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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 00:00
23 janvier 1598: François Mansart naît à Paris.

Le 23 janvier 1598, François Mansart naît à Paris. Grand architecte du XVIIe siècle, il est le précurseur de l'architecture classique en France. Ci-dessous, Portrait de François Mansart, par Gérard Edelinck. © Beaux-Arts de Paris, Dist. RMN-Grand Palais / image INHA.

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Published by Il était une Foi
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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 00:00

LECTURE DU LIVRE DU PROPHÈTE ISAÏE  49, 3...6

Par rapport à mes émissions précédentes, j’ai changé complètement mon commentaire, pour plus de clarté j’espère.

 

3          Le SEIGNEUR m’a dit :
            « Tu es mon serviteur, Israël,
            en toi je manifesterai ma splendeur. »
5          Maintenant le SEIGNEUR parle,
            lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère
            pour que je sois son serviteur,
            que je lui ramène Jacob,
            que je lui rassemble Israël.
            Oui, j’ai de la valeur aux yeux du SEIGNEUR,
            c’est mon Dieu qui est ma force.
6          Et il dit :
            « C’est trop peu que tu sois mon serviteur
            pour relever les tribus de Jacob,
            ramener les rescapés d’Israël :
            je fais de toi la lumière des nations,
            pour que mon salut parvienne
            jusqu’aux extrémités de la terre. »

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          Ce passage fait partie d’un ensemble de quatre textes dans le livre du prophète Isaïe, quatre textes très particuliers que l’on appelle « Les Chants du Serviteur ». Ce sont des prédications qui datent de la période très noire de l’Exil à Babylone, au sixième siècle, des prédications adressées donc à un peuple en grande détresse qui se demande parfois si Dieu ne l’a pas oublié. Or le prophète, ici, vient dire à ses contemporains en exil « vous êtes encore le serviteur de Dieu ». Ce qui veut dire que l’Alliance n’est pas rompue, bien au contraire. Non seulement Dieu n’a pas abandonné son peuple, mais il compte encore sur lui pour une mission bien précise.

          Car si, parfois, on a pu se demander qui est ce « Serviteur de Dieu » désigné par Isaïe dans les chants du serviteur, dans ce texte-ci, c’est très clair : il ne s’agit pas d’un individu particulier, il s’agit du peuple d’Israël lui-même. Je vous rappelle la première phrase du texte : « Le SEIGNEUR m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël ». Et sa vocation est elle aussi clairement définie : « En toi je manifesterai ma splendeur ».

          Or, la splendeur de Dieu (son titre de Gloire, si vous préférez), c’est son œuvre de salut ; très concrètement, ici, il s’agit du retour de l’Exil à Babylone. Indirectement donc, Isaïe ici annonce la fin prochaine de l’Exil. Effectivement, lorsque le peuple sera sauvé, libéré, il sera la preuve vivante que Dieu est sauveur ! C’est de cette manière que des sauvés peuvent devenir des sauveurs ; non pas par eux-mêmes seulement, car Dieu seul est sauveur, mais par le fait même d’être sauvé et d’en être les témoins à la face du monde !

          Car, dans la mentalité de l’époque, la déchéance du peuple vaincu, déporté pouvait passer pour un échec de son Dieu, mais sa libération manifestera aux yeux du monde païen la supériorité de Dieu.

          Le titre de serviteur décerné au peuple d’Israël en exil signifie donc deux choses : il est d’abord une assurance du soutien de Dieu, mais il est en même temps une lettre de mission. Israël doit continuer à croire au salut et à en témoigner à la face du monde ; car en reconnaissant à travers lui l’œuvre de Dieu, les autres reconnaîtront que Dieu est sauveur, et, à leur tour, l’accueilleront comme leur sauveur. Ainsi Dieu sera enfin connu et reconnu par tous ceux qui l’auront vu à l’œuvre pour sauver son peuple. C’est en ce sens-là qu’Israël aura manifesté la présence de Dieu. C’est le sens de l’expression : «  Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur ».

 

          Alors on comprend la dernière phrase de notre texte : « Je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». Une fois de plus, la Bible nous dit que le projet de Dieu est un projet de salut, de bonheur, et qu’il concerne l’humanité tout entière « jusqu’aux extrémités de la terre ».

          Jusque-là, on pensait que l’œuvre de salut de Dieu passait par un individu, qu’on appelait le Messie. Et on l’imaginait comme un roi. Ici, l’attente du Messie évolue considérablement : d’une part, le Messie n’est plus un individu particulier, c’est un personnage collectif : c’est le peuple d’Israël qui est investi d’une mission au service du monde. Et d’autre part, il n’exerce plus un pouvoir royal, il se présente comme un serviteur.

          Reste une question difficile. Au début du texte, c’est le SEIGNEUR qui parle et s’adresse au Serviteur. Mais, ensuite, le Serviteur lui-même prend la parole : « Le SEIGNEUR m’a formé dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob et que je lui rassemble Israël ». Si le Serviteur est Israël, comment peut-on dire qu’il rassemblera Israël ?

          En fait, Isaïe s’adresse à ses proches, le petit noyau des fidèles, ceux qu’on appelait le « Reste », ceux dont la foi n’a pas chancelé, malgré les années d’exil et de captivité. Ce petit « Reste » d’Israël a pour première tâche de rassembler tout Israël et de le ramener à son Dieu, c’est-à-dire de le convertir.

          Mais ce n’est que la première étape de leur mission : « C'est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob », dit Isaïe qui ajoute : « Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. » Car c’est précisément cette œuvre inespérée de relèvement du peuple par quelques-uns qui sera aux yeux du monde entier un témoignage rendu au Dieu d’Israël. Pour le dire autrement, le rétablissement du peuple s’inscrit dans le projet de Dieu comme le prélude au salut de toute l’humanité.

          Toutes ces belles nouvelles devaient paraître un peu irréalistes à certains ; c’est pour cela que le prophète affirme avec insistance qu’il n’a rien inventé : il n’est que le porte-parole de Dieu. Par deux fois, il précise : « Le SEIGNEUR m’a dit… Maintenant, le SEIGNEUR parle ». Et, d’autre part, il souffle à ses contemporains des paroles d’espérance : « J’ai de la valeur aux yeux du SEIGNEUR, c’est mon Dieu qui est ma force. » Ce n’est pas de l’orgueil ou de la prétention, au contraire c’est de l’humilité : la reconnaissance qu’au creux même de sa désespérance, le Serviteur n’a qu’une ressource, le soutien de Dieu lui-même.

PSAUME  39 (40)

 

2           D'un grand espoir, j'espérais le SEIGNEUR,            
             Il s'est penché vers moi
4           Dans ma bouche il a mis un chant nouveau   
             une louange à notre Dieu.
 

7           Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice 
             tu as ouvert mes oreilles ;       
             tu ne demandais ni holocauste ni victime
8           alors j'ai dit : « Voici, je viens. »
 

             Dans le livre est écrit pour moi
9           ce que tu veux que je fasse.    
             Mon Dieu, voilà ce que j'aime :          
             ta loi me tient aux entrailles.
 

10         Vois, je ne retiens pas mes lèvres,      
             SEIGNEUR, tu le sais.
11         J'ai dit ton amour et ta vérité  
             à la grande assemblée.

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 « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu ne demandais ni holocauste ni victime... » : curieuse phrase dans un psaume quand on sait que les psaumes, justement, étaient faits pour être chantés au Temple de Jérusalem au moment même où on offrait des sacrifices !1 En fait on voulait dire par là : je sais, Seigneur, que ce qui compte le plus à tes yeux, ce n’est pas le sacrifice en lui-même, c’est l’attitude du cœur qu’il représente. « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime alors j’ai dit : Voici, je viens. »

Toute la Bible est l’histoire d’un long apprentissage et, avec ce psaume 39/40, nous sommes à la phase finale de ce qu’on peut appeler la pédagogie des prophètes. Je reprends rapidement cette histoire des sacrifices en Israël : elle se développe en même temps que se développe la connaissance de Dieu. C’est logique : « sacrifier », (« sacrum facere » en latin) signifie « faire du sacré », entrer en contact ou mieux en communion avec Dieu. Tout dépend évidemment de l’idée qu’on se fait de Dieu. Donc au fur et à mesure qu’on découvre le vrai visage de Dieu, la pratique sacrificielle va changer.

         Je commence par le début : Première chose à retenir : ce n’est pas Israël qui a inventé la démarche du Sacrifice ou de l’offrande : (il y en a chez les autres peuples du Moyen Orient bien avant que le peuple hébreu ne mérite le nom de peuple).

         Deuxième constatation lorsqu’on s’intéresse à la pratique sacrificielle d’Israël : il y a toujours eu des offrandes et des sacrifices en Israël tout au long de l’histoire biblique. Il y a une très grande variété de sacrifices mais tous sont un moyen de communiquer avec Dieu.

         Troisième point : les sacrifices pratiqués par le peuple élu ressemblent à ceux de leurs voisins... oui, mais à une exception près et une exception qui est colossale : la spécificité des sacrifices en Israël, c’est que les sacrifices humains sont strictement interdits. C’est une constante dans la Bible : les sacrifices humains sont de tout temps considérés comme une horreur ; Jérémie, par exemple, dit de la part de Dieu : « Cela je ne l’ai jamais demandé et je n’ai jamais eu l’idée de faire commettre une telle horreur... » (Jr 7, 31 ; 19, 6 ; 32, 35). Et dans le fameux récit du sacrifice d’Abraham, celui-ci a découvert que « sacrifier » (« faire sacré ») ne veut pas dire « tuer » ! Abraham a offert son fils, il ne l’a pas tué. Cet épisode que les juifs appellent « la ligature d’Isaac » est lu justement comme la preuve que, depuis le début de l’Alliance entre Dieu et ce peuple qu’il s’est choisi, les sacrifices humains sont strictement interdits.

         Si on y réfléchit, c’est tout ce qu’il y a de plus logique ! Dieu est le Dieu de la vie : impensable que pour nous rapprocher de Lui, il faille donner la mort ! Cette interdiction des sacrifices humains sera la première insistance de la religion de l’Alliance. On continuera à pratiquer seulement des sacrifices d’animaux. Mais peu à peu, on va assister au long des siècles à une véritable transformation, on pourrait dire une conversion du sacrifice. Cette conversion va porter sur deux points : sur le sens des sacrifices d’abord, sur la matière des sacrifices ensuite

         - 1) sur le sens des sacrifices : dans la Bible, au fur et à mesure que l’on découvre Dieu, les sacrifices vont évoluer. En fait, on pourrait dire : « Dis-moi tes sacrifices, je te dirai quel est ton Dieu ». Notre Dieu est-il un Dieu qu’il faut apprivoiser ? Dont il faut obtenir les bonnes grâces ? Auprès duquel il faut acquérir des mérites ? Un Dieu courroucé qu’il faut apaiser ? Un Dieu qui exige des morts ? Alors nos sacrifices seront faits dans cet esprit là, ce seront des rites magiques pour acheter Dieu en quelque sorte.

         Ou bien notre Dieu est-il un Dieu qui nous aime le premier... un Dieu dont le dessein n’est que bienveillant... dont la grâce est acquise d’avance, parce qu’il n’est que Grâce... le Dieu de l’Amour et de la Vie. Et alors nos sacrifices seront tout autres. Ils seront des gestes d’amour et de reconnaissance. Les rites ne seront plus des gestes magiques mais des signes de l’Alliance conclue avec Dieu.

         Toute la Bible est l’histoire de ce lent apprentissage pour passer de la première image de Dieu à la seconde. C’est nous qui avons besoin d’être apprivoisés, qui avons besoin de découvrir que tout est « cadeau », qui avons besoin d’apprendre à dire simplement « Merci » (Ce que la Bible appelle le « sacrifice des lèvres »). Toute la pédagogie biblique vise à nous faire quitter la logique du « donnant-donnant », du calcul, des mérites, pour entrer dans la logique de la grâce, du don gratuit. Et notre apprentissage n’est jamais fini.

         - 2) la conversion va également porter sur la matière des sacrifices : les prophètes ont joué un grand rôle dans ce lent apprentissage du peuple élu. Ils lui ont fait découvrir peu à peu le véritable sacrifice que Dieu attend : tout se passe comme si les prophètes nous disaient : « Tu veux entrer en relation avec Dieu...? Fort bien ! ... à condition de ne pas te tromper de Dieu ! »

         C’est peut-être une phrase du prophète Osée (au huitième siècle) qui résume le plus parfaitement cette prédication des prophètes : « C’est l’amour que je veux et non les sacrifices. » (Os 6, 6). On découvre peu à peu que le véritable « sacrifice », « faire sacré » consiste non plus à tuer mais à faire vivre. Dieu est le Dieu des vivants : donner la mort ne peut pas être la meilleure façon de nous rapprocher de Lui !  Faire vivre nos frères, voilà la seule manière de nous rapprocher de Lui.

         Et l’ultime étape de cette pédagogie des prophètes nous présentera l’idéal du sacrifice : c’est le service de nos frères. Nous trouvons cela dans les quatre « Chants du Serviteur » qui sont inclus dans le deuxième livre d’Isaïe. L’idéal du Serviteur qui est l’idéal du sacrifice, c’est « une vie donnée pour faire vivre ». Le psaume 39/40 résume donc admirablement la découverte biblique sur le Sacrifice : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice ... Tu as ouvert mes oreilles »  : depuis l’aube de l’humanité, Dieu « ouvre l’oreille » de l’homme pour entamer avec lui le dialogue de l’amour ; le psaume 39/40 reflète le long apprentissage du peuple élu pour entrer dans ce dialogue : dans l’Alliance du Sinaï, les sacrifices d’animaux symbolisaient la volonté du peuple d’appartenir à Dieu ; dans l’Alliance Nouvelle, l’appartenance est totale : le dialogue est réalisé ; offrandes et sacrifices sont « spirituels » comme dira saint Paul ; « Tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit voici, je viens ».

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Note - Des sacrifices d’animaux ont été célébrés à Jérusalem jusqu’à la destruction définitive du Temple, en 70 après J.-C.

LECTURE DE LA PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS  1, 1 – 3

 

1          Paul, appelé par la volonté de Dieu
            pour être apôtre du Christ Jésus,
            et Sosthène notre frère,
2          à l’Église de Dieu qui est à Corinthe,
            à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus
            et sont appelés à être saints
            avec tous ceux qui, en tout lieu,
            invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ,
            leur Seigneur et le nôtre.
3          À vous, la grâce et la paix,
            de la part de Dieu notre Père
            et du Seigneur Jésus Christ.

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               Voilà un texte magnifique pour dire notre dignité de baptisés ! Il est heureux qu’il ait été choisi pour ce dimanche qui marque notre retour au temps qu’on appelle « ordinaire » dans la liturgie. Cela nous donne l’occasion de retrouver le sens de ce mot : « ordinaire » en liturgie ne veut pas dire « sans importance », cela veut dire tout simplement « dans l’ordre de l’année ». Car évidemment, ce que nous célébrons chaque dimanche n’a rien d’ordinaire au sens courant de ce mot ! Saint Paul vient ici à point nommé nous dire la grandeur de notre titre de Chrétiens.

               Pour reprendre les termes de Paul, nous sommes ceux qui, en tout lieu, invoquons « le nom de notre Seigneur Jésus Christ ». « Invoquer le nom », cela veut dire « reconnaître comme Dieu ». Mais d’ailleurs, quand Paul emploie pour Jésus le mot « Seigneur », cela veut dire la même chose, car, à l’époque, le mot « Seigneur » ne s’appliquait qu’à Dieu.

               Le point commun de tous les chrétiens, c'est que Jésus-Christ est vraiment pour nous le Seigneur, c’est-à-dire le maître de nos vies, le centre du monde et de l'histoire. C’est pour cela, d’ailleurs, que Paul nous appelle « le peuple saint ». Saint ne veut pas dire « parfait », cela veut dire « qui appartient à Dieu » : nous appartenons à Dieu, par le Baptême, nous avons été consacrés à Dieu : c’est pour cela que l’assemblée mérite elle aussi d’être encensée au cours de la messe.

               À l'inverse, je crois que si Jésus-Christ n'est pas vraiment pour nous le Seigneur, s’il n’est pas pour nous, dans nos conversations et nos agissements, le centre du monde et de l'histoire, il faut nous interroger sur le contenu de notre foi. Vous avez remarqué, d'ailleurs, que, dans ces quelques lignes, Paul cite plusieurs fois le nom du Christ : « Moi, Paul, appelé par la volonté de Dieu, pour être Apôtre du Christ Jésus... je m'adresse à vous qui avez été sanctifiés dans le Christ Jésus ... vous qui êtes le peuple saint, avec ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ... que la grâce et la paix soient avec vous de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ le Seigneur ».

               Autre point commun à tous les Chrétiens du monde, de quelque race, nationalité ou confession : nous sommes des « appelés » ! Je cite : « Appelé par la volonté de Dieu, je m’adresse à vous qui êtes, à Corinthe, l’Église de Dieu ». Paul est « apôtre du Christ Jésus », non par choix personnel mais parce qu’il a été appelé à cette mission par une volonté explicite de Dieu. On sait à quel point c’est vrai ! Paul n’a pas choisi cette mission d’apôtre du Christ, c’est Jésus lui-même qui l’a choisi sur le chemin de Damas. L’autorité de Paul lui vient de là : il a été appelé, il est en service commandé.

               Et il s’adresse à « L’Église qui est à Corinthe ». Le mot « Église » à lui tout seul est aussi une référence à l’appel de Dieu : en grec, le mot « ecclesia » est de la même famille que le verbe « appeler » (Kaleo). Et comme si le mot « ecclesia » n’était pas assez clair, Paul précise « vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint ». L’expression « L’Église de Dieu qui est à Corinthe » (par exemple), ou à Jérusalem ou à Paris, est devenue traditionnelle. Où que nous soyons, nous sommes les « appelés » de Dieu. Nous aussi, nous sommes en service commandé ! Nous sommes appelés à être des « serviteurs » au sens que le prophète Isaïe donne à ce mot dans la première lecture de ce dimanche « pour que le salut de Dieu parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 49, 6).

               En même temps, Paul rappelle bien le lien qui unit la communauté de Corinthe aux autres communautés chrétiennes : « Je m’adresse à vous qui êtes, à Corinthe, l’Église de Dieu... vous qui êtes le peuple saint avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre ». Il est intéressant de noter que Paul emploie le mot Église tout aussi bien pour désigner une communauté locale que l’Église dans son ensemble. Chaque communauté particulière est, par appel de Dieu, pleinement témoin de l’amour universel du Père : une Église locale ne se réduit donc pas à sa réalité géographique ou sociologique, elle a toujours vocation à l’universel. Voilà qui devrait élargir nos prières dites « universelles ».

               L’étendue de la mission ne doit pas nous décourager pour autant : ce qui nous est demandé est à notre portée. Le Seigneur ne nous demande pas des gestes extraordinaires : il nous suffit d’être tout simplement disponibles à la volonté du Père. Vous vous rappelez les termes du psaume de ce dimanche : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j'ai dit : « Voici, je viens. » Nous pouvons donc faire sereinement au jour le jour notre petit possible et avoir le cœur en paix. C’est ce que nous souhaite Paul : « Que la grâce et la paix soient avec vous ». C’est vraiment le plus beau souhait que l’on puisse s’adresser les uns aux autres en cette période de vœux de début d’année !

               Je remarque, au passage, qu’à plusieurs reprises, la liturgie eucharistique fait écho à cette phrase de Paul, en gestes et en paroles. Le plus marquant est évidemment le geste de paix, avec la parole qui l’accompagne : nous reprenons la phrase de Paul chaque fois que nous transmettons à notre voisin « la paix du Christ ». Et chaque fois que le prêtre nous dit « Le Seigneur soit avec vous », c’est bien dans la grâce et la paix du Christ qu’il nous invite à nous laisser immerger.

               En ce début de semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens, ce texte de Paul est particulièrement bien venu ! Il nous rappelle tout ce qui unit entre eux les Chrétiens du monde entier, à quelque confession qu’ils appartiennent.

               Car le peuple chrétien, dans la variété de toutes ses sensibilités, est appelé à être dans le monde le germe de l'humanité nouvelle, celle qui sera un jour réunie dans la grâce et la paix autour de Jésus-Christ : quand viendra le dernier jour, l'humanité tout entière, ressuscitée, se lèvera « comme un seul homme », comme on dit, et cet homme aura pour nom « Jésus-Christ ».

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Compléments

Corinthe était la ville de toutes les richesses et de toutes les pauvretés : elle était le lieu de passage obligé entre deux grands ports, l'un sur la mer Adriatique, l'autre sur la mer Égée ; le canal de Corinthe, que nous connaissons aujourd'hui, n'était pas encore creusé mais une route dallée reliait les deux ports et on faisait transiter les bateaux d'un port à l'autre en les halant sur des rouleaux. Ce passage était très fréquenté parce qu'il évitait aux bateaux de faire le grand détour.

Cette situation privilégiée faisait de Corinthe une ville de passage, donc de mélanges de toute sorte ; mélanges de races, d'idées, de religions : car l'Orient et l'Occident s'y rencontraient ; on y trouvait de tout et tout y était possible dans tous les domaines ; l'expression "vivre à la Corinthienne" était passée dans le vocabulaire et ce n'était pas un compliment : elle signifiait luxe et débauche. La ville était marquée aussi par les contrastes sociaux : financiers et commerçants y réglaient leurs affaires pendant que s'affairaient les dockers et les esclaves. La richesse d'une minorité s'étalait devant la misère des autres. La parabole du riche et du pauvre Lazare pouvait résonner particulièrement bien à Corinthe.

Paul connaissait bien cette ville, il y a passé environ 18 mois, dans les années 50 : par sa prédication, il a peu à peu rassemblé une communauté chrétienne qui reproduisait les contrastes de la population de Corinthe. Au fur et à mesure de nos lectures dans les dimanches qui viennent, nous la découvrirons mieux.

Ce n'est peut-être pas la première fois que saint Paul écrit aux Corinthiens : on croit savoir qu'il a déjà pris une fois la plume quand il a su qu'il y avait des difficultés dans la communauté de Corinthe. Cette fois-ci, il écrit pour répondre à des questions précises qui lui ont été posées ; nous sommes en 55 ou 56.

En tout cas, cette lettre dont nous inaugurons la lecture ce dimanche est la « première lettre aux Corinthiens qui nous soit restée de Paul.

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN  1, 29 - 34

 

            En ce temps-là,
29        voyant Jésus venir vers lui,
            Jean le Baptiste déclara :
            « Voici l’Agneau de Dieu,
            qui enlève le péché du monde ;
30        c’est de lui que j’ai dit :
            L’homme qui vient derrière moi
            est passé devant moi,
            car avant moi il était.
31        Et moi, je ne le connaissais pas ;
            mais, si je suis venu baptiser dans l’eau,
            c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
32        Alors Jean rendit ce témoignage :
            « J’ai vu l’Esprit
            descendre du ciel comme une colombe
            et il demeura sur lui.
33        Et moi, je ne le connaissais pas,
            mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
            ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
            celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’
34        Moi, j’ai vu, et je rends témoignage :
            c’est lui le Fils de Dieu. »

 

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                   La dernière formule est très solennelle : « Oui, j'ai vu et je rends ce témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. » À l’époque de Jean-Baptiste, il ne s’agissait pas encore de l’affirmation théologique au sens où nous disons aujourd’hui que Jésus est le Fils de Dieu, ou au sens de saint Jean dans son Prologue, quand il dit « le Fils Unique, plein de grâce et de vérité » ; pour Jean-Baptiste, l’expression « Fils de Dieu » était synonyme de Messie ; l’appliquer à Jésus était donc une manière de dire que celui-ci était bien le Messie qu’on attendait, celui qui devait apporter le bonheur parfait sur la terre. Jean-Baptiste ne pouvait pas encore tout percevoir du mystère de Jésus, (la suite a prouvé qu’il s’est posé bien des questions), mais appliquer ce titre de Messie à son cousin, le fils de Marie, c’était déjà considérable !

                   Pourquoi ce titre de « Messie » et de fils de Dieu étaient-ils équivalents ? Parce que chaque roi, lorsqu’il prenait possession du trône de Jérusalem, recevait ces deux titres. Le rite de l’onction d’huile faisait de lui un consacré, un « messie » (le mot veut dire « frotté d’huile », tout simplement) et d’autre part, il recevait le titre de fils de Dieu, du seul fait qu’il était le roi et que, désormais, il pouvait être assuré que Dieu l’inspirait et le soutenait à tout instant.

                   Voilà donc Jésus désigné par Jean-Baptiste comme le Messie qu’on attendait déjà depuis quelques siècles. Évidemment, on se demande ce qui permet à Jean-Baptiste d’affirmer avec assurance que Jésus est bien le Messie d’Israël : c’est qu’il a vu de ses yeux l’Esprit Saint demeurer sur lui. Et, là encore, la formule est très solennelle : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint. » Le mot « demeurer » ici est important : chaque roi, le jour de son sacre, recevait l’onction d’huile, signe de l’Esprit qui l’accompagnait dans toute sa mission. De David, par exemple, on disait que l’Esprit de Dieu avait fondu sur lui à ce moment-là ; seulement voilà, les uns après les autres, les rois d’Israël avaient fait la preuve qu’ils pouvaient fort bien ne pas suivre les inspirations de l’Esprit. De Jésus au contraire, Jean-Baptiste nous dit qu’il est celui sur qui l’Esprit demeure, manière de nous dire que toute son action sera aussi celle de l’Esprit.

                   Le Messie, on le savait donc, serait habité, guidé en permanence par l’Esprit de Dieu et c’est lui qui devait apporter l’Esprit Saint à toute l’humanité. Le prophète Joël avait annoncé de la part de Dieu : « En ces jours-là, je répandrai mon Esprit sur toute chair » (Jl 3, 1). Donc, quand Jean-Baptiste dit « Jésus est le fils de Dieu » ou « j’ai vu l’Esprit descendre et demeurer sur lui », ce sont deux manières absolument équivalentes de dire : le Messie est enfin parmi nous.

                   Ce mystère de Jésus, Jean-Baptiste le décrit encore d’une troisième manière, mais cette fois, totalement inattendue, ou presque : il dit « Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». La majorité du peuple d’Israël attendait un Messie-roi : il régnerait à Jérusalem (ce qui supposait que les Romains ne seraient plus les maîtres), le pays serait libéré de la tutelle étrangère (l’occupation romaine), on connaîtrait enfin la sécurité, la paix, le bonheur. Mais un Messie-agneau, bien peu de gens en parlaient ! Il semble donc que Jean-Baptiste a bien deviné que Jésus serait bien le Messie qu’on attendait, mais pas du tout comme on l’attendait !

                   L’agneau, cela fait penser d’abord à l’agneau pascal : le rite de la Pâque chaque année, rappelait au peuple que Dieu l’avait libéré ; la nuit de la libération d’Égypte, Moïse avait fait pratiquer par le peuple le rite traditionnel, mais il avait insisté « désormais, chaque année, ce rite vous rappellera que Dieu est passé parmi vous pour vous libérer. Le sang de l’agneau signe votre libération ».

                   L’Agneau, cela fait penser aussi au Serviteur de Dieu dont parle le deuxième livre d’Isaïe (53) : il était comparé à un agneau innocent qui portait les péchés de la multitude.

                   Enfin « l’Agneau de Dieu » signifie l’Agneau donné par Dieu : là, nous sommes renvoyés à l’offrande d’Abraham : quand Isaac avait posé à son père la question « mais où est donc l’agneau pour l’holocauste ? » Abraham avait répondu : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils ».

                   Quand Jean-Baptiste dit que Jésus est l’agneau de Dieu, il le présente donc comme le libérateur de l’humanité (c’est l’agneau pascal) ; cet agneau est envoyé par Dieu, choisi par Dieu comme dans le récit d’Abraham ; mais en faisant référence au serviteur d’Isaïe, il laisse entendre que cette œuvre de libération de l’humanité sera accomplie par un innocent qui donne sa vie pour sauver ses frères.1

                   Il reste que le péché n’a pas encore disparu, que je sache ! Jean Baptiste en voyant venir Jésus le désigne comme celui « qui enlève le péché du monde ». Or depuis cette proclamation, rien apparemment n’a changé dans le monde ; les péchés de toute sorte y ont proliféré et le spectacle de notre temps ne nous fait pas espérer que les choses puissent s’arranger ! On ne peut pourtant pas mettre en doute la parole du Baptiste. Alors, que veut-il dire ? Sûrement pas la disparition pure et simple du péché sous toutes  ses formes, comme par un coup de baguette magique ; sinon où serait notre liberté ?

                   En quoi pouvons-nous dire que Jésus est réellement le Messie, le libérateur de l’humanité ? La vérité, c’est que le péché n’est plus une fatalité : le Christ nous apporte la possibilité de nous libérer de son engrenage. Si nous restons greffés résolument sur lui dans toutes les circonstances de notre vie, si nous nous laissons en permanence guider par l’Esprit Saint dans lequel nous sommes plongés depuis notre Baptême, nous pouvons découvrir en nous cette liberté nouvelle. Nous pouvons vivre comme lui l’amour, la gratuité, le pardon.

                   Par ailleurs, la référence au serviteur d’Isaïe nous donne la clé du mystère : Isaïe avait deviné que l’œuvre du salut de l’humanité ne serait pas l’œuvre d’un homme solitaire mais d’un peuple ; les Chrétiens du monde entier forment ce peuple que saint Paul appelle le « Corps du Christ » qui grandit d’heure en heure si nous laissons l’Esprit de Dieu agir en nous.

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Note

1 – Le livre de l’Apocalypse reprend cette image de l’Agneau immolé, vainqueur du mal : cf. Ap 5, 6. 12.

Compléments

- L’Esprit, c’est l’Esprit d’amour : désormais, en Jésus, l’humanité est délivrée du soupçon et de la haine : Jésus inaugure donc l’humanité nouvelle. Depuis le Jardin d’Éden, Dieu propose à l’homme d’entrer avec lui dans un dialogue d’amour : Adam refuse, soupçonne, conteste. Jésus-Christ au contraire est tourné vers le Père dans l’attitude du dialogue parfait, sans ombre ; comme dit saint Jean dans le Prologue, il est « tourné vers Dieu » (pros ton theon). Il est le OUI de l’humanité à Dieu. Jésus est donc bien celui en qui s’accomplit le dessein de Dieu : en lui, homme, toute l’humanité entre dans la communion trinitaire. 

- Désormais Jean-Baptiste peut s’effacer : comme Syméon, lors de la présentation de Jésus au Temple avait dit « désormais tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, car mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la face de tous les peuples »... Jean-Baptiste dit quelque chose d’analogue : « Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi » ; Jean-Baptiste était venu préparer la venue du Messie, maintenant, il lui laisse la place.

- Lien avec le Psaume : Jean-Baptiste nous montre ici le véritable agneau préparé par Dieu : désormais les sacrifices sanglants sont abolis comme l’avait dit le psaume 39/40 : « Tu ne voulais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit « voici, je viens » : c’est la disponibilité, la confiance du Fils (ce que saint Paul appellera son « obéissance ») qui efface les péchés des hommes : la disponibilité et non le sacrifice sanglant.

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 00:00

Marie-Noëlle Thabut lit et commente l'intégralité des lectures du dimanche de la solennité de l´épiphanie du Seigneur, année A.
En marche vers dimanche du 08/01/2017.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 00:00

PREMIÈRE LECTURE – Livre des nombres, 6, 22-27


22 Le Seigneur parla à Moïse. Il dit :
23 « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras :
Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël :
24 “Que le Seigneur te bénisse et te garde !
25 Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage,
qu’il te prenne en grâce !
26 Que le Seigneur tourne vers toi son visage,
qu’il t’apporte la paix !”
27 Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d’Israël,
et moi, je les bénirai. »


Voici donc comment les prêtres d’Israël, depuis Aaron et ses fils, bénissaient le peuple au cours des cérémonies liturgiques au Temple de Jérusalem… Formule qui fait partie du patrimoine chrétien désormais : puisque cette phrase du livre des Nombres figure parmi les bénédictions solennelles proposées pour la fin de la Messe. Vous avez remarqué la phrase : « Mon nom sera prononcé sur les enfants d’Israël » ; c’est une façon de parler, puisque, précisément, là-bas, on ne dit jamais le nom de Dieu, pour marquer le respect qu’on lui porte.
On sait à quel point, dans ce monde-là, le nom représente la personne elle-même. Prononcer le nom est un acte juridique marquant une prise de possession, mais aussi un engagement de protection. Quand un guerrier conquiert une ville, par exemple, on dit qu’il prononce son nom sur elle ; et le jour du mariage, le nom du mari est prononcé sur sa femme ; là encore, cela implique appartenance et promesse de vigilance. (À noter que la femme ne porte pas le nom de son mari pour autant).
Quand Dieu révèle son nom à son peuple, il se rend accessible à sa prière. Réciproquement, l’invocation du nom de Dieu constitue normalement un gage de bénédiction. Par voie de conséquence, les atteintes portées au peuple ou au temple de Dieu constituent un blasphème contre son nom, une insulte personnelle. Du coup, nous comprenons mieux la phrase de Jésus : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Sur toutes les personnes que nous rencontrerons cette année, nous pourrons nous dire que Dieu a posé son nom ! Voilà qui nous incitera à les regarder d’un œil neuf !
Revenons sur la bénédiction du Livre des Nombres. Je vous propose quatre remarques :
Première remarque : la formule des prêtres est au singulier : « Que le SEIGNEUR te bénisse » et non pas : « Que le SEIGNEUR vous bénisse » ; mais, en réalité, il s’agit bien d’Israël tout entier : c’est un singulier collectif. Et, plus tard, le peuple d’Israël a bien compris que cette protection de Dieu ne lui est pas réservée, qu’elle est offerte à l’humanité tout entière.
Deuxième remarque : « Que le SEIGNEUR te bénisse » (v. 24) est au subjonctif ; curieuse expression quand on y réfléchit : est-ce que le Seigneur pourrait ne pas nous bénir ? « Que le SEIGNEUR fasse briller sur toi son visage… Que le SEIGNEUR se penche vers toi… » De la même manière : « Ils invoqueront ainsi mon Nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. » (v. 27). On a envie de demander : sinon il ne les bénirait pas ? Lui qui « fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants », c’est-à-dire sur tous les hommes, Lui qui nous dit d’aimer même nos ennemis… ? Bien sûr, nous connaissons la réponse : nous savons bien que Dieu nous bénit sans cesse, que Dieu nous accompagne, qu’il est avec nous en toutes circonstances.
Et pourtant ce subjonctif, comme tous les subjonctifs, exprime un souhait : mais c’est de nous qu’il s’agit : Dieu nous bénit sans cesse, mais nous sommes libres de ne pas accueillir sa bénédiction comme le soleil brille en permanence même quand nous recherchons l’ombre… nous sommes libres de rechercher l’ombre… de la même manière, nous sommes libres d’échapper à cette action bienfaisante de Dieu… Celui ou celle qui se met à l’abri du soleil, perd toute chance de bronzer… ce ne sera pas la faute du soleil !
Alors, la formule « que Dieu vous bénisse » est le souhait que nous nous mettions sous la bénédiction de Dieu… On pourrait dire : Dieu nous propose sa bénédiction (sous-entendu : libre à nous de nous laisser faire ou pas). Ce subjonctif, justement, est là pour manifester notre liberté.
Troisième remarque, en forme de question : En quoi consiste la « bénédiction » de Dieu ? Que se passe-t-il pour nous ? Bénir est un mot latin : « bene dicere », « dire du bien »… Dieu dit du bien de nous. Ne nous étonnons pas que Dieu « dise du bien » de nous ! Puisqu’il nous aime… Il pense du bien de nous, il dit du bien de nous… Il ne voit en nous que ce qui est bien. Or la Parole de Dieu est acte : « Il dit et cela fut » (Gn 1). Donc quand Dieu dit du bien de nous, sa Parole agit en nous, elle nous transforme, elle nous fait du bien. Quand nous demandons la bénédiction de Dieu, nous nous offrons à son action transformante.
Quatrième remarque : ce n’est pas pour autant un coup de baguette magique ! Être « béni », c’est être dans la grâce de Dieu, vivre en harmonie avec Dieu, vivre dans l’Alliance. Cela ne nous épargnera pas pour autant les difficultés, les épreuves comme tout le monde ! Mais celui qui vit dans la bénédiction de Dieu, traversera les épreuves en « tenant la main de Dieu ». « Béni tu le seras, plus qu’aucun autre peuple » promettait Moïse au peuple d’Israël (Dt 7, 14). Le peuple d’Israël est béni, cela ne l’a pas empêché de traverser des périodes terribles, mais au sein de ses épreuves le croyant sait que Dieu l’accompagne.
En cette fête de Marie, mère de Dieu, tout ceci prend un sens particulier. Lorsque l’ange Gabriel envoyé à Marie pour lui annoncer la naissance de Jésus l’a saluée, il lui a dit « Je te salue, pleine de grâce », c’est-à-dire comblée de la grâce de Dieu ; elle est par excellence celle sur qui le nom de Dieu a été prononcé, celle qui reste sous cette très douce protection : « Tu es bénie entre toutes les femmes… »
Cinquième remarque : malheureusement, le texte français ne nous délivre pas toute la richesse de la formule originelle en hébreu ; cela pour deux raisons. Tout d’abord, le nom de Dieu, YHVH transcrit ici par « le SEIGNEUR », est celui que Dieu a révélé lui-même à Moïse. À lui tout seul, il est une promesse de présence protectrice, celle-là même qui a accompagné les fils d’Israël depuis leur sortie d’Égypte.
Ensuite, la traduction des verbes hébreux par un subjonctif en français est un indéniable appauvrissement. Car le système verbal en hébreu est très différent du français : pour être complet, il faudrait traduire « Le SEIGNEUR te bénit et te garde depuis toujours, il te bénit et te garde en ce moment, et il te bénira et te gardera à jamais. » Telle est bien notre foi !

PSAUME – 66 (67)


2 Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que son visage s’illumine pour nous ;
3 et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

5 Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
tu gouvernes les peuples avec droiture,
sur la terre, tu conduis les nations.

6 Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ;
qu’ils te rendent grâce, tous ensemble !
8 Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l’adore !


On ne pouvait pas trouver de plus belle réponse que ce psaume 66 en écho à la première lecture qui nous offrait la superbe formule de bénédiction rapportée par le livre des Nombres : « Que le SEIGNEUR te bénisse et te garde ! Que le SEIGNEUR fasse briller sur toi son visage, Qu’il te prenne en grâce ! Que le SEIGNEUR tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » Notre psaume est bien dans la même tonalité.
Je vous propose cinq remarques :
Première remarque : sur le sens même du mot « bénédiction » pour commencer. On trouve chez le prophète Zacharie cette phrase : « En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues que parlent les nations s’accrocheront à un Juif par le pan de son vêtement en déclarant : « Nous voulons aller avec vous, car nous l’avons appris : Dieu est avec vous. » (Za 8, 23). Voilà une très belle définition de la « bénédiction » : dire que Dieu nous bénit, c’est dire que Dieu nous accompagne, que Dieu est avec nous. C’était, d’ailleurs, le Nom même de Dieu révélé au Sinaï : YHVH, ce Nom imprononçable1 que l’on traduit par « SEIGNEUR ». On ne sait pas le traduire mais nos frères juifs le comprennent comme une promesse de présence permanente de Dieu auprès de son peuple.
Deuxième remarque : Cette fois, c’est le peuple qui appelle sur lui, qui demande la bénédiction de Dieu : « Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse » ; à propos de la formule des prêtres (la bénédiction du livre des Nombres), j’avais insisté sur le fait que nous sommes assurés en permanence de la bénédiction de Dieu, mais que nous sommes libres de ne pas l’accueillir ; quand le prêtre dit « Que le Seigneur vous bénisse », il n’exprime pas le souhait que Dieu veuille bien nous bénir… comme si Dieu pouvait tout d’un coup cesser de nous bénir ! Le prêtre exprime le souhait que nous ouvrions notre cœur à cette bénédiction de Dieu qui peut, si nous le désirons, agir en nous et nous transformer. La fin de ce psaume le dit très bien : « Dieu, notre Dieu, nous bénit. Que Dieu nous bénisse … » Ces deux phrases ne sont pas contradictoires : Dieu nous bénit sans cesse, c’est une certitude (c’est la première phrase : « Dieu, notre Dieu, nous bénit ») ; pour nous ouvrir à son action, il suffit que nous le désirions (c’est la deuxième phrase : « Que Dieu nous bénisse »).
Troisième remarque : Cette certitude d’être exaucé avant même de formuler une demande est caractéristique de toute prière en Israël. Le croyant sait qu’il baigne en permanence dans la bénédiction, la présence bienfaisante de Dieu. « Je sais que tu m’exauces toujours » disait Jésus (Jn 11).
Quatrième remarque : le peuple d’Israël ne demande pas cette bénédiction pour lui seul. Car cette bénédiction prononcée sur Israël rayonnera, rejaillira sur les autres : « Béni (est) celui qui te bénit », avait dit Dieu à Abraham ; et il avait ajouté : « À travers toi seront bénies toutes les familles de la terre. » (Gn 12, 3). Dans ce psaume, on retrouve, comme toujours, les deux thèmes entrelacés : d’une part ce qu’on appelle l’élection d’Israël, de l’autre l’universalisme du projet de Dieu ; l’œuvre du salut de l’humanité passe à travers l’élection d’Israël.
L’élection d’Israël est bien présente dans l’expression « Dieu, notre Dieu », qui à elle seule est un rappel de l’Alliance que Dieu a conclue avec le peuple qu’il a choisi. L’universalisme du projet de Dieu est aussi très clairement affirmé : « Ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations », ou encore « Que les nations chantent leur joie ». Et d’ailleurs, vous aurez remarqué le refrain répété deux fois qui appelle le jour où tous les peuples, enfin, accueilleront la bénédiction de Dieu : « Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu’ils te rendent grâce, tous ensemble ! »
Israël sait qu’il est choisi pour être le peuple témoin : la lumière qui brille sur lui est le reflet de Celui qu’il doit faire connaître au monde. À vrai dire, cette compréhension de l’élection d’Israël comme une vocation n’a pas été immédiate pour les hommes de la Bible. Et c’est bien compréhensible : au tout début de l’histoire biblique, chaque peuple s’imaginait que les divinités régnaient sur des territoires : il y avait les divinités de Babylone et les divinités de l’Égypte et celles de tous les autres pays. C’est seulement au sixième siècle, probablement, que le peuple d’Israël a compris que son Dieu avec lequel avait été conclue l’Alliance du Sinaï, était le Dieu de tout l’univers ; l’élection d’Israël n’était pas abolie pour autant, mais elle prenait un sens nouveau. Le texte de Zacharie, que nous lisions tout à l’heure, est écrit dans cette nouvelle perspective. (« En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues que parlent les nations s’accrocheront à un Juif par le pan de son vêtement en déclarant : « Nous voulons aller avec vous, car nous l’avons appris : Dieu est avec vous. » (Za 8, 23)
À notre tour, nous sommes un peuple témoin : chaque fois que nous recevons la bénédiction de Dieu, c’est pour devenir dans le monde les reflets de sa lumière. Voilà un magnifique souhait que nous pouvons formuler les uns pour les autres en ce début d’année : être des vecteurs de la lumière de Dieu pour tous ceux qu’elle n’éblouit pas encore.
Cinquième remarque : « La terre a donné son fruit ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. » Parce que la Parole de Dieu est acte, elle produit du fruit. Dieu avait promis une terre fertile où couleraient le lait et le miel. Et Dieu a tenu promesse. À plus forte raison, les Chrétiens relisent ce psaume en pensant à la naissance du Sauveur : quand les temps furent accomplis, la terre a porté son fruit.
—————————–
Note
Par respect pour le Nom de Dieu (YHVH, ce que l’on appelle le Tétragramme), et en fidélité à la récente directive romaine, chaque fois que je le rencontre dans un texte de l’Ancien Testament, je le transcris systématiquement en français par le mot « SEIGNEUR » en majuscules.

DEUXIÈME LECTURE – Lettre de saint Paul apôtre aux Galates, 4, 4-7


Frères,
4 lorsqu’est venue la plénitude des temps,
Dieu a envoyé son Fils,
né d’une femme
et soumis à la loi de Moïse,
5 afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi
et pour que nous soyons adoptés comme fils.
6 Et voici la preuve que vous êtes des fils :
Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs,
et cet Esprit crie
« Abba ! », c’est-à-dire : Père !
7 Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils,
et puisque tu es fils, tu es aussi héritier :
c’est l’œuvre de Dieu.


Je prends le texte tout simplement en suivant.
« Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils » : nous retrouvons ici un thème très cher à Paul : le thème de l’accomplissement du projet de Dieu. Pour les croyants juifs, puis chrétiens, c’est un élément très important de notre foi : l’histoire n’est pas un perpétuel recommencement, elle est une marche progressive de l’humanité vers son accomplissement, vers la réalisation du « dessein bienveillant de Dieu ». C’est un thème très important dans les lettres de saint Paul ; et il est, je crois, une bonne clé de lecture pour aborder les lettres de Paul, mais pas lui seulement : en fait, c’est une clé de lecture pour toute la Bible, dès l’Ancien Testament.
Je m’arrête un peu sur ce point : les auteurs du Nouveau Testament prennent bien soin de préciser à plusieurs reprises que la vie, la passion, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth accomplissent les Écritures. Paul, par exemple, affirme à ses juges : « Moïse et les prophètes ont prédit ce qui devait arriver et je ne dis rien de plus. » (Ac 26, 22). Et Matthieu en particulier aime dire « Tout cela arriva pour que s’accomplisse ce qui avait été dit par le prophète… ». Une question nous vient immédiatement à l’esprit : tout était-il donc écrit d’avance ? En fait, c’est sur le mot « pour » qu’il faut bien s’entendre car il peut avoir deux sens : ou bien un sens de finalité, ou bien seulement un sens de conséquence. Si l’on optait pour le sens de finalité, alors, les événements se seraient produits selon un plan bien défini, prédéterminé. Si on opte pour le sens de conséquence (et c’est, je crois, ce qu’il faut faire), les événements se sont produits de telle ou telle manière et, après coup, nous comprenons comment, à travers ces événements, Dieu a accompli son projet.
Celui-ci n’est donc pas un programme, comme si le rôle de tout un chacun était déjà déterminé par avance. Dieu prend le risque de notre liberté ; et, au long des siècles, les hommes ont bien souvent contrecarré le beau projet. Alors on a pu entendre les prophètes se lamenter ; mais ils n’ont jamais perdu l’espérance ; bien au contraire, ils ont promis à maintes reprises que Dieu ne se lassait pas. Isaïe, par exemple, annonçait de la part de Dieu : « Je dis : Mon dessein subsistera et tout ce qui me plaît, je l’exécuterai. » (Is 46, 10). Et Jérémie n’était pas en reste : « Moi, je sais les projets que j’ai formés à votre sujet – oracle du SEIGNEUR -, projets de prospérité et non de malheur : je vais vous donner un avenir et une espérance. » (Jr 29, 11). Ce que les auteurs du Nouveau Testament contemplent inlassablement, c’est l’accomplissement par Jésus des promesses de Dieu.
« Dieu a envoyé son Fils : né d’une femme, et soumis à la Loi de Moïse » : en quelques mots Paul nous dit tout le mystère de la personne de Jésus : Fils de Dieu, homme comme tous les autres, Juif comme tous les Juifs. L’expression « né d’une femme », pour commencer, est courante dans la Bible ; elle veut dire tout simplement « un homme comme les autres » ; il arrive par exemple que, pour ne pas répéter dans une même phrase le mot « hommes », on le remplace par « ceux qui naissent des femmes » (Si 10, 18 ; Jb 15, 14 ; Jb 25, 4). Jésus lui-même l’a employée en parlant de Jean-Baptiste : « En vérité, je vous le déclare : parmi ceux qui sont nés d’une femme, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiste. » (Mt 11, 11 ; Lc 7, 28).1 Quant à l’expression « soumis à la Loi de Moïse », elle signifie qu’il a accepté la condition des hommes de son peuple.
Paul continue « Afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et faire de nous des fils ». Nous avons déjà rencontré de nombreuses fois le mot « racheter » : nous savons qu’il signifie « libérer », « affranchir ». Dans l’Ancien Testament, le « racheteur » était précisément celui qui affranchissait l’esclave. Ce n’est donc pas la même chose d’être sous la domination de la Loi et d’être fils… Il y a un passage à faire : le sujet de la Loi, c’est celui qui se soumet à des ordres ; il se conduit en esclave. Le fils, c’est celui qui vit dans l’amour et la confiance : il peut « obéir » à son père ; c’est-à-dire mettre son oreille sous la parole du père parce qu’il fait confiance à son père, il sait que la parole du père n’est dictée que par l’amour. Ce qui veut dire que nous passons de la domination de la Loi à l’obéissance des fils.
Ce passage à une attitude filiale, confiante, nous pouvons le faire parce que « L’Esprit du Fils est dans nos cœurs, et il crie vers le Père en l’appelant Abba ! » ce qui veut dire « Père ». Le seul cri qui nous sauve, en toutes circonstances, c’est ce mot « Abba », Père, qui est le cri du petit enfant. Être sûr, quoi qu’il arrive, que Dieu est un Père pour nous, qu’il n’est que bienveillant à notre égard, c’est l’attitude filiale que le Christ est venu vivre parmi nous, en notre nom. Paul continue : « Tu n’es plus esclave, mais fils, et comme fils, tu es héritier ». Il faut prendre le mot au sens fort ; « héritier », cela veut dire que ce qui est à Lui nous est promis ; seulement, il faut oser le croire… et c’est là notre problème.
Quand Jésus nous traite « d’hommes de peu de foi », peut-être est-ce cela qu’il veut dire : nous n’osons pas croire que l’Esprit de Dieu est en nous, nous n’osons pas croire que sa force est en nous, nous n’osons pas croire que tout ce qui est à lui est à nous ; c’est-à-dire que sa capacité d’amour est en nous.
Sans oublier que nous n’y avons aucun mérite ! Si nous sommes héritiers, c’est par la grâce de Dieu : alors nous commençons à comprendre pourquoi on peut dire que « tout est grâce ».
—————————-
Note
Paul pensait peut-être à ce que le livre de la Sagesse fait dire à Salomon : « Je suis, moi aussi, un homme mortel, égal à tous, descendant du premier qui fut modelé de terre. Dans le ventre d’une mère, j’ai été sculpté en chair. » (Sg 6-7, 1).

ÉVANGILE – selon saint Luc, 2, 16-21


En ce temps-là,
16 les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem,
et ils découvrirent Marie et Joseph,
avec le nouveau-né
couché dans la mangeoire.
17 Après avoir vu,
ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé
au sujet de cet enfant.
18 Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient
de ce que leur racontaient les bergers.
19 Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur.
20 Les bergers repartirent ;
ils glorifiaient et louaient Dieu
pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu,
selon ce qui leur avait été annoncé.
21 Quand fut arrivé le huitième jour,
celui de la circoncision,
l’enfant reçut le nom de Jésus,
le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.


Ce récit apparemment anecdotique est en réalité profondément « théologique ». Ce qui veut dire que tous les détails comptent. Je vous propose de les relire un à un dans l’ordre du texte.
Les bergers, tout d’abord : c’étaient des gens peu recommandables, des marginaux, car leur métier les empêchait de fréquenter les synagogues et de respecter le sabbat. Or ce sont eux qui sont les premiers prévenus de l’événement qui vient de bouleverser l’histoire de l’humanité ! Et ils deviennent de ce fait les premiers apôtres, les premiers témoins : ils racontent, on les écoute, ils étonnent ! Ils racontent cette annonce étrange dont ils ont bénéficié en pleine nuit ; voici le récit de Luc pour cette fameuse nuit : « Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’Ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte, mais l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (sous-entendu parce que Dieu les aime). Ils racontent tout cela, avec leurs mots à eux ; et on ne peut s’empêcher de penser à une fameuse phrase de Jésus, une trentaine d’années plus tard : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Lc 10, 21-22 ; Mt 11, 25). Cela a commencé dès le début de sa vie.
Tout ceci se passe dans le petit village de Bethléem : tout le monde le savait à l’époque, c’est la ville qui devait voir naître le Messie, dans la descendance de David. Bethléem, c’est aussi la ville dont le nom signifie littéralement « la maison du pain » et le nouveau-né est couché dans une mangeoire : belle image pour celui qui vient se donner en nourriture pour l’humanité.
« Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » À l’inverse des bergers que l’événement rend bavards, Marie contemple et médite dans son cœur ; Luc veut-il faire ici un rapprochement avec la vision du fils de l’homme chez le prophète Daniel ? Après cette vision, Daniel avoue : « Mes réflexions me tourmentèrent… et je gardai la chose dans mon cœur. » (Dn 7, 28). Ce serait pour Luc une manière de profiler déjà devant nous le destin grandiose de ce nourrisson. On sait, premièrement, que le livre de Daniel était bien connu au temps de Jésus, et, deuxièmement, qu’il annonçait un Messie-Roi triomphant de tous les ennemis d’Israël.
Le nom de l’enfant, déjà, révèle son mystère : « Jésus » signifie « Dieu sauve » et si (à l’inverse de Matthieu) Luc ne précise pas cette étymologie, il a, quelques versets plus haut, rapporté la phrase de l’ange « Il vous est né un Sauveur » (Lc 2, 11).
En même temps, il vit à fond la solidarité avec son peuple : comme tout enfant juif, il est circoncis le huitième jour ; « il a été sous la domination de la Loi de Moïse pour racheter ceux qui étaient sous la domination de la Loi », dit Paul dans la lettre aux Galates (Ga 4, 4 : notre deuxième lecture). Les trois autres évangiles ne parlent pas de la circoncision de Jésus, tellement la chose allait de soi. « Ce sera le signe de l’Alliance entre moi et vous… Mon Alliance deviendra dans votre chair une alliance perpétuelle », avait dit Dieu à Abraham (Gn 17). Et le Livre du Lévitique en avait tiré une loi selon laquelle tout garçon devait être circoncis le huitième jour. Joseph et Marie n’ont fait que s’y conformer : pour tout Juif de l’époque, obéir à la Loi de Moïse était le meilleur moyen, pensait-on, de faire la volonté de Dieu. Le plus surprenant pour nous n’est donc pas le fait même de la circoncision de Jésus, mais l’insistance de cet évangéliste : visiblement, saint Luc a souhaité marquer la volonté du jeune couple de se conformer en tous points à la Loi de Moïse.
Il y revient quelques lignes plus tard, pour raconter la présentation de l’enfant au Temple : « Quand arriva le jour fixé par la Loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi… Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la Loi du Seigneur. » (Lc 2, 22-24). Plus que la bonne volonté d’un couple fervent, sans doute Luc veut-il nous faire entrevoir l’entière solidarité de Jésus avec son peuple ; le dernier soir, Jésus lui-même l’a revendiquée : « Il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les pécheurs » (Lc 22, 37).
Enfin, dernière remarque, on ne peut s’empêcher de remarquer (et cela est valable pour les quatre lectures de cette fête) la discrétion du personnage de Marie, alors même que cette liturgie lui est dédiée sous le vocable de « Marie, Mère de Dieu ». (Luc dit seulement : « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » À l’inverse des bergers que l’événement rend bavards, Marie contemple et médite dans son cœur ; ) peut-être ce silence même de Marie est-il un message pour nous : la gloire de Marie, c’est justement d’avoir tout simplement accepté d’être la mère de Dieu, d’avoir su se mettre tout entière, humblement, au service de l’accomplissement du projet de salut de Dieu ; elle n’est pas le centre du projet ; le centre du projet, c’est Jésus, celui dont le nom signifie « Dieu sauve ».

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 00:00

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
dimanche 1er janvier 2017

Fête de Sainte Marie, mère de Dieu

PREMIERE LECTURE – Livre des nombres, 6, 22-27

22 Le Seigneur parla à Moïse. Il dit :
23 « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras :
Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël :
24 “Que le Seigneur te bénisse et te garde !
25 Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage,
qu’il te prenne en grâce !
26 Que le Seigneur tourne vers toi son visage,
qu’il t’apporte la paix !”
27 Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d’Israël,
et moi, je les bénirai. »


Voici donc comment les prêtres d’Israël, depuis Aaron et ses fils, bénissaient le peuple au cours des cérémonies liturgiques au Temple de Jérusalem… Formule qui fait partie du patrimoine chrétien désormais : puisque cette phrase du livre des Nombres figure parmi les bénédictions solennelles proposées pour la fin de la Messe. Vous avez remarqué la phrase : « Mon nom sera prononcé sur les enfants d’Israël » ; c’est une façon de parler, puisque, précisément, là-bas, on ne dit jamais le nom de Dieu, pour marquer le respect qu’on lui porte.
On sait à quel point, dans ce monde-là, le nom représente la personne elle-même. Prononcer le nom est un acte juridique marquant une prise de possession, mais aussi un engagement de protection. Quand un guerrier conquiert une ville, par exemple, on dit qu’il prononce son nom sur elle ; et le jour du mariage, le nom du mari est prononcé sur sa femme ; là encore, cela implique appartenance et promesse de vigilance. (A noter que la femme ne porte pas le nom de son mari pour autant).
Quand Dieu révèle son nom à son peuple, il se rend accessible à sa prière. Réciproquement, l’invocation du nom de Dieu constitue normalement un gage de bénédiction. Par voie de conséquence, les atteintes portées au peuple ou au temple de Dieu constituent un blasphème contre son nom, une insulte personnelle. Du coup, nous comprenons mieux la phrase de Jésus : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Sur toutes les personnes que nous rencontrerons cette année, nous pourrons nous dire que Dieu a posé son nom ! Voilà qui nous incitera à les regarder d’un oeil neuf !
Revenons sur la bénédiction du Livre des Nombres. Je vous propose quatre remarques :
Première remarque : la formule des prêtres est au singulier : « Que le SEIGNEUR te bénisse » et non pas : « Que le SEIGNEUR vous bénisse » ; mais, en réalité, il s’agit bien d’Israël tout entier : c’est un singulier collectif. Et, plus tard, le peuple d’Israël a bien compris que cette protection de Dieu ne lui est pas réservée, qu’elle est offerte à l’humanité tout entière.
Deuxième remarque : « Que le SEIGNEUR te bénisse » (v. 24) est au subjonctif ; curieuse expression quand on y réfléchit : est-ce que le Seigneur pourrait ne pas nous bénir ? « Que le SEIGNEUR fasse briller sur toi son visage… Que le SEIGNEUR se penche vers toi… » De la même manière : « Ils invoqueront ainsi mon Nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. » (v. 27). On a envie de demander : sinon il ne les bénirait pas ? Lui qui « fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants », c’est-à-dire sur tous les hommes, Lui qui nous dit d’aimer même nos ennemis… ? Bien sûr, nous connaissons la réponse : nous savons bien que Dieu nous bénit sans cesse, que Dieu nous accompagne, qu’il est avec nous en toutes circonstances.
Et pourtant ce subjonctif, comme tous les subjonctifs, exprime un souhait : mais c’est de nous qu’il s’agit : Dieu nous bénit sans cesse, mais nous sommes libres de ne pas accueillir sa bénédiction… comme le soleil brille en permanence même quand nous recherchons l’ombre… nous sommes libres de rechercher l’ombre… de la même manière, nous sommes libres d’échapper à cette action bienfaisante de Dieu… Celui ou celle qui se met à l’abri du soleil, perd toute chance de bronzer… ce ne sera pas la faute du soleil !
Alors, la formule « que Dieu vous bénisse » est le souhait que nous nous mettions sous la bénédiction de Dieu… On pourrait dire : Dieu nous propose sa bénédiction (sous-entendu : libre à nous de nous laisser faire ou pas). Ce subjonctif, justement, est là pour manifester notre liberté.
Troisième remarque, en forme de question : En quoi consiste la « bénédiction » de Dieu ? Que se passe-t-il pour nous ? Bénir est un mot latin : « bene dicere », « dire du bien »… Dieu dit du bien de nous. Ne nous étonnons pas que Dieu « dise du bien » de nous ! Puisqu’il nous aime… Il pense du bien de nous, il dit du bien de nous… Il ne voit en nous que ce qui est bien. Or la Parole de Dieu est acte : « Il dit et cela fut » (Gn 1). Donc quand Dieu dit du bien de nous, sa Parole agit en nous, elle nous transforme, elle nous fait du bien. Quand nous demandons la bénédiction de Dieu, nous nous offrons à son action transformante.
Quatrième remarque : ce n’est pas pour autant un coup de baguette magique ! Etre « béni », c’est être dans la grâce de Dieu, vivre en harmonie avec Dieu, vivre dans l’Alliance. Cela ne nous épargnera pas pour autant les difficultés, les épreuves comme tout le monde ! Mais celui qui vit dans la bénédiction de Dieu, traversera les épreuves en « tenant la main de Dieu ». « Béni tu le seras, plus qu’aucun autre peuple » promettait Moïse au peuple d’Israël (Dt 7, 14). Le peuple d’Israël est béni, cela ne l’a pas empêché de traverser des périodes terribles, mais au sein de ses épreuves le croyant sait que Dieu l’accompagne.
En cette fête de Marie, mère de Dieu, tout ceci prend un sens particulier. Lorsque l’ange Gabriel envoyé à Marie pour lui annoncer la naissance de Jésus l’a saluée, il lui a dit « Je te salue, pleine de grâce », c’est-à-dire comblée de la grâce de Dieu ; elle est par excellence celle sur qui le nom de Dieu a été prononcé, celle qui reste sous cette très douce protection : « Tu es bénie entre toutes les femmes… »
Cinquième remarque : Malheureusement, le texte français ne nous délivre pas toute la richesse de la formule originelle en hébreu ; cela pour deux raisons. Tout d’abord, le nom de Dieu, YHVH transcrit ici par « le SEIGNEUR », est celui que Dieu a révélé lui-même à Moïse. A lui tout seul, il est une promesse de présence protectrice, celle-là même qui a accompagné les fils d’Israël depuis leur sortie d’Egypte.
Ensuite, la traduction des verbes hébreux par un subjonctif en français est un indéniable appauvrissement. Car le système verbal en hébreu est très différent du français : pour être complet, il faudrait traduire « Le SEIGNEUR te bénit et te garde depuis toujours, il te bénit et te garde en ce moment, et il te bénira et te gardera à jamais. » Telle est bien notre foi !

PSAUME – 66 (67)

2 Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que son visage s’illumine pour nous ;
3 et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

5 Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
tu gouvernes les peuples avec droiture,
sur la terre, tu conduis les nations.

6 Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ;
qu’ils te rendent grâce, tous ensemble !
8 Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l’adore !


On ne pouvait pas trouver de plus belle réponse que ce psaume 66 en écho à la première lecture qui nous offrait la superbe formule de bénédiction rapportée par le livre des Nombres : « Que le SEIGNEUR te bénisse et te garde ! Que le SEIGNEUR fasse briller sur toi son visage, Qu’il te prenne en grâce ! Que le SEIGNEUR tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » Notre psaume est bien dans la même tonalité.
Je vous propose cinq remarques :
Première remarque : sur le sens même du mot « bénédiction » pour commencer. On trouve chez le prophète Zacharie cette phrase : « En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues que parlent les nations s’accrocheront à un Juif par le pan de son vêtement en déclarant : « Nous voulons aller avec vous, car nous l’avons appris : Dieu est avec vous. » (Za 8, 23). Voilà une très belle définition de la « bénédiction » : dire que Dieu nous bénit, c’est dire que Dieu nous accompagne, que Dieu est avec nous. C’était, d’ailleurs, le Nom même de Dieu révélé au Sinaï : YHVH, ce Nom imprononçable1 que l’on traduit par « SEIGNEUR ». On ne sait pas le traduire mais nos frères juifs le comprennent comme une promesse de présence permanente de Dieu auprès de son peuple.
Deuxième remarque : Cette fois, c’est le peuple qui appelle sur lui, qui demande la bénédiction de Dieu : « Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse » ; à propos de la formule des prêtres (la bénédiction du livre des Nombres), j’avais insisté sur le fait que nous sommes assurés en permanence de la bénédiction de Dieu, mais que nous sommes libres de ne pas l’accueillir ; quand le prêtre dit « Que le Seigneur vous bénisse », il n’exprime pas le souhait que Dieu veuille bien nous bénir… comme si Dieu pouvait tout d’un coup cesser de nous bénir ! Le prêtre exprime le souhait que nous ouvrions notre coeur à cette bénédiction de Dieu qui peut, si nous le désirons, agir en nous et nous transformer. La fin de ce psaume le dit très bien : « Dieu, notre Dieu, nous bénit. Que Dieu nous bénisse … » Ces deux phrases ne sont pas contradictoires : Dieu nous bénit sans cesse, c’est une certitude (c’est la première phrase : « Dieu, notre Dieu, nous bénit ») ; pour nous ouvrir à son action, il suffit que nous le désirions (c’est la deuxième phrase : « Que Dieu nous bénisse »).
Troisième remarque : Cette certitude d’être exaucé avant même de formuler une demande est caractéristique de toute prière en Israël. Le croyant sait qu’il baigne en permanence dans la bénédiction, la présence bienfaisante de Dieu. « Je sais que tu m’exauces toujours » disait Jésus (Jn 11).
Quatrième remarque : Le peuple d’Israël ne demande pas cette bénédiction pour lui seul. Car cette bénédiction prononcée sur Israël rayonnera, rejaillira sur les autres : « Béni (est) celui qui te bénit », avait dit Dieu à Abraham ; et il avait ajouté : « A travers toi seront bénies toutes les familles de la terre. » (Gn 12, 3). Dans ce psaume, on retrouve, comme toujours, les deux thèmes entrelacés : d’une part ce qu’on appelle l’élection d’Israël, de l’autre l’universalisme du projet de Dieu ; l’œuvre du salut de l’humanité passe à travers l’élection d’Israël.
L’élection d’Israël est bien présente dans l’expression « Dieu, notre Dieu », qui à elle seule est un rappel de l’Alliance que Dieu a conclue avec le peuple qu’il a choisi. L’universalisme du projet de Dieu est aussi très clairement affirmé : « Ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations », ou encore « Que les nations chantent leur joie ». Et d’ailleurs, vous aurez remarqué le refrain répété deux fois qui appelle le jour où tous les peuples, enfin, accueilleront la bénédiction de Dieu : « Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu’ils te rendent grâce, tous ensemble ! »
Israël sait qu’il est choisi pour être le peuple témoin : la lumière qui brille sur lui est le reflet de Celui qu’il doit faire connaître au monde. A vrai dire, cette compréhension de l’élection d’Israël comme une vocation n’a pas été immédiate pour les hommes de la Bible. Et c’est bien compréhensible : au tout début de l’histoire biblique, chaque peuple s’imaginait que les divinités régnaient sur des territoires : il y avait les divinités de Babylone et les divinités de l’Egypte et celles de tous les autres pays. C’est seulement au sixième siècle, probablement, que le peuple d’Israël a compris que son Dieu avec lequel avait été conclue l’Alliance du Sinaï, était le Dieu de tout l’univers ; l’élection d’Israël n’était pas abolie pour autant, mais elle prenait un sens nouveau. Le texte de Zacharie, que nous lisions tout à l’heure, est écrit dans cette nouvelle perspective. (« En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues que parlent les nations s’accrocheront à un Juif par le pan de son vêtement en déclarant : « Nous voulons aller avec vous, car nous l’avons appris : Dieu est avec vous. » (Za 8, 23)
A notre tour, nous sommes un peuple témoin : chaque fois que nous recevons la bénédiction de Dieu, c’est pour devenir dans le monde les reflets de sa lumière. Voilà un magnifique souhait que nous pouvons formuler les uns pour les autres en ce début d’année : être des vecteurs de la lumière de Dieu pour tous ceux qu’elle n’éblouit pas encore.
Cinquième remarque : « La terre a donné son fruit ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. » Parce que la Parole de Dieu est acte, elle produit du fruit. Dieu avait promis une terre fertile où couleraient le lait et le miel. Et Dieu a tenu promesse. A plus forte raison, les Chrétiens relisent ce psaume en pensant à la naissance du Sauveur : quand les temps furent accomplis, la terre a porté son fruit.
—————————–
Note
Par respect pour le Nom de Dieu (YHVH, ce que l’on appelle le Tétragramme), et en fidélité à la récente directive romaine, chaque fois que je le rencontre dans un texte de l’Ancien Testament, je le transcris systématiquement en français par le mot « SEIGNEUR » en majuscules.

DEUXIEME LECTURE – Lettre de saint Paul apôtre aux Galates, 4, 4-7

Frères,
4 lorsqu’est venue la plénitude des temps,
Dieu a envoyé son Fils,
né d’une femme
et soumis à la loi de Moïse,
5 afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi
et pour que nous soyons adoptés comme fils.
6 Et voici la preuve que vous êtes des fils :
Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs,
et cet Esprit crie
« Abba ! », c’est-à-dire : Père !
7 Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils,
et puisque tu es fils, tu es aussi héritier :
c’est l’œuvre de Dieu.


Je prends le texte tout simplement en suivant
« Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils » : nous retrouvons ici un thème très cher à Paul : le thème de l’accomplissement du projet de Dieu. Pour les croyants juifs, puis chrétiens, c’est un élément très important de notre foi : l’histoire n’est pas un perpétuel recommencement, elle est une marche progressive de l’humanité vers son accomplissement, vers la réalisation du « dessein bienveillant de Dieu ». C’est un thème très important dans les lettres de Saint Paul ; et il est, je crois, une bonne clé de lecture pour aborder les lettres de Paul, mais pas lui seulement : en fait, c’est une clé de lecture pour toute la Bible, dès l’Ancien Testament.
Je m’arrête un peu sur ce point : les auteurs du Nouveau Testament prennent bien soin de préciser à plusieurs reprises que la vie, la passion, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth accomplissent les Ecritures. Paul, par exemple, affirme à ses juges : « Moïse et les prophètes ont prédit ce qui devait arriver et je ne dis rien de plus. » (Ac 26, 22). Et Matthieu en particulier aime dire « Tout cela arriva pour que s’accomplisse ce qui avait été dit par le prophète… ». Une question nous vient immédiatement à l’esprit : tout était-il donc écrit d’avance ? En fait, c’est sur le mot « pour » qu’il faut bien s’entendre car il peut avoir deux sens : ou bien un sens de finalité, ou bien seulement un sens de conséquence. Si l’on optait pour le sens de finalité, alors, les événements se seraient produits selon un plan bien défini, prédéterminé. Si on opte pour le sens de conséquence (et c’est, je crois, ce qu’il faut faire), les événements se sont produits de telle ou telle manière et, après coup, nous comprenons comment, à travers ces événements, Dieu a accompli son projet.
Celui-ci n’est donc pas un programme, comme si le rôle de tout un chacun était déjà déterminé par avance. Dieu prend le risque de notre liberté ; et, au long des siècles, les hommes ont bien souvent contrecarré le beau projet. Alors on a pu entendre les prophètes se lamenter ; mais ils n’ont jamais perdu l’espérance ; bien au contraire, ils ont promis à maintes reprises que Dieu ne se lassait pas. Isaïe, par exemple, annonçait de la part de Dieu : « Je dis : Mon dessein subsistera et tout ce qui me plaît, je l’exécuterai. » (Is 46, 10). Et Jérémie n’était pas en reste : « Moi, je sais les projets que j’ai formés à votre sujet – oracle du SEIGNEUR -, projets de prospérité et non de malheur : je vais vous donner un avenir et une espérance. » (Jr 29, 11). Ce que les auteurs du Nouveau Testament contemplent inlassablement, c’est l’accomplissement par Jésus des promesses de Dieu.
« Dieu a envoyé son Fils : né d’une femme, et soumis à la Loi de Moïse » : en quelques mots Paul nous dit tout le mystère de la personne de Jésus : Fils de Dieu, homme comme tous les autres, Juif comme tous les Juifs. L’expression « né d’une femme », pour commencer, est courante dans la Bible ; elle veut dire tout simplement « un homme comme les autres » ; il arrive par exemple que, pour ne pas répéter dans une même phrase le mot « hommes », on le remplace par « ceux qui naissent des femmes » (Si 10, 18 ; Jb 15, 14 ; Jb 25, 4). Jésus lui-même l’a employée en parlant de Jean-Baptiste : « En vérité, je vous le déclare : parmi ceux qui sont nés d’une femme, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiste. » (Mt 11, 11 ; Lc 7, 28).1 Quant à l’expression « soumis à la Loi de Moïse », elle signifie qu’il a accepté la condition des hommes de son peuple.
Paul continue « Afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et faire de nous des fils ». Nous avons déjà rencontré de nombreuses fois le mot « racheter » : nous savons qu’il signifie « libérer », « affranchir ». Dans l’Ancien Testament, le « racheteur » était précisément celui qui affranchissait l’esclave. Ce n’est donc pas la même chose d’être sous la domination de la Loi et d’être fils… Il y a un passage à faire : le sujet de la Loi, c’est celui qui se soumet à des ordres ; il se conduit en esclave. Le fils, c’est celui qui vit dans l’amour et la confiance : il peut « obéir » à son père ; c’est-à-dire mettre son oreille sous la parole du père parce qu’il fait confiance à son père, il sait que la parole du père n’est dictée que par l’amour. Ce qui veut dire que nous passons de la domination de la Loi à l’obéissance des fils.
Ce passage à une attitude filiale, confiante, nous pouvons le faire parce que « L’Esprit du Fils est dans nos coeurs, et il crie vers le Père en l’appelant Abba ! » ce qui veut dire « Père ». Le seul cri qui nous sauve, en toutes circonstances, c’est ce mot « Abba », Père, qui est le cri du petit enfant. Etre sûr, quoi qu’il arrive, que Dieu est un Père pour nous, qu’il n’est que bienveillant à notre égard, c’est l’attitude filiale que le Christ est venu vivre parmi nous, en notre nom. Paul continue : « Tu n’es plus esclave, mais fils, et comme fils, tu es héritier ». Il faut prendre le mot au sens fort ; « héritier », cela veut dire que ce qui est à Lui nous est promis ; seulement, il faut oser le croire… et c’est là notre problème.
Quand Jésus nous traite « d’hommes de peu de foi », peut-être est-ce cela qu’il veut dire : nous n’osons pas croire que l’Esprit de Dieu est en nous, nous n’osons pas croire que sa force est en nous, nous n’osons pas croire que tout ce qui est à lui est à nous ; c’est-à-dire que sa capacité d’amour est en nous.
Sans oublier que nous n’y avons aucun mérite ! Si nous sommes héritiers, c’est par la grâce de Dieu : alors nous commençons à comprendre pourquoi on peut dire que « tout est grâce ».
—————————-
Note
Paul pensait peut-être à ce que le livre de la Sagesse fait dire à Salomon : « Je suis, moi aussi, un homme mortel, égal à tous, descendant du premier qui fut modelé de terre. Dans le ventre d’une mère, j’ai été sculpté en chair. » (Sg 6-7, 1).

EVANGILE – selon Saint Luc, 2, 16-21

En ce temps-là,
16 les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem,
et ils découvrirent Marie et Joseph,
avec le nouveau-né
couché dans la mangeoire.
17 Après avoir vu,
ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé
au sujet de cet enfant.
18 Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient
de ce que leur racontaient les bergers.
19 Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur.
20 Les bergers repartirent ;
ils glorifiaient et louaient Dieu
pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu,
selon ce qui leur avait été annoncé.
21 Quand fut arrivé le huitième jour,
celui de la circoncision,
l’enfant reçut le nom de Jésus,
le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.


Ce récit apparemment anecdotique est en réalité profondément « théologique ». Ce qui veut dire que tous les détails comptent. Je vous propose de les relire un à un dans l’ordre du texte.
Les bergers, tout d’abord : c’étaient des gens peu recommandables, des marginaux, car leur métier les empêchait de fréquenter les synagogues et de respecter le sabbat. Or ce sont eux qui sont les premiers prévenus de l’événement qui vient de bouleverser l’histoire de l’humanité ! Et ils deviennent de ce fait les premiers apôtres, les premiers témoins : ils racontent, on les écoute, ils étonnent ! Ils racontent cette annonce étrange dont ils ont bénéficié en pleine nuit ; voici le récit de Luc pour cette fameuse nuit : « Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’Ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte, mais l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmaillotté et couché dans une mangeoire. Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (sous-entendu parce que Dieu les aime). Ils racontent tout cela, avec leurs mots à eux ; et on ne peut s’empêcher de penser à une fameuse phrase de Jésus, une trentaine d’années plus tard : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Lc 10, 21-22 ; Mt 11, 25). Cela a commencé dès le début de sa vie.
Tout ceci se passe dans le petit village de Bethléem : tout le monde le savait à l’époque, c’est la ville qui devait voir naître le Messie, dans la descendance de David. Bethléem, c’est aussi la ville dont le nom signifie littéralement « la maison du pain » et le nouveau-né est couché dans une mangeoire : belle image pour celui qui vient se donner en nourriture pour l’humanité.
« Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur. » A l’inverse des bergers que l’événement rend bavards, Marie contemple et médite dans son coeur ; Luc veut-il faire ici un rapprochement avec la vision du fils de l’homme chez le prophète Daniel ? Après cette vision, Daniel avoue : « Mes réflexions me tourmentèrent… et je gardai la chose dans mon coeur. » (Dn 7, 28). Ce serait pour Luc une manière de profiler déjà devant nous le destin grandiose de ce nourrisson. On sait, premièrement, que le livre de Daniel était bien connu au temps de Jésus, et, deuxièmement, qu’il annonçait un Messie-Roi triomphant de tous les ennemis d’Israël.
Le nom de l’enfant, déjà, révèle son mystère : « Jésus » signifie « Dieu sauve » et si (à l’inverse de Matthieu) Luc ne précise pas cette étymologie, il a, quelques versets plus haut, rapporté la phrase de l’ange « Il vous est né un Sauveur » (Lc 2, 11).
En même temps, il vit à fond la solidarité avec son peuple : comme tout enfant juif, il est circoncis le huitième jour ; « il a été sous la domination de la Loi de Moïse pour racheter ceux qui étaient sous la domination de la Loi », dit Paul dans la lettre aux Galates (Ga 4, 4 : notre deuxième lecture). Les trois autres évangiles ne parlent pas de la circoncision de Jésus, tellement la chose allait de soi. « Ce sera le signe de l’Alliance entre moi et vous… Mon Alliance deviendra dans votre chair une alliance perpétuelle », avait dit Dieu à Abraham (Gn 17). Et le Livre du Lévitique en avait tiré une loi selon laquelle tout garçon devait être circoncis le huitième jour. Joseph et Marie n’ont fait que s’y conformer : pour tout Juif de l’époque, obéir à la Loi de Moïse était le meilleur moyen, pensait-on, de faire la volonté de Dieu. Le plus surprenant pour nous n’est donc pas le fait même de la circoncision de Jésus, mais l’insistance de cet évangéliste : visiblement, Saint Luc a souhaité marquer la volonté du jeune couple de se conformer en tous points à la Loi de Moïse.
Il y revient quelques lignes plus tard, pour raconter la présentation de l’enfant au Temple : « Quand arriva le jour fixé par la Loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi… Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la Loi du Seigneur. » (Lc 2, 22-24). Plus que la bonne volonté d’un couple fervent, sans doute Luc veut-il nous faire entrevoir l’entière solidarité de Jésus avec son peuple ; le dernier soir, Jésus lui-même l’a revendiquée : « Il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Ecriture : Il a été compté avec les pécheurs » (Lc 22, 37).
Enfin, dernière remarque, on ne peut s’empêcher de remarquer (et cela est valable pour les quatre lectures de cette fête) la discrétion du personnage de Marie, alors même que cette liturgie lui est dédiée sous le vocable de « Marie, Mère de Dieu ». (Luc dit seulement : « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur. » A l’inverse des bergers que l’événement rend bavards, Marie contemple et médite dans son coeur ; ) peut-être ce silence même de Marie est-il un message pour nous : la gloire de Marie, c’est justement d’avoir tout simplement accepté d’être la mère de Dieu, d’avoir su se mettre tout entière, humblement, au service de l’accomplissement du projet de salut de Dieu ; elle n’est pas le centre du projet ; le centre du projet, c’est Jésus, celui dont le nom signifie « Dieu sauve ».

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 00:00

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Blanche de Bourbon

File:Lápida sepulcral de la reina Doña Blanca de Borbón, esposa de Pedro I el Cruel, rey de Castilla y León. Convento de San Francisco de Jerez de la Frontera (Cádiz).jpg

CHRISTO OPTIMO MAXIMO SACRUM. DIVA BLANCA HISPANIARUM REGINA, PATRE BORBONEO , EX INCLITA FRANCORUM REGUM PROSAPIA, MORIBUS ET CORPORE VENUSTISSIMA FUIT; SED PRAEVALENTE PELLICE OCCUBVIT IUSSU PETRI MARITI CRUDELIS ANNO SALUTIS MCCCLXI. AETATIS VERO SUAE XXV

 

Parents

Blanche de Bourbon est la deuxième fille du duc Pierre Ier de Bourbon et d'Isabelle de Valois

  • Pierre Ier, Duc de Bourbon, Baron d' Herment, Pair de France. né en 1312 , décédé le 19 septembre 1356 à la Bataille de Poitiers,Vienne,Poitou-Charentes à l’âge de 44 ans, inhumé aux Jacobins à Paris. Gouverneur du Languedoc et Gascogne
  • Isabelle de Valois née en 1313, décédée le 26 juillet 1363 à Paris à l’âge de 50 ans

Mariage de Pierre Ier de Castille avec Blanche de Bourbon


Marié à Valladolid, Castille-et-León, Espagne avec Pierre I° le Cruel de Castille, Roi de Castille (26 mars 1350-1366), né en 1334 à Burgos, Castille-et-León, Espagne, décédé le 23 mars 1369 à Montiel, Castille-La Manche, Espagne à l’âge de 35 ans (Parents : HAlphonse XI le juste de Castille , Roi de Castille 1311-1350  &  FMarie-Constance de Portugal 1323-1345 )

Afin de sceller l'alliance entre le royaume de France et le royaume de Castille, une union est organisée entre le roi Pierre Ier de Castille et Blanche de Bourbon, nièce du roi de France.

Mais le jour même du mariage, Pierre Ier de Castille fait enfermer sa femme, ce qui marque la fin de l'alliance franco-castillane.

En pleine guerre de Cent Ans, Pierre Ier de Castille se tourna alors vers le royaume d'Angleterre, en conflit avec la France.

 

 

Louis de Bourbon, duc d'Anjou est un neveu à la 18e génération de Blanche de Bourbon.

 

Biographie

En 1352, pour sceller une alliance entre les royaumes de France et de Castille1, Blanche est amenée à épouser le roi Pierre le Cruel.

 

Il s'agit d'un mariage de raison car Pierre Ier a déjà rencontré celle qui devient sa maîtresse attitrée, Maria de Padilla.

 

Jean le Bon et Pierre Ier s'accorde sur une dot de 300 000 florins, qui ne sont pas versés suivant l'échéancier prévu (25 000 au départ de France de Blanche, 25 000 à Noël et 50 000 chaque année jusqu'à atteindre la somme contractuelle)

 

Le retard pris par Blanche à quitter la France et le décalage qui en est résulté dans le paiement de la dot offrent à Pierre le prétexte rêvé pour la délaisser et même la faire enfermer dans le château auquel elle donnera son nom.

 

Pierre le Cruel, avec l'aide des évêques de Salamanque et d'Avila, fait déclarer la nullité du mariage et épouse Jeanne de Castro.

 

Ces mauvais traitements infligés à une nièce du roi de France finissent par avoir raison de l'alliance franco-castillane.

 

Pierre le Cruel se tournera vers l'Angleterre et le Prince Noir, et le roi de France apportera son concours au rival de Pierre Ier, Henri de Trastamare, en lui envoyant Bertrand Du Guesclin à la tête des Grandes compagnies.

 

Blanche de Bourbon meurt en 1361, vraisemblablement assassinée sur l'ordre de Pierre le Cruel.

 

  1. Jeanne de Bourbon, la sœur de Blanche, étant mariée à Charles V, les rois de France et de Castille devenaient beaux-frères par ce mariage.
  
 

  

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 00:00

PREMIÈRE LECTURE -  Livre du prophète Isaïe  52, 7-10

 

7            Comme ils sont beaux sur les montagnes,
              les pas du messager,
              celui qui annonce la paix,
              qui porte la bonne nouvelle,
              qui annonce le salut,
              et vient dire à Sion :
              « Il règne, ton Dieu ! »
8            Écoutez la voix des guetteurs :
              ils élèvent la voix,
              tous ensemble ils crient de joie
              car, de leurs propres yeux,
              ils voient le SEIGNEUR qui revient à Sion.
9           Éclatez en cris de joie,
              vous, ruines de Jérusalem,
              car le SEIGNEUR console son peuple,
              il rachète Jérusalem !
10          Le SEIGNEUR a montré la sainteté de son bras
              aux yeux de toutes les nations.
              Tous les lointains de la terre
              ont vu le salut de notre Dieu.

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 « Écla­tez en cris de joie, rui­nes de Jé­ru­sa­lem ! » L'expression  « rui­nes de Jé­ru­sa­lem » nous permet de situer très précisément ce texte d’Isaïe : Jérusalem a été dévastée par les troupes de Na­bu­cho­do­no­sor en 587 av. J.-C. Elles ont commis les horreurs que commettaient toutes les armées victorieuses à l’époque : pillage, destructions, viols, profanations. Des agriculteurs ont été maintenus sur place pour nourrir les occupants ; et ce qui restait d’hommes et de femmes valides ont été emmenés en déportation à Babylone. Cet Exil devait durer cinquante ans, ce qui est considérable ; amplement le temps de se décourager, de croire qu’on ne reverrait jamais le pays.

Et voilà que le prophète annonce le retour ; il a commencé sa prédication par les mots « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu » (Is 40, 1). Ici, il reprend exactement le même mot, (« le SEIGNEUR console son peuple »), pour dire que Dieu a déjà agi, le retour est pour très bientôt. Et il voit déjà le messager qui ira annoncer la grande nouvelle à Jérusalem et le guetteur qui, du haut des collines de Jérusalem, verra revenir les colonnes de déportés.

Un mes­sa­ger à pied et un guet­teur, voilà deux per­son­na­ges qu'on a bien du mal à se re­pré­sen­ter aujourd'hui ! En ce temps de té­lé­com­mu­ni­ca­tions tri­om­phan­tes (té­lé­vi­sion, té­lé­pho­ne por­ta­tif, fax...) nous avons un ef­fort d'imagination à fai­re !..

Mais dans le mon­de an­ti­que, il n'y avait pas d'autre moyen qu'un cou­reur à pied pour an­non­cer les nou­vel­les. On connaît le fa­meux exem­ple du cou­reur de Ma­ra­thon : en 490 av. J.-C., lorsque les Athéniens ont remporté la bataille de Marathon contre les Perses, un coureur s’est précipité à Athènes (qui est à quarante-deux kilomètres de Marathon), pour annoncer la Bonne Nouvelle de la victoire. Il a couru d’un trait les quarante-deux kilomètres et a juste eu le temps de crier victoire avant de s’effondrer. C’est de là que vient notre expression « courir le Marathon ».

À l’époque, lorsque les messagers couraient porter les nouvelles, il y avait dans le même temps des guetteurs postés sur les murailles des villes ou sur les collines alentour pour surveiller l'horizon.

Isaïe imagine le guetteur posté sur le haut des rem­parts ou sur le mont des oliviers, peut-être, et qui voit déjà voler de colline en colline le mes­sa­ger qui an­non­ce le retour au pays : « Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut ». Non seulement le peuple est sauvé, mais la ville elle-même va l’être, elle sera rebâtie par ceux qui reviennent. C’est pour cela que les rui­nes de Jérusalem sont invitées à écla­ter en cris de joie.

À l’époque on considérait que les défaites d’un peuple étaient aussi celles de son Dieu. Mais voici que le peuple est délivré, son Dieu a fait preuve de sa puissance, il « a montré la force de son bras » comme dit Isaïe. C’est pour cela que le messager vient dire à la ville sainte : « Il est roi, ton Dieu ».

Une fois de plus, Dieu a délivré son peuple comme il l’avait libéré d’Égypte, « à main for­te et à bras éten­du », comme disait le livre de l’Exode (Ex 15). Et, juste derrière le messager, le guetteur voit dé­jà le cor­tè­ge tri­om­phal ; et du haut des rem­parts, que voit-il ? Qui est en tê­te du cor­tè­ge tri­om­phal du re­tour ? Le Sei­gneur lui-mê­me !  Le Sei­gneur re­vient à Sion. Il mar­che au mi­lieu de son peu­ple et dés­or­mais, il se­ra de nou­veau là, à Jé­ru­sa­lem, au mi­lieu de son peu­ple.

Pour dire cette action de Dieu, Isaïe emploie un mot très fort, le mot « racheter ». Dans le lan­ga­ge bi­bli­que,  ce mot  « ra­che­ter »  si­gni­fie  « li­bé­rer » : vous connais­sez l'institution du « Go'el » : lorsqu'un Is­raé­li­te a été obli­gé de se ven­dre com­me es­cla­ve ou de ven­dre sa mai­son à son créan­cier pour payer ses det­tes, son plus pro­che pa­rent se pré­sen­te­ra au créan­cier pour li­bé­rer son pa­rent dé­bi­teur. On di­ra qu'il « ra­chè­te » son pa­rent, qu’il le « re­ven­di­que »... Bien sûr le créancier ne laissera pas partir son débiteur s’il n’est pas remboursé, mais cet aspect financier n’est pas premier dans l’opération. Ce qui est premier, c’est la libération du débiteur. Isaïe a eu l’audace d’appliquer ce mot de « Go’el » à Dieu : manière de dire à la fois qu’il est le plus pro­che pa­rent de son peuple et qu’Il le li­bè­re.

Autre phrase significative de ce texte et qui traduit une avancée très importante de la pensée juive pendant l’Exil à Babylone : c’est à ce moment-là qu’Is­raël a découvert l’amour de Dieu pour toute l’humanité et pas seulement pour son peuple. Il a compris que son « élec­tion » est une mission au service du sa­lut de tou­te l'humanité. C’est ce qui explique la phrase :

« Le SEIGNEUR a mon­tré la sainteté de son bras aux yeux de tou­tes les na­tions. Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu. » : c’est-à-dire, bientôt, elles reconnaîtront que Dieu est sauveur.     

En relisant ce texte à l’occasion du la fête de Noël, évidemment, cette prédication d’Isaïe prend un sens nouveau ; plus que jamais, nous pouvons dire : « Le SEIGNEUR a mon­tré la sainteté de son bras aux yeux de tou­tes les na­tions. Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu. » Notre mission, désormais, c’est d’être ces messagers qui annoncent la paix, ces mes­sa­gers de la bon­ne nou­vel­le, qui an­non­cent le sa­lut, ce­ux qui viennent di­re non seulement à la ci­té sain­te mais au monde entier : « Il est roi, ton Dieu » !

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PSAUME 97 (98) , 1-6

 

            1          Chantez au SEIGNEUR un chant nouveau,
                        car il a fait des merveilles ;    
                        par son bras très saint, par sa main puissante,          
                        il s'est assuré la victoire.

            2          Le SEIGNEUR a fait connaître sa victoire  
                        et révélé sa justice aux nations ;        
            3          il s'est rappelé sa fidélité, son amour,           
                        en faveur de la maison d'Israël.

                        La terre tout entière a vu       
                        la victoire de notre Dieu.      
            4          Acclamez le SEIGNEUR, terre entière.       
                        son­nez, chan­tez, jouez !          

            5          Jouez pour le SEIGNEUR sur la ci­tha­re,     
                        sur la ci­tha­re et tous les in­stru­ments ;
            6          au son de la trom­pet­te et du cor 1,    
                        ac­cla­mez vo­tre roi, le SEIGNEUR !

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 « La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu » : c’est le peuple d’Israël qui parle ici et qui dit « notre » Dieu, affichant ainsi la relation tout-à-fait privilégiée qui existe entre ce petit peuple et le Dieu de l’univers ; mais Israël a peu à peu compris que sa mission dans le monde est précisément de ne pas garder jalousement pour lui cette relation privilégiée mais d’annoncer l’amour de Dieu pour tous les hommes, afin d’intégrer peu à peu l’humanité tout entière dans l’Alliance.

Ce psaume dit très bien ce que l’on pourrait appeler « les deux amours de Dieu » : son amour pour son peuple choisi, élu, Israël... ET son amour pour l’humanité tout entière, ce que le psalmiste appelle les « nations » ... Relisons le verset 2 : « Le SEIGNEUR a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations » : les « nations », ce sont tous les autres, les païens, ceux qui ne font pas partie du peuple élu.  Mais vient aussitôt le verset 3 : « Il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël », ce qui est l’expression consacrée pour rappeler ce qu’on appelle « l’élection d’Israël ». Derrière cette toute petite phrase, il faut deviner tout le poids d’histoire, tout le poids du passé : les simples mots « sa fidélité », « son amour » sont le rappel vibrant de l’Alliance : c’est par ces mots-là que, dans le désert,  Dieu s’est fait connaître au peuple qu’il a choisi. « Dieu d’amour et de fidélité ». Cette phrase veut  dire : oui, Israël est bien le peuple choisi, le peuple élu ; mais la phrase d’avant, et ce n’est peut-être pas un hasard si elle est placée avant, cette phrase qui parle des nations, rappelle bien que si Israël est choisi, ce n’est pas pour en jouir égoïstement, pour se considérer comme fils unique, mais pour se comporter en frère aîné. Comme disait André Chouraqui, « le peuple de l’Alliance est destiné devenir l’instrument de l’Alliance des peuples ».

            Un des grands acquis de la Bible, c’est que Dieu aime toute l’humanité, et pas seulement Israël. Dans ce psaume, cette certitude marque la composition même du texte ; si on regarde d’un peu plus près la construction de ces quelques versets, on remarque la disposition en « inclusion » de ces deux  versets  2 et 3 : l’inclusion est un procédé de style qu’on trouve souvent dans la Bible. Une inclusion, c’est un peu comme un encadré, dans un journal ou dans une revue ; bien évidemment le but est de mettre en valeur le texte écrit dans le cadre.

Dans une inclusion, c’est la même chose : le texte central est mis en valeur, « encadré » par deux phrases identiques, une avant, l’autre après... Ici, la phrase centrale, qui parle d’Israël, est encadrée par deux phrases synonymes qui parlent des nations : « Le SEIGNEUR a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations », voilà la première phrase donc, sur les nations ... la deuxième phrase, elle, concerne Israël : « il s’est rappelé sa fidélité, son amour en faveur de la maison d’Israël »... et voici la troisième phrase : « la terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu ». Le mot « nations » ne figure pas ici, mais il est remplacé par l’expression « la terre tout entière ». La phrase centrale sur ce qu’on appelle «  l’élection d’Israël » est donc encadrée par deux phrases sur l’humanité tout entière. L’élection d’Israël est centrale mais on n’oublie pas qu’elle doit rayonner sur l’humanité tout entière et cette construction le manifeste bien.

            Et quand le peuple d’Israël, au cours de la fête des Tentes à Jérusalem, acclame Dieu comme roi, ce peuple sait bien qu’il le fait déjà au nom de l’humanité tout entière ; en chantant cela, on imagine déjà (parce qu’on sait qu’il viendra) le jour où Dieu sera vraiment le roi de toute la terre, c’est-à-dire reconnu par toute la terre.

            La première dimension de ce psaume, très importante, c’est donc l’insistance sur ce « les deux amours de Dieu », pour son peuple choisi, d’une part, et pour toute l’humanité, d’autre part. Une deuxième dimension de ce psaume est la proclamation très appuyée de la royauté de Dieu.

            Par exemple, on chante au Temple de Jérusalem « Acclamez le SEIGNEUR, terre entière, acclamez votre roi, le SEIGNEUR » Mais dire « on chante », c’est trop faible ; en fait, par le vocabulaire employé en hébreu, ce psaume est un cri de victoire, le cri que l’on pousse sur le champ de bataille après la victoire, la « terouah » en l’honneur du vainqueur. Le mot de victoire revient trois fois dans les premiers versets. « Par son bras très saint, par sa main puissante, il s’est assuré la victoire » ... « Le SEIGNEUR a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations »... « La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu ».

            La victoire de Dieu dont on parle ici est double : c’est d’abord la victoire de la libération d’Égypte ; la mention « par son bras très saint, par sa main puissante » est une allusion au premier exploit de Dieu en faveur des fils d’Israël, la traversée miraculeuse de la mer qui les séparait définitivement de l’Égypte, leur terre de servitude. L’expression « Le SEIGNEUR t’a fait sortir de là d’une main forte et le bras étendu » (Dt 5, 15) était devenue la formule-type de la libération d’Égypte ; on la retrouve par exemple dans le livre du Deutéronome et dans les psaumes. La formule « il a fait des merveilles » est aussi un rappel de la libération d’Égypte.

            Mais quand on chante la victoire de Dieu, on chante également la victoire attendue pour la fin des temps, la victoire définitive de Dieu contre toutes les forces du mal. Et déjà on acclame Dieu comme jadis on acclamait le nouveau roi le jour de son sacre en poussant des cris de victoire au son des trompettes, des cornes et dans les applaudissements de la foule. Mais alors qu’avec les rois de la terre, on allait toujours vers une déception, cette fois, on sait qu’on ne sera pas déçus ; raison de plus pour que cette fois la « terouah » soit particulièrement vibrante !

            Désormais les Chrétiens acclament Dieu avec encore plus de vigueur parce qu’ils ont vu de leurs yeux le roi du monde : depuis l’Incarnation du Fils, ils savent et ils affirment (envers et contre tous les événements apparemment contraires), que le Règne de Dieu, c’est-à-dire de l’amour est déjà commencé.

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Note

1 - Les in­stru­ments de mu­si­que : c'est par les psau­mes, et en par­ti­cu­lier le Ps 150 que l'on connaît les in­stru­ments de mu­si­que de l'époque. Ici dé­jà, en voi­ci 3 énu­mé­rés : ci­tha­re, trom­pet­te et cor.

Complément : Devant la Crèche, on ne peut pas s’empêcher de penser que, pour l'instant la for­ce di­vi­ne du bras de Dieu qui li­bè­re son peu­ple re­po­se dans deux pe­ti­tes mains d'enfant.

DEUXIÈME LECTURE – Lettre aux Hébreux  1, 1-6

 

1            À bien des reprises
              et de bien des manières,
              Dieu, dans le passé,
              a parlé à nos pères par les prophètes ;
2            mais à la fin, en ces jours où nous sommes,
              il nous a parlé par son Fils
              qu’il a établi héritier de toutes choses
              et par qui il a créé les mondes.
3            Rayonnement de la gloire de Dieu,
              expression parfaite de son être,
              le Fils, qui porte l’univers
              par sa parole puissante,
              après avoir accompli la purification des péchés,
              s’est assis à la droite de la Majesté divine
              dans les hauteurs des cieux ;
4            et il est devenu bien supérieur aux anges,
              dans la mesure même où il a reçu en héritage
              un nom si différent du leur.
5            En effet, Dieu déclara-t-il jamais à un ange :
              « Tu es mon Fils,
 moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ? »
              Ou bien encore :
              « Moi, je serai pour lui un père,
 et lui sera pour moi un fils ? »
6            À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né
              dans le monde à venir,
              il dit :
              « Que se prosternent devant lui
 tous les anges de Dieu. »

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 « Dieu a par­lé à nos pè­res par les pro­phè­tes » ; à travers cette phrase on devine que les destinataires de la lettre aux Hébreux sont des Juifs de­ve­nus chré­tiens. L’une des caractéristiques d’Israël, c’est bien cette conviction que Dieu s’est révélé progressivement à ce peuple qu’il a choisi. Parce que Dieu n’est pas à la portée de l’homme, il faut bien qu’il se révèle lui-même. Vous connaissez la fameuse phrase de Paul dans la lettre aux Éphésiens : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté... » Sous-entendu, nous ne l’aurions pas trouvé tout seuls. Et cette révélation ne pouvait être que progressive, tout comme l’éducation d’un enfant ne se fait pas en un jour. Au contraire, les pa­rents dis­ent à leur en­fant pro­gres­si­ve­ment, au fur et à me­su­re du dé­ve­lop­pe­ment de son in­tel­li­gen­ce, ce dont il a be­soin pour com­pren­dre le mon­de et la so­cié­té dans la­quel­le il vit. C’est exactement comme cela que Moïse explique la pédagogie de Dieu dans le livre du Deutéronome : « Tu reconnais à la réflexion que ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils » (Dt 8, 5).

Pour cette éducation progressive de son peuple, Dieu a sus­ci­té, à cha­que épo­que, des pro­phè­tes qui par­laient de sa part, dans des ter­mes qui cor­res­pon­daient à la men­ta­li­té de l'époque. On dis­ait qu'ils  étaient la « bou­che de Dieu ». Comme dit l’une des phrases de notre liturgie : « Tu les as formés par les prophètes dans l’espérance du salut. » (Prière Eucharistique N° IV). Parce que Dieu utilise avec son peuple cette pédagogie très progressive, il lui parle « sous des for­mes frag­men­tai­res et va­riées », comme dit l’auteur de la lettre.

Quand l’auteur de la lettre aux Hébreux prend la plume, ce salut est arrivé : c’est pour cela qu’il coupe l’histoire de l’hu­ma­ni­té en deux pé­rio­des : avant Jé­sus-Christ et de­puis Jé­sus-Christ. Avant Jésus-Christ, c’est ce qu’il appelle le passé ; depuis Jésus-Christ, c’est ce qu’il appelle « les derniers temps où nous sommes », c’est le temps de l’accomplissement. En Jé­sus-Christ, le mon­de nou­veau est dé­jà in­au­gu­ré. Le Christ est en lui-mê­me l’accomplissement du pro­jet de Dieu, du « des­sein bien­veillant ».

Après l’éblouissement et la stupeur de la résurrection du Christ, la conviction des premiers Chrétiens s’est forgée peu à peu : oui, Jésus de Nazareth est bien le Messie que le peuple juif attendait, mais il est bien différent de l’idée qu’on s’en était faite à l’avance. L’ensemble du Nouveau Testament médite cette découverte étonnante. Certains at­ten­daient un Mes­sie-roi, d’autres, un Mes­sie-pro­phè­te, d’autres, un Mes­sie-prê­tre. L’auteur de la lettre aux Hébreux, dans le passage d’aujourd’hui, nous dit : Eh bien, mes frères, Jé­sus est bien tout ce­la.

Je vous pro­po­se donc une re­mar­que sur cha­cun de ces trois points : Jésus est le Mes­sie-pro­phè­te qu’on attendait, il est le Mes­sie-prê­tre, il est le Mes­sie-Roi.

Pour commencer, Il est le Mes­sie - pro­phè­te : l’auteur nous dit : « Dieu nous a par­lé par ce Fils » : Jé­sus est bien le pro­phè­te par ex­cel­len­ce ; si les prophètes de l’Ancien Testament étaient la « bou­che de Dieu », lui, il est la Pa­ro­le mê­me de Dieu, la Pa­ro­le créa­tri­ce « par qui Dieu a créé les mon­des » (v. 2). Mieux en­co­re, il est le « re­flet res­plen­dis­sant de la gloi­re du Pè­re » (v. 3)1 ; il di­ra lui-mê­me « qui m’a vu a vu le Pè­re » (il est l’expression par­fai­te de l’être de Dieu).

Ensuite, Il est le Mes­sie - prê­tre : C’était le rô­le du grand-prê­tre d’être l’intermédiaire en­tre Dieu et le peu­ple pé­cheur ; or, en vi­vant une re­la­tion d’amour par­fai­te avec son Pè­re, une vé­ri­ta­ble re­la­tion fi­lia­le, Jé­sus-Christ res­tau­re l’Alliance en­tre Dieu et l’humanité. Il est donc le grand-prê­tre par ex­cel­len­ce, qui ac­com­plit la « pu­ri­fi­ca­tion  des pé­chés » : cet­te « pu­ri­fi­ca­tion des pé­chés », (l’auteur re­vien­dra lon­gue­ment sur ce thè­me dans la suite de sa lettre), Jé­sus l’a opé­rée en vi­vant tou­te sa vie dans une relation parfaitement filiale, com­me un par­fait dia­lo­gue d’amour et « d’obéissance » avec son Pè­re.

Enfin, Il est le Mes­sie - roi : L’auteur lui ap­pli­que des ti­tres et des pro­phé­ties qui concer­naient le Mes­sie : on a là l’image du trô­ne royal, « il est as­sis à la droi­te de la Ma­jes­té di­vi­ne », et sur­tout il est ap­pe­lé « Fils de Dieu » : or c’était le ti­tre qui était confé­ré au nou­veau roi le jour de son sa­cre. « Tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai en­gen­dré », était l’une des phra­ses de la cé­ré­mo­nie du sa­cre (re­pri­se par le psau­me 2). Et le prophète Natan avait annoncé : « Je serai pour lui un Père et il sera pour moi un fils. » (2 S 7, 14). Et, à la différence des rois de la terre, lui, Il est roi sur tou­te la créa­tion, mê­me les An­ges : l’auteur nous dit  « il est placé bien au-des­sus des An­ges, il a re­çu en hé­ri­tage un Nom bien plus grand que les leurs »  (v. 4). Et lorsqu’il dit « Au mo­ment d'introduire le Pre­mier-né dans le mon­de à ve­nir, Dieu dit : Que tous les an­ges de Dieu se pro­ster­nent de­vant lui », l’auteur annonce que le Christ est Dieu lui-même ! Puisque Dieu seul a droit à l’adoration des Anges.  

Prê­tre, pro­phè­te  et roi, Jé­sus l’est donc, c’est pour­quoi on peut l’appeler Christ qui veut di­re « Mes­sie » ; mais  ce tex­te nous ré­vè­le en mê­me temps no­tre pro­pre gran­deur puis­que no­tre vo­ca­tion est d’être in­ti­me­ment unis à Jé­sus-Christ, de de­ve­nir à no­tre tour les re­flets de la gloi­re du Pè­re... d’être à no­tre tour ap­pe­lés Fils... d’être rois en lui... prê­tres en lui... pro­phè­tes en lui. Au jour de notre baptême, le prêtre nous a annoncé que, désormais, nous étions membres du Christ, Prêtre, Prophète et Roi.

Et si ce pas­sa­ge nous est pro­po­sé dès le jour de Noël, c’est pour que nous sa­chions dé­jà dé­chif­frer le mys­tè­re de la crè­che à cet­te pro­fon­deur-là. L’enfant qui nous est don­né à contem­pler est por­teur de tout ce mys­tè­re-là et nous en lui, par lui et avec lui.       

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Note sur Hébreux 1,3

Dans l’expression « Rayonnement de la gloire de Dieu », on peut entendre un écho de l’épisode de la Transfiguration de Jésus.

Compléments

On a longtemps cru que la lettre aux Hébreux était de saint Paul. Aujourd’hui, on dit souvent par manière de boutade : « Ce n’est pas une lettre, elle n’est pas de saint Paul, elle ne s’adresse pas aux Hébreux. » Le mot « Hébreux », dans cet écrit, désigne probablement d’anciens Juifs devenus chrétiens. Cela expliquerait ses allusions très fréquentes aux textes bibliques et aux pratiques juives.

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Note sur Hébreux 1,3

Dans l’expression « Rayonnement de la gloire de Dieu », on peut entendre un écho de l’épisode de la Transfiguration de Jésus.

Compléments

On a longtemps cru que la lettre aux Hébreux était de saint Paul. Aujourd’hui, on dit souvent par manière de boutade : « Ce n’est pas une lettre, elle n’est pas de saint Paul, elle ne s’adresse pas aux Hébreux. » Le mot « Hébreux », dans cet écrit, désigne probablement d’anciens Juifs devenus chrétiens. Cela expliquerait ses allusions très fréquentes aux textes bibliques et aux pratiques juives.

ÉVANGILE de Jésus Christ selon saint Jean  1, 1-18

 

1            Au commencement était le Verbe,
              et le Verbe était auprès de Dieu,
              et le Verbe était Dieu.
2            Il était au commencement auprès de Dieu.
3            C’est par lui que tout est venu à l’existence,
              et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
4            En lui était la vie,
              et la vie était la lumière des hommes ;
5            la lumière brille dans les ténèbres,
              et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
6            Il y eut un homme envoyé par Dieu ;
              son nom était Jean.
7            Il est venu comme témoin,
              pour rendre témoignage à la Lumière,
              afin que tous croient par lui.
8            Cet homme n’était pas la Lumière,
              mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
9            Le Verbe était la vraie Lumière,
              qui éclaire tout homme
              en venant dans le monde.
10          Il était dans le monde,
              et le monde était venu par lui à l’existence,
              mais le monde ne l’a pas reconnu.
11          Il est venu chez lui,
              et les siens ne l’ont pas reçu.
12          Mais à tous ceux qui l’ont reçu,
              il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,
              eux qui croient en son nom.
13          Ils ne sont pas nés du sang,
              ni d’une volonté charnelle,
              ni d’une volonté d’homme :
              ils sont nés de Dieu.
14          Et le Verbe s’est fait chair,
              il a habité parmi nous,
              et nous avons vu sa gloire,
              la gloire qu’il tient de son Père
              comme Fils unique,
              plein de grâce et de vérité.
15          Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant :
              « C’est de lui que j’ai dit :
              Celui qui vient derrière moi
              est passé devant moi,
              car avant moi il était. »
16          Tous, nous avons eu part à sa plénitude,
              nous avons reçu grâce après grâce ;
17          car la Loi fut donnée par Moïse,
              la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
18          Dieu, personne ne l’a jamais vu ;
              le Fils unique, lui qui est Dieu,
              lui qui est dans le sein du Père,
              c’est lui qui l’a fait connaître.

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 « Au com­men­ce­ment » : Jean re­prend vo­lon­tai­re­ment le pre­mier mot de la Ge­nè­se (« Be­res­hit ») ; il faut en­ten­dre la pro­fon­deur de ce mot : ce n'est pas une pré­ci­sion d'ordre chro­no­lo­gi­que !  Ce qui com­men­ce, c'est ce qui com­man­de tou­te l'histoire hu­mai­ne, c'est l'origine, le fon­de­ment de tou­tes cho­ses ...

« Au com­men­ce­ment était le VER­BE » : tout est mis sous le si­gne de la Pa­role, Pa­role d'Amour, Dia­lo­gue... Voi­là l'O­ri­gine, le com­men­ce­ment de tou­tes cho­ses... « Et le Ver­be était au com­men­ce­ment au­près de Dieu » (v. 2-3) : en grec c'est « pros ton Théon »qui veut di­re  lit­té­ra­le­ment « tour­né vers Dieu » ; le Ver­be était tour­né vers Dieu...  C'est l'attitude du dia­lo­gue. Quand on dit « Je t'aime », ou quand on dia­lo­gue vrai­ment avec quelqu'un, on lui fait fa­ce ; on est « tour­né vers lui » ; quand on lui tour­ne le dos, qu'on se dé­tour­ne, le dia­lo­gue est rom­pu ; et il fau­dra fai­re de­mi-tour pour re­nouer le dia­lo­gue.

 Ce que saint Jean nous dit ici est ca­pi­tal : la Créa­tion tout en­tiè­re, puis­que rien n'a été fait sans le Ver­be, (la Créa­tion tout en­tiè­re) est le fruit du dia­lo­gue d'amour du Pè­re et du Fils ; et nous, à no­tre tour, nous som­mes créés dans ce dia­lo­gue et pour ce dia­lo­gue. (Nous sommes le fruit d’un dialogue d’amour. Bien sûr, c’est vrai concrètement au niveau de l’acte qui nous a engendrés chacun à la vie. Mais, spirituellement, nous pouvons nous dire que nous sommes le fruit de l’amour de Dieu.)

La vo­ca­tion de l'humanité, d'Adam, pour re­pren­dre le mot de la Ge­nè­se, c'est de vi­vre un par­fait dia­lo­gue d'amour avec le Pè­re. Mais tou­te no­tre his­toi­re hu­mai­ne, mal­heu­reu­se­ment, éta­le le contrai­re. Le ré­cit de la chu­te d'Adam et Eve, au deuxiè­me cha­pi­tre de la Ge­nè­se, nous le dit à sa ma­niè­re : il mon­tre bien que le dia­lo­gue est rom­pu ; l'homme et la fem­me se sont mé­fiés de Dieu, ont soup­çon­né Dieu d'être mal in­ten­tion­né à leur égard ; c'est le contrai­re mê­me du dia­lo­gue d'amour ! Nous le sa­vons bien : quand le soup­çon tra­ver­se nos re­la­tions, le dia­lo­gue est em­poi­son­né. Et, dans no­tre vie per­son­nel­le, tou­te l'histoire de no­tre re­la­tion à Dieu pour­rait être re­pré­sen­tée com­me cela : nous sommes tan­tôt tour­nés vers lui, tan­tôt dé­tour­nés et il nous faut alors fai­re de­mi-tour pour qu'il puis­se re­nouer le dia­lo­gue... « De­mi-tour », c'est exac­te­ment le sens du mot « conver­sion » dans la Bi­ble.

Le Christ, lui, vit en per­fec­tion ce dia­lo­gue sans om­bre avec le Pè­re : il vient pren­dre la tê­te de l'humanité ; j'ai en­vie de di­re : il est le « OUI » de l'humanité au Pè­re. Il vient vi­vre ce « OUI » au quo­ti­dien ; et alors, par lui, nous som­mes ré­in­tro­duits dans le dia­lo­gue pri­mor­dial : « Tous ceux qui l'ont re­çu, ceux qui croient en son nom, il leur a don­né de pou­voir de­ve­nir en­fants de Dieu. » C'est-à-di­re de re­tro­u­ver cet­te re­la­tion fi­lia­le, confian­te, sans om­bre. Et son seul but, c'est que l'humanité tout en­tiè­re puis­se ren­tre dans ce dia­lo­gue d'amour ; « ceux qui croient en son nom », ce sont ceux qui lui font confiance, qui marchent à sa suite. « Afin que le mon­de croie » : c'est le sou­hait ardent de Jé­sus : « Que tous soient Un comme toi, Père, tu es en moi, et que je suis en toi, qu’ils soient en nous, eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17, 21). Je re­prends une phra­se de Kier­ke­gaard :  « Le contrai­re du pé­ché, ce n'est pas la ver­tu, le contrai­re du pé­ché, c'est la foi ».

« Croi­re », c'est fai­re confian­ce au Pè­re, sa­voir en tou­tes cir­con­stan­ces, quoi qu'il nous ar­ri­ve, que Dieu est bien­veillant, ne ja­mais soup­çon­ner Dieu, ne jamais dou­ter de l'amour de Dieu pour nous et pour le mon­de... et du coup, bien sûr, re­gar­der le mon­de avec ses yeux. 

Re­gar­der le mon­de avec les yeux de Dieu : « Le Ver­be s'est fait chair », ce­la veut di­re que Dieu est par­mi nous ; qu'il n'y a pas be­soin de s'évader du mon­de pour ren­con­trer Dieu. C'est dans la  « chair » mê­me, dans la ré­a­li­té du mon­de que nous li­sons sa Pré­sen­ce. Com­me Jean-Bap­tis­te, à no­tre tour, nous som­mes en­voyés com­me té­moins de cet­te Pré­sen­ce.

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 00:00

PREMIÈRE  LECTURE -  Isaïe 9, 1-6

 

9, 1       Le peuple qui marchait dans les ténèbres
             a vu se lever une grande lumière ;
             sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre
             une lumière a resplendi.
    2       Tu as prodigué l'allégresse,
             tu as fait grandir la joie :
             ils se réjouissent devant toi
             comme on se réjouit
             en faisant la moisson,
             comme on exulte
             en partageant les dépouilles des vaincus.
    3       Car le joug qui pesait sur eux,
             le bâton qui meurtrissait leurs épaules,
             le fouet du chef de corvée,
             tu les as brisés
             comme au jour de la victoire sur Madiane.
    4       Toutes les chaussures des soldats
             qui piétinaient bruyamment le sol,
             tous les manteaux couverts de sang,
             les voilà brulés :
             le feu les a dévorés.
    5       Oui ! Un enfant nous est né,
             un fils nous a été donné ;
             l’insigne du pouvoir est sur son épaule ;
             on proclame son nom :
             « Merveilleux-conseiller, Dieu-fort,
             Père-à-jamais, Prince-de la paix. »
    6       Ainsi le pouvoir s’étendra,
             la paix sera sans fin
             pour David et pour son royaume.
             Il sera solidement établi
             sur le droit et la justice
             dès maintenant et pour toujours.
             Voilà ce que fait
             l’amour invincible du SEI­GNEUR de l’univers.

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         Les spécialistes ne savent pas très bien dater ce texte : a-t-il été écrit à l’époque même des événements dont il parle ? Ou beaucoup plus tard ? En revanche, on sait très bien deux choses : 1) à quelle situation politique ce texte fait référence (même si, peut-être, il a été écrit longtemps après)... 2) le sens même de cette parole prophétique, c’est-à-dire « qui vient de Dieu » : il s’agit de raviver l’espérance du peuple.

         À l’époque dont il est question, le royaume d’Israël est divisé en deux : vous vous souvenez que David puis Salomon ont été rois de tout le peuple d’Israël ; mais, dès la mort de Salomon, en 933 av.J.C., l’unité a été rompue, (on parle du schisme d’Israël);  et il y a eu deux royaumes bien distincts et même parfois en guerre l’un contre l’autre : au Nord, il s’appelle Israël, c’est lui qui porte le nom du peuple élu ; sa capitale est Samarie ; au Sud, il s’appelle Juda, et sa capitale est Jérusalem. C’est lui qui est véritablement le royaume légitime : car c’est la descendance de David sur le trône de Jérusalem qui est porteuse des promesses de Dieu.

         Isaïe prêche dans le royaume du Sud, mais, curieusement, tous les lieux qui sont cités ici appartiennent au royaume du Nord : « Le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali... il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain et la Galilée... comme au jour de la victoire sur Madiane » : Zabulon, Nephtali, la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, la Galilée, Madiane, ce sont six noms de lieux qui sont au Nord ; Zabulon et Nephtali : ce sont deux des douze tribus d’Israël ; et leur territoire correspond à la Galilée, à l’Ouest du lac de Tibériade ; on est bien au Nord de la Palestine. La route de la mer, comme son nom l’indique, c’est la plaine côtière à l’Ouest de la Galilée ; enfin, ce qu’Isaïe appelle le pays au-delà du Jourdain, c’est la Transjordanie.

         Ces précisions géographiques permettent d’émettre des hypothèses sur les événements historiques auxquels Isaïe fait allusion ; car ces trois régions, la Galilée, la Transjordanie et la plaine côtière, ont eu un sort particulier pendant une toute petite tranche d’histoire, entre 732 et 721 av. J.-C. On sait qu’à cette époque-là la puissance montante dans la région est l’empire assyrien dont la capitale est Ninive. Or ces trois régions-là ont été les premières annexées par le roi d’Assyrie, Tiglath-Pilézer III, en 732. Puis, en 721, c’est la totalité du royaume de Samarie qui a été annexée (y compris la ville même de Samarie), avant que l’empereur de Babylone ne prenne à son tour le contrôle de la région. 

         C’est donc très certainement à cette tranche d’histoire qu’Isaïe fait référence. Certains pensent même que l’expression  « Le peuple qui marchait dans les ténèbres » est une allusion aux colonnes des déportés : humiliés, souvent les yeux crevés par le vainqueur, ils étaient physiquement et moralement dans les ténèbres !

         C’est à ces trois régions précisément qu’Isaïe promet un renversement radical de situation : « Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée, carrefour des païens ».

         Il reste qu’Isaïe prêche à Jérusalem ; et on peut évidemment se demander en quoi ce genre de promesses au sujet du royaume du Nord peut intéresser le royaume du Sud.

         On peut répondre que le royaume du Sud n’est pas indifférent à ce qui se passe au Nord, au moins pour deux raisons : d’abord, étant donné leur proximité géographique, les menaces qui pèsent sur l’un, pèseront tôt ou tard sur l’autre : quand l’empire assyrien prend possession du Nord, le Sud a tout à craindre. D’autre part, le royaume du Sud interprète le schisme comme un déchirure dans une robe qui aurait dû rester sans couture : il espère toujours une réunification, sous sa houlette, bien sûr.

         Or, justement, ces promesses de relèvement du royaume du Nord résonnent à ce niveau : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi », voilà deux phrases qui faisaient partie du rituel du sacre de chaque nouveau roi. Traditionnellement, l’avènement d’un nouveau roi est comparé à un lever de soleil, car on compte bien qu’il rétablira la grandeur de la dynastie.

         C’est donc d’un sacre royal qu’il est question. Et ce nouveau roi assurera à la fois la sécurité du royaume du Sud et la réunification des deux royaumes.

         Et effectivement, un peu plus bas, Isaïe l’exprime en toutes lettres : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné... et il conclut « il sera le prince de la paix » ; le sens de la prophétie est clair : ce qui est sûr, aux yeux d’Isaïe, c’est que Dieu ne laissera pas indéfiniment son peuple en esclavage. Pourquoi cette assurance qui défie toutes les évidences de la réalité ? Simplement parce que Dieu ne peut pas se renier lui-même, comme dira plus tard Saint Paul : Dieu veut libérer son peuple contre toutes les servitudes de toute sorte. Cela, c’est la certitude de la foi.

         Cette certitude s’appuie sur la mémoire : Moïse y avait insisté souvent : « Garde-toi d’oublier ce que le SEI­GNEUR a fait pour toi » : parce que si nous perdons cette mémoire-là, nous sommes perdus ; rappelez-vous encore le même Isaïe disant au roi Achaz : « Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas » ; à chaque époque d’épreuve, de ténèbres, la certitude du prophète que Dieu ne manquera pas à ses promesses lui dicte une prophétie de victoire.

         Une victoire qui sera « Comme au jour de la victoire sur Madiane » : une fameuse victoire de Gédéon sur les Madianites était restée célèbre : en pleine nuit, une poignée d’hommes, armés seulement de lumières, de trompettes et surtout de leur foi en Dieu avait mis en déroute le camp des Madianites.

         Le message d’Isaïe, c’est : « Ne crains pas. Dieu n’abandonnera jamais la dynastie de David ». On pourrait traduire pour aujourd’hui :  ne crains pas, petit troupeau : c’est la nuit qu’il faut croire à la lumière. Quelles que soient les ténèbres qui recouvrent le monde et la vie des hommes, et aussi la vie de nos communautés, réveillons notre espérance : Dieu n’abandonne pas son projet d’amour sur l’humanité. 

PSAUME  95 (96)

 

1      Chantez au SEI­GNEUR un chant nouveau,
        chantez au SEI­GNEUR, terre entière,
2      chantez au SEI­GNEUR et bénissez son nom !

        De jour en jour proclamez son salut,
3      racontez à tous les peuples sa gloire,      
        à toutes les nations, ses merveilles !

4      Il est grand, le SEI­GNEUR, hautement loué,        
        redoutable au-dessus de tous les dieux :
5      néant tous les dieux des nations !

        Lui, le SEI­GNEUR, a fait les cieux :
6      devant lui, splendeur et majesté,
        dans son sanctuaire, puissance et beauté.

7      Rendez au SEI­GNEUR, familles des peuples,      
        rendez au SEI­GNEUR la gloire et la puissance,
8      rendez au SEI­GNEUR la gloire de son nom.

        Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis,
9      adorez le SEI­GNEUR, éblouissant de sainteté :    
        tremblez devant lui, terre entière.

10    Allez dire aux nations : « Le SEI­GNEUR est roi ! »         
        le monde, inébranlable, tient bon.          
        Il gouverne les peuples avec droiture.

11    Joie au ciel ! Exulte la terre !      
        Les masses de la mer mugissent,
12    la campagne tout entière est en fête.

        Les arbres des forêts dansent de joie
13    devant la face du SEI­GNEUR, car il vient,           
        car il vient pour juger la terre.

        Il jugera le monde avec justice,  
        et les peuples selon sa vérité !

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         C’est trop dommage de ne lire que quelques versets de ce merveilleux psaume 95/96 ; nous l’avons donc transcrit  en entier. Une espèce de frémissement, d’exaltation court sous tous ces versets. Pourquoi est-on tout vibrants ? Alors que, pourtant, on chante ce psaume dans le Temple de Jérusalem dans une période qui n’a rien d’exaltant ! Mais c’est la foi qui fait vibrer ce peuple, ou plutôt c’est l’espérance... qui est la joie de la foi... l’espérance qui permet d’affirmer avec certitude ce qu’on ne possède pas encore.

         Car on est  en pleine anticipation : le psaume nous transporte déjà à la fin du monde, en ce jour béni où tous les peuples sans exception reconnaîtront Dieu comme le seul Dieu. Le jour, où enfin l’humanité tout entière aura mis sa confiance en lui seul. Imaginons un peu cette scène que nous décrit le psaume : nous sommes à  Jérusalem... et plus précisément dans le Temple ; tous les peuples, toutes les nations, toutes les races se pressent aux abords du Temple, l’esplanade grouille de monde, les marches du parvis du Temple sont noires de monde, la ville de Jérusalem n’y suffit pas... aussi loin que porte le regard, les foules affluent... il en vient de partout, il en vient du bout du monde. Et toute cette foule immense chante à pleine gorge, c’est une symphonie ; que chantent-ils ? « Dieu règne ! » C’ est une clameur immense, superbe, gigantesque... Une clameur qui ressemble à l’ovation qu’on faisait à chaque nouveau roi le jour de son sacre, mais cette fois, ce n’est pas le peuple d’Israël qui acclame un roi de la terre, c’est l’humanité tout entière qui acclame le roi du monde : « Il est grand, le SEI­GNEUR, hautement loué, redoutable » (toutes ces expressions sont empruntées au vocabulaire de cour »).

         En fait, c’est beaucoup plus encore que l’humanité : la terre elle-même en tremble. Et voilà que les mers aussi entrent dans la symphonie : on dirait qu’elles mugissent. Et les campagnes entrent dans la fête, les arbres dansent. A-t-on déjà vu des arbres danser ? Et bien oui, ce jour-là ils dansent! Bien sûr, si on y réfléchit, c’est normal ! Les mers sont moins bêtes que les hommes ! Elles, elles savent qui les a faites, qui est leur créateur ! Elles mugissent pour Lui, elles l’acclament à leur manière. Les arbres des forêts, eux aussi, sont moins bêtes que les hommes : ils  savent reconnaître leur créateur : parmi des tas d’idoles, de faux dieux, pas d’erreur possible, les arbres ne s’y laissent pas prendre.

         Les hommes, eux, se sont laissé berner longtemps... Il suffit de se rappeler le combat des prophètes contre l’idolâtrie au long des siècles ! On entend ici cette même pointe contre l’idolâtrie « néant les dieux des nations ». Il est incroyable que les hommes aient mis si longtemps à reconnaître leur Céateur, leur Père... qu’il ait fallu leur redire cent fois cette évidence que le Seigneur est « redoutable au-dessus de tous les dieux » ; que « c’est LUI, le Seigneur, (sous-entendu « et personne d’autre ») qui a fait les cieux ».

         Mais cette fois c’est arrivé ! Et on vient à Jérusalem pour acclamer Dieu parce qu’enfin on a entendu la bonne nouvelle ; et si on a pu l’entendre c’est parce qu’elle était clamée à nos oreilles depuis des siècles ! Oui, « de jour en jour, Israël avait proclamé son salut »... de jour en jour Israël avait raconté l’œuvre de Dieu, ses merveilles, traduisez son œuvre incessante de libération... de jour en jour Israël avait témoigné que Dieu l’avait libéré de l’Égypte d’abord, puis de toutes les sortes d’esclavage : et le plus terrible des esclavages, c’est de se tromper de Dieu, c’est de mettre sa confiance dans de fausses valeurs, des faux dieux qui ne peuvent que décevoir, des idoles...

         Israël a cette chance immense, cet honneur inouï, ce bonheur de savoir et d’être chargé de dire que le SEI­GNEUR notre Dieu, l’Éternel  est le seul Dieu, est le Dieu UN ; comme le dit la profession de foi juive, le « shema Israël » : « Écoute Israël, le SEI­GNEUR ton Dieu est le SEI­GNEUR UN ». C’est le mystère de la vocation d’Israël dont on n’a pas fini de s’émerveiller ; comme le dit le livre du Deutéronome : « A toi, il t’a été donné de voir, pour que tu saches que c’est le SEI­GNEUR qui est Dieu : il n’y en a pas d’autre que lui. » Mais le peuple choisi n’a jamais oublié que s’il lui a été donné de voir, c’est pour qu’il le fasse savoir.

         Et alors, enfin, la bonne nouvelle a été entendue jusqu’aux extrémités de la terre... et tous se pressent pour entrer dans la Maison de leur Père. Nous sommes là en pleine anticipation ! En attendant que ce rêve se réalise, le peuple d’Israël fait retentir ce psaume pour renouveler sa foi et son espérance, pour puiser la force de faire entendre la bonne nouvelle dont il est chargé.

DEUXIÈME  LECTURE - Lettre de Paul à Tite  2, 11-14  (3, 4-7 pour la Messe de l'Aurore de Noël)

 

2, 11 La grâce de Dieu s'est manifestée    
         pour le salut de tous les hommes.
12     C'est elle qui nous apprend à rejeter le péché           
         et les passions d'ici-bas,        
         pour vivre dans le monde présent     
         en hommes raisonnables, justes et religieux,
13     et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir           
         quand se manifestera
         la gloire de Jésus-Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur.
14     Car il s'est donné pour nous  
         afin de nous racheter de toutes nos fautes,  
         et de nous purifier      pour faire de nous son peuple,          
         un peuple ardent à faire le bien.
3, 4   Dieu, notre Sauveur,
         a manifesté sa bonté et sa tendresse pour tous les hommes ;
5     il nous a sauvés. Il l'a fait dans sa miséricorde, et non pas à cause d'actes méritoires que nous aurions accomplis par  nous-mêmes.  Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l'Esprit Saint.
6       Cet Esprit, Dieu l'a répandu sur nous avec abondance, par Jésus-Christ notre Sauveur ;
7       ainsi, par sa grâce, nous sommes devenus des justes, et nous possédons dans l'espérance l'héritage de la vie éternelle.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

         Les Crétois avaient très mauvaise réputation au temps de Paul ; c’est un poète local, Épiménide de Cnossos, au sixième siècle av.J.C. qui les traitait de « Crétois, perpétuels menteurs, bêtes méchantes, panses malfaisantes ». Et Paul, en le citant, le confirme en disant : « Ce témoignage est vrai » ! C’est pourtant de ces Crétois pleins de défauts que Paul a essayé de faire des Chrétiens. Apparemment, il a eu fort à faire. C’est au cours de son transfert à Rome que Paul a abordé en Crète et entrepris, là comme ailleurs, son œuvre d’évangélisation. Puis il a laissé à Tite, resté sur place, la mission d’organiser la communauté chrétienne toute neuve.1

         Cette lettre à Tite contient donc les conseils du fondateur de la communauté à celui qui en est désormais le responsable. Vous savez que, pour des raisons de style, de vocabulaire et même de vraisemblance chronologique, beaucoup de ceux qui connaissent bien les épîtres pauliniennes pensent que cette lettre à Tite (comme les deux lettres à Timothée, d’ailleurs) aurait été écrite seulement à la fin du premier siècle, c’est-à-dire trente ans environ après la mort de Paul, mais dans la fidélité à sa pensée et pour appuyer son œuvre.

         Dans l’incapacité de trancher, nous continuerons à parler de Paul comme s’il était l’auteur, puisque c’est le contenu de la lettre qui nous intéresse. Quelle que soit l’époque à laquelle cette lettre a été rédigée, il faut croire que les difficultés des Crétois persistaient ! A propos de contenu, cette lettre à Tite est particulièrement courte, trois pages seulement et nous lisons ici la fin du chapitre 2 (le début du chapitre 3 est en outre proposé à Noël pour la Messe de l’Aurore et l’ensemble de ces deux textes pour la Fête du Baptême du Seigneur, année C). Tout ce qui précède et ce qui suit cet ensemble consiste en recommandations extrêmement concrètes à l’intention des membres de la communauté, vieux et jeunes, hommes et femmes, maîtres et esclaves. Les responsables ne sont pas oubliés et si Paul insiste sur l’irréprochabilité qu’on doit exiger d’eux, il faut croire que cela n’allait pas de soi ! « Il faut que l’épiscope soit irréprochable en sa qualité d’intendant de Dieu : ni arrogant, ni buveur, ni batailleur, ni avide de gains honteux. Il doit être hospitalier, ami du bien, pondéré, juste, saint, maître de soi, fermement attaché à la Parole... » Une telle avalanche de conseils donne une idée des progrès qui restaient à faire : en général un bon pédagogue ne se hasarde pas à donner des conseils superflus...

         Ce qui est très intéressant pour nous, c’est l’articulation entre tous ces conseils d’ordre moral et le passage qui nous intéresse aujourd’hui et qui est au contraire un exposé théologique sur le mystère de la foi ; mais justement, pour Paul, l’un découle de l’autre ; c’est notre Baptême qui fait de nous des hommes nouveaux. Paul vient de donner toute sa série de conseils et il les justifie par la seule raison que « la grâce de Dieu s’est manifestée », comme il dit. D’ailleurs, pour qui a la curiosité d’aller vérifier dans sa Bible, on s’aperçoit que la lecture du Missel omet un mot très important. Dans la Bible, notre texte commence en réalité par le mot « CAR ». Ce qui donne : (Comportez-vous bien) « Car la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. »

         Cela veut dire que la morale chrétienne s’enracine dans l’événement qui est la charnière de l’histoire du monde : la naissance du Christ. Quand Paul dit « la grâce de Dieu s’est manifestée », il faut traduire « Dieu s’est fait homme ». Et désormais, c’est notre manière d’être hommes qui est transformée : « Par le bain du Baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. » (3, 5). Désormais la face du monde est changée, et donc aussi notre comportement. Encore faut-il nous prêter à cette transformation. Et le monde attend de nous ce témoignage. Il ne s’agit pas de mérites à acquérir (« Il l’a fait dans sa miséricorde, et non pas à cause d’actes méritoires que nous aurions accomplis par nous-mêmes. »), mais de témoignage à porter. Le mystère de l’Incarnation va jusque-là. Dieu veut le salut de toute l’humanité, pas seulement le nôtre ! « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » Mais il attend notre collaboration pour cela.

         C’est donc la transformation de l’humanité tout entière qui est au programme, si l’on peut dire ; car le projet de Dieu, prévu de toute éternité, c’est de nous réunir tous autour de Jésus-Christ. Tellement serrés autour de lui que nous ne ferons qu’un avec lui. Réunir, c’est-à-dire surmonter nos divisions, nos rivalités, nos haines, pour faire de nous un seul homme ! Il y a encore du chemin à faire, c’est vrai ; tellement de chemin que les incroyants disent que « c’est une utopie » ; mais les croyants affirment « puisque c’est une promesse de Dieu, c’est une certitude ! » Paul dit bien : « Nous attendons le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus-Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. » « Nous attendons », cela veut dire « c’est certain, tôt ou tard, cela viendra. »

         Au passage, nous reconnaissons là une phrase que le prêtre prononce à chaque Eucharistie, après le Notre Père : « Nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ notre Sauveur ». Comme bien souvent, ce ET signifie « c’est-à-dire ». Il faut entendre « Nous espérons le bonheur que tu promets QUI EST l’avènement de Jésus-Christ notre Sauveur ». Ce n’est pas une manière de nous voiler la face sur les lenteurs de cette transformation du monde, c’est un acte de foi : nous osons affirmer que l’amour du Christ aura le dernier mot.

         Cette certitude, cette attente sont le moteur de toute liturgie : au cours de la célébration, les Chrétiens ne sont pas des gens tournés vers le passé mais déjà un seul homme debout tourné vers l’avenir. Quand viendra la fin du monde, le journaliste de service écrira : « Et ils se levèrent comme un seul homme. Et cet homme avait pour nom Jésus-Christ ».

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Note

1 - A propos de la naissance d’une communauté chrétienne en Crète, certains exégètes formulent une autre hypothèse : d’après les Actes des Apôtres, le bateau qui transportait Paul prisonnier en attente d’un jugement à Rome a fait escale dans un endroit appelé « Beaux Ports » au sud de l’île. Mais Luc ne parle pas de la naissance d’une communauté à cette occasion, et Tite ne faisait pas partie du voyage. On sait qu’après de nombreuses péripéties, ce voyage s’est terminé comme prévu à Rome où Paul a été emprisonné pendant deux ans dans des conditions très libérales : on pourrait parler plutôt de « résidence surveillée ». On suppose que cette captivité romaine s’est soldée par une remise en liberté. Paul aurait alors entrepris un quatrième voyage missionnaire, et c’est au cours de ce dernier voyage qu’il aurait évangélisé la Crète.

ÉVANGILE : Luc 2, 1 - 14

 

1           En ces jours-là,     
             parut un édit de l'empereur Auguste,      
             ordonnant de recenser toute la terre.
2           - Ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.-
3           Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
4           Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée,  
             pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem,    
             car il était de la maison et de la descendance de David.
5           Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse,           
             qui était enceinte.
6           Or, pendant qu'ils étaient là,        
             arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
7           Elle mit au monde son fils premier-né ;   
             elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire,        
             car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
8           Dans les environs se trouvaient des bergers        
             qui passaient la nuit dans les champs       
             pour garder leurs troupeaux.
9           L'Ange du Seigneur s'approcha,  
             et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.      
             Ils furent saisis d'une grande crainte,
10         mais l'ange leur dit :         
             « Ne craignez pas,
             car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle,          
             une grande joie pour tout le peuple :
11         Aujourd'hui vous est né un Sauveur,       
             dans la ville de David.     
             Il est le Messie, le Seigneur.
12         Et voilà le signe qui vous est donné :      
             vous trouverez un nouveau-né     
             emmailloté et couché dans une mangeoire. »
13         Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable,
             qui louait Dieu en disant :
14         « Gloire à Dieu au plus haut des cieux,   
             et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »

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         Lorsque le prophète Isaïe annonçait des temps meilleurs au roi Achaz, grâce à la naissance d’un futur roi, il lui disait « Voilà ce que fait l’amour invincible du SEI­GNEUR de l’univers. » (Is 9, 6). Cette phrase résonne en filigrane de tout l’évangile de Luc sur la naissance de Jésus.

         Car la nuit de Bethléem résonne d’une merveilleuse annonce : « Paix aux hommes que Dieu aime. » Encore faut-il ne pas l’entendre de travers : le texte ne signifie pas qu’il y a ceux que Dieu aime et les autres ! Il faut évidemment traduire : « Paix aux hommes parce que Dieu les aime. » Tout le projet de Dieu est dit là, une fois de plus. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique » (Jn 3, 16). Alors, bien sûr, nous n’avons rien à craindre : « Ne craignez pas », disent les anges aux bergers : que peut-on craindre d’un tout petit ? Et si Dieu, tout simplement, avait imaginé de naître sous les traits d’un nourrisson pour que nous quittions à tout jamais nos craintes spontanées à son égard ?

         Comme Isaïe, l’Ange annonce la naissance d’un roi : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. » Autrement dit, celui que tout le peuple attendait depuis des siècles, est enfin né. Car tout le monde avait en tête la prophétie de Nathan au roi David (2 S 7, voir au quatrième dimanche de l’Avent de l’Année A) : « Le SEI­GNEUR te fait savoir qu’il te fera lui-même une maison. Quand ta vie sera achevée et que tu reposeras auprès de tes pères, je te donnerai un successeur dans ta descendance, qui sera né de toi, et je rendrai stable sa royauté. » (2 S 7, 11). D’où l’importance des précisions données par Luc sur les origines du père de l’enfant : « Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. » On savait aussi, à cause de la prophétie de Michée, que le Messie naîtrait à Bethléem : « Et toi, Bethléem Ephrata, trop petite pour compter parmi les clans de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël... Il se tiendra debout et fera paître son troupeau, par la puissance du Seigneur, par la majesté du Nom du SEI­GNEUR son Dieu... Lui-même il sera la paix. » (Mi 5, 1... 4).

         C’est donc bien une « bonne, une grande nouvelle » qu’annoncent les Anges aux bergers, et l’on comprend que les armées célestes chantent la gloire de Dieu. Mais le plus surprenant, ici, est le contraste entre la grandeur du destin promis au Messie et la petitesse de cet enfant né dans les circonstances les plus modestes. Pour l’instant, « la force divine du bras de Dieu » qui libère son peuple, dont parle Isaïe, repose dans deux petites mains d’enfant dans une famille pauvre, parmi tant d’autres ! Et c’est bien cela le plus étrange, peut-être : il n’y a rien de remarquable dans la pauvreté tout-à-fait ordinaire de la crèche ; mais justement, le signe de Dieu est là : c’est dans la banalité quotidienne, voire la pauvreté, que nous le rencontrons. C’est justement cela le mystère de l’Incarnation.

         Celui que la lettre aux Hébreux appelle  « l’héritier de toutes choses » naît parmi les pauvres ; celui que Saint Jean appelle « la lumière du monde » est né dans la pénombre d’une étable ; et celui qui est la Parole de Dieu créant le monde a dû être mis au monde comme toute créature et devra, comme tout un chacun, apprendre à parler. Pas étonnant que « les siens ne l’aient pas reconnu » ! Pas étonnant non plus que ce soient les pauvres et les petits qui aient le plus volontiers accueilli son message. Le « Miséricordieux », celui qui est attiré par toute pauvreté a tant pitié de la nôtre qu’en nous invitant à nous pencher sur ce berceau, il nous indique le meilleur moyen de lui ressembler. Ainsi nous est donné le pouvoir de « devenir enfants de Dieu ».

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Compléments

- « Premier-né » : en langage biblique, cela ne signifie pas qu’il y a eu d’autres enfants après, cela signifie qu’il n’y en a pas eu avant. C’est un terme juridique : le premier-né devait être consacré à Dieu.

- « Bethléem » signifie littéralement « maison du pain » ; le pain de vie est donné au monde.

- Les titres donnés à Jésus : l’empereur se faisait révérer comme Dieu et Sauveur ; en réalité, le seul qui puisse porter ces titres en vérité est le nouveau-né de Bethléem.

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 00:00

La chambre du roi Henri III au château de Blois

 

c'est ici que fut assassiné le duc de Guise le 23 décembre 1588 sur ordre du roi

 

 

Le temps des assassins

Quelques mois plus tôt, le roi Henri III a été chassé de Paris parce que, n'ayant pas d'enfant mâle pour lui succéder, il acceptait de laisser le trône, à sa mort, à Henri de Navarre, un protestant !

 

Réunis dans une Ligue catholique, les Parisiens se disposent à donner la couronne au duc Henri de Guise.

 

Henri III affecte alors de se soumettre et promet de ne jamais conclure «aucune paix ou trêve avec les hérétiques».

 

Il nomme Henri de Guise lieutenant général du royaume et lui demande de le rejoindre à Blois où doivent se réunir les états généraux.

 

Le roi supporte sans mot dire l'insolence de son ennemi mais décide d'agir.

 

Le vendredi 23 décembre 1588, au petit matin, une douzaine de fidèles le rejoignent dans son antichambre.

 

Ils font partie de la garde royale.

 

Le roi lui-même leur distribue des poignards. Leur chef se cache dans la chambre du roi avec huit complices.

 

Les autres attendent à côté.

 

Le roi se retire.

 

Henri de Guise pénètre dans la chambre où le roi l'a convoqué sous prétexte d'en terminer avec les affaires courantes avant Noël.

 

Le duc est aussitôt percé de coups de poignard.

 

Quand le roi rentre dans la chambre et voit ce colosse de près de deux mètres étalé de tout son long au pied de son lit, la chronique lui prête cette réflexion: «Mon Dieu, qu'il est grand ! Il paraît même plus grand mort que vivant !» (*)

Le lendemain, c'est au tour du cardinal Louis de Lorraine, le frère du Balafré, d'être à son tour assassiné.

 

Son corps est brûlé et jeté dans la Loire (ce refus de sépulture témoigne de la haine qui agite les esprits)

 

Les chefs de la Ligue sont arrêtés mais le camp catholique ne désarme pas.

 

Paris proclame la déchéance d'Henri III.

 

 

Les troupes espagnoles campent à Paris et Rouen, en soutien des insurgés.

 

Il appartiendra à Henri de Navarre, devenu Henri IV, de restaurer la paix civile.

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 00:00

Louis de Bourbon
Il est l'ancêtre par les mâles du roi Henri IV de France

 24ème comte de Vendôme (24e, 1er avril 1412 - 21 décembre 1446)

comte de Castres (1425-1446)
Pair laïc au sacre de Charles VII

Gouverneur de Champagne et de Brie

Grand Maître de France (1413-1418 et 1425)

 

 
  • Né vers 1376
  • Décédé le 21 décembre 1446 à Tours (Indre-et-Loire) à l'âge de peut-être 70 ans
  • Inhumé dans la paroisse St Georges à Vendôme (Loir-et-Cher)
    site détruit dans les années 1790

Parents

 

170px-Louis_Blanche2.jpg 

Louis et Blanche in vitrail (Chartres)

 

dont

  • Jean II 1428-1478
    • Gabrielle (née en 1425, morte jeune)
    • Gabrielle (née en 1426, morte jeune - pourrait être Catherine)
  •  dont
 

En 1393, à la mort de son père, sa mère l'associe au gouvernement du comté de Vendôme, puis le laisse seul comte en 1403.

En 1406, il rachète Mondoubleau qu'il rattache au comté.

À la cour, c'est un proche du duc d'Orléans et il est nommé trois fois ambassadeur grand chambellan (1408) et souverain maître de l'Hôtel du roi (1413)

 

Du parti des Armagnacs lors de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, il est fait prisonnier deux fois (1407 et 1412) par les Bourguignons, puis une troisième fois par les Anglais à la bataille d'Azincourt en 1415.

 

Sa troisième captivité dure treize ans et pendant ce temps, le duc de Bedford attribue le comté de Vendôme à un de ses capitaines, Robert de Willughby.

 

De retour en France, il participe à la libération d'Orléans avec Jeanne d'Arc, commande le siège de Jargeau, assiste au sacre du roi à Reims, est présent à la paix d'Arras (1435)

 


Pendant sa captivité, il a d'une Anglaise, Sibylle Boston, Jean de Bourbon (1420 † 1496), seigneur de Préaux, bâtard de Bourbon, qui rendit à son demi-frère de grands et loyaux services.

 

 

Louis de Bourbon, né en 1376, est le second fils de Jean de Bourbon, comte de La Marche (1393), et de Catherine, comtesse de Vendôme et de Chartres ( 1412)

Il porte les titres, hérités de ses parents, de comte de Vendôme et de Chartres, de seigneur de Mondoubleau, d'Épernon et de Rémalard.

 

Il avait épousé en 1414 Blanche de Roucy (1421), puis il se remaria en 1424 avec Jeanne de Laval (1468), la soeur de Guy et André de Laval.

 

Gouverneur de Picardie, de Champagne et de Brie, grand chambellan de France en 1408, grand maître de France en 1413.

 
Il avait été fait prisonnier à Azincourt le 24 octobre 1415 et emmené captif en Angleterre. 

Il séjourna à la tour de Londres; la vie n'y était pas aussi dure que l'on pourrait penser puisque, d'une idylle avec une jeune anglaise, Sibylle Bostum, naîtra Jean, bâtard de Vendôme, dit de Bourbon, légitimé par lettres patentes du roi en 1449. 



Louis de Bourbon parvint à s'évader en 1422. 

 

 Revenu en France, il rejoignit le parti du dauphin qui le maintint dans sa charge de grand maître de France, alors que son frère aîné, Jacques de Bourbon, comte de La Marche et de Castres, tenait le parti bourguignon; ce dernier menait une vie aventureuse en Italie où il avait épousé Jeanne II, reine de Naples et de Sicile; ayant pris le titre de prince de Tarente, chassé d'Italie, il mourut en 1438; c'est alors que son frère cadet, Louis, prendra les titres de comte de La Marche et de Castres en plus de ceux de comte de Vendôme et de Chartres.

 

Louis de Vendôme mourra le 21 décembre 1446 et sera inhumé en la collégiale Saint-Georges de Vendôme, son coeur étant déposé en la cathédrale de Chartres.

 

Armoiries de Louis de Bourbon,

comte de Vendôme

 

Armes. Ecartelé, aux 1 et 4 de France brisé d'une bande de gueules chargée de trois lionceaux d'argent, qui est Bourbon-La Marche, aux 2 et 3 d'argent au chef de gueules, au lion d'azur brochant armé et lampassé d'or, qui est Vendôme.

 

Cimier. la double fleur de lis de France, tortil d'argent et de gueules, lambrequins d'azur doublés de gueules.

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MAISON CIVILE DU ROI. (1)

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
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Rois de France


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(légendaire)
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à la fin du IVe siècle
388-xxx
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roi Franc des Ampsivares 
et des Chattes (légendaire)
à la fin du IVe siècle
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(légendaire)
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Duc des Francs saliens 
(incertain)
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Duc et Roi des Francs saliens
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(futur Austrasie)
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Roi d'Austrasie
548555
561567
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Roi de Neustrie 
Roi de Bourgogne
561592
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Roi d'Austrasie
561575
Roi d'Austrasie
Roi d'Austrasie
595 - 612
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Roi de Bourgogne
595613
Roi d'Austrasie
61261
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Roi de Bourgogne
Roi d'Austrasie
613
Roi de Neustrie
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595
629
Roi des Francs
613629
Roi des Francs (sans l'Aquitaine)
629639
Roi des Francs
632639
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 Roi d'Aquitaine
629632
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639657
Roi d'Austrasie
656657
Roi d'Austrasie
639656
Childebert III l'Adopté
Roi d'Austrasie
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Roi de Neustrie, de Bourgogne
65767






Roi d'Austrasie
662675
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673675







Roi de Neustrie
673691
Roi des Francs 

(en fait uniquement de Neustrie)
L'Austrasie étant aux mains
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679
691

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Roi d'Austrasie
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Roi des Francs
(en fait uniquement de Neustrie)
691695









Roi des Francs
(en fait uniquement de Neustrie)
695711
Dagobert III









Roi des Francs de 711 à 715
Chilpéric II









roi des Francs de Neustrie et des Burgondes
de 715 à 719
puis de tous les Francs de 719 à 721.
C
lotaire IV


T
hierry IV









Childéric III
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roi des Francs, de Neustrie
de Bourgogne et d'Austrasie
de 743 à 751

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Pépin III le Bref
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Carloman Ier
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C
harles Ier
dit Charles le Grand
CHARLEMAGNE

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Louis Ier dit le Pieux
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Lothaire Ier
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Lothaire II

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C
harles II dit le Chauve
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Louis II dit le Bègue
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Louis III de France
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C
arloman II de France
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Charles III dit le Gros
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Eudes Ier de France
Robertin
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Charles III dit le Simple
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Robert le Fort
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Robert Ier de France

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Hugues le Grand
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Raoul Ier de France
aussi appelé Rodolphe

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Louis IV dit d'Outremer
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Lothaire de France
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Louis V dit le Fainéant
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Dernier roi de la lignée
des Carolingiens
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H
ugues Capet
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Robert II le Pieux
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Hugues II de France
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(1007-1025)
Roi de France associé
1017 - 1025
Henri Ier de France
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Philippe Ier de France
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Louis VI le Gros
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Louis VII Le Jeune
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Philippe II Auguste
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Louis VIII le Lion
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Louis IX (Saint Louis)
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Philippe III de France
dit le Hardi
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Philippe IV le Bel
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Louis X le Hutin
http://www.livois.com/phpgedview/media/Louis_X_le_Hutin.jpg
Jean Ier le Posthume

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Philippe V
le Long
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Charles IV le Bel
http://www.livois.com/phpgedview/media/Charles_IV_le_Bel.jpg
Valois
Philippe VI le Fortuné
http://www.france-pittoresque.com/rois-france/img/philippe-VI.gif
Jean II le Bon
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Charles V le Sage
http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0014/m502004_97de1712_p.jpg
Charles VI le Fol ou le Bien-Aimé
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Charles VII le Victorieux
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Louis XI de Valois
http://jargeau-tourisme.com/img/louis11.jpg
Charles VIII de Valois
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Louis XII d'Orléans
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François Ier d'Angoulème
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Henri II d'Angoulème
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François II d'Angoulème
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Charles IX d'Angoulème
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Henri III d'Angoulème
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