Carcassonne jouiront de la franchise, dont jouissent les hommes du Bourg de Carcassonne

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 23:00

1776   

Guillaume Joseph  Peyrusse

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jean gérard,guillaume joseph roux-peyrusse,baron peyrusse,le magazine 11,michel sawas,numéro 25

 

naît à Carcassonne, le 14 juin 1776, dans le quartier de l’église Saint-Vincent où il est baptisé, dans la paroisse où il exercera vers la fin de sa vie les fonctions de marguillier.

 

Son père, Dominique Peyrusse, est un riche bourgeois, l’un des plus imposés, qui fut consul de la ville en 1769 ; sa mère, Anne Pascal, n’est autre que la fille du propriétaire de la florissante manufacture royale de draps à Montolieu. C’est le plus jeune des huit enfants d’une famille nombreuse

 

Guillaume Joseph Roux Peyrusse
Baron d'Empire
(1776-1860)
Maire de
Carcassonne

(1832-1835)
Trésorier général de la couronne
pendant les Cents-jours

(1815)
 Guillaume Peyrusse 2.jpg

La lecture du blason sur sa pierre tombale
est la suivante:
" D'argent à l'île au naturel, baignée par une mer du même au chef d'azur,
à la clef d'or, au franc quartier d'officier de la maison de l'Empereur
".
Guillaume Peyrusse 1.jpg

Au cimetière St Vincent de Carcassonne Sa tombe n° 532, est située allée 07.

1870

Sophie de Prusse, reine de Grèce

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La princesse Sophie, Dorothea, Ulrike, Alice de Prusse voit le jour le 14 juin 1870 au Neues Palais de Potsdam.

Elle est le septième enfant de l’empereur Frederic III d’Allemagne et de l’impératrice Victoria, née princesse de Grande-Bretagne.

La princesse Sophie est l’une des nombreuses petites-filles de la reine Victoria.

Sa naissance arrive à un moment délicat à savoir la guerre franco-allemande de 1870 avec les célèbres batailles de Woerth et Sedan.

Son père y prend part et gagne l’admiration de ses troupes.

 

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Quelques jours avant son baptême, la présence de son père à la cérémonie était totalement incertaine.

Il arrive finalement quelques heures avant la cérémonie qui se déroule le 24 juillet 1870.

Sa mère la princesse Victoria écrivait à ce sujet à sa propre mère la reine Victoria :

 "Le baptême s’est bien passé mais l’ambiance était lourde et mélancolique. Les visages des invités étaient inquiets et leurs yeux en larmes. Comme si un malheur mettait de l’ombre à la cérémonie alors qu’elle aurait dû être gaie et bénie"

Le futur empereur Frederic III était en effet parti pour le front à l’aube sans prévenir sa femme et embrasser ses enfants, voulant leur éviter des scènes d’émotion.

Les conditions de son baptême étaient un premier signe de sa future vie, ponctuée de tragédies et d’amertume.

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Sophie a 7 frères et sœurs : Frederic Guillaume (futur empereur d’Allemagne et dernier empereur), Victoria dite Charlotte (1860-1919), Albert dit Heinrich (1862-1929), Franz dit Sigismund (1864-1866), Friedrieke dite Victoria (1866-1929), Joachim dit Waldemar (1868-1879) et Margrete (1872-1954)

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La princesse grandit dans une ambiance familiale très tournée vers l’Angleterre. Sa mère, fille de la reine Victoria souhaite que ses enfants vivent dans la même atmosphère chaleureuse qui régnait au sein de la famille formée par la reine Victoria et le prince Albert et met un point d’honneur à mener une vie très « british », ce qui lui sera toujours reproché par le son fils aîné, le futur (et dernier) empereur d’Allemagne. Sophie dont le surnom est « Sossy » est très proche de ses sœurs Margarete et Victoria. Son père est plus proche des aînés.

Sophie est considérée comme une élève douée et très motivée. Son programme d’éducation était très stricte sans qu’aucune négligence ne soit permise. La princesse était dotée d’une mémoire, dit-on, impressionnante, ce qui l’aidera beaucoup plus tard dans ses devoirs de reine. La princesse séjourne régulièrement auprès de sa grand-mère maternelle en Angleterre et parfois pendant plusieurs semaines. Lorsqu’elle est en Allemagne, Sophie vit auprès de ses parents au Neues Palais de Potsdam ou au Palais du prince héritier à Berlin sur la célèbre artère Unter den Linden.

A l’occasion duJubilé de la reine Victoria en 1887, Sophie et les siens assistent à de nombreuses festivités organisées pour commémorer l’événement. La princesse reste d’ailleurs plus de temps auprès de sa grand-mère et fait la rencontre du prince Constantin de Grèce, fils aîné du roi George I et de la reine Olga de Grèce, née grande-duchesse de Russie. Il est de 2 ans son aîné. La même année, le prince héritier Constantin arrive à Berlin pour y suivre les cours de l’école de Guerre ainsi que des cours en Sciences politiques. A la Cour de Berlin, il retrouve la princesse Sophie de Prusse. Ils apprennent à mieux se connaître et leur relation évolue progressivement

Le père de Sophie devient empereur d’Allemagne le 9 mars 1888 après avoir été 27 ans prince héritier. On le dit animé d’idées plus libérales et souhaitant réformer les institutions de son pays mais Frederic III est gravement malade depuis de longs mois. Il souffre d’un cancer très avancé du larynx. Ses médecins ont des avis divergents sur le traitement. Certains évoquent une ablation du larynx, d’autres des opérations plus ciblées et d’autres encore une simple cure au bon air.

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Il était enchanté des fiançailles de sa fille Sophie avec le prince héritier Constantin et les convia à son chevet pour leur présenter tous ses vœux de bonheur. Un mois avant son accession au trône, une opération visant à lui pratiquer une sorte de trachéotomie se passe mal et prive le futur empereur de la parole. Un voyage en Italie avec son épouse n’améliore pas sa santé précaire.

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    Il ne règne que 99 jours, miné par la maladie mais soutenu jusqu’au bout par son épouse l’impératrice Victoria. L’anniversaire de la princesse Sophie est célébré dans l’intimité familiale le 14 juin 1888. Le lendemain, l’empereur s’éteint à l’âge de 66 ans. C’est le frère aîné de Sophie qui lui succède et qui entend directement imprimer sa marque, à l’opposé de celle amorcée par son père et influencée par sa mère jugée trop britannique. L’impératrice veuve Victoria s’appuie beaucoup sur ses filles les princesses Sophie, Margrete et Victoria pour surmonter son deuil.

    L’annonce de leurs fiançailles officielles est retardée de quelques mois suite aux décès des empereurs Guillaume et Frederic. Entre temps, la princesse Sophie se prépare pour ses nouvelles obligations. Elle commence à apprendre le grec, s’informe à propos des coutumes, du folklore,… du peuple grec. Le jour de son arrivée sur le sol grec, la jeune princesse souhaite montrer ses connaissances linguistiques à sa nouvelle patrie et s’adresse à son fiancé en parlant le grec ancien à la surprise générale. Son professeur en Allemagne estimait que le grec ancien était la vraie langue du pays…

    Le mariage de Sophie et Constantin était le premier d’un prince héritier ou roi à avoir lieu en Grèce. En effet, le premier roi Othon s’était marié en Bavière et le roi George I en Russie. Comme il n’y avait pas la place suffisante au palais pour héberger les nombreux invités nobles, le roi George demanda l’aide des riches Athéniens qui possédaient de grandes maisons. Ceux-ci mirent donc des chambres de leurs résidences à disposition des invités de marque ainsi que leurs calèches. 

    Des tous les invités présents au mariage, l’empereur Guillaume II, frère de Sophie, laisse une très mauvaise impression au peuple mais aussi aux autres invités. Il est arrogant avec une mine autoritaire et un regard hostile. Il montre clairement que rien ne lui plaît dans la capitale grecque sauf les soldats de la garde royale ! Lors de son arrivée le 14 octobre avec son épouse, il est accompagné de 10 bateaux de guerre pour souligner la puissance de son pays… 

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    Le 15 octobre (ou le 27 selon que l’on prenne le calendrier grégorien ou julien) 1889 à Athènes, la princesse Sophie de Prusse épouse le prince héritier Constantin de Grèce. La cérémonie se déroule en deux temps : une célébration publique selon le rite orthodoxe et une deuxième privée en l’église du Palais royal d’Athènes selon le rite protestant. Le roi George I était en effet resté protestant, raison pour laquelle cette église avait été érigée au sein du palais.

    La mariée a choisi de se convertir à la religion orthodoxe un an après son mariage, ce qui lui vaut les foudres de son frère l’empereur. Les Athéniens furent très impressionnés par les feux d’artifices qui illuminèrent pour l’événement le ciel de la capitale.

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    Dans son ouvrage « Mémoires insolites », le prince Michel de Grèce explique l’historique des carrosses de la famille royale grecque. Ceux-ci ont été achetés à la France qui souhaitait se débarrasser d’un carrosse commandé pour l’entrée solennelle du roi Henri V (comte de Chambord) à Paris. Le roi George I de Grèce le racheta. « Sur les portières, on peignit ses armoiries au-dessus de celles de la Maison de France et désormais le carrosse servit lors de tous les mariages de la famille royale grecque à amener la mariée à la cathédrale d’Athènes ». Le carrosse qui conduisit la princesse Sophie de Prusse appartenait donc au comte de Chambord. Le même fut utilisé par la princesse Frederika de Hanovre lors de son mariage avec le prince Paul de Grèce, par la princesse Sophie de Grèce lors de son mariage en 1962 avec Juan Carlos d’Espagne, puis par Anne-Marie de Danemark lors de son union avec le roi Constantin. Aujourd’hui, ce véhicule historique est abandonné dans un dépôt du domaine de Tatoi sans que l’on ait la permission d’y accéder.

    Le lendemain, le roi George I de Grèce invita les 400 maires du pays pour un dîner en l’ honneur des jeunes mariés. Certains étaient complètement illettrés et incapables de comprendre ce que le protocole attendait d’eux. Mais le roi George les mit tous très rapidement à l’aise et la cérémonie vira vite à la fête populaire. On raconte l’anecdote suivante au cours de ce dîner en l’honneur de Sophie et Constantin. Le roi George reconnut un ancien cuisinier du palais, devenu maire de son petit village. L’ex-employé du palais tend timidement la main au souverain qui le félicite. « Bravo Jean » lui dit le roi, « je te souhaite de devenir député ». « Merci Votre Majesté, j’ai pu progresser dans la vie ». Et le roi ironique de rétorquer « Je vois, Jean, seulement moi je n’ai pas progressé. Roi tu m’as laissé et roi tu me retrouves ! »

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    Apres son installation à Athènes, Sophie envisage avec beaucoup d’appréhension le début sa nouvelle vie. Dans un premier temps, le jeune couple princier loue la grande maison d’un riche habitant d’ Athènes. Leur palais mit en effet 10 ans avant d’être construit. La mère de Sophie, l’impératrice douairière lui prodigue de nombreux conseils. Femme très cultivée, Victoria connaissait bien l’histoire de la Grèce. Elle conseilla à sa fille de se concentrer sur ses propres œuvres caritatives en marge de celle de la reine Olga. Mère et fille ont échangé une vaste correspondance de plus de 2000 lettres entre 1889 et 1901. Dans l’une de ses lettres, Sophie de Grèce se lamente et explique à sa mère que sa résidence n’est pourvue d’aucun luxe. La réponse de Victoria ne tarde pas et elle tance sa fille en lui faisant remarquer que sa baignoire est faite en marbre de Pendeli (une montagne près d’Athènes) considéré comme le marbre le plus blanc et trop onéreux que pour être acheté en Allemagne… 

    Sophie donne naissance à son premier enfant prénommé George le 19 juillet 1890 au domaine de Tatoi. Constantin et Sophie de Grèce auront cinq autres enfants : Alexandre né en 1893 à Tatoi (il sera le futur roi Alexandre, époux d’Aspasie Manos et décèdera des suites d’une morsure de singe), Hélène née à Athènes en 1896 (futur épouse du roi Carol de Roumanie et mère du roi Michel de Roumanie), Paul (futur roi de Grèce et père de l’actuel roi Constantin) né en 1901, Irène (future épouse du prince Aimone de Savoie-Aoste et mère de l’actuel duc d’Aoste) née en 1904 et Katherine (future lady Brandam) née en 1913.

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    Le prince héritier George a pu être sauvé à sa naissance grâce à l’ intervention de la sage- femme que l’impératrice douairière Victoria d’Allemagne avait envoyée à Athènes. Le bébé avait le cordon ombilical autour du cou. Lors des autres naissances, le gynécologue Konstadinos Louros était présent. Sophie a risqué de perdre la vie lors de la naissance du prince Alexandre. Des années plus tard, le même gynécologue assistait à la naissance de l’enfant du roi Alexandre, la princesse Alexandra. Il assista aussi la princesse Hélène lors de la naissance de son fils unique le futur roi Michel de Roumanie.

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    La princesse Sophie était considérée comme étant une manique de la propreté et veillant à ce que les poussières soient faites plusieurs fois par jour. Les petites rues d’Athènes étaient souvent très poussiéreuses au passage des calèches, ce qui incommodait Sophie. La chaleur estivale à Athènes lui était insupportable, raison pour laquelle elle partait à cette période soit chez sa mère, soit chez sa sœur Margrete avec qui elle restera toujours très intimement liée. Elle appréciait aussi les séjours dans sa chère Angleterre. Très influencée de la culture anglo-saxone depuis sa naissance, Sophie en fera la première langue parlée avec ses enfants même si sa maîtrise du grec fut très rapide et parfaite. Au début de son mariage, au cours d’une audience, deux dames grecques s’adressèrent à la princesse en allemand en signe de respect. Sophie leur répondit en grec…

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    Ici, Sophie de Grèce en 1897 lors de la guerre greco- turque. La princesse héritière avait l’habitude de se rendre au chevet des soldats blessés et admis dans un hôpital organisé par ses oins. A ses côtés, sa dame d’honneur Angeliki Kondostavlou qui est restée fidèlement auprès de Sophie jusqu’ a la fin de sa vie.

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    Photo prise l’ époque des fiançailles de la princesse Marie de Grèce, fille du roi George I et de la reine Olga avec le grand duc George Mikhailovich de Russie. Depuis la gauche, le prince Christophe (assis), le grand-duc Michael Nikolaevich ( père du grand-duc George, futur époux de la Princesse Marie ), la reine Olga de Grèce, le roi George I de Grèce, le grand-duc George Mikhailovich ( futur époux de la princesse Marie). L’enfant assis devant eux avec les pieds croisés est le prince Alexandre de Grèce. Derrière, depuis la gauche, le prince Nicholas de Grèce, la princesse héritière Sophie, le prince héritier Constantin, le prince André ( père du duc d’ Edimbourg) et la future mariée, la princesse Marie.

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    L’année 1901 est une année douloureuse pour Sophie de Grèce puisque sa grand-mère la reine Victoria décède le 22 janvier et sa mère l’impératrice veuve Victoria décède à Friedrichshof. Ci-dessus, l’une des dernières photos avec sa mère et ses frères.

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    Mère stricte et exigente, elle mettait un point d’honneur à ce que tous ses enfants, se réunissent quotidiennement à 17 heures pour prendre le thé. Le prince Alexandre arrivé en retard, se fit sermonner malgré l’intervention de son père le prince héritier Constantin.

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    La princesse était habituée à se promener seule dans les rues d’Athènes et se rendait en visite dans des régions plus reculées et plus pauvres du pays. Après ses visites sur le terrain, elle décida de fonder un hospital pour enfants qui porte son nom et existe encore aujourd’hui. De nombreux petits Grecs eurent la chance de pouvoir bénéficier des soins dispensés dans cet établissement médical.

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    Sophie de Grèce est aussi à la base du projet de plantation d’arbres à Athènes et dans le reste du pays. A cette époque, la capitale et ses alentours ne possédaient aucune verdure.

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    Le 18 mars 1913, le roi George I est assassiné à Salonique. Son fils Constantin lui succède. Sophie devient reine de Grèce. L’avènement du prince héritier Constantin et de son épouse Sophie est très bien accueilli par les Grecs. Une prophétie disait que lorsque Constantin et Sophie (prénoms des derniers souverains de Constantinople avant la prise de la ville par les Turcs) règneraient, la ville redeviendrait chrétienne…

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     La Première Guerre Mondiale met la reine Sophie dans une position délicate. On lui reproche sa trop grande promiscuité avec son frère l’empereur d’Allemagne.

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    La nouvelle reine n’était pas en bons termes avec sa belle-mère la reine Olga. Elle lui demanda d’ailleurs de quitter le palais. La reine Olga retourna dans son pays natal la Russie avant de devoir s’exiler lors de la révolution russe. Sophie n’appréciait guère les dames de la haute société grecque. Elle avait d’autres affinités et souhaita même un temps faire anoblir certaines personnes mais cela ne se concrétisa pas.

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      En août 1913, la reine Sophie avec les princesses Hélène et Irène ainsi que le prince Paul accueillent le roi Constantin à son retour en vainqueur des guerres balkaniques.

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      Un violent incendie éclate en 1916 au domaine royal de Tatoi. La reine a juste le temps de sauver sa plus jeune fille Katherine des flammes. On évoquait déjà à l’époque l’hypothèse très probable d’un attentat. Jusqu’à son départ en exil, la reine Sophie s’est impliquée dans l’organisation des hôpitaux du pays, dont certains étaient dotés de matériel sanitaire à la pointe.

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      En 1917, le roi Constantin abdique pour lui et son fils aîné George. La famille royale part en exil en Suisse. Le deuxième fils de la reine Sophie monte sur le trône mais le roi Alexandre décède le 25 octobre 1920 des suites d’une morsure de singe. Il était marié depuis moins d’un an avec Aspasie Manos. Mariage morganatique dont naîtra la princesse Alexandra, future reine de Yougoslavie.

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      La reine Sophie avait une faiblesse de cœur pour son fils Alexandre. Alors qu’il était en visite à Paris et qu’elle était en exil, elle essaya de le revoir au cours de se séjour mais cela ne se concrétisa pas. Son grand malheur fut de ne pas pouvoir le revoir avant sa mort. La reine reporta toute sa tendresse sur la princesse Alexandra, fille de son défunt fils Alexandre. Dans ses mémoires la princesse Alexandra de Grèce, devenue plus tard reine de Yougoslavie écrivait « Je menais une vie merveille avec Amama (la reine Sophie) qui m’adorait et me gâtait outrageusement. De tous ses petits-enfants, j’étais la préférée. Amama était grande, mince et très élégante. Elle portait toujours le deuil du roi Constantin. Le noir, le mauve pâle ou le gris argent de ses habits de veuve lui seyaient particulièrement. »

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      Le roi Constantin et la reine Sophie rentrent alors en Grèce et règnent jusqu’à une nouvelle abdication en 1922.

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      Pendant ce nouvel et bref règne, les mariages des enfants de la reine Sophie et du roi Constantin se succèdent : leur fils aîné George qui règne de 1922 à 1925 épouse à Bucarest la princesse Elisabeth de Roumanie. Mariage sans descendance qui se soldera par un divorce. Sa fille aînée la princesse Hélène épouse le 10 mars 1921 le futur roi Carol de Roumanie. Mariage malheureux dont est issu le roi Michel de Roumanie.

      La reine Sophie n’était pas enthousiaste à l’idée du mariage de sa fille Hélène surnommée Sitta avec le prince héritier de Roumanie. Elle estimait que les futurs mariés avaient de trop grandes différences de caractère et avaient grandi avec une éducation fort distincte. La séparation d’avec sa fille était d’autant plus pénible, qu’elle s’était beaucoup appuyée sur elle après la mort de son fils le roi Alexandre. Lors de la cérémonie de mariage à Athènes, Sophie de Grèce constata la distance de certains membres du Gotha à son égard, attitude qui se répètera plus tard lors du nouvel exil.

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      Le professeur K.Louros écrit dans ses mémoires que pendant la maladie du roi Constantin, la reine restait jour et nuit a son chevet, essayant d’apaiser sa souffrance. Le roi ne la reconnaissait plus et dans ses délires demandait sa présence. Le médecin raconte que la souveraine avait alors fait place à une femme dévouée à son époux, aimante jusqu’au bout. Les souverains grecs donnaient l’image d’un couple uni mais il n’en fut pas toujours ainsi. Le roi Constantin entretint longtemps et ce jusqu’à son décès une relation que les Historiens qualifient toutefois de platonique et épistolaire avec la comtesse Paola d’Ostheim. On raconte que Sophie était allée se confier à son beau-père à propos des écarts de conduite de son époux. Le roi George lui conseilla de s’entretenir à ce sujet avec sa belle-mère la reine Olga… La reine Sophie perd son époux le roi Constantin qui décède le 11 janvier 1923 à Palerme en Sicile.

      En exil, Sophie de Grèce a habité la villa Spoletti à Florence. La porte de sa maison était, dit-on, toujours ouverte aux Grecs qui souhaitaient lui rendre visite. Un jour, une boîte avec l’inscription « A notre chère reine, deux Grecs » lui fut apportée. A l’intérieur se trouvait de la terre de Grèce. La reine expliqua alors « Ils me l’ont apporté comme cadeau de Noël. Je ne désire rien d’autre que cela… »

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      Ci-dessus, une photo rare où l’on peut distinguer la reine Sophie de Grèce qui se trouve à côté de la princesse Frederika de Hanovre (future épouse de son fils le prince Paul et future reine de Grèce). De gauche à droite, au premier rang, la princesse Katherine de Grèce , la princesse Frederika de Hanovre, la reine Sophie de Grèce, la princesse Victoria – Louise de Hanovre, née princesse de Prusse (mère de Frederika ), la princesse Margrete de Prusse (sœur « préférée » de la reine Sophie), les frères de la princesse Frederika. Au deuxième rang, de gauche à droite, la princesse Irène de Grèce (fille de la reine Sophie, future épouse du duc d’Aoste) , le prince George de Hanovre, le prince Paul de Grèce (futur époux de la princesse Frederika de Grèce) et Ernst-August III de Hanovre (père de la princesse Frederika)

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      Au cours de l’été 1931, la reine sombre progressivement dans une grande mélancolie. Elle reste prostrée durant des heures dans ses pensées silencieuses. Ses proches lui conseillent alors d’accomplir un voyage en Angleterre. Mais à son retour en octobre 1931, sa santé ne présente aucune amélioration. Elle commence même à ressentir de vives douleurs au niveau de l’estomac. Elle voyage jusqu’à Francfort pour se faire examiner par des spécialistes. Lors de l’opération qui lui est pratiquée, les médecins constatent un cancer très avancé. Ils annoncent à ses enfants que la reine va mourir dans quelques jours voire au maximum quelques semaines. Toutefois après cette intervention chirurgicale, elle ne se plaint plus de douleurs. 

      Avant son hospitalisation, elle avait écrit une lettre depuis son lieu d’exil : « Arrêtez les querelles intérieures. Notre patrie, ce beau pays, a besoin de se remettre des malheurs qu’ elle a traversés. Vous devez tous travailler avec toute votre force et avec prudence pour la prospérité de notre glorieuse mais si profondément traumatisée patrie. » Paroles toujours d’actualité 80 ans après sa mort… 

      Quelques instants avant de mourir, la reine Sophie de Grèce appelle ses enfants auprès d’elle. « Vous êtes tous près de moi ?.Non, il manque un.. Alexandre (NDLR : décédé en 1920). Où est Alexandre? » Elle le cherche du regard puis appelle son défunt époux.

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      Souffrant d’un cancer pendant plusieurs années, la reine Sophie de Grèce, née princesse de Prusse, sœur du dernier empereur d’Allemagne, mère de 3 rois successifs de Grèce, grand-mère du roi Constantin de Grèce, du roi Michel de Roumanie, de la reine Alexandra de Yougoslavie et de la reine Sophie d’Espagne, s’est éteinte le 13 janvier 1932 à Francfort. Elle n’a pas connu la dernière restauration de la monarchie avec le règne de son fils le roi George II de 1935 à 1947, auquel succèdera son autre fils Paul (père du roi Constantin, de la princesse Irène et de la reine Sophie d’Espagne).

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      La reine Sophie d’Espagne raconte dans ses entretiens avec la journaliste Pilar Urbano que lors de sa naissance en 1938, la foule présente près du domicile de ses parents à Athènes ayant appris que le bébé était une fille, se mit à crier le prénom de « Sophie » en référence à sa grand-mère maternelle, raison pour laquelle la petite princesse fut finalement baptisée ainsi.

      Une petite-fille de la reine Sophie de Grèce qui partage avec son aïeule d’étranges similitudes de vie : un père décédé des suites d’une longue maladie et elles ont toutes les deux perdu leur mère et grand-mère la même année à savoir la Victoria et l’impératrice Victoria d’Allemagne en 1901 pour la reine Sophie de Grèce et la princesse Victoria Luise de Hanovre et la reine Frederika de Grèce en 1981 pour la reine Sophie d’Espagne.

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      La dépouille de la reine Sophie de Grèce a été inhumée en 1936 sur le domaine de Tatoi auprès de celle de son époux. Ses dernières paroles n’avaient-elles pas été « Je pars mes enfants … Aimez la Grèce …. ». Un amour qui ne lui fut pourtant pas toujours réciproqué.

      (Un tout grand merci à Tepi pour son inestimable et si précieuse aide, ses recherches bibliographiques et d’archives ainsi que ses si nombreuses traductions –  Merci aussi à Vassilis Barkoulas por la photo de la tombe de la reine Sophie au domaine de Tatoi- Merci à Arthuro E.Beéche pour la photo de la reine Sophie avec la princesse Fredrika enfant -  Sources bibliographiques : « Sofia » d’Andreas Skandamis – « Pour l’amour de mon Roi » d’Alexandra de Yougoslavie – « Born to rule » de Julia P.Gelardi – « Les années passées « du Professeur Konstantin Louros – « Constantin I, roi des Héllènes » de Léon Maccas – « Mémoires par la Cour du roi George I » de Christini Kosti (dame d’honneur de la reine Olga de Grèce) – « Mémoires insolites » de Michel de Grèce)

      1932
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      Xavier Echevarria
       ecclésiastique espagnol, prélat de l'Opus Dei depuis 1994.
      (aussi connu sous la forme courte Javier Echevarría)
       
      Il est né à Madrid le 14 juin 1932.
      Docteur en droit civil et en droit canonique, il est membre de l'Opus Dei depuis 1948.
      Ordonné prêtre le 7 août 1955, il collabora étroitement avec Josémaria Escriva, qui en fit son secrétaire dès 1953 et jusqu'à sa mort, en 1975.
      Il est membre du Conseil Général de l'Opus Dei depuis 1966.
       

      En 1975, quand Alvaro del Portillo succède à saint Josémaria Escriva à la tête de l'Opus Dei, il est nommé secrétaire général, charge qu'Alvaro del Portillo avait assumée jusqu'alors. En 1982, après l'érection de l'Opus Dei en prélature personnelle, il en devient le vicaire général.

      Depuis 1981 il est consulteur de la Congrégation pour les causes des saints, et depuis 1995 consulteur de la Congrégation pour le clergé.

      Après son élection et sa nomination par Jean-Paul II comme prélat de l'Opus Dei le 20 avril 1994, le Pape l'a ordonné évêque le 6 janvier 1995 en la basilique Saint-Pierre de Rome.



      1932
      Blason de Henri Schwery
      Henri Schwery
      http://www.aciprensa.com/Cardenales/images/schwery.jpg
      cardinal suisse, évêque émérite de Sion.


      1933
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      Henri d'Orléans

       (Henri Philippe Pierre Marie d'Orléans)
       
      henri.3.d_orleans
      comte de Paris (19 juin 1999), duc de France (19 juin 1999), comte de Clermont (1957 - 19 juin 1999)

      Chevalier de la Légion d'honneur
      (décoré à l'Elysée par le Président de la République le 18 mai 2009)

      le 14 juin 1933 au Manoir d'Anjou, Woluwe-Saint-Pierre (Belgique)

      Parents

       
        témoins:


      Parrain et marraine

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      Published by Yann Sinclair - dans Carcassonne
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      10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 23:00

      LECTURE DU LIVRE DE L’EXODE  34, 4 ... 9

       

                  En ces jours-là,
      4          Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï
                  comme le SEIGNEUR le lui avait ordonné.
                  Il emportait les deux tables de pierre.
      5          Le SEIGNEUR descendit dans la nuée
                  et vint se placer là, auprès de Moïse.
                  Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR.
      6          Il passa devant Moïse et proclama :
                  « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR,
                  Dieu tendre et miséricordieux,
                  lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »
      8          Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna.
      9          Il dit :
                  « S’il est vrai, mon Seigneur, que j’ai trouvé grâce à tes yeux,
                  daigne marcher au milieu de nous.
                  Oui, c’est un peuple à la nuque raide ;
                  mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés,
                  et tu feras de nous ton héritage. »

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      Le texte que nous venons d’entendre est l’un des plus précieux de toute notre histoire ! Dieu lui-même parle de lui-même ! « Il proclama lui-même son nom », dit le texte. Et la réaction spontanée de Moïse qui se prosterne jusqu’à terre prouve qu’il a entendu là des paroles extraordinaires.

      Et que dit Dieu ? Il s’appelle « Le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité. » Ce nom « SEIGNEUR », c’est le fameux mot hébreu, en quatre lettres, YHVH, que nous ne savons pas prononcer, parce que, depuis des siècles, bien avant la naissance de Jésus, le peuple d’Israël s’interdisait de le dire, par respect. Ce nom-là, Dieu l’avait déjà proclamé devant Moïse dans le buisson ardent (Ex 3). En même temps qu’il lui révélait ce qui fut pour toujours, je crois, le socle de la foi d’Israël : « Oui, vraiment, disait Dieu, j’ai vu la souffrance de mon peuple en Égypte, je l’ai entendu crier sous les coups, je connais ses souffrances... Alors je suis descendu pour le délivrer... alors je t’envoie. » C’était déjà une découverte inouïe : Dieu voit, Dieu entend, Dieu connaît la souffrance des hommes. Il intervient en suscitant des énergies capables de combattre toutes les formes de malheur. Cela veut dire que nous ne sommes pas seuls dans les épreuves de nos vies, Dieu est à nos côtés, il nous aide à les affronter, à survivre. Dans la mémoire du peuple juif, ce fameux nom « SEIGNEUR » rappelle tout cela, cette douce pitié de Dieu, si j’ose dire.

      Et ce n’étaient pas seulement des paroles en l’air, puisque, effectivement, Dieu était intervenu, il avait suscité en Moïse l’énergie nécessaire pour libérer son peuple. Chaque année, aujourd’hui encore, lors de la fête de la Pâque, le peuple juif se souvient que Dieu est « passé » au milieu de lui pour le libérer.

      Avec le texte d’aujourd’hui, nous franchissons une nouvelle étape : Dieu éprouve pour nous non seulement de la pitié devant nos malheurs, mais de l’amour ! Il est « tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité. » Une chose est d’éprouver de la pitié pour quelqu’un au point de l’aider à se relever, autre chose est de l’aimer vraiment.

      Et ce n’est certainement pas un hasard si le texte d’aujourd’hui emploie le mot « passer » : Dieu « passe » devant Moïse pour révéler son nom de tendresse comme il est « passé » au milieu de son peuple dans la nuit de la Mer Rouge (Ex 12, 12) : c’est le même mot ; quand Dieu passe, c’est toujours pour libérer son peuple. Et ce deuxième « passage » de Dieu, cette deuxième libération, est encore plus important que le premier. Le pire de nos esclavages est bien celui de nos fausses idées sur Dieu.

      Or, vous avez entendu cette phrase du texte : « Il proclama lui-même son nom » ; cette phrase est notre garantie. Le Dieu d’amour auquel nous croyons, nous ne l’avons pas inventé, nous n’avons pas pris nos désirs pour des réalités. Vous connaissez la phrase de Voltaire « Dieu a fait l’homme à son image et l’homme le lui a bien rendu ». Eh bien non ! Nous n’avons pas inventé Dieu, c’est lui qui s’est révélé à nous et cela depuis Moïse ! Et à l’instant où elle a retenti dans l’humanité, cette révélation était vraiment l’inattendu. On ne s’y attendait tellement pas qu’il fallait bien que Dieu nous le dise lui-même

      La réponse de Moïse prouve qu’il a parfaitement compris ce que signifie l’expression « lent à la colère » et il en déduit : « Tu pardonneras nos fautes et nos péchés ». Et il sait que, sur ce point, Dieu aura fort à faire ! Car il a essuyé plus d’une fois les mécontentements de son peuple. Au point qu’un jour, il leur a dit : « Depuis le jour où vous êtes sortis d’Égypte, jusqu'à votre arrivée ici (c'est-à-dire aux portes de la Terre Promise), vous n'avez pas cessé d'être en révolte contre le SEIGNEUR. » (Dt 9, 7). Ici, il dit : « Oui, c'est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage. » Traduisez : nous sommes un peuple à la nuque raide, mais puisque tu es le Dieu tendre et miséricordieux, tu nous pardonneras toujours et nous, malgré tout, nous ferons notre petit possible pour répondre à ton amour.

      Je reviens sur cette expression « nuque raide » : dans une ci­vi­li­sa­tion es­sen­tiel­le­ment agri­co­le, ce qui était le cas en Is­raël au temps bibliques, le spec­ta­cle de deux ani­maux at­te­lés par un joug était ha­bi­tuel : nous sa­vons ce qu'est le joug : c'est une piè­ce de bois, très lour­de, très so­li­de, qui at­ta­che deux ani­maux pour la­bou­rer. Le joug pè­se sur leurs nu­ques et les deux ani­maux en vien­nent in­é­vi­ta­ble­ment à mar­cher du mê­me pas.

      Les au­teurs bi­bli­ques ont le sens des ima­ges : ils ont ap­pli­qué cet­te ima­ge du joug à l'Alliance en­tre Dieu et Is­raël. Pren­dre le joug était donc sy­no­ny­me de s'attacher à Dieu pour mar­cher à son pas. Mais voi­là, le peu­ple d'Israël se rai­dit sans ces­se sous ce joug de l'Alliance conclue avec Dieu au Si­naï. Au lieu de le consi­dé­rer com­me une fa­veur, il y voit un far­deau. Il se plaint des dif­fi­cul­tés de la vie au dé­sert, et fi­nit mê­me par trou­ver bien fa­de la man­ne quo­ti­dien­ne. Au point que Moïse a connu des jours de dé­cou­ra­ge­ment. Au lieu de se lais­ser en­traî­ner par la for­ce de Dieu, l'attelage de l'Alliance, en ef­fet, est per­pé­tuel­le­ment frei­né par les ré­ti­cen­ces de ce peu­ple à la nu­que rai­de.

      Dernière remarque : cette phrase « Le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité » est encore valable, évidemment. Et le mot « vérité » résonne dans toute l’histoire d’Israël comme le pilier le plus sûr de son espérance. C’est l’un des grands thèmes du Deutéronome, par exemple : « Le SEIGNEUR ton Dieu est un Dieu miséricordieux : il ne te délaissera pas, il ne te détruira pas, il n’oubliera pas l’Alliance jurée à tes pères. » (Dt 4, 31).

      J’en déduis une chose que, nous Chrétiens, ne devons jamais oublier : Israël est encore et toujours le peuple élu ; comme dit saint Paul : « Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Ro 11, 29)... « Si nous lui sommes infidèles, Lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Tim 2,13).

      CANTIQUE  DE  DANIEL 3, 52 - 56

       

      52    Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères :
              À toi, louange et gloire éternellement !
              Béni soit le Nom très saint de ta gloire :  
              À toi, louange et gloire éternellement !
      53    Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire :
              À toi, louange et gloire éternellement !
      54    Béni sois-tu sur le trône de ton règne :      
              À toi, louange et gloire éternellement !
      55    Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes :  
              À toi, louange et gloire éternellement !
              Toi qui sièges au-dessus des Keroubim1 :
              À toi, louange et gloire éternellement !
      56    Béni sois-tu au firmament, dans le ciel :  
              À toi, louange et gloire éternellement !
      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

               Pour présenter le livre de Daniel auquel a été emprunté ce cantique, je commence par prendre une comparaison :

               Dans les années 1980, au temps de la domination soviétique sur la Tchécoslovaquie, une jeune actrice tchèque a composé et joué de nombreuses fois dans son pays une pièce sur Jeanne d’Arc qu’elle avait intitulée « La nuit de Jeanne ». À vrai dire, l’histoire de Jeanne d’Arc chassant les Anglais hors de France cinq siècles plus tôt (au quinzième siècle) n’était pas le premier souci des Tchèques. Si donc le scénario tombait entre les mains de la police, ce n’était pas trop compromettant. Mais pour qui savait lire entre les lignes, le message était clair : ce que la jeune fille de dix-neuf ans a su faire en France avec l’aide de Dieu, nous le pouvons aussi. La surface du texte parlait des Français, des Anglais et de Jeanne au quinzième siècle, mais entre les lignes on savait fort bien qu’il s’agissait des Tchèques et des armées soviétiques au vingtième.

               Le livre de Daniel (écrit sous la domination grecque au deuxième siècle) est de cet ordre-là, un écrit de résistance composé pendant la terrible persécution du tyran grec Antiochus Épiphane au deuxième siècle : (pour encourager ses contemporains à tenir bon jusqu’au martyre,) son auteur est comme notre jeune actrice ; il raconte l’histoire d’un certain Daniel qui aurait vécu, lui aussi, plusieurs siècles plus tôt et dont la foi indomptable avait surmonté toutes les épreuves et les persécutions. La surface du livre parle de Babylone et du roi persécuteur Nabuchodonosor au sixième siècle, mais entre les lignes, tout le monde comprend qu’il s’agit du tyran grec Antiochus Épiphane au deuxième.

               L’un des épisodes rapportés par le livre de Daniel, donc, est le supplice infligé à trois jeunes gens qui ont refusé d’adorer une statue en or érigée par Nabuchodonosor : ils sont précipités dans une fournaise (pour être brûlés vifs). L’auteur force volontairement le trait, évidemment, et le supplice est ce qu’on fait de plus épouvantable ; la foi des trois jeunes gens et le miracle de leur survie n’en ressortent que mieux.

               « Nabuchodonosor ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’on avait coutume de la chauffer. Puis il ordonna à des hommes vigoureux de son armée de ligoter les trois jeunes gens (Shadrak, Méshak et Abed-Négo) pour les jeter dans la fournaise de feu ardent. Alors ces trois hommes furent ligotés avec leurs pantalons, leurs tuniques, leurs bonnets et leurs manteaux, et ils furent jetés au milieu de la fournaise de feu ardent ».

               Premier miracle, les voilà donc dans la fournaise surchauffée et ce n’est pas eux qu’elle brûle, mais leurs bourreaux. « Comme la parole du roi était rigoureuse et que la fournaise avait été extraordinairement surchauffée, ces hommes mêmes qui avaient hissé les trois jeunes gens, la flamme du feu les tua ».

                Deuxième miracle, tout ligotés qu’ils étaient, ils marchent au milieu des flammes en chantant la gloire de Dieu. Mais surtout, le grand miracle, c’est qu’ils font un véritable examen de conscience au nom de tout leur peuple et donnent un bel exemple d’humilité ; notre auteur suggère évidemment à ses lecteurs de s’y associer : « Bé­ni et loué sois-tu, Sei­gneur, Dieu de nos pè­res et que ton nom soit glo­ri­fié à ja­mais !... Car tu es jus­te en tout ce que tu as fait...Tu as exé­cu­té de jus­tes sen­ten­ces en tout ce que tu nous as in­fli­gé... Car nous avons péché et agi en impies jusqu’à nous séparer de toi, et nous avons failli en toutes choses ; nous n’avons pas observé tes commandements... Ne romps pas ton Al­lian­ce, et ne nous re­ti­re pas ta mis­é­ri­cor­de, à cau­se d'Abraham, ton ami, d'Isaac ton ser­vi­teur et d'Israël que tu as consacré, eux à qui tu par­las en dis­ant que tu mul­ti­plie­rais leur des­cendan­ce com­me les étoi­les du ciel et com­me le sa­ble qui est au bord de la mer... Agis envers nous selon ton indulgence et selon l’abondance de ta miséricorde ! Qu'ils soient confon­dus, tous ceux qui pro­jet­tent du mal contre tes ser­vi­teurs !... Qu'ils sa­chent que tu es l'unique Sei­gneur Dieu, glo­rieux sur tou­te la ter­re ! » (Dn 3, 26… 45).

      (Et la suite est spectaculaire) Vous connaissez la suite : plus on attise le feu, plus il y a de victimes parmi les bourreaux pendant que les trois martyrs se promènent au milieu d’une rosée rafraîchissante: alors, du milieu des flammes, s’élève le plus beau chant que l’humanité ait inventé et ce sont ses premiers versets que nous chantons pour la fête de la Trinité.

               « Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères » : c’est le rappel de l’Alliance conclue par Dieu avec Abraham, Isaac et Jacob (surnommé Israël) : le rappel des promesses de Dieu, mais aussi le rappel de l’Alliance vécue au quotidien pendant des siècles : la longue quête d’Abraham, Isaac et Jacob vers le pays et la descendance promise... la longue marche de l’Exode avec Moïse, le long apprentissage de ce peuple choisi pour témoigner au milieu du monde... Malheureusement,  au long de cette marche, on a souvent trébuché et l’expression « Dieu de nos pères » est plus encore le rappel des multiples pardons de Dieu, surmontant inlassablement les infidélités de son peuple.

               « Béni soit le nom très saint de ta gloire » : le nom de Dieu c’est Dieu lui-même, mais on a tellement de respect qu’on dit « le nom » pour ne pas dire « Dieu » ; « Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire » : ce verset est historiquement situé ! Il ne correspond pas au contexte supposé de l’Exil à Babylone : le temple avait alors été dévasté par les troupes de Nabuchodonosor, et là-bas, on n’aurait pas pu chanter cela ! En revanche, à Jérusalem, sous le roi grec Antiochus Épiphane, qui remplace le culte du vrai Dieu par son propre culte, il est très important de continuer à proclamer, fût-ce au péril de sa vie, que Dieu seul est Dieu et que le temple est sacré, car là réside la gloire de Dieu.

               Et d’ailleurs, les expressions « Le trône de ton règne » et « Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim » sont des allusions très concrètes à l’aménagement intérieur du temple : dans (la partie la plus retirée du temple), le « Saint des Saints », il y  avait l’arche d’Alliance qui était un coffret de bois ; et sur ce coffret deux statues de chérubins (les « kéroubim »). C’étaient deux animaux ailés (avec une tête d’homme et un corps et des pattes de lion) : leurs ailes déployées représentaient le trône de Dieu. Au-dessus des kéroubim, invisible, mais certaine, demeurait la présence de Dieu.

                Rappel des temps de certitude, où l’on savait d’évidence que Dieu était en permanence au milieu de son temple, ce qui voulait dire au milieu de son peuple. L’auteur du livre de Daniel déploie volontairement ce chant de victoire ; en bon prophète qu’il est, il sait de toute la force de sa foi que les puissances du mal peuvent bien se déchaîner, elles ne l’emporteront pas. Dans la tourmente que traversent tant de peuples aujourd’hui, ce message nous est tout autant nécessaire.

      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

      Note

      1 – Les « keroubim » (chérubins) : c’étaient deux animaux ailés à tête d’homme, qui étaient sculptés en bois d’olivier et disposés au-dessus de l’Arche d’Alliance.

      La phrase « Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi » nous vient du cantique des trois jeunes martyrs du livre de Daniel

      LECTURE DE LA DEUXIÈME LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS   13, 11 - 13

       

      11     Frères, soyez dans la joie,     
               cherchez la perfection,          
               encouragez-vous,       
               soyez d'accord entre vous,    
               vivez en paix, 
               et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous.
      12     Saluez-vous les uns les autres           
               par un baiser de paix.
               Tous les fidèles vous saluent.
      13     Que la grâce du Seigneur Jésus Christ,        
               l'amour de Dieu         
               et la communion du Saint-Esprit      
               soient avec vous tous.
      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

               Vous avez reconnu cette dernière phrase : « La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous ». C’est la première phrase du célébrant à la messe. Ce qui veut dire que saint Paul termine sa deuxième lettre aux Corinthiens par là où nous commençons nos liturgies. Et ce n’est pas un hasard si c’est le président de la célébration qui la dit, et personne d’autre. Car cette phrase, à elle seule, annonce tout le projet de Dieu, et le président de la célébration, ici, parle au nom de Dieu. Ce que Dieu propose à l’humanité, en quelques mots, c’est d’entrer dans son intimité, dans le foyer d’amour de la Trinité.

               La « grâce », « l’amour », la « communion », c’est la même chose ; le Père, le Fils, l’Esprit Saint, c’est la Trinité ; « La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint », c’est bien le foyer d’amour que constitue la Trinité.

               Je vous disais que c’est une proposition de Dieu : c’est le sens du subjonctif « soient avec vous ». La liturgie emploie souvent des subjonctifs : « Que Dieu vous pardonne », « Que Dieu vous bénisse »,  « Que Dieu vous protège et vous garde »,  « Le Seigneur soit avec vous » : on n’envisage évidemment pas une minute que Dieu pourrait ne pas nous pardonner, ne pas nous bénir, ne pas nous protéger et nous garder, ne pas être avec nous...

               Le sens de ce subjonctif n’est pas « pourvu que » : « Pourvu qu’Il veuille bien vous bénir, vous pardonner... » En Dieu, le pardon, le don, la bénédiction ne sont pas des gestes ponctuels qu’il doit décider, c’est son être même.

               Et pourtant un subjonctif, en français, signifie toujours un souhait. Seulement, ce souhait, c’est nous qu’il concerne. Ce subjonctif dit notre liberté : nous sommes toujours libres de ne pas entrer dans la bénédiction et le pardon de Dieu. On dit souvent « l’homme propose, Dieu dispose »... En réalité, c’est tout le contraire. Dieu nous propose en permanence son dessein bienveillant, son Alliance, mais nous, nous restons libres de ne pas entrer dans ce projet.

               Encore un mot sur cette expression trinitaire de Paul : les expressions qui parlent aussi clairement des trois personnes divines sont complètement absentes dans l’Ancien Testament et très rares dans le Nouveau. Une fois de plus on voit les progrès de la Révélation qui atteint son sommet avec Jésus-Christ.

               C’est cette révélation du mystère d’amour qui est en Dieu qui inspire les recommandations de Paul. Frères, soyez dans la joie... » : quand l’Ancien Testament parle de joie, il s’agit toujours du sentiment très fort que suscite toute expérience de libération ; on pourrait presque remplacer le mot « joie » par « exultation de la libération » ; Isaïe, par exemple, annonçant la fin d’une guerre, proclame « Ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit à la moisson... car le joug qui pesait sur lui (le peuple), le bâton sur son épaule, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés ... » (Is 9, 2).

               Plus tard, c’est le retour d’exil que le prophète annonce comme une grande joie : « Ils reviendront, ceux que le Seigneur a rachetés, ils arriveront à Sion avec des cris de joie. Sur leurs visages une joie sans limite ! Allégresse et joie viendront à leur rencontre, tristesse et plainte s’enfuiront. » (Is 35, 10).

               Et ces expériences de libération ne sont qu’une pâle image de la libération définitive promise à l’humanité. « Voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle ; ainsi le passé ne sera plus rappelé, il ne remontera plus jusqu’au secret du cœur. Au contraire, c’est un enthousiasme et une exultation perpétuels que je vais créer. » (Is 65, 17 - 18).

               Signe d’une vie qui s’épanouit, la joie était considérée dans l’Ancien Testament comme la caractéristique du temps du salut et de la paix qui s’instaurera à la fin des temps. Quand Jésus parle de joie à ses apôtres, c’est à ce niveau-là qu’il se place et il en donne la raison : « Prenez courage, j’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33). C’est ce qui lui permet de dire : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11) et encore : « Vous êtes maintenant dans l’affliction, mais je vous verrai à nouveau, votre cœur alors se réjouira, et cette joie, nul ne vous la ravira. » (Jn 16, 22).

               La deuxième recommandation de Paul, c’est : « Soyez d’accord entre vous » ; et on est frappés de son insistance sur la paix : « Vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. » On a là un écho de la prière de Jésus pour ses apôtres dans l’évangile de Jean « Qu’ils soient UN pour que le monde croie » ; Paul le dit à sa manière dans la lettre aux Romains : « Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’être bien d’accord entre vous, comme le veut Jésus-Christ, afin que d’un même cœur et d’une seule voix, vous rendiez gloire à Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ. » (Rm 15, 5).

                Ailleurs, dans la lettre aux Éphé­siens, il dit : « Je vous y ex­hor­te donc dans le Sei­gneur... ac­cor­dez vo­tre vie à l'appel que vous avez re­çu. Il y a un seul corps et un seul Es­prit, de mê­me que vo­tre vo­ca­tion vous a ap­pe­lés à une seu­le es­pé­ran­ce ; un seul Sei­gneur, une seu­le foi, un seul bap­tê­me ; un seul Dieu et Pè­re de tous, qui rè­gne sur tous, agit par tous et demeu­re en tous » (Eph 4, 1... 6).

               Cet accord se manifeste liturgiquement dans le baiser de paix ; car la formule « Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix » que l’on retrouve plusieurs fois dans des lettres de Paul vise ce geste liturgique qui existait déjà de son temps ; vers 150, saint Justin racontait : « Quand les prières sont terminées, nous nous donnons un baiser les uns aux autres. » Nous avons heureusement retrouvé ce geste très symbolique depuis le concile Vatican II.

               Et voilà ce que disait un Évêque de Rome, saint Hippolyte, vers 215 : « Que l’évêque salue l’assemblée en disant :  Que la paix du Christ soit avec vous tous. Et que tout le peuple réponde : Et avec ton esprit. Que le diacre dise à tous : Saluez-vous dans un saint baiser et que les clercs embrassent l’évêque, les laïcs hommes (embrassent) les laïcs hommes et les femmes  (embrassent) les femmes ».

      ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN   3, 16 - 18

       

      16        Dieu a tellement aimé le monde
                  qu’il a donné son Fils unique,
                  afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
                  mais obtienne la vie éternelle.
      17        Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
                  non pas pour juger le monde,
                  mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
      18        Celui qui croit en lui échappe au Jugement ;
                  celui qui ne croit pas est déjà jugé,
                  du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

               « Dieu a tellement aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique » ; c’est le grand passage de l’Ancien Testament au Nouveau Testament qui est dit là. Dieu aime le monde, c’est-à-dire l’humanité : on le savait déjà dans l’Ancien Testament ; c’était même la grande découverte du peuple d’Israël. La grande nouveauté du Nouveau Testament, c’est le don du Fils pour le salut de tous les hommes.

      « Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » Si je comprends bien, il suffit de croire en lui pour être sauvé. Voilà la grande nouvelle de l’évangile, et de celui de Jean en particulier ; voici ce qu’il dit dans le Prologue : « Mais à ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » (Jn 1, 12). Et encore un peu plus loin au chapitre 3, Jean rapporte cette parole de Jésus : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jn 3, 36 // 6, 47 )

                  Et quand il dit « vie éternelle », Jésus évoque autre chose que la vie biologique, bien sûr, il parle de cette autre dimension de la vie qu’est la vie de l’Esprit en nous, celle qui nous a été insufflée au jour de notre Baptême. (Jn 5, 24 ; 11, 26) ; pour lui, c’est cela le salut. Être sauvé, au sens biblique, c’est vivre en paix avec soi et avec les autres, c’est vivre en frères des hommes et en fils de Dieu. Pour cela, il suffit, nous dit Jésus, de nous tourner vers lui. Pour pouvoir être en permanence inspiré par son Esprit qui nous souffle des comportements de frères et de fils.

      Pour parler à la manière de la Bible, on dira : « Il suffit de lever les yeux vers Jésus pour être sauvé. » C’est une nouvelle extraordinaire, si on veut bien la prendre au sérieux ! Il nous suffit de nous tourner vers lui, et d’accepter de le laisser transformer nos cœurs de pierre en cœurs de chair.

      Pourquoi ? Parce que sur le visage du crucifié, qui donne sa vie librement, l’humanité découvre enfin le vrai visage du Dieu de tendresse et de pardon, à l’opposé du Dieu dominateur et vengeur que nous imaginons parfois malgré nous. « Qui m’a vu a vu le Père » dit Jésus à ses disciples dans le même évangile de Jean (Jn 14, 9).

      La seule chose qui nous est demandée, c’est de croire en Dieu qui sauve pour être sauvés, de croire en Dieu qui libère pour être libérés. Il nous suffit de lever vers Jésus un regard de foi pour être sauvés. C’est ce regard de foi, et lui seul, qui permet à Jésus de nous sauver. Et là, on ne peut pas ne pas penser à toutes les fois dans les évangiles où Jésus relève quelqu’un en lui disant « Ta foi t’a sauvé ».1

      Cette annonce de Jésus, dans son entretien avec Nicodème, Jean la médite au pied de la Croix. C’est là que lui revient en mémoire une prophétie de Zacharie qui annonçait le salut et la conversion de Jérusalem à la suite de la mort d’un homme aimé comme un « fils unique » : Dieu dit « Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors ils lèveront les yeux vers moi, celui qu’ils ont transpercé... Ils pleureront sur lui comme sur un fils unique... Ce jour-là une source jaillira pour  la maison de David et les habitants de Jérusalem en remède au péché et à la souillure. » (Za 12, 10).

      Je pense que, pour saint Jean, cette prophétie de Zacharie est une lumière très importante ; quand il médite sur le mystère du salut accompli par Jésus-Christ, c’est à elle qu’il se réfère. On la retrouve dans l’Apocalypse : « Voici, il vient au milieu des nuées, et tout œil le verra, et ceux mêmes  qui l’ont percé ; toutes les tribus de la terre seront en deuil à cause de lui. »  (Ap 1, 7).

      Et, du coup, nous comprenons mieux l’expression « fils unique » : « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique ». Déjà, au tout début de l’évangile, Jean en avait parlé : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père ». (Jn 1,14). Il est l’unique parce qu’il est la plénitude de la grâce et de la vérité ; il est l’unique, aussi, au sens de Zacharie, parce qu’il est l’unique source de vie éternelle ; il suffit de lever les yeux vers lui pour être sauvé ; il est l’unique, enfin, parce que c’est lui qui prend la tête de l’humanité nouvelle. Là encore je retrouve Paul : le projet de Dieu c’est que l’humanité tout entière soit réunie en Jésus et vive de sa vie qui est l’entrée dans la communion d’amour de la Trinité. C’est cela qu’il appelle le salut, ou la vie éternelle ; c’est-à-dire la vraie vie ; non pas une vie après la vie, mais une autre dimension de la vie, dès ici-bas. Ailleurs saint Jean le dit bien : « La vie éternelle, c’est connaître Dieu et son envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3) ; et connaître Dieu, c’est savoir qu’Il est  miséricorde.

      Et c’est cela le sens de l’expression « échapper au jugement », c’est-à-dire à la séparation : il nous suffit de croire à la miséricorde de Dieu pour y entrer. Je prends un exemple : si j’ai blessé quelqu’un, et que je crois qu’il peut me pardonner, je vais me précipiter dans ses bras et nous pourrons nous réconcilier ; mais si je ne crois pas qu’il puisse me pardonner, je vais rester avec le poids de mon remords ; comme dit le psaume 51/50 : « ma faute est devant moi sans relâche » ; c’est devant moi qu’elle est sans relâche ; mais il nous suffit de sortir de nous-mêmes et de croire au pardon de Dieu pour être pardonnés.

                Il nous suffit donc de croire pour être sauvés mais nous ne serons pas sauvés malgré nous ; nous restons libres de ne pas croire, mais alors nous nous condamnons nous-mêmes : « Celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. » Mais « Celui qui croit en lui échappe au jugement » ; c’est bien ce qu’a fait le bon larron : sa vie n’avait rien d’exemplaire mais il a levé les yeux sur celui que les hommes ont transpercé ; et en réponse, il a entendu la phrase que nous rêvons tous d’entendre « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le Paradis ».

      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

      Note

      1 - Le mot « croire », Chouraqui le traduit par « adhérer » : il ne s’agit donc pas d’une opinion ; croire, chez Jean, a un sens très fort ; adhérer à Jésus, c’est être greffé sur lui, inséparable de lui. Ce n’est pas un hasard si c’est le même Jean qui évoque l’image de la vigne et des sarments. Saint Paul, lui, emploie l’image de la tête et des membres.

      Complément 

      - Une fois de plus, Paul est très proche de Jean : « Si, de ta bouche, tu confesses que Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. » (Romains 10, 9).

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      Roi de Bourgogne
      561592
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      Roi d'Austrasie
      561575
      Roi d'Austrasie
      Roi d'Austrasie
      595 - 612
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      Roi de Bourgogne
      595613
      Roi d'Austrasie
      61261
      sous la régence de Brunehilde
      Roi de Bourgogne
      Roi d'Austrasie
      613
      Roi de Neustrie
      584629
      Roi de Paris
      595
      629
      Roi des Francs
      613629
      Roi des Francs (sans l'Aquitaine)
      629639
      Roi des Francs
      632639
      Caribert II
       Roi d'Aquitaine
      629632
      Roi de Neustrie, de Bourgogne
      639657
      Roi d'Austrasie
      656657
      Roi d'Austrasie
      639656
      Childebert III l'Adopté
      Roi d'Austrasie
      657662
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      Roi de Neustrie, de Bourgogne
      65767






      Roi d'Austrasie
      662675
      Occupe la Neustrie
      673675







      Roi de Neustrie
      673691
      Roi des Francs 

      (en fait uniquement de Neustrie)
      L'Austrasie étant aux mains
      de Pépin de Herstal
      679
      691

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      Roi de Neustrie, Bourgogne et Austrasie
      675 - 676
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      Roi d'Austrasie
      676679
      Clovis IV








      Roi des Francs
      (en fait uniquement de Neustrie)
      691695









      Roi des Francs
      (en fait uniquement de Neustrie)
      695711
      Dagobert III









      Roi des Francs de 711 à 715
      Chilpéric II









      roi des Francs de Neustrie et des Burgondes
      de 715 à 719
      puis de tous les Francs de 719 à 721.
      C
      lotaire IV


      T
      hierry IV









      Childéric III
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      roi des Francs, de Neustrie
      de Bourgogne et d'Austrasie
      de 743 à 751

      ************

       

       


      Pépin III le Bref
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      Carloman Ier
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      C
      harles Ier
      dit Charles le Grand
      CHARLEMAGNE

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      Louis Ier dit le Pieux
      ou «le Débonnaire»
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      Lothaire Ier
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      Lothaire II

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      C
      harles II dit le Chauve
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      Louis II dit le Bègue
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      Louis III de France
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      C
      arloman II de France
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      Charles III dit le Gros
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      Eudes Ier de France
      Robertin
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      Charles III dit le Simple
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      Robert le Fort
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      Robert Ier de France

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      Hugues le Grand
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      Raoul Ier de France
      aussi appelé Rodolphe

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      Louis IV dit d'Outremer
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      Lothaire de France
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      Louis V dit le Fainéant
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      Dernier roi de la lignée
      des Carolingiens
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      H
      ugues Capet
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      Robert II le Pieux
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      Hugues II de France
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      (1007-1025)
      Roi de France associé
      1017 - 1025
      Henri Ier de France
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      Philippe Ier de France
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      Louis VI le Gros
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      Louis VII Le Jeune
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      Philippe II Auguste
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      Louis VIII le Lion
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      Louis IX (Saint Louis)
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      Philippe III de France
      dit le Hardi
      http://www.visite-de-rouen.com/images/philippe_3.jpg
      Philippe IV le Bel
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      Louis X le Hutin
      http://www.livois.com/phpgedview/media/Louis_X_le_Hutin.jpg
      Jean Ier le Posthume

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      Philippe V
      le Long
      http://www.livois.com/phpgedview/media/Philippe_V_le_Long.jpg
      Charles IV le Bel
      http://www.livois.com/phpgedview/media/Charles_IV_le_Bel.jpg
      Valois
      Philippe VI le Fortuné
      http://www.france-pittoresque.com/rois-france/img/philippe-VI.gif
      Jean II le Bon
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      Charles V le Sage
      http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0014/m502004_97de1712_p.jpg
      Charles VI le Fol ou le Bien-Aimé
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      Charles VII le Victorieux
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      Louis XI de Valois
      http://jargeau-tourisme.com/img/louis11.jpg
      Charles VIII de Valois
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      Louis XII d'Orléans
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      François Ier d'Angoulème
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      Henri II d'Angoulème
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      François II d'Angoulème
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      Charles IX d'Angoulème
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      Henri III d'Angoulème
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